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04 février 2016

Vagant le terrible

J’ai rencontré Carole il y a plus de quinze ans, sur le forum Aventures d’auFeminin. Je serais bien en peine de vous retracer les détails de nos conversations, mais elles ont assez rapidement dérivé sur le terrain érotique où Carole avait un talent certain. C’est avec elle que j’avais signé In Clito Veritas. Pharmacienne de son état, mariée depuis quelques années, elle était globalement heureuse dans son couple, comme on peut l’être après avoir voulu devenir mère, mais sans parvenir à redevenir femme auprès d’un mari assoupi. Ainsi avait-elle cédé au désir de prendre un amant. Le parjure consommé, elle finit par prendre goût à l’illégitimité et en prit un second. Il n’y a que le premier pas qui coûte. Quand j’ai connu Carole, elle en avait déjà trois, très différents les uns des autres. Elle décida que je serai le quatrième point cardinal nécessaire à son équilibre.

Accorder nos agendas pour une première rencontre ne fut pas le plus simple, mais je m’engageai le cœur battant dans un périple de six heures de train pour quatre heures d’amour. Je résistais encore au téléphone portable à cette époque, et lorsque je suis arrivé à la gare de notre rendez-vous, j’ai suivi le protocole que nous avions mis au point. Je l’ai appelée à partir d’une cabine téléphonique qu’elle m’avait indiquée, et j’ai attendu qu’elle m’autorise à me retourner pendant qu’elle approchait derrière moi. Nous n’avions jamais échangé la moindre photo. J’ai été surpris de voir une petite femme pétillante d’une trentaine d’années, aux cheveux roux et frisés. Très franchement, ce n’est pas le genre de femme sur lequel je me serais retourné dans la rue, d’autant que ce n’est guère mon style de me comporter de façon aussi ostentatoire. Mais lorsqu’elle m’a littéralement pris par la main en me disant « Allez, vient ! », j’ai senti aussitôt mon sexe gonfler dans mon pantalon.

Je la suis dans un hôtel de l’autre côté de la place. Avis de tempête dès notre arrivée dans la chambre. Nous nous jetons l’un sur l’autre. Je l’embrasse goulûment tandis qu’elle m’attire sur le lit. Nos vêtements volent. Mes lèvres découvrent ses petits seins aux pointes tendues alors qu’elle me griffe le dos. J’esquive son string. Sa chatte épilée ruisselle sous mes doigts. Je crois bien ne pas avoir pris le temps de lui ôter sa lingerie avant de la prendre, en urgence. J’étais un amant particulièrement fougueux à cette époque, doué d’une belle capacité à bander, éjaculer, et bander de nouveau, cinq ou six fois de suite. Intensité est le meilleur qualificatif de notre étreinte.

Vers midi, pose sandwich. Adam et Ève pique-niquent sur le lit, la pomme croquée jusqu’au trognon. Je me souviens alors du petit paquet apporté à l’intention de Carole. Je la savais gourmande, et je suis sûr de mon choix. Elle déchire l’emballage et fait la moue devant le godemichet noir. Elle avait prévu pour moi quelque code de plus délicat en m’offrant un stylo. Notre rencontre est définitivement sous l’égide de l’érotisme. Quelques minutes plus tard, en soixante-neuf, elle apprécie pourtant que je lui glisse dans la chatte ce godemichet tout en lui léchant le clitoris. « Tu es un gang-bang à toi tout seul ! » me souffle-t-elle entre deux gémissements. Les orgasmes se succèdent et je me sens pousser des ailes. Combien de temps cela pourrait-il durer ? Sa langue magique me redresse une fois de plus. Elle m’enjambe et, cuisses écartées, genoux fléchis, en équilibre sur les pieds, elle me sort « Six ans de danse classique ! » avant de s’empaler sur mon dard et remonter à la seule force des jambes. Cette fois-ci, c’est elle qui me baise, jusqu’à ce que je n’y tienne plus, que mes hanches percutent les siennes, et que nos sexes encastrés nous projettent dans notre dernier orgasme.

Seconde rencontre quelques semaines plus tard. J’entre dans la chambre d’hôtel où Carole m’a promis deux cadeaux intimes. Le premier m’attend sur la chaise, tout enrubanné de satin et de dentelles. Je me demande encore comment Carole est parvenue à s’attacher ainsi, les yeux bandés. Ce jour-là, elle m’offre son anus. Je le prends en douceur. « Qu’est-ce que c’est bon de se faire enculer », me souffle-t-elle quand j’explose en elle. C’est ma première sodomie. L’autre cadeau est plus intime encore, c’est une bouteille dont l’étiquette représente un château bordelais. Elle me montre du doigt une des fenêtres et me dit que c’était celle de sa chambre. J’ai longtemps gardé le cadavre.carole,erotisme

C’est à la fin de ce second rendez-vous que Carole a pris cette photo. Elle décida que parmi ses quatre amants, j’étais indubitablement le sud. Quelques semaines plus tard, elle ne suivait plus que ma direction, mais ça, c’est une autre histoire.

00:08 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : carole, erotisme

13 janvier 2016

La calèche

calecheVoici bien trop longtemps que je n’ai pas publié de nouvelle érotique sur ce blog, et ce n’est pas vraiment aujourd’hui que je vais m’y remettre. D’une part parce je l'ai fait hier, et d’autre part par ce qu’elle vous attend sur le blog LELO qui me fait l’honneur de la publier.

Vous constaterez aussi, fidèle ami lecteur, que cet article n’est pas catégorisé. Est-ce donc une histoire vraie, ou bien une vraie histoire inventée de toutes pièces ? Je vous propose de donner votre avis sur twitter avec ce sondage.

 

Vous avez une journée pour le faire, et je répondrai à vos éventuelles questions ici même en commentaire.
Au plaisir de vous lire !

00:00 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fiona, erotisme

03 janvier 2015

Le fantasme de l’escort-girl

De l’extérieur, l’hôtel n’a rien d’exceptionnel. Un de ces immeubles haussmanniens classiques, avec toutefois quelques éléments décoratifs assez discrets qui ne contrastent pas trop sur la façade de pierre. A l’intérieur, c’est autre chose. On comprend qu’on est dans un de ces luxueux boutiques-hôtels dès lors qu’on entre dans le hall du Seven. Mais quand nous pénétrons dans la chambre réservée pour l’après-midi, où nous avons bien l’intention de nous adonner à de langoureux massages mutuels, nous sommes franchement impressionnés par ce lit et cette baignoire qui semblent léviter dans la pièce.

HotelSeven.jpg

Mon amante règle l’éclairage, mode plafond en ciel étoilé, et avance vers le fauteuil d’un pas hésitant. Elle porte sa nouvelle petite robe noire qui la moule à souhait, à mes souhaits. Elle n’a pas sorti l’huile de massage.

« Tu te souviens du fantasme de l’escort-girl ? » me dit-elle avec un regard appuyé et une moue sensuelle aux lèvres. Je lis sur son visage tous les signes imperceptibles qui annoncent l’imminent déferlement charnel. Je m’approche et je lui demande :

-    La chambre te plait ?
-    Oui, et toi ?
-    Oui…
-    Autant que la petite pute que tu as louée ? me demande-t-elle.
-    Répète ?
-    Autant que la petite pute que tu as louée ?
-    Répète encore !
-    Autant que la petite pute que tu as louée ?

Je l’invite à se lever et je prends sa place dans le fauteuil du client. Je la toise, dans sa petite robe noire, debout, au pied du lit. Je lui réponds enfin :

-    Oui, l’agence ne m’a pas menti.
-    Ah oui ?
-    J’ai demandé une jolie fille bien vicieuse. J’ai déjà la jolie fille. Reste à voir le vice.
-    Qu’est-ce que tu veux que je te fasse ?
-    Déshabille-toi comme une belle salope !

Elle me tourne le dos, se déhanche, grimpe sur le lit, à quatre pattes elle me fait son show. Moi j’ai commencé à bander dès qu’elle m’a fait son regard luxurieux, alors j’ouvre ma braguette et j’exhibe mon émotion dans mon poing serré. Un peu comme un applaudissement, mais en plus intime. La voilà qui se roule sur le lit, se cambre, m’ouvre son cul, tend les jambes au firmament, saute du lit à moitié nue, fait sa chienne à quatre pattes sur la moquette. Je lui claque les fesses. Elle ne se dérobe pas. Je sens qu’elle va jouer le jeu jusqu’au bout quand elle se jette sur mon sexe comme une affamée. « Ferme les yeux, je te dirai quand les ouvrir », m’ordonne-t-elle avant de m’avaler encore. Quand elle m'ordonne de la regarder, elle ne porte plus qu’un body qui s’ouvre entre les cuisses sur sa vulve humide. « Qu’est-ce que tu veux que je te fasse ? Demande, j’exauce ! ». Ma douce amante me ferait-elle son numéro de pute parce qu’elle veut du trash ? Il ne s’agirait pas de la décevoir. Je la fais s’allonger sur le lit, sur le dos, la tête en arrière tourné vers moi, qui suis debout au pied du lit, complètement nu maintenant. « Je vais te baiser la bouche » que je lui dis, en joignant le geste à la parole. D’une main, j’accède à sa chatte trempée tout en soumettant sa bouche ouverte à un va et vient régulier.

