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13 mars 2007

Le détective

En tout et pour tout, Diane Marceau disposait de 6 heures.

Depuis la gare de Lyon, elle devait rejoindre en métro la station Bastille, changer de ligne, sortir à République, puis filer dans la rue Beaurepaire, jusqu’à l’hôtel des mimosas, en bordure du canal de l’ourcq. Là, elle devait traverser le hall en évitant le regard libidineux du réceptionniste, prendre l’ascenseur jusqu’au deuxième étage, couloir de droite et entrer sans frapper dans la chambre 211 pour toucher enfin au but. 4 heures plus tard, elle n’aurait plus qu’à effectuer le chemin en sens inverse, et attraper le train régional jusqu’à St-Maur. Elle pourrait être à la sortie de l’école à 18h pour récupérer ses enfants. Comme une fleur.
A la gare de Lyon, personne ne s’était jeté sous les roues du métro, et la RATP n’était pas en grève. L’angoisse lui tenaillait pourtant l’estomac.

Arrivée devant l’hôtel, le sang cognait dans ses artères, son front était glacé, son cœur palpitait, quelque part, partout dans son torse. Depuis le trottoir, elle espionna le réceptionniste dégarni à travers la porte vitrée, attendit qu’il ait le dos tourné pour prendre une goulée d’air frais, puis elle s’engouffra dans le hall, comme on plonge. Au fond, elle trouva l’ascenseur, vide, Dieu merci. Là, elle se contempla dans le miroir. Ses joues rouges, son souffle court, ses yeux hagards. Tout l’accusait. Diane avait l’impression qu’on pouvait lire « Femme Adultère » gravé sur son front.

Elle attendit d’avoir repris son souffle avant de pousser la porte 211. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle voyait Pierre. Elle aurait du avoir l’habitude, mais non, c’était toujours les mêmes angoisses. Comme d’habitude, elle se dit que ce n’était plus possible, que c’était sûrement leur dernier rendez-vous, que cette folie devait cesser avant de mal finir. Comme toujours, son bas ventre la désavouait. Elle mit du sourire sur ses lèvres avant de pousser la porte entrouverte. Quand elle se serait lovée dans ses bras, elle oublierait tout pendant 4 heures. Elle le savait.
Son sourire se figea lorsqu’elle vit la silhouette de l’homme qui l’attendait dans la pénombre de la chambre.

- Entrez ! Lui dit-il d’un ton autoritaire.
- Il doit y avoir une erreur, bégaya-t-elle. La chambre 211 est réservée à Pierre…

Elle rougit encore davantage en réalisant qu’elle ne connaissait pas le nom de son amant.
- Pierre Duteuil. Il ne viendra pas, lui dit l’homme d’une voix sourde au timbre métallique.
- Il lui est arrivé quelque chose ?
- Entrez madame Marceau, je vais vous expliquer.

Bouche bée, elle regarda l’homme qui semblait la dévisager derrière ses lunettes noires. Mince, crane rasé, une courte barbe, blouson de cuir noir au col relevé, il était nonchalamment assis dans l’unique fauteuil, les pieds sur le petit bureau de la chambre. Le regard de Diane fut immédiatement attiré par ses santiags rutilantes. Rouge sang.
Comment pouvait-il connaître son nom ? Son rendez-vous avec Pierre était pourtant clandestin. Un flic pensa-t-elle. Un flic corrompu. Il en avait tout à fait l’allure. Elle claqua la porte derrière elle et resta plantée dans l’entrée.

