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02 octobre 2014

A la feuille de rose

Me plongeant avec un certain plaisir dans les paillardises du XIXème siècle, le siècle de Zola et de Maupassant, je suis tombé par hasard sur une pièce de théâtre intitulée À la feuille de rose, maison turque, œuvre de jeunesse de Maupassant qui avait 19 ans quand il la donna en présence de Zola, Flaubert et un des frères Goncourt horrifié. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer une partie du chapitre XIV qui épingle la vantardise Marseillaise, avec l’accent s’il vous plait:


LE MARSEILLAIS
Et qu'est-ce que tu veux que ze fasse de ça ? Ze ne pourrai seulement pas y fourrer mon petit doigt. A la bonne heure à Marseille pécaïre ! Vous ne connaissez pas la Canebière. C'est là qu'il y a de belles femmes. Elles vous zen ont de grandes comme mon chapeau. Troun de Dieu ! Et à la bonne heure on peut foutre là-dedans.
 
MICHÉ
Allons, blagueur, on la connaît la Canebière, comme s'ils étaient plus forts que d'autres les vits marseillais !

LE MARSEILLAIS
Les vits de marseillais, mon bon ! C'est comme le beaupré d'un navire. Eh couillon ! Que je ne vous plaindrais pas si vous en aviez un entre les fesses, troun de l'air !

MICHÉ
Moi non plus.

LE MARSEILLAIS
Sans compter que vous en auriez un fameux cul pour le recevoir ! Un vit de Marseillais, tenez, moi qui vous parle, quand je bande, ze suis terrible, et ze bande toujours. Une fois, mon bon, zavais coucé avec une femme, la malheureuse, ze la fous, ze la bifous, ze la trifous, ze la refous, et quand zai eu fini, à la dizoutième fois, sans débrider, couillon, je m'aperçois qu'elle était morte. Mon vit lui avait percé le vaintre, et le médecin, qui a constaté le décès, a reconnu qu'elle avait été étouffée par mon vit qui lui était entré dans la gorge.

FATMA
Eh bien merci, tu peux te fouiller que je baise avec toi.

MICHÉ (blaguant)
Eh bien, et moi, et bibi, dans un incendie un jour je monte au quatrième étage d'une maison qui était en feu. Il y avait quatre personnes à sauver. Je mets le mari sur mon dos, je prends le père de la main droite, la mère de la main gauche, restait la femme, comment faire ? Je te la fous à cheval sur mon vit, et en descendant l'escalier, sans m'arrêter, je la baise quatre fois, une fois à chaque étage.


Décortiquant un peu plus le vocabulaire érotique de l’époque, je suis tombé sur le Dictionnaire Erotique Moderne, du journaliste Alfred Delvau, dont la lettre N de l’édition de 1864 ne manque pas d’enluminures.

NatureDeLaFemme.png

Il y en a 400 pages. Que d’expressions perdues ! J’ai toutefois découvert qu’à l’époque, on ne taillait pas de pipe mais on gamahuchait le canal. Le miracle de la langue vivante se renouvelle à chaque époque…

13:39 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : écriture

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