Qu’est-ce qui lui plait à être rudoyée ainsi, à s’abandonner à ma lubricité ? Veut-elle voir jusqu’où je peux aller ? Veut-elle me creuser au plus sombre ?  Ou tout simplement me montrer qu’elle est toujours à la hauteur de ma luxure ? Elle finit par n’en plus pouvoir d’avoir la tête en bas, alors je l’allonge sur le lit et je me mets sur elle, en soixante-neuf. Je lui mange tout, et le con et le cul tandis qu’elle me lappe les couilles, et puis demi-tour pour l’embrasser tendrement, mes lèvres toutes barbouillées de ses sucs. Un « ma chérie » m’échappe alors qu’elle a totalement embrassé son rôle de prostituée vicieuse, en acceptant mes baisers parfumés à sa mouille. Je me reprends : « lèche-moi le cul ! » J’ai lâché mon ordre sans appel en m’allongeant sur le ventre, les reins cambrés, prêt à tout. Je sens bientôt sa langue glisser entre mes fesses, titiller mon anus. Et puis son doigt qui m’ouvre, me pénètre. Je lâche un « Oui ! Défonce-moi le cul ! » pour l’encourager à me sodomiser avec ses doigts. Elle y va à cœur joie et puis s’allonge sur moi :

-    Alors ça te plait ?
-    Oui. Tu es vraiment vicieuse. Dis-moi, tu as déjà sodomisé un de tes clients ?
-    Avec un gode ceinture ? Bien sûr !
-    Tu me le feras ?
-    Si tu veux...

J’ai maintenant envie de baiser ma petite pute. Allongée sur le dos, ses mollets sur mes épaules, je déroule un préservatif sur mon érection. Je la pénètre lentement, et quand mon sexe est bien ancré au sien, je bascule en arrière tout en l’attirant à moi. L’angle de pénétration est tel que dès mes premiers coups de reins qui la font tressauter sur mes cuisses, je la catapulte à l’orgasme, sans que je n’atteigne la jouissance. Elle reste sur moi à me chevaucher tout en reprenant son souffle. Je veux encore jouer et non pas jouir tout de suite. Je ne sais pas trop ce qui me passe par la tête, mais je lui dis :

-    Je ne suis qu’un salaud !
-    Ah oui ?
-    Oui, un sale mec bourré de fric et qui te baise. Je mérite des baffes. Gifle-moi !
-    Qu’est-ce que t’a encore fait comme saloperie hein ? et elle m’en colle une.
-    Je baise tout ce qui bouge.
-    Salaud ! Salaud ! me lance-t-elle, ponctuant chaque insulte d’une bonne gifle.

J’encaisse, perdu dans ses yeux furieux. Elle retire son body d’un geste, l’enroule autour de mon cou, et elle commence à serrer. Je devine qu’elle n’a qu’à m’imaginer en baiser une autre pour que monte en elle des bouffées de tristesse rageuse. Elle arrête soudain, comme éperdue d’avoir été si loin. L’imminence de ma jouissance s’est éloignée sans me faire débander, alors j’enchaine avec une lente levrette tout en lui caressant le petit trou. « Je vais t’enculer ! » annoncé-je, certain que ma petite pute sans tabou ne peut rien me refuser. « Vas-y doucement, me demande-t-elle, laisse mon anus se dilater ». Je sens ses sphincters s’ouvrir lentement à mon passage, et une fois bien engagé, elle me supplie de lancer l’hallali : « Vas-y maintenant ! Prends-moi fort ! » Je ne me le fais pas dire deux fois pour m’enfoncer de tout mon long dans son petit trou. Debout sur le matelas instable, les cuisses semi-fléchies, un bras tendu vers le mur pour tenir l’équilibre, je regarde ma tige creuser ses reins cambrés. Je pourrais jouir ainsi, seul. Sans doute éprouverait-elle un certain plaisir mais pas d’orgasme. J’ai envie d’arrêter le jeu sur une jouissance simultanée. Je m’extrais de sa croupe accueillante, je change de préservatif, et je la reprends aussitôt en levrette. Ses gémissements de plaisir accueillent mon assaut sans la moindre retenue désormais, et il ne nous faut pas beaucoup de va-et-vient pour exploser dans une jouissance commune.

Le jeu est terminé, la petite pute s’est évaporée au profit de mon amante aimante. « Tu sais ce que tu mérites maintenant ? Un gros câlin plein d’amour ! » lui dis-je, tout en me demandant comment on a pu tenir nos rôles si longtemps, et nous profitons de notre tendresse retrouvée après ce déchaînement sexuel.  Le contraste est divin. La tendresse sans sexe est ennuyeuse, le sexe sans tendresse nous est juste impossible. Entre deux baisers langoureux, elle m'avoue : « Tu sais, j’ai dit des trucs tout à l’heure au cours du jeu, mais je ne pense pas pouvoir te sodomiser avec un gode ceinture. »

10 octobre 2014

OU.SE.PO

ecriture14.pngVoici quelques semaines, j’avais écrit cette note relative à l’élaboration d’un apéritif littéraire et érotique. Il fut organisé par l’incontournable C*** dans l’atelier d’un talentueux dessinateur, et inspiré des modalités que j’avais proposées, il n’y eut pas moins de quatorze invités dont à peu près autant d’hommes que de femmes.

Nous commençâmes par l’atelier lecture expressive qui nous permit d’entendre du Beigbeder, du Sade, du Pierre Louÿs, du Nora Gaspard et même du Vagant. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même n’est-ce pas, même si la tendance de la soirée n’était vraiment pas à l’autosatisfaction. Après cette première partie agréable, bien qu’un peu longue, nous nous aventurâmes dans l’atelier d’écriture selon les contraintes suivantes :

•    Le texte devait démarrer par la phrase seuil « Je n’aurais jamais cru que cela pût aller aussi loin. » ;
•    Il devait tenir sur une page (écriture manuscrite) ;
•    Il devait faire intervenir a minima deux autres personnes présentes dans l’assemblée.

Vous pouvez dès maintenant découvrir les productions de S***, V***, MM***, J***, I***, Q***, U***, C***, E***, W***, F***, G***, H*** et de K*** puis essayer de deviner qui a écrit quoi ! C’est en tous cas le jeu qui nous occupa toute la fin de cette soirée, puisque les textes anonymes furent mélangés et ne furent pas lus par leur auteur mais par quelques lecteurs distingués dans la jubilation générale.

J’ai parfaitement conscience que ce jeu fut bien plus drôle pour nous qu’il ne le sera pour vous, simple lecteur, puisque les textes originaux n’avaient pas les étoiles de l’anonymat derrière lesquels nous cachons maintenant les débauchés, mais en exhibant les désirs de mystérieux inconnus envers certains participants désignés, ils agissaient alors bien en véritable Ouvroir de Sexualité Potentielle.

What else ? Ah oui, une nouvelle édition est prévue samedi soir et vous pouvez encore faire acte de candidature jusqu’à ce soir, minuit !

28 avril 2014

Proposition délicieuse - 1

Sylvie avait un rendez-vous. Un rendez-vous un certain jeudi 5 janvier à 15h30 précise, gare de Lyon-Part-Dieu, au beau milieu du hall. Mini jupe, bas résilles, veste de cuir noir sur laquelle tombait en cascade ses cheveux dorés, Sylvie portait une tenue sexy comme je le lui avais demandé, tout en gardant cette distinction naturelle qu'elle ne pouvait pas perdre. Le cœur battant, elle s'avança dans le hall en dévisageant les passagers pressés qui filaient comme des flèches. Surtout les hommes. Certains lui jetaient des regards égrillards, à la dérobée, avant de sauter dans leur train à la ponctualité insensible au charme féminin. Sylvie ne reconnut aucun visage. En vérité, elle ne savait même pas avec qui elle avait rendez-vous, hormis ce petit paquet rouge qu'elle tenait dans sa main. Elle l'avait reçu par la poste quelques jours auparavant, et une des deux choses qu'elle savait quant à ce défi, c'est qu'elle devait ouvrir ce paquet, dans cette gare, maintenant. L'autre chose était une injonction, un ordre qui tenait en trois mots: "Ne pas jouir !"

Proposition délicieuse, sylvie, Expériences

Tout avait commencé après le défi qu'elle m'avait elle-même lancé: lui prouver que j'étais un amant à la hauteur de ma réputation. Après une nuit convaincante, je lui avais écrit ceci:

Ma tendre Sylvie,

Voici le nouveau défi que je te propose de relever le 5 Janvier. Globalement, il tient en trois mots: Ne pas jouir ! Je t'invite à un voyage impudique et sensuel, tout en surprises et émotions fortes, où tu devras me suivre les yeux fermés. Tout sera mis en oeuvre pour ton plaisir, rien que ton plaisir, auquel tu devras vaillamment résister, jusqu'à ce que je t'autorise à te laisser aller. L'enjeu sera bien entendu un gage, que le gagnant pourrait aussitôt imposer au perdant ! Le jeu durera toute la soirée, et telle cendrillon, tu pourras retrouver ton carrosse avant qu'il ne se transforme en citrouille ! Acceptes-tu ce défi ?