- Approchez Diane, lui dit l’homme d’un ton patelin.
Elle fit trois pas en avant, le maximum qu’il lui semblait pouvoir faire tant elle avait les jambes tremblantes. Sans la quitter des yeux, l’homme enchaîna :

- Vous semblez avoir une vie palpitante Madame Marceau. Pourtant, après vos études ratées, votre mariage avec un banquier carriériste n’augurait rien de bien excitant. Deux enfants, le petit pavillon à St Maur, le repas dominical chez belle maman, le missionnaire du samedi soir et les vacances à la Baule, je vous comprends, moi, je m’ennuierais à en crever. Heureusement qu’il y a le net, n’est-ce pas ? Ah, internet, quel merveilleux pourvoyeur d’aventures à bon compte. On commence par s’envoyer des textes érotiques sur auFeminin, on continue en se disant des cochonneries au cellulaire, et on finit par s’exhiber sur sa web cam. C’est facile, c’est pas cher, c’est pas vraiment tromper mais on n’y trouve pas vraiment son compte non plus. Alors, forcément, un jour ou l’autre, on accepte un rendez-vous dans une chambre d’hôtel pour y faire tout ce qu’on n'y ferait pas avec son légitime. Et c’est bien ce qui vous amène Diane ?

Diane l’avait écouté sans dire un mot, tête baissée, les yeux fixés sur les bottes luisantes du flic. Mais elle regardait au-delà, et ne vit qu’une vie comblée d’ennui. Elle ne put réprimer un sourire lorsqu’elle pensa à Pierre, ce qui lui donna l’énergie d’affronter à nouveau le regard inquisiteur de ce sale type vautré dans le fauteuil.

- Non, Pierre n’est pas mon amant ! C’est juste mon ami, mentit-elle effrontément. J’exige de savoir ce qu’il lui est arrivé !
- Un ami intime, répondit l’homme, narquois.

Il sortit une enveloppe de la poche intérieure de son blouson et la jeta négligemment sur le lit. Quelques photos en sortirent et s’éparpillèrent sur la couverture. Diane crut défaillir quand elle vit son propre visage en gros plan, avec ses yeux brillants rivés sur l’objectif. Elle avait la langue tendue vers une verge qu’elle semblait déguster comme un cornet glacé. Pierre les lui avait envoyées quelques semaines auparavant, en souvenir de leur dernière escapade qui remontait à près de deux mois.

- Un ami très intime mais pas un si bon ami, renchérit l’homme en pouffant de rire. Je n’ai eu qu’à le menacer de tout révéler à son épouse pour qu’il me laisse venir au rendez-vous à sa place.
- Espèce de salaud ! Dit-elle entre ses dents, les larmes aux yeux.
- Les histoires d’amour finissent mal, en général. Il ne me reste plus qu’à faire mon rapport à votre mari, répliqua-t-il sèchement.

Médusée, elle regarda l’homme ramasser les photos sur le lit. Il était capable de tout. Son cerveau tournait à plein régime, et peu à peu elle comprit le but de toute sa mise en scène, et ce qu’il allait exiger d’elle, inévitablement. Elle résisterait par tous les moyens.

- Mon mari ? Non !
- Qu’est-ce que vous vous imaginez ma p’tite dame, je suis détective privé moi ! Votre mari m’a engagé, il m’a filé le disque dur de votre PC, j’ai trouvé votre e-mail secret, j’ai craqué le mot de passe et j’ai tout lu. Tout ça m’a pris un temps fou ! Maintenant je termine mon job, j’empoche le blé, et pour le reste, je ne veux pas le savoir !
- Mais il est très jaloux ! Il voudra divorcer… il essaiera de m’arracher les enfants… je le connais… il a le bras le long ! sanglota Diane dans une pathétique tentative de l’amadouer.

L’homme se rassit dans le fauteuil en attendant que Diane se calme. Lorsqu’elle leva vers lui ses yeux embués de larme, avec son nez rougeâtre qui reniflait, et son mascara dégoulinant, elle ressemblait à un clown triste.

- Moi, je suis un détective, renchérit l’homme avec le calme de celui qui sait tenir sa proie. J’offre mes services au plus offrant. Votre mari me paye 1500 euros.

Dans le rôle du sale type, il méritait le premier prix. A vomir. Diane était contrainte à  négocier.