Je te ferai parvenir le matériel nécessaire et plus de détails les jours prochains...

Vagant

Sylvie avait accepté. Après ne m’avoir connu que de réputation, aussi bonne que sulfureuse, la première nuit qu’elle avait passée dans mes bras l’avait poussée à me suivre dans mes jeux cérébraux et sensuels. A son retour de vacances, elle trouva dans sa boite aux lettres une enveloppe épaisse, en papier kraft, avec son nom et son adresse au stylo bleu, écrits en lettres amples et nerveuses. Pas d'expéditeur.

Sylvie ouvrit l'enveloppe et trouva un petit paquet cadeau rouge, accompagné d'un mot :

Douce Sylvie,

J'espère que tu as passé un joyeux Noël, et bien que tu ne lui aies pas envoyé ta liste,  voici de sa part un modeste présent. Cependant, ne l'ouvre pas avant le Jeudi 5 Janvier à 15h30 précise dans le hall de la gare de Lyon-Part-Dieu ! C'est ainsi que commencera ton défi impudique. Je compte sur ta ponctualité, condition sine qua non de ce défi !

Ah, j'allais oublier... Je te demande de porter une tenue plutôt sexy, mais assez confortable pour marcher dehors quelques minutes en cette saison. Côté lingerie, je te fais confiance pour qu'elle soit diablement tentatrice.

Vagant

D'un simple coup d'œil sur le paquet, Sylvie se douta que je ne lui avais pas envoyé une boite de chocolats belges, sans pour autant pousser davantage ses investigations, pour ne pas gâcher la surprise que je lui préparais. Quelques jours plus tard, je croisai Sylvie sur messenger où nous clavardions parfois jusqu'à pas d'heure. Une fois de plus, je parvins à exciter sa curiosité à propos de ce mystérieux rendez-vous imminent.

-    J'ignore en effet complètement quelles sont tes intentions !
-    Tu risques d'être surprise. Dire que tout est dans un petit paquet rouge que tu ne peux pas ouvrir...
-    Je pourrais... cesse donc de me tenter !!!
-    Ce serait dommage, tu perdrais ton défi ! Mais tu pourrais tricher, ne rien me dire, et l'ouvrir. D'un autre coté, qui sait si je ne me débrouillerai pas pour te voir l'ouvrir, ce paquet, au beau milieu de la gare de Lyon-Part-Dieu.
-    Tu ferais çà ?!
-    Va savoir. Tu n'imagines donc pas tout ce que je peux échafauder ?
-    Maintenant que tu m'as dit çà, je vais me sentir observée quand j'ouvrirai le paquet rouge ! Tu arriveras à Lyon à quelle heure ?
-    Pourquoi ? Pour savoir si je risque de t'épier dans la gare dès ton arrivée ? De te prendre en filature ?
-    Pour savoir si tu vas m'observer pendant que je déballerai le paquet rouge ! C'est terrible de se sentir observée ! Ça me trouble!
-    Dans quel sens ? Excitation ? Peur ?
-    Les deux mon capitaine ! C'est le fait de ne pas savoir si on est observée ou pas qui est troublant à ce point, il me semble...
-    Si tu faisais l'amour avec un homme, sans savoir si quelqu'un d'autre t'observe, tu serais excitée davantage, ou complètement inhibée ?
-    J'avoue ne pas le savoir ! Je constate que tu esquives ma question. Toujours charmant, mais cruel !
-    Je t'avais promis du suspens pour compenser la relativement faible fréquence de nos rencontres. J'espère que cette charmante cruauté te plait !
-    Je crois que oui ! Je dois te quitter maintenant. A jeudi, je ne sais pas quelle heure pour toi, mais moi à 15h30, c'est çà ?
-    Oui, gare de Lyon-Part-Dieu, avec ton petit paquet, et tes pièces d'identité, on ne sait jamais...
-    Mes  pièces d'identité ? On va finir en garde à vue ?
-    Je ne pense pas qu'on finira en garde à vue, mais ça pourrait être utile...

À suivre…
 

04 avril 2014

L’attribut du sujet - 2

Si je suis bien le serviteur, je suis en réalité vêtu de la tête aux pieds, et non pas nu comme je l’avais imaginé dans mon récit imaginaire. En revanche, l’excitation qui s’est emparée « du personnel » à l’arrivée des invités était au-delà de ce que j’avais suggéré.

« Les premiers invités arrivent ! Tout le monde en place ! » s’était écrié C*** dans le salon. J’ai abandonné un instant mes huitres pour écarter le rideau qui occultait nos préparatifs en cuisine. Au salon, chacun ajustait son masque, prenait une pose étudiée, et retenait son souffle. La tension était aussi forte pour les complices en coulisse que pour les convives dans l’expectative. A peine avais-je eu le temps de retourner m’escrimer contre les huitres, que C*** écartait le rideau de la cuisine en brandissant une bouteille de champagne à mettre au frais. « Ils sont arrivés ! Tenez-vous prêts » nous avait-il chuchotés. Il prit une longue inspiration et entra en scène comme on se jette dans l’arène.

Entre deux divins préparatifs réalisés grâce à l’adresse diabolique d’une succube, mes pensées allaient vers Mathilde, assise incognito dans la banquette du salon, superbe dans sa petite robe noire qui offre une vue vertigineuse sur sa chute de rein, mais aussi vers G*** et M*** qui avaient accepté mon invitation, sans savoir si Mathilde et moi serions présents, ni même être en mesure de nous reconnaitre après toutes ces années. Étaient-ils arrivés ? Déjà, les trois coups avaient été donnés, les deux anges étaient tombés du ciel, il ne manquait plus que le champagne et il était temps pour moi d’entrer à mon tour en scène, avec une solennité que je n’imaginais pas dans ma parodie saugrenue.

Les tableaux s’enchainaient à un rythme qui m’apparaissait bien plus rapide qu’au cours de cette première répétition où Mathilde et moi avions assisté, admiratifs et inquiets, au ballet des plats et des corps. Cette fois-ci, à la demande de C***, ma douce Mathilde improvisait avec maestria la scénographie des huitres, alliant le charme et les bons mots, pour initier les divines dégustations dont j’étais frustré. Car je jouais moi aussi ma modeste partition, à courir en cuisine, apporter les plats, remplir les verres – mais pas trop ! – avec une apparente servilité malgré les piques de celui que j’imaginais être G***, qui sans doute me cherchait lui aussi, et m’avait peut-être déjà reconnu.  Ce fut mon sentiment alors que je remplissais son verre et qu’il regardait mon masque impassible, quand il sortit tout de go : « Je veux le même esclave à la maison !
-    On ne peut pas être à la fois esclave et choisir son apparent esclavage ! rétorqua aussitôt P*** juste à côté de moi.»

J’ai tapoté son épaule en signe d’assentiment silencieux pour sa lumineuse répartie. Quelques minutes plus tard, P*** et son apparente soumise illustraient avec maestria ces propos.

À leur côté, derrière le rideau de bougies, je présentais le plateau d’accessoires à ceux et celles qui se succédaient devant la soumise agenouillée, entièrement nue. Sous couvert de mon masque qui ne laisse apparaitre aucune émotion, je m’amusais de leur maladresse, oubliant un instant combien j’avais été impressionné quand je m’étais livré à ce rituel. Entre deux passages, je regardais Mathilde, assise entre deux belles femmes entreprenantes, dont celle qui devait être M***. Leurs mains se baladaient, leurs lèvres s’embrasaient. La volupté coulait dans les décolletés, la sensualité s’insinuait sous les cuisses. Ce spectacle qui m’excitait et m’émouvait à la fois, c’était celui du plaisir de Mathilde. Je n’en étais pas l’instigateur et je me surprenais à ne pas en être frustré ni jaloux. Son bonheur est le mien.

Raide comme la justice, je devine que celui qui s’avance maintenant, à pas félins, est sans doute mon très cher G***. La quarantaine racée, il s’approche de la femme agenouillée avec une mordante assurance, s’accroupit à son tour, et ignorant le plateau que je lui tends, il croque directement sa part aux lèvres de la soumise. « Voilà un homme qui sait improviser ! » s’exclame une comédienne estomaquée.

Au tableau du peignoir, contemplatif, je retrouve Mathilde en étroite compagnie. Par derrière, ses hanches plaquées aux fesses de ma Naïade, M*** la trousse ostensiblement. Par devant, c’est le facétieux J*** qui s’attaque au décolleté de ma belle. Il fait glisser les bretelles de sa robe tout en cueillant des baisers à la douceur de ses lèvres, où je lis les « je t’aime » silencieux qu’elle m’adresse discrètement. Elle ne porte pas de soutien-gorge et ne tarderait pas à être nue si leur manège continuait. Je m’approche, et leur chuchote en écho les paroles de la comédienne en peignoir sur un ton faussement réprobateur : « Savez-vous que Casanova a vécu ici ? Un peu de dignité ! » Ma remontrance ne reçoit pour réponse que les soupirs appuyés de M***. En m’approchant au plus près, je réalise que les mains de ma belle ne sont pas inactives : glissées entre ses fesses et le ventre de M***, elles disparaissent entre les cuisses de celle-ci qui se pâme de plus belle derrière elle. « Ne savez-vous donc pas que Casanova a vécu ici ?» dis-je à nouveau en glissant à mon tour une main entre les cuisses de Mathilde. Mon doigt inquisiteur s’immisce dans une douce moiteur, Mathilde se mort les lèvres et je maudis mon masque qui ne me permet pas de les baiser. « Vous savez bien que Casanova a vécu ici ? Un peu de tenue mesdames !
-    Justement, comment pourrions-nous mieux lui présenter nos hommages, me rétorque M*** dans un soupir alangui.
-    Dans ce cas, je lui présente mes respects au garde à vous !
-    Ne sortez pas du rang mon brave, me reproche-t-elle à peine remise de sa jouissance fugace, l’attribut du sujet n’est pas le sexe du serviteur. »

Serveur.pngElle ponctue sa remarque d’un sourire victorieux, qu’elle adoucit un peu en glissant sa petite culotte humide dans ma poche. C’est ainsi que je ne réalisai pas mon fantasme d’être le serveur au premier plan du buffet dinatoire d’Alex Szekely, bien que j’en avais le rôle, le bon casting et les  principaux attributs sous la main.

À la fin de la répétition, les masques tombent. Ceux de G*** et M*** bien sûr, après nos longs échanges épistolaires, nos invraisemblables défis érotiques, et sept ans de silence, ce qui me permet de mettre enfin des visages sur ce couple fantasmatique. Mais aussi celui de ma douce Mathilde, que je peux enfin embrasser à loisir, et qui s’est révélée bien plus coquine que beaucoup l’imaginaient. Dans l’écrin merveilleux qu’offre les répétitions de C***, elle aura pu exprimer son besoin de séduire autant par le corps que l’esprit, pulsion irrésistible que j’avais moi aussi ressentie voici quelques années comme en témoigne ce blog, avec une telle charge érotique que ma belle me séduit toujours davantage. Lire les « je t’aime » silencieux que ses lèvres m’adressaient au cœur des caresses libertines m’aura bouleversé d’amour. Le masque d’une jalouse exclusivité serait-il aussi tombé ?

03 mars 2014

Tutoiement - 1

Sarah et moi nous sommes toujours vouvoyés. Notre relation épistolaire était emprunte d’un dandysme suranné, que nous avions su conserver aux moments les plus doux, au point que ce vouvoiement était devenu naturel entre nous. Ami lecteur, si vous voulez comprendre comment peut s’instaurer une telle communication entre amants, je vous invite à lire « sans vain cœur ni vain cul », mais autant vous prévenir tout de suite, c’est une longue histoire.

Toute règle ayant son exception, Sarah m’impose un jour d’y renoncer le temps d’un jeu de rôle : Elle me donne rendez-vous sur le parking de l’hôtel Première Classe de Plaisir (ça ne s’invente pas) avec Jennifer, une salope de bas étage qui, je cite : « attendra son beauf pour satisfaire ses pulsions animales, voire bestiales, le temps d'un coït à l'extrême ». Le défi est clair : s’abandonner au sexe brut, sans limite, sans la moindre tendresse ni ce vouvoiement désuet que nous avions adopté depuis le début de notre liaison.

premiereclasse.png

Ce Vendredi 7 janvier 2005, j’arrive sur le parking presque désert. Deux africains palabrent autour d’un vieux tacot, et Sarah m’attend quelques mètres plus loin, jupe en cuir et veste assortie. Je me gare, sors de ma voiture et m’approche de Sarah.

«   Jennifer ?
-    Salut ! C’est donc toi Vagant ? On va voir ce que t’as dans la culotte !
-    T’inquiète ma salope, tu vas en prendre pour ton grade. »

Le ton est donné. On monte les escaliers extérieurs et on entre dans la chambre minimaliste. Là, tout se passe très vite. En quelques secondes, nous sommes à moitié nus, son téton dans ma bouche, ma queue dans sa main. Quelques minutes en plus et quelques vêtements en moins, ma queue dans sa bouche et ma langue dans sa chatte, elle arrête de me sucer pour me dire « mets la moi dans le cul ! ».  Je ne me le fais pas dire deux fois. Un moment après, allongé sur le dos et ma verge au zénith, j’encule Jennifer suspendue par les bras au lit en mezzanine qui surplombe le nôtre. « Tu aimes te faire défoncer le cul, hein ? Salope ! » que je lui dis. « Je vais essorer ta gosse bite de queutard » qu’elle me répond, avant d’entamer une danse du bas ventre endiablée qui, effectivement, vient vite à bout de mon plaisir.

Elle s’écroule sur moi tandis que je reprends mon souffle.

«   C’est tout ? qu’elle me dit, je voulais me faire défoncer le cul et la chatte !
-    Tu veux que j’aille chercher les deux grands blacks sur le parking ? »

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Ami lecteur, j'aimerais lire pour commentaire la suite potentielle de cette histoire bien réelle. Jennifer a-t-elle joué le rôle jusqu'au bout et m'a dit "banco" ? Me suis-je dégonflé ou ai-je ramené les deux gars dans la chambre ? Ont-ils accepté ou refusé cette offre ? Au plaisir de vous lire...


A suivre…

13 octobre 2007

Mission libertine - I

   Sarah avait l’œil rivé sur la pendule de sa voiture et sur l’horizon bouché d’une banlieue parisienne. Elle conduisait depuis plus d’une heure, et elle avait horreur de ça. Surtout de se retrouver prise dans la transhumance quotidienne des banlieusards qui convergeaient sur Paris tous les matins. Elle se disait qu’une fois de plus elle serait en retard à son rendez-vous, lorsque son portable claironna.

- Bonjour Sarah, comment allez-vous ?
- Très bien, je suis en route…
- Vous en êtes où ?
- J’arrive sur le périphérique.
- Parfait, vous serez bientôt là, presque à l’heure.
- Oui, je me dépêche !
- Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas à un quart d’heure prêt, et je préfère vous voir arriver entière. A tout de suite !


7593e025fdf99b3f745cef9826547c52.jpg   Sarah parcourut mentalement la check-list qu’elle connaissait déjà par cœur. Elle ne le faisait pas pour s’assurer qu’elle n’avait rien omis, mais pour se rassurer. Pour plonger dans l’ambiance. Oublier au plus vite son quotidien. Oublier surtout l’image de son mari qui l’avait regardée partir ce matin là, après lui avoir lancé en guise d’ultime recommandation un soupçonneux : « Je te fais confiance. ». Elle avait ressenti cela comme une sourde menace. A la réflexion s’était plutôt un aveu d’impuissance. Que pouvait-il lui faire sinon confiance. Mentalement, elle répéta sa liste à la Prévert : Un plan de paris, un stylo bille, un maillot de bain, un jean, un slip boxer, des boules de geisha.
   Avec vingt minutes de retard, elle gara sa voiture au parking de l’école de médecine, selon les instructions qu'on lui avait donnée. Son plan en main, elle sortit du parking pour affronter l’air vif de cette matinée automnale. Il ne pleuvait pas, et même si le soleil n’était pas vraiment au rendez-vous, la certitude de vivre une nouvelle aventure suffit à lui donner une humeur primesautière. Elle se rendit d’un pas alerte au 77 Bd St Germain. Comme prévu, une cabine téléphonique l’y attendait à l’image de son sentiment éphémère : enfin libre. Sur le combiné, une feuille de papier blanc manuscrite mentait :  « Hors Service ». Sous la plaquette en alu, elle trouva le paquet scotché laissé à son attention. Une grosse enveloppe blanche, plastifiée et matelassée. Sarah la détacha. Elle n’était pas sensée en connaître le contenu, mais elle s’en doutait un peu après avoir lu les messages du mystérieux Zebra75 sur le forum Bisexualité d’auFeminin, dont le style ne lui avait pas échappé.

   AuFeminin.com était un des rares sites internet à avoir survécu à la bulle économique virtuelle des années 90. Il avait été un des premiers à avoir su ferrer les lecteurs, ou plutôt les lectrices, jusqu’à en faire malgré elles des éditrices de contenu. Premier magazine féminin en ligne, à une époque où l’immense majorité des internautes étaient des hommes, auFeminin avait misé sur les femmes qui finiraient bien par surmonter leur répulsion face à la technicité du web de l’époque pour pouvoir s’adonner à leur péché préféré : le bavardage. Son fer de lance était donc les forums de discussion thématiques. Comme prévu, le contenu s’assimilait à du papotage, mais des liens se nouaient entre les internautes au fil de discussions sans queue ni tête, au gré de débats virtuels dignes d’un salon de coiffure. Dans cet univers typiquement féminin, quelques hommes avaient fait le pari d’y séduire. À ce jeu là, je m’étais révélé assez doué.