- Ecoutez, j’ai compris la leçon, je peux vous dédommager, mais 1500 euros, je ne peux pas, ou alors en plusieurs mensualités…
- Oh la ma p’tite dame, vous n’y êtes pas du tout ! Moi, je vais voir votre mari demain matin à son bureau. Avec vos mails et vos photos. Il me paye tout ça cash. Si je dois édulcorer mon rapport, virer les photos, faire sauter le graveleux pour lui faire croire à la gentillette liaison épistolaire et platonique, ça va me prendre toute la nuit. 8 heures à 100 euros de l’heure. Au total, ça vous fait 2300 euros. Cash !

- Mais… je ne peux pas ! Je n’ai pas cette somme, mon mari et moi avons des comptes séparés… et… je ne gère… que l’argent des commissions ! pleurnicha Diane en imaginant le divorce imminent.
- Tournez-vous ! Lui ordonna sèchement le détective.
- Pardon ?
- Je vous demande de faire un tour sur vous-même, répéta-t-il lentement, en appuyant bien sur chaque syllabe.

Diane s’exécuta, les jambes tremblantes, sous le regard du détective qui la toisait de bas en haut. Elle s’était faite belle pour son rendez-vous galant. Des escarpins noirs, des collants dont les reflets satinés soulignaient le galbe de ses jambes fuselées, une jupe droite, noire, assez courte, un chemisier blanc et un manteau mi long bon chic bon genre, elle portait l’uniforme de la petite bourgeoise, jusqu’au chignon. Ce qui l’était moins, c'étaient ses dessous, ce qu’il ne pouvait pas savoir, mais tout au plus deviner aux fragrances d’Organza que son corps exhalait.

- Et bien, ma foi, vous êtes plutôt mignonne ! On pourrait peut-être s’arranger.

Diane lui adressa une moue de dégoût, lorsqu’il retira ses lunettes pour couler sur elle un regard libidineux.

- Je vais vous expliquer, continua-t-il. Moi, je suis détective, je bosse tout le temps, j’ai pas de temps à perdre à draguer les nanas qui ne pensent qu’à épancher leurs petits malheurs sur la première épaule venue, et qui ont la migraine dès qu’il s’agit de passer aux choses sérieuses. Je préfère les putes. On en a pour son argent. Et c’est cher, surtout quand on veut une jolie fille et des fantaisies. T’as de la chance, t’es à mon goût !

Diane vouvoyait Pierre. Ce tutoiement inopiné lui fit l’effet d’une gifle.

- Déshabille-toi !
- Non… je ne peux pas…
- Oh si, tu vas pouvoir. T’as pas le choix ma jolie. Déshabille toi et fais ça bien, j’en veux pour mes 2300 euros.

Diane hésita un instant, puis, timidement, elle ouvrit son manteau et le laissa choir sur le sol. Les yeux fixés sur les bottes rutilantes pour ne pas avoir à croiser son regard,  elle défit les boutons de son corsage, un par un en commençant par le haut, comme si chaque bouton était un pas de plus qui la conduisait à l’échafaud. Elle avait beau se répéter que cet homme était un vrai salaud, ce qui lui faisait le plus horreur était la réaction de son propre corps.

- Tu veux un peu de musique pour te donner du courage ? Lui lança-t-il d’un ton moqueur.

medium_9semaines.jpgSans attendre sa réponse, l’homme mit aussitôt en marche le radio cassette qu’elle n’avait pas remarqué sous le bureau. L’appareil crachota «You can leave your hat on», un vieux tube de Joe Cocker sur lequel Kim Basinger fait son strip dans 9 semaines et demi.

- Allez danse ! Danse ! lui ordonna-t-il en battant des mains pour marquer la mesure.