   Sarah décacheta l’enveloppe, et lut le message qu’elle refermait:

Très chère Sarah,

Vous souvenez-vous avoir lu dans un de mes mails que vous aviez le profil d’une espionne ? Je vous propose d’intégrer nos services de renseignement, et d’en passer aujourd’hui l’examen d’entrée ! Nous vous avons concocté une succession de tests tout au long de cette journée, qui mettront à l’épreuve votre vivacité d’esprit, votre courage, votre abnégation, tous vos sens ainsi que votre soumission à nos consignes. La réussite de chaque test vous mènera au test suivant, et vous devrez donc tous les réussir, jusqu’au dernier, pour gagner ce défi. Chiche ?

Pour commencer, je vais mettre à l’épreuve votre sens… de l’orientation. Rendez-vous aussi vite que possible au Hammam de la grande mosquée de Paris, au 39 rue Geoffroy Saint-Hilaire dans le 5eme. Entrez-y, et profitez sans tarder des massages, gommages et autres soins de beauté. Un de nos agents vous y contactera. Vous trouverez dans cette enveloppe un ticket de métro, le billet d’entrée au hammam (formule orientale tout compris), et un magnifique maillot de bain rose barbie. Vous devrez impérativement être sortie du hammam avant midi !

Au plaisir du votre,

Vagant

À suivre…

17 septembre 2007

Bachelor (1)

Très chère Cassandre,

C’est avec un certain étonnement, mâtiné d’un agacement certain, que j’ai reçu votre subtile proposition. Ma réponse, en revanche, ne vous surprendra probablement pas, eût-elle la forme d’une lettre ouverte. Permettez-moi donc de résumer en une phrase le défi que vous me lancez : organiser un concours de séduction dont vous seriez à la fois l’objet, l’enjeu, et dont je serais l’arbitre !

Avez-vous la moindre idée du supplice de Tantale auquel vous me soumettez, ma chère Cassandre ? Non seulement vous êtes restée sourde à mes appels luxurieux, aveugle à mes appâts capiteux, muette à ma cour assidue, mais après m’avoir ôté tout espoir de conclusion galante, vous voudriez que j’orchestre vos frasques libertines ? Et vous avez l’audace de m’assurer que je prendrais un certain plaisir à cette entreprise, le seul que vous me concéderez jamais : le plaisir du pouvoir de l’eunuque, gardien d’un harem virtuel dédié à votre seul plaisir de sultane ? Voilà des chandelles bien brûlantes à tenir, à la cruelle lumière desquelles je verrais plus sûrement mon humiliation que de supposées leçons de séduction. Mais puisque vous me poussez à ces extrémités du plaisir cérébral, moi qui ait eu la forfanterie d’affirmer trouver autant de plaisir à préparer l’orgie qu’à y participer, puisque vous me prenez aux mots qui m’apparaissaient doux pour se révéler aujourd’hui bien amers, je suis contraint d’accepter le défi que vous me lancez, et qui ne me permettra de jouir de vous que par procuration. Jamais mon souffle ne se perdra dans la cascade de vos cheveux noirs ; jamais mes doigts ne courront sur votre peau diaphane ; jamais mes yeux ne sombreront plus bas que votre décolleté ; à jamais rêverai-je vos équipages fantastiques et de vos transports légendaires.

Venons en donc à la description des trois étapes de notre carte de Tendre que vous me défiez de mettre en place, et mes obligations de majordome qui en découlent:

1/ Publier sur mon blog un « appel à candidature » pour séduire une femme aussi difficile que délicate, mais une amante aussi fougueuse qu’imaginative. Considérons qu’avec cette lettre ouverte, c’est désormais chose faite. Cette annonce indirecte n’est guère racoleuse, mais après tout, nous n’avons que faire de ceux qui n’auraient pas la patience de comprendre ma prose superfétatoire.

2/ Recevoir sur ma propre messagerie les lettres de motivation des candidats en réponse à cette annonce. Ces lettres seront adressées à vous, ma chère Cassandre, et éventuellement publiées anonymement sur mon blog. À vous d’en juger le bon goût et la pertinence, à moi de m’assurer de la fiabilité de vos sigisbées.

3/ Organiser autant de dîners en tête à tête avec vous que de soupirants retenus. Tel un paon empressé, chacun pourra ainsi déployer auprès de vous « l’éventail complet de ses qualités physiques et morales » comme vous me l’avez écrit, avec un seul tabou : la lettre de motivation ne devra jamais être évoquée. Vous jugerez alors de leur pouvoir de séduction, pour sélectionner ceux qui sont dignes de passer à l’ultime étape.

4/ Assurer votre sécurité tandis que chacun des heureux élus sera invité à vous conquérir physiquement. Car si c’est au pied du mur qu’on juge le maçon, c’est aux pieds de la maîtresse qu’on juge le partenaire sensuel. J’ai bien noté que vous n’attendez pas d’eux des exploits sexuels, mais la capacité d’imaginer un dispositif érotique susceptible de vous enchanter, sous la contrainte de l’anonymat : En aucun cas devront-ils parler ni révéler leur identité d’une quelconque manière, et vous garderez les yeux bandés tout au long des ébats pour ne pas les identifier. Ainsi chacun d’eux sera jugé sur la seule base du plaisir qu’il vous aura donné, indépendamment de son charme ou de ses atouts littéraires.

5/ Publier ici même, sur la base de vos évaluations au terme des trois étapes de ce concours d’amantitude, qui fût à vos yeux le meilleur amant… ou la meilleure maîtresse !

Croyiez-vous, ma chère Cassandre, que j’allais obéir aveuglément à tous vos desiderata ? Pensiez-vous que j’allais servir servilement vos fantasmes érotiques sans y mettre un seul grain de sel ? Ce serait mal me connaître ! Je sais vos penchants saphiques, tout particulièrement marqués à l’endroit des toutes jeunes femmes, et je leur ouvre donc largement les portes de ce concours ! J’entends déjà vos objections : « On ne juge pas le charme d’un homme et le charme d’une femme selon les mêmes critères » ou encore « Comment pourrais-je comparer le désir que m’inspire un homme et celui que m’inspire une femme ? ». Permettez-moi d’y opposer l’argument suivant : Ce concours à pour objet de vous séduire Cassandre, vous et personne d’autre, avec les atouts dont les candidats disposeront ; il ne s’agira pas de déterminer qui est l’homme le plus séduisant, mais de trouver la personne qui a su le mieux vous séduire dans ces circonstances si particulières. Vous ne devrez donc pas classer les atouts disparates des candidats pour leur attribuer une note comparative, mais juger chacun selon les émotions qu’il vous aura données indépendamment des autres.

Je pense avoir bien résumé les termes et les enjeux de ce concours de séduction, n’hésitez donc pas, très chère Cassandre, à m’écrire en privé toute précision nécessaire ou instruction supplémentaire : je suis votre obligé.

Bien à vous,

Vagant

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eee23287e8f1384ece85da2016426838.jpgAmi lecteur, la lettre ci-dessus n’est pas un exercice de style et encore moins une facétie de ma part. Je viens de vous présenter, sous la forme de cette lettre ouverte, le concours bien réel – réel dans toute son acception charnelle – dont la mystérieuse Cassandre est l’enjeu et l’objet. 603657b86269667508d3266ba6a5aca2.jpgJe ne dirai rien de plus quant au charme inimitable de cette jeune trentenaire, et vous ne verrez rien d’autre d’elle que ces quelques photos qui, je l’espère, vous inspireront les plus tendres pensées. En vérité, je suis certain qu’il ne saurait en être autrement et je vous invite à lui écrire sur ma messagerie : vagant75@yahoo.fr, en joignant votre âge, quelques photos et votre contact téléphonique si nous ne nous connaissons pas par ailleurs. Avant de participer, songez que la seconde et la troisième étape de ce concours se joueront impérativement en région parisienne. Ah, j’oubliais : si vous deviniez à tort ou a raison que Cassandre est votre belle sœur, votre voisine de palier ou votre petite amie, je vous invite très fermement à garder ces suppositions pour vous. Tout commentaire relatif à l’identité de Cassandre ou celle des futurs candidats sera impitoyablement effacé, car l’anonymat des uns et des autres est la clef de voûte de cette délicate entreprise. Je vous remercie d’avance pour votre compréhension.

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17 avril 2007

Les charmes de l'Orient (1)

medium_BenWa.jpgMai 2005. Après avoir lu quelques-uns uns de mes textes érotiques, une inconnue m'avait contacté. Elle me fit part de son désir de toucher les seins d'une autre femme, pour une raison que je comprendrai plus tard, et nous échangeâmes bientôt une correspondance dont vous pouvez imaginer l'érotisme. Je ne savais presque rien d'elle, hormis sa grande taille (1m72), son jeune age (25 ans), le timbre grave de sa voix suave (je lui avais demandé de me laisser un message sur une boite vocale pour m'assurer que j'avais bien affaire à une femme), et son ingénuité en matière de libertinage lorsque je lui écrivis ceci:

"Il était une fois une belle princesse qui ne souhaitait pas rencontrer de prince charmant. Elle s'appelait Roxane, elle était grande, elle était belle, de ces beautés ténébreuses qu'on attribue souvent aux hommes. Sa voix grave, suave, qui faisait pourtant battre bien des cœurs, dressait aussi quelques velléités libidinales qu'elle devinait derrière les braguettes magiques, ce qui la fascinait au plus au point. Peu à peu elle caressa, entre autres douceurs, le souhait d'explorer le vaste monde de la volupté, jusqu'à devenir une fée libertine. Ainsi s'en était-elle acheté les attributs: une baguette magique vibrante dernier cri avec laquelle elle s'ensorcelait elle-même, et des boules de cristal miniatures qui lui promettaient de bien belles excitations, ce en quoi elles n'avaient jamais tort. Mais malgré toute sa bonne volonté, elle se rendit compte qu'elle ne pourrait aller plus loin toute seule. Elle devait rencontrer le magicien qui l'initierait aux arcanes du stupre et de la luxure. Bien des fois, elle crut l'avoir trouvé sous les traits de preux chevaliers, mais ils se révélèrent être des apprentis sorciers de faible envergure dont la magie ne dépassait pas la chambre à coucher.

Un jour, Roxane tomba par hasard sur la prose malicieuse d'un supposé magicien de l'école libertine, et elle prit son courage à deux mains pour lui dévoiler son voluptueux projet. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne sauta pas sur l'occasion de la connaître au sens biblique du terme. Bien au contraire, il éprouva son désir par mille et une circonvolutions, avant de lui donner sa première leçon. Au programme, désir, plaisir, et frustration. C'est ainsi qu'il lui demanda de se rendre au 118 Avenue des Champs Elysées, juste à l'entrée du métro Georges V, à 22 heures exactement, le 11 Mai de l'an de grâce 2006. Il avait bien insisté pour qu'elle arrive exactement à l'heure, ni avant, ni après, au risque de rompre le sortilège qu'il avait préparé. Elle devait porter le pantalon noir seyant qu'elle garde pour ces magiques occasions, des chaussures confortables ni trop fragiles, ainsi que ses boules de cristal au cœur de son intimité. Elle avait beau y avoir plongé son regard avant de les glisser entre ses lèvres humides, elle n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait au cours de cette soirée.

Enfin, Roxane arriva au lieu de rendez-vous, pile à l'heure. Il faisait beau en ce mois de mai, le soleil primesautier avait laissé place à la lune ensorcelante. Elle balaya du regard la foule des manants en goguettes, et elle reconnut immédiatement le chevalier noir. Il l'attendait, son heaume sur la tête, assis sur son fidèle destrier. Elle s'approcha du chevalier impassible. A travers sa visière baissée, elle crut percevoir un sourire au coin de ses yeux bleus pétillants. Sans dire un mot, il lui tendit un casque. Elle le mit tout aussi silencieusement, et elle s'assit derrière lui sur la selle, comme convenu. C'est ainsi que le chevalier noir emporta la princesse Roxane sur les chemins lumineux et aventureux, jusqu'au palais de la tentation."

Ce 11 Mai 2006 à 22 heures, à la sortie du métro Georges V, Roxane a vu arriver vers elle une moto qui lui a fait un appel de phare comme on fait un clin d'œil. Roxane a reconnu le chevalier noir qu'elle a pris pour moi, et elle est montée derrière Guillaume sans se poser plus de questions. On n'imagine pas les folies dont sont capables les femmes pour assouvir leurs fantasmes. Cette ballade en moto, Guillaume la raconte ici.

À suivre...

15 mars 2007

Le seigneur des anneaux

Hiver 2001. J’avais fait la connaissance de Marianne sur le forum Aventures d'auFeminin. Nous y avions échangé quelques messages, sur le ton d'une badinerie érotique qui devint rapidement d'une sensualité si affolante que je sautai dans un TGV, afin de rencontrer ma muse à la terrasse d’un restaurant lyonnais. L'objectif avoué était de réaliser son fantasme, flirter au cinéma, ce qui avait alors pour moi valeur de défi, avant que je ne fasse la connaissance de Sarah. Marianne était le stéréotype de la beauté méditérannéenne: Des yeux noirs charbonneux, une peau mate, et des formes féminines qu'elle savait mettre en valeur. Je ne garde pas de ce repas le souvenir de la fameuse gastronomie lyonnaise, mais la perspective de son décolleté plongeant, auréolé d'une bouche particulièrement sensuelle dont les lèvres couleur carmin semblaient me susurrer "luxure". Après le repas, il nous fallut un bon moment avant de trouver le fameux cinéma qui abriterait notre première étreinte, et pressés par le temps, nous dûmes opter pour le seul film dont la séance venait de commencer : « Le seigneur des anneaux ».

medium_theatrical_poster.jpgInutile de dire que la salle était bondée. Cupidon doit cependant être un libidineux, il sourit même aux aventuriers déguisés en cinéphiles. Nous trouvâmes quatre sièges libres au tout dernier rang, juste assez pour nous asseoir, et poser nos manteaux sur les sièges de part et d’autre afin de délimiter un semblant de territoire. A peine étions nous assis que les hostilités commencèrent: Une bande de nains était poursuivie par des chevaliers ténébreux; Nos baisers affectueux l’étaient de plus en plus; Les nains escaladaient une colline; Mes doigts caressants s’étaient aventurés sur ses flancs, s’attardèrent sur l’affolant surplomb côté 95C, dégrafèrent toutes les sécurités et sautèrent sans élastique dans la faille de son irrésistible décolleté. C’était chaud, moelleux, divin. Taquin, je poussai l’audace jusqu’à sortir un sein de son écrin de dentelle. Dans la salle obscure, l’écran trépidant jetait un éclairage crépusculaire sur son mamelon dressé.

Mon aventurière n’était cependant pas femme à se contenter d’émotions impressionnistes. Elle avait déjà posé sa main sur mon entrejambe pour tâter de mon piolet. Je glissai mon autre main sous sa courte jupe. Mes doigts parvinrent rapidement à la lisière de ses bas, là où le satin laisse place à la peau nue. Ils musardèrent un moment tout en haut de ses cuisses jusqu’à l’ultime frontière de dentelle déjà bien humide. De deux doigts j’en tâtai les rondeurs, avant de l’écarter pour pénétrer sa touffeur. Je crois bien que nous arrivâmes ex æquo au terme de cette course haletante, car à ce moment là, elle avait déjà découvert mon pic dressé qu’elle tenait d’une main à la fois ferme et branlante. Dans un sursaut de pudeur, nous nous couvrîmes de nos longs manteaux pour mieux nous tripoter par en dessous, au cas où un des spectateurs hypnotisés par le film vint à détourner son regard vers nous. Mais non, rien ne les distrayait des trolls et autres monstres qui s'étripaient à l’écran.

Je pus donc poursuivre mon exploration en toute quiétude. Je glissai deux, puis trois doigts dans son intimité ardente. Elle était gorgée de sucs capiteux. J’en fis un tour exhaustif, de mouvements circulaires en lents va et viens, en insistant tout particulièrement sur les muqueuses parcheminées, ce qui lui arrachait à chaque fois un râle étouffé, avant de ressortir mes doigts trempés pour mieux les faire glisser autour de son bourgeon tuméfié. Inexorablement, son souffle se faisait plus court, son bassin se rapprochait du bord du fauteuil, sa jupe remontait le long de ses cuisses qui s’ouvraient toujours d’avantage à mes doigts capricieux. Soudain son corps se contracta et elle expira sa jouissance en un soupir irrépressible. D’horribles trolls qui chevauchaient des hyènes se faisaient décapiter à coups de hache dans un vacarme assourdissant. Personne n’entendait rien de nos ébats. Nous partageâmes le goût du pêché, comme deux garnements dégustent sur leurs doigts la crème chantilly chapardée au fond de la cuisine.

Si vous croyez que la belle était de celles qui se satisfont d’un orgasme furtif sous des doigts inquisiteurs, vous vous trompez lourdement. Lorsque Marianne se pencha vers moi après avoir repris son souffle, elle ne se contenta pas de me voler un baiser carnassier. Elle écarta prestement mon manteau qui cachait mon phallus qu’elle n’avait pas lâché, et elle l’engloutit entre ses lèvres pulpeuses. Sa position ne lui aurait pas permis d’avoir le bénéfice du doute face à un enquêteur de la  police des mœurs, et elle mit en œuvre tout son art pour m’achever au plus vite. Sous l’effet conjugué de ses lèvres qui coulissaient sur mon membre, et de ses doigts qui dessinaient des arabesques sur mes testicules, je ne tardai pas à me répandre dans sa bouche. L’hémoglobine arrosait l’écran. La coquine avala mon nectar. Je surpris le regard éberlué d’une spectatrice assise à quelques sièges de moi. Nous n’attendîmes pas la fin du film pour fuir la salle en pouffant de rire.