Diane essaya d’esquisser quelques pas, mais c’était au dessus de ses forces. Elle pouvait à peine se dandiner. Elle avait ôté le dernier bouton de son chemisier, et elle lui tourna le dos pour le retirer, le faire glisser le long de ses bras blancs et le laisser rejoindre le manteau sur la moquette de la chambre. Elle défit son chignon, et ses cheveux blonds bouclés tombèrent en cascade sur ses épaules dénudées.

- Bouge plus ! Lui dit le détective, et remonte ta jupe ! Allez, plus haut, encore plus haut, montre-moi tes cuisses ! Allez, retrousse là complètement, je veux voir tes fesses ! Cambre-toi, penche-toi en avant, que je les vois bien ! Tu sais que tu es bandante comme ça, à exhiber ton cul ! Pierre ne devait pas s’ennuyer, quand il te baisait ça !

Diane était mortifiée. Cambrée au maximum, elle en était réduite à exposer sa croupe dans une pose indécente. La rondeur de ses fesses était soulignée par l’élastique noir de son string, et ses bas satinés couleur tabac contrastaient avec la blancheur de sa peau. Elle pensa fugitivement à Pierre, l’amant délicat de ses rencontres passées qui avait su réveiller toutes ses envies de femmes. Tous ces plaisirs qu’il lui avait révélés, elle les lui avait offerts. L’homme veule auquel il l’avait livrée allait les lui arracher. Mais ce qu’elle supportait le moins, c’était elle même, son cœur qui battait la chamade, le sang qui lui affluait aux joues, la chaleur qui s’emparait d’elle.

- Retourne-toi maintenant, en gardant bien ta jupe relevée. Oh, mais tu fais une belle cochonne, dis-moi ! C’était pour Pierre tout cet attirail ? Je suis sûr que ton mari n’en profite même pas, salope !

Légèrement penchée en avant, le galbe de sa poitrine ressortait d’autant plus que l’extrémité des bonnets de son soutient gorge noir était coupé. La pointe de ses tétons saillait terriblement. Elle avait beau se dire qu’elle était humiliée, son corps y consentait, semblait appeler le pire, comme en attente de sa dose de sexe, fût-elle abjecte. Le souffle court, Diane était autant dégoûtée par son laissé aller que par l’ignoble comportement de cet homme vicieux, visqueux.

- Monte sur le lit ! Ordonna-t-il à nouveau. A quatre pattes comme une chienne ! Tu sais ce que méritent les chiennes qui se font saillir par des bâtards ? Le martinet !
- Oh non ! Non ! Murmura-t-elle dans un souffle.
- Je serai magnanime si tu me montres que tu as compris qui est ton maître. Ton maître chanteur ! Ajouta-t-il dans un éclat de rire.

Le détective s’approcha du lit où Diane venait de monter à quatre pattes, obscène avec sa jupe retroussée sur ses reins cambrés, et ses escarpins vernis qu’elle portait toujours aux pieds. Il tenait dans sa main un martinet dont le manche en bois était laqué d’un rouge vif, et au bout duquel pendaient des dizaines de lanières de cuir. D’instinct, Diane devina ce qu’elle devait faire pour éviter les coups. Bras tendus devant elle, comme prosternée, la pointe de ses seins contre la couverture, elle tendit sa croupe offerte jusqu'à la frotter sur le jean de l’homme.

- Pardon, pardon, je ne recommencerai plus murmurait-elle, ne me frappez pas, je ne recommencerai plus... 

Pour toute réponse, l’homme se contenta de faire glisser les lanières de cuir contre les flancs de sa victime, avant de lui ordonner :

- Branle-toi contre moi !

Lentement, Diane ramena ses deux mains en arrière, jusqu’aux lobes de ses fesses qu’elle malaxa. Diane les écarta outrageusement, et tendit ses fesses vers la bosse qui pointait sur  le pantalon du détective, au point de la frôler. Les tétons durcis par le frottement sur la couverture, son profil droit plaqué sur le lit, elle scrutait le martinet de son persécuteur d’un œil exorbité. Elle avala difficilement la salive qui envahissait sa bouche. Elle avait peur, elle avait honte de ce qu’elle était contrainte de faire, mais une chaleur infâme la submergeait, s’emparait de son corps, devançait malgré elle les envies salaces de cet homme.
D’un doigt elle écarta le string entre ses fesses. Il était trempé. De sueur, ou d’autres secrétions inadmissibles. Le regard de l’homme fut captivé par l’anus qui palpitait sous ses yeux. Dès qu’il le darda avec la pointe du manche de son martinet, Diane ne pu réprimer un gémissement, ni empêcher sa main de frôler sa vulve luisante. Elle dut admettre que le désir lui tenaillait le bas ventre, malgré cet homme infâme, malgré elle. La lourdeur qu’elle ressentait dans son bas ventre, dans son creux, dans son trou, était devenue intolérable.
Le détective finit par remarquer la chaînette dorée qui sortait du sexe de Diane.

- Oh ! oh ! On avait prévu une jolie surprise pour son amant chéri ? Et bien la surprise, c’est pour moi !

Il tira avec une lenteur insoutenable sur la chaîne, se délectant du spectacle des lèvres intimes de Diane qui s’écartaient doucement, qui s’ouvraient sur une sphère nacrée. Diane poussa un long gémissement rauque lorsque son vagin expulsa les deux boules de Geisha, un modèle japonais original du 19eme siècle qu’elle avait déniché quelques jours plus tôt dans une vente aux enchères. Diane maudit leur efficacité qui lui avait fait perdre tout contrôle.

- Suce-moi ! Ordonna l’homme d’une voix égrillarde.

Diane se retourna prestement, et fit lentement glisser le zip du jean de l’homme, tout en le regardant droit dans les yeux. « Je ne suis qu’une abominable catin » pensa-t-elle, ce qui loin de l’inhiber, multiplia son envie autant que le martinet qu’elle se surprenait à désirer. La verge du détective sortit comme un diable de sa boite, raide, épaisse, au gland rouge et turgescent. Sans quitter l’homme des yeux, elle le prit en bouche, précautionneusement, puis avec une évidente avidité. « Je suis une sale pute qui suce un inconnu, un inconnu qui me force » se dit-elle alors que l’épaisse colonne de chair coulissait entre ses lèvres écartelées, ce qui la fit redoubler d’ardeur. Le claquement sec du martinet sur sa croupe lui fit augmenter le rythme. Au deuxième coup, elle plongea fébrilement la main dans le jean du détective pour en extraire les testicules. Au troisième, elle le branlait vigoureusement sans que sa bouche lâche prise pour autant. Au quatrième, il lui éjacula dans la bouche en gémissant.

- Avale !

Diane avait déjà devancé son ordre. Elle le pompa jusqu’à la dernière goutte. Lorsqu’elle le sentit enfin ramollir dans sa bouche, Diane pensa que s’était terminé.

- Tu crois-t-en tirer à si bon compte ? Lui asséna le détective.

Il glissa le manche du martinet entre les lèvres souillées de Diane, à la place de sa verge molle. Il ajouta :

- Montre-moi comment tu te branles le cul quand tu penses à Pierre, poufiasse !

Servile, Diane fit glisser son string le long de ses cuisses fuselées, et elle reprit sa dégradante position, poitrine sur le lit, fesses cambrées, orifices exhibés. Elle glissa lentement le manche luisant de salive entre ses fesses, puis elle le fit doucement coulisser dans son anneau qui l’accueilli sans peine. Tout en se repaissant de ce vil spectacle, le maître chanteur s’assit à côté de sa victime, un feuillet à la main.

- Pierre, mon amour, mon merveilleux amour, lut le détective sur un ton gouailleur.