J’ai perdu tout contact avec Marianne pendant des années. Je la gardais bien au chaud au fond de mes souvenirs, en me disant qu'après le sucre, l’adultère avait parfois un arrière goût amer. Et puis elle m'a recontacté l'été dernier.

14 mars 2007

Le supplice de l'esthéticienne

chez camille...Je suivais Sarah le coeur battant. Je venais de la retrouver sur les marches d'une église où nous nous étions donné rendez-vous pour le défi qu'elle m'avait lancé: la suivre comme une escort-girl qui fait visiter le Paris underground au gagnant d'un concours improbable. Il pleuvait, nous étions réfugiés sous son parapluie, et nous marchions d'un pas alerte. Elle tenait bien son rôle, faisant preuve d'une retenue à la hauteur des débordements sensuels dont elle me gratifiait dans l'intimité. Seuls ses yeux bleus pétillants et son sourire en coin trahissaient une excitation contenue. Elle s'arrêta d'un seul coup à l'entrée d'un salon de beauté, et elle me tendit une enveloppe artisanale réalisée avec une page de magazine patiemment découpée et pliée, qui représentait un couple mixte enlacé. Sarah  était une femme de détails. L'enveloppe était cachetée avec un autocollant numéroté: le chiffre 1. J'ouvris l'enveloppe pour découvrir la première épreuve de la journée: "Avant de sortir de l'institut de beauté, remercier chaleureusement votre esthéticienne en l'embrassant"

J'ai tout de suite compris ce qui m'attendait. Sarah entra victorieusement dans la boutique, et je la suivis, hagard comme un condamné son bourreau. J'allais subir une épilation des testicules à la cire chaude, et je n'étais pas fier d’être livré tel un cobaye à une spécialiste des interrogatoires raffinés, fût-elle déguisée en jeune esthéticienne au profond décolleté pigeonnant. La porte claqua derrière moi, je fus entraîné dans les tréfonds du salon par la jeune beauté ricanante, pendant que Sarah montait la garde dans la salle d’attente. Fait comme un rat !

La libido masculine est certainement plus ambiguë qu'on veut bien le croire: j'ai été incapable de maîtriser une incontrôlable érection en me déshabillant face à ma future tortionnaire qui en avait certainement vu d’autres. L'esthéticienne me proposa alors un cache sexe bleu qui ne cachait pas grand chose mais donnait une touche cocasse à ma tragique situation. Le dialogue qui suivit s'inscrit d'ailleurs dans le grand comique avec répliques à la Audiard telles que : "Pouvez-vous soulever ces testicules s’il vous plait ?".
Un poil douillet, l’épilation acheva de me faire débander, en particulier les derniers poils arrachés à la pince à épiler. L’esthéticienne alla ensuite chercher Sarah comme un tortionnaire zélé va chercher l’officier lorsque sa victime semble prête à tout avouer. Sarah entra, impassible. Elle jeta sur mon corps nu et mutilé de sa pilosité un regard satisfait. L’ombre d’un instant, j'eus l’étrange impression d’être un homme objet, réduit à un sexe apprêté par une femme pour le plaisir d’une autre, comme s’il ne m'appartenait plus. J'étais dépossédé de ma virilité velue, les couilles aussi lisses que la peau d'une volaille déplumée, prête à cuir. En l'occurrence, c'était plutôt du prêt à jouir.

Sous le coup de l'émotion - et taraudé par une angoissante question: "Qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter à ma femme pour expliquer mon sexe déplumé" - je suis me suis rhabillé rapidement, et je suis sorti un peu honteux de la boutique. Sarah s'est alors tournée vers moi et m'a signifié l'échec de ma première épreuve: Qu'importe ma "bravoure" - celle-ci était naturellement due - j'avais oublié d'embrasser l'esthéticienne !

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Tous mes remerciements à Camille pour avoir illustré cette note par un des ses sulfureux croquis.

20 février 2007

Alter Ego (1)

medium_logo_musee_orsay.jpgJ'avais songé lui donner un défi à base de boules de geisha et de filatures, mais j'ai eu pitié de l'innocence de cette jeune femme rencontrée sur le net. Nous avions alors eu la sagesse de ne pas échanger de photos de nos visages, et cela m'a donné une idée de première rencontre originale, assez sage pour ne pas trop l'effaroucher, mais assez vicieuse pour la faire frissonner: Nous nous donnerions rendez-vous au musée d'Orsay, devant "l'âge mûr" de Camille Claudel, sa sculpture préférée, à midi sonnante, et elle devrait me reconnaître, m'aborder, et m'embrasser avant que je ne lui ai dévoilé mon identité. Cela était d'autant plus facile que nous avions déjà bavardé au téléphone, et qu'elle me reconnaîtrait certainement à ma voix. Trop facile, peut-être.chez Ysé

À suivre...

10 février 2007

L'enfer (1)

medium_hell.jpgPrintemps 2006. Catherine était ravie. Depuis le temps qu'elle voulait rencontrer "Ze (in)famous Vagant", elle tenait son rendez-vous, et quel rendez-vous ! Jusqu'alors, elle n'avait aperçu de lui que des bouts de corps, certes prometteurs, sans pour autant porter l'estocade à ses désirs puisqu'elle n'avait ni les oreilles, ni la queue. Il lui avait ainsi lancé le défi de le reconnaître à son supposé regard pétillant dans la file d'attente d'un cinéma, ce dont elle se sentait déjà incapable. De plus, elle devrait oser le toucher sans autre forme de procès, jusqu'à le déshabiller dans la salle pour le reconnaître à son boxer noir avant d'avoir échangé un seul mot, ce qui était une véritable épreuve pour sa timidité naturelle. Même si, portée par le courant des mots qu'ils échangeaient sur messenger, elle avait été jusqu'à lui suggérer qu'elle pourrait lui faire une fellation dans cette salle de cinéma, le soir venu, elle n'en menait pas large. La sourde inquiétude qu'elle sentait au creux de l'estomac n'égalait pourtant pas les troubles sensuels qu'elle faisait naître, et la perspective de ce rendez-vous nourrissait les masturbations nocturnes dont elle ne se privait pas, entre autres récits d'expériences érotiques extravagantes que son correspondant distillait savamment.

Les jours passèrent, l'angoisse montait mais l'excitation plus encore. Mercredi finit par arriver et Catherine se précipita dans son kiosque habituel pour acheter l'officiel des spectacles. Plusieurs séances semblaient convenir au fameux rendez-vous, dont une histoire de geisha vaguement érotique qui ferait bien l'affaire. Elle envoya un mail à Vagant pour lui faire part de sa trouvaille, mais il proposa un autre film, un navet interdit au moins de 12 ans, qui ne drainerait probablement pas les foules. Catherine qui avait lu le roman avait bien envie d'en voir l'adaptation cinématographique. Ca tombait bien. Le rendez-vous fût donc pris au cinéma du forum des halls, 20h35 pour le film Hell.

Catherine prit soin d'arriver bien avant le début de la séance afin d'avoir le temps d'observer tous les hommes seuls de la file d'attente. Ils étaient peu nombreux. La plupart des hommes étaient accompagnés, et les rares solitaires qui se présentaient à la caisse faisaient d'improbables Vagant. Même si certains auraient pu le faire, comme on dit, ils ne la regardaient pas ostensiblement, et si leur regard croisait celui de Catherine, ils posaient sur elle celui de tout homme sur une jolie femme, pas celui d'un Vagant qui s'apprête à trousser vos jupes. Et puis des indices les trahissaient: le portable à la sonnerie intempestive alors que Vagant n'en avait pas, l'absence d'alliance alors que Vagant était marié mais pas trop, ou une queue de cheval dont elle aurait probablement entendu parler si Vagant en avait eu une. Il faut dire que Catherine avait un peu triché. Elle n'avait pas loupé une occasion de demander aux copines du forum à quoi il pouvait bien  ressembler, ce Vagant, mais elle recevait toujours la même réponse: un mec sympa, normal, sans autre précision utile. Elle était bien avancée avec ça. A 20h25 elle décida d'entrer dans la salle déjà pleine aux trois quarts. Elle ne voulait pas changer de place pour aller s'asseoir à côté de lui. Elle préférait qu'il vienne à elle. Autant qu'elle lui réserve une place aussi discrète que possible.