Il glissa une main sous la poitrine de Diane, dont il fit rouler un téton entre le pouce et l’index. Il continua :

- Si vous saviez les folies que vous m’inspirez ! Parfois même, vous me faites l'amour avec mes mains. Hier soir, dans la tiédeur de mon lit, mon esprit a encore divagué vers vous, vers la chaleur de vos étreintes, entre vos bras puissants. A cette simple évocation une véritable fièvre érotique s’est emparée de moi. Mes mains suivaient à la trace vos caresses imaginaires, glissaient sur mon corps brûlant, torturaient mes tétons saillant. Incapable de les retenir, mes mains s’emparèrent de mes orifices, une devant, une derrière. Mes doigts glissèrent en moi, alternativement, puis en même temps, et me transportèrent au seuil de la jouissance. Mais c’était de vous dont je voulais jouir, de vous si cruellement absent. Dans un éclair de lucidité je me suis souvenu de ce jouet que vous m’avez offert. Oh Pierre, vous n’imaginez pas ma jouissance lorsque je me le suis mis, en pensant que c’était un peu de vous que je m’enfonçais. Par derrière aussi.

Outragée jusque dans sa correspondance intime, Diane avait fermé les yeux. Son esprit l’avait comme abandonné. Il s’était réfugié dans les souvenirs de cette nuit là, dans le plaisir qu’elle s’était donné. Elle ne sentait même pas les lanières de cuir du martinet qui battaient contre ses fesses pendant qu’elle se fourrageait l’anus avec le manche à un rythme effréné. Elle revint à elle lorsqu’elle sentit le phallus de l’homme s’immiscer entre ses lèvres intimes, et elle se laissa prendre en levrette sans même essayer de retenir sa jouissance. L’homme la besogna un long moment, d’ampleur en saccades, avant d’extraire le manche de son petit trou et de la sodomiser. Elle crut mourir lorsqu’il fit rouler en même temps son bouton d’amour entre ses doigts.
Mourir de plaisir.
Terrassé par un nouvel orgasme, l’homme s’écroula contre le corps pantelant de Diane. Il y avait longtemps qu’elle n’était plus avec le maître chanteur, et elle se lova contre le corps chaud de son amant.

Diane du se résoudre à s’extirper de la douce torpeur. L’échéance approchait. Dans une heure, elle retrouverait ses enfants à la sortie de l’école. Elle balaya d’un regard la chambre dévastée, ses vêtements éparpillés, le blouson noir d’où émergeait le micro de l’appareil qui avait servi à maquiller la voix de ce détective d’opérette, ses bottes rouges qui n’en finissaient pas de luire, et lui enfin, à moitié nu, encore assoupi tout contre elle. Pierre était méconnaissable avec sa barbe et son crane rasé. Elle n’avait pas pensé qu’il pourrait un jour réaliser le fantasme de Diane d’être forcée. A vrai dire, il n’y était pas tout à fait parvenu.

Commentaires

Le mardi 13/03/2007 à 09:06 par Lib :

Pffioou. Belle chute. Suis en retard maintenant. Je reviendrai.

Le mardi 13/03/2007 à 10:31 par Soleildejuillet :

Il est des récits qui nous transportent....félicitations, tout y est Vagant....
Un plaisir de te lire dès le matin..
Soleildejuillet, tenue en haleine... jusqu'à la chute...

Le mardi 13/03/2007 à 12:10 par Madeleine :

C'est drôle, j'arrive à prévoir la fin presque à chaque fois.. mais ça n'enlève rien à votre talent, qui force mon admiration.
La dernière phrase est très juste: comme dans le cas de votre autre note, "De la domination", vous remarquez très justement à quel point il est difficile de "faire semblant" dans ce genre de jeux, d'y croire vraiment. Pour que cela "marche" complètement, que la réalisation du fantasme soit parfaite, il faudrait que ce soit vrai, mais dans ce cas, notre héroïne ne serait-elle pas plutôt paralysée par la peur ?

Le mardi 13/03/2007 à 12:26 par Sapheere :

Magnifique, selon moi un de tes meilleurs textes Vagant, déjà lu il y a quelques jours mais l'émotion est toujours la même..... comme si Diane me possédait....
Encore bravo

Le mardi 13/03/2007 à 19:52 par Vagant pour Lib :

De la part d'une plume telle que la tienne, les encouragements me font particulièrement plaisir.

Le mardi 13/03/2007 à 19:55 par Vagant pour Soleil & Sapheere :

Merci ! Si votre degré d'hygrométrie est à la mesure de votre excitation intellectuelle, je suis comblé !

Le mardi 13/03/2007 à 20:00 par Six :

Très joli! Fin qui fait son effet! Mais pourquoi des santiags rouges? (enfin pourquoi pas, non plus, après tout...)
Six.

Le mardi 13/03/2007 à 20:03 par Vagant pour Madeleine :

Merci pour vos éloges ! Pour que la réalisation du fantasme soit parfaite, il faudrait que ce ne soit pas une mise en scène... certes. Dans le cas présent, Diane connaissait l'homme en question et elle finit par le reconnaître. Mais si ce détective avait été un inconnu sélectionné par son amant ? Alors elle aurait vraiment tremblé de peur tout en réalisant un désir à peine avoué, et cela aurait sans doute été la mise en scène idéale.

Le mardi 13/03/2007 à 20:05 par Vagant pour Six :

Les santiags rouges ? Pas de bonnes raisons sinon la beauté de la photo :)

Le mercredi 14/03/2007 à 00:52 par Mathilde :

Ne pas reconnaître la verge de son amant, n'est-ce pas un peu gros quand même (enfin, si je puis dire) ?

Le mercredi 14/03/2007 à 08:36 par Lib :

J'en profite pour poser une question (parce que nous sommes toutes différentes et que de la différences nait la richesse, blablabla) :

y a des femmes qui se masturbent, seules, en se " branlant le cul" ?

Le mercredi 14/03/2007 à 10:29 par Vagant pour Mathilde :

Es-tu bien certaine de pouvoir reconnaître un homme à sa verge ? De quel sens penses-tu avoir besoin pour cette recon-naissance...

Le mercredi 14/03/2007 à 10:35 par Vagant pour Lib :

Certaines femmes, et aussi certains hommes, ont un goût réel pour l'analité.
J'ai ainsi connu une femme qui possédait divers godemichés dédiés à chacun de ses orifices. Elle a un jour essayé de me mettre celui dédié à son anus, mais curieusement, il n'est jamais rentré. Je devrais sans doute en faire une note, d'ailleurs...

Le mercredi 14/03/2007 à 11:28 par Mathilde :

Vagant, oui je le pense très fortement... Surtout quand il s'agit d'un amant régulier.
Quant aux sens, bien que nous en ayons cinq, je pense qu'un seul me suffirait pour reconnaître qui est le propriétaire de la verge en question. En l'occurrence la vue, quoique le goût peut jouer aussi, tout comme le toucher. Après je pense que c'est plus difficile de s'y retrouver dans le noir total, mais Diane n'était pas dans le noir elle!

Le mercredi 14/03/2007 à 13:46 par Vagant pour Mathilde :

T'imagines-tu donc entourée de verges tendues, et certaine de retrouver celle de ton amant ? Voilà qui pourrait m'inspirer une note, voire même un défi...

Le vendredi 16/03/2007 à 18:28 par Comme une image :

J'ai un peu de mal moi aussi à « croire » à la parfaite réussite du maquillage du protagoniste dual, ne serait-ce que pour le détail soulevé (sic) par Mathilde ;-)

Pour autant, voilà un texte bien prenant !

Le vendredi 16/03/2007 à 18:32 par Vagant pour CUI :

Oui, moi aussi, je n'y croyais pas trop en l'écrivant, mais bon, c'est une fiction...

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