Ce jeudi là, mon Eurostar arriva gare du Nord avec 35 minutes de retard. La porte du train fut à peine ouverte que j'en jaillis comme la semence d'un éjaculateur précoce. Je me mis aussitôt à courir dans la foule comme un spermatozoïde en pleine compétition spermatique. Je dévalai les escaliers du métro, je me ruai sur le quai du RER qui s'apprêtait à partir. J'échappai de justesse au couperet des portes qui claquèrent derrière moi. Arrivé à Châtelet, avec mon sac sur le dos, je repris ma course effrénée dans les couloirs et les escalators, je traversai le forum des halles comme une balle perdue et j'arrivai à bout de souffle devant le cinéma. Comme je m'y étais attendu, mon coeur battait la chamade, mais je n'avais pas imaginé que ce fût déjà pour des raisons sportives. La séance allait commencer dans quelques minutes et je pris aussitôt place dans la file d'attente, en accrochant un sourire à mes lèvres au cas où Catherine serait dans les parages. Je repensais aux indices que nous avions évoqués afin de nous reconnaître, de ces regards croisés et décroisés qui trahissaient toujours les éventuels futurs amants, et j'essayais d'en gratifier ostensiblement la population féminine aux alentours. Je ne reçu en retour que quelques regards mornes. Il y avait très peu de jeunes femmes temporairement seules. Arrivé au guichet, je demandai ma place pour l'enfer.

A suivre...

 

11 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (1)

Avril 2006. Claire avait passé une excellente journée, pleine de fantaisie. De fantaisie intérieure, car son travail de bureau n'était pas des plus palpitants. Ainsi, derrière la sage apparence d'une jeune femme bien sous tous rapports, Claire laissait souvent son esprit vagabonder vers de douces rêveries érotiques, d'autant plus efficaces à distiller son ennui qu'elles croisaient l'image de Guillaume, qu'elles allaient prendre corps, son corps, et que le désir flou allait devenir plaisir imminent. Plongée dans un bain chaud, Claire ne put résister au plaisir de prendre son portable pour relire les SMS qui avaient animé son week-end.

Vendredi, 19h23
Depuis si longtemps que je pense à toi, Claire,
Enfin me vient le temps de t'envoyer des vers,
Pour me faire pardonner de ce travail maudit
Et puis te demander si tu es libre lundi.
Guillaume


D'abord surprise, et par la forme et par l'expéditeur qui se rappelait ainsi à son bon souvenir, Claire s'était prise au jeu désuet des alexandrins. Leçon numéro 1, afficher une insolente indifférence, sans pour autant clore le débat. La tactique était risquée. Quitte ou double. Elle pouvait fort bien se retrouver à se morfondre face à Michel Drucker plutôt que de vibrer entre les bras de Guillaume, mais elle pouvait en tirer d'autant plus de plaisir qu'elle se serait fait désirer.

Vendredi, 21h42
Si la rime est pauvre, l'intention est louable.
De quelles galanteries serais-tu donc capable ?
Claire


Claire déposa le portable sur le sol carrelé. Elle fit couler au creux de ses paumes une noisette de crème de bain et elle ferma les yeux. Ses mains glissèrent nonchalamment tout au long de son corps alangui alors que son esprit vagabondait à l'orée de ses fantasmes, ceux qui allaient se réaliser ce soir là. Un sourire béat éclaira son visage alors qu'elle imaginait déjà le scénario qu'il lui avait proposé, à moins que la cause en fut ses mains qui s'étaient rejointes aux alentours de son pubis. Sous ses doigts tendres, elle sentit s'épanouir son désir dans l'eau turquoise de son bain tiède. L'eau venait lécher la peau de son ventre à demi immergée, comme les vaguelettes d'une mer d'huile viennent mourir sur la langue de sable blanc d'une île marquise. Au sommet de son sein se dressait un téton rose souverain. Il semblait veiller sur ses pensées luxurieuses comme un Christ sacrilège contemple les vices de Rio. Entre ses cuisses immergées, dans l'anfractuosité ornée de corail, se cachait son clitoris, aux aguets comme une murène prête à bondir sur le premier doigt qui passerait à sa portée. Mais le doigt était avisé. Il savait jusqu'où aller sans que Claire ne ressente trop vivement la morsure du désir, avant que cela ne déclenche une incontrôlable tempête. Il se contenta de plonger sans risquer de se frotter aux récifs, juste pour débusquer quelques poils qui auraient échappé à l'épilation. Mais le pubis de Claire était lisse comme celui d'un bébé. Elle ouvrit les yeux, émergea de la torpeur et du bain, puis essuya lentement sa peau ruisselante. Dans moins d'une demi-heure, Guillaume serait là, elle n'avait plus de temps à perdre.
Claire mit un parfum suave et de la dentelle noire qui soulignait ses formes galbées. Elle reprit machinalement son portable et elle ne put s'empêcher de relire les messages de Guillaume.

Samedi, 12h15
Mes intentions sont douces mais mon désir sauvage,
Et même si c'est à toi de m'imposer un gage,
Je voudrais te lancer un défi byzantin!
T'imagines-tu aux mains de galants libertins,
Auxquelles je t'aurais livrée pour ton bon plaisir,
Puisque leur objectif serait de te faire jouir ?
Guillaume


Elle avait beau l'avoir lu plusieurs fois, il lui faisait toujours le même effet, comme un coup de chaleur qui envahissait son bas ventre et qu'elle sentit fondre une fois de plus. Et puis un frisson, une pointe d'angoisse qui se mêlait à l'excitation d'être livrée à des inconnus. Pouvait-elle faire aveuglément confiance à Guillaume ? Qui étaient-ils donc, ces supposés galants libertins dédiés à son plaisir ? Elle avait du respirer profondément pour parvenir à se calmer et trouver la juste réponse:

Samedi, 13h38
Soumise mais dorlotée ? voilà un doux dessein
Auquel je céderais volontiers plus d'un sein !
Qui sont ces gentilshommes, si prompts à honorer
Une femme de leur douceur, pour mieux la dévorer ?
Claire


Claire fut tirée de sa rêverie par la sonnerie de l'interphone. C'était Guillaume. Claire eut juste le temps d'enfiler son chemisier qu'il frappait déjà à la porte. Elle l'ouvrit sur son sourire radieux. Il déposa sur les lèvres de Claire un vif baiser en entrant d'un pas primesautier.

- Bonjour Claire ! Comment vas-tu ?
- Bien ! Je suis content de te voir !

Guillaume jeta son regard pétillant sur les pans du chemisier que Claire portait pour tout vêtement, et qui flottaient librement sur ses cuisses nues. Il lui répondit malicieusement.

- Et moi donc ! Tu es prête ?
- Laisse-moi dix petites minutes.
- Pas de soucis ma belle, nous ne sommes pas en retard.

Guillaume s'assit dans le canapé et alluma son portable. Aucun message, tout devait donc se dérouler comme prévu. Il relut avec plaisir ses derniers échanges par SMS avec Claire. Puis il se leva, et il avança vers la chambre où Claire enfilait ses bas. Il regarda le satin noir glisser autours des ongles carmin de la jeune femme qui ne l'avait pas entendu venir. Le son caractéristique de ce tissu lui avait toujours semblé très érotique. Il déclama la réponse qu'il lui avait fait samedi soir sur un ton emphatique.

Samedi, 19h17
Sache juste qu'ils te plaisent, tous ces aventuriers!
Tu seras caressée, tes poignets seront liés,
Comblée, les yeux bandés, tu seras embrasée,
Et je te défie de ne pas vocaliser !
Guillaume


Claire posa sur lui un regard trouble. Il enchaîna aussitôt pour mieux cerner l'état d'esprit de la jeune femme:

- Tu n'as pas trop flippé en apprenant que tu serais attachée, les yeux bandés ?
- Si, je dois bien l'avouer... mais je te fais confiance, et cette idée m'excite !
- En tous cas, tes réponses n'ont pas manqué d'aplomb, sur la forme et sur le fond. Laisse-moi relire ce que tu m'avais répondu...

Samedi, 21h10
Ils me plairaient déjà, et je ne pourrais gémir
Sous tout ce plaisir qui me ferait défaillir ?
Voilà qui est cruel, mais si tel est le jeu
Il me faut bien savoir quel en serait l'enjeu ?
Claire


- Donc je les connais, demanda à nouveau Claire en mettant une jupe gris anthracite?
- Certains, plus ou moins.
- Et je ne devrai pas dire un mot ?
- Oui, jusqu'à la fin de l'épreuve.
- Comment saurais-je que c'est terminé ?
- Tu le sauras.
- Je ne pourrai pas résister bien longtemps, je vais perdre...
- Je suis sûr que tu as des ressources cachées.
- Remarque, si je perds, tant pis pour toi ! qu'avais-tu écrit exactement, au sujet de l'enjeu, insista t'elle en enfilant ses bottes
- Alors, alors...

Samedi, 22h06
Si tu gagnes, tu pourras assouvir tes envies
Avec ceux de ton choix, qui en seront ravis.
Si tu perds, tu pourras assouvir ta vengeance
Sur moi et sur moi seul, pour mon outrecuidance.
Guillaume


- Que je perde ou je gagne, je sens que je vais bien m'amuser ! Je suis prête !

Guillaume éteignit son portable sans relire le dernier SMS qui concluait leurs échanges du week-end, et qu'il avait pourtant attendu impatiemment:

Dimanche, 10h33
Je n'ai plus la moindre vertu à perdre, j'accepte !
Je sens que de ces jeux je risque d'être adepte...
Claire

 

A suivre...

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