12 mai 2008

La nuit démasque (5)

Masquerade par ~mythfairy sur DeviantART
 
    L’inconnue leva les yeux et tendit une main tremblante vers le nouveau venu qui se penchait vers elle. Il avait les mains jointes en avant, prêtes à accueillir celle de cette martyre avec toute la compassion que lui permettait sa lâcheté naturelle. Dans cette posture, il avait l’air patelin du prêtre qui donne les derniers sacrements au condamné. La suppliciée ne s’y trompa pas en dédaignant ce bouclier de bonne conscience. Elle esquiva les mains d’Alexandre pour l’atteindre à l’endroit qui faisait de lui un homme, un vrai. D’un geste leste, elle eut son sexe en main. Alexandre constata avec horreur qu’il bandait plus que jamais. Face à lui, l’autre homme lui adressa un sourire coquin tout en faisant coulisser la tige de la cravache dans la raie de la victime qui, dans un même mouvement, fit coulisser ses lèvres humides tout au long de la hampe d’Alexandre, de son gland arrogant jusqu’à ses couilles molles.

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05 novembre 2007

Mission libertine – IV (2)

    Me voilà donc étendu, entièrement nu, les yeux bandés et les poignets attachés à la tête de lit. Mon cœur bat déjà la chamade rien qu’à imaginer ce qu’il va se passer dans les prochaines secondes. Je n’en ai qu’une vague idée et le paroxysme de mon excitation est là, à cet instant précis, après sa lente montée à lui suggérer mes désirs pervers sans jamais les écrire clairement. Voilà ! On vient de s’asseoir à mes côtés, et une main à la douceur toute féminine court sur ma peau, de mon cou à mes cuisses, de la pointe de mon glaive au pommeau de mes couilles. Je bande. Je suis moins excité par ma situation d’apparente soumission qu’à savoir Sarah tout près de moi, ou tout au moins de l’imaginer dans le rôle de composition que je lui impose. Car je ne suis pas sûr que ce soit bien elle qui est entrée dans la chambre jusqu’à ce que je reconnaisse sa voix.

- Bonjour Vagant.
- Bonjour Sarah.
- Je vois que vous êtes prêt.
- Oui. Je crois que vous l’êtes aussi. Il me semble vous avoir entendue poser un sac lourd de… comment dire…
- Quincaillerie. Je vais mettre un peu de musique pour vous détendre, et couvrir vos cris.

    Mozart entre dans la chambre. Son concerto pour clarinette l’inonde de sérénité apparente : la douceur d’une plume vient frôler mon gland aux muqueuses gonflées d’excitation. Est-ce donc ainsi qu’elle compte me faire capituler ? Probablement pas. Même si je n’ai encore jamais vu son visage, je sais, déjà par expérience, combien Sarah est imaginative. J'ai la certitude qu’elle saura faire durer le plaisir en jouant avec moi comme le chat avec la souris.

- Alors Vagant, avez-vous reconnu ce qui vient de passer sur votre jolie queue ?
- Une plume ?
- Perdu !

    Soudain, un vif tiraillement foudroie mon entre cuisse. La peine s’évanouit presque aussi rapidement qu’elle est apparue : Sarah vient de m’arracher un poil de testicules, probablement avec une pince a épiler. Je n’ai pas débandé d’un iota. Je suis toujours aussi excité de la voir, ou plutôt de la savoir aussi bien entrée dans mon jeu : ce qu’elle vient de m’infliger m’a étonné autant que la douleur associée, aussitôt calmée par le doux frôlement qui a repris tout au long de ma hampe qui hisse toujours aussi haut le pavillon de mes envies perverses.
    Sarah saute du lit, je l’entends ouvrir son sac, je distingue des bruits indéfinissables au dessus de mon corps offert aux vicissitudes que je provoque, et c’est maintenant une sensation de douceur aussitôt suivie d’une chaleur brûlante qui inonde ma verge. J’halète un instant, plus sous le coup de la surprise que de la brûlure qui s’atténue, pour ne laisser place qu’à la caresses de ses délicieuses lèvres tièdes et de sa langue encore chaude.

- Et maintenant, avez-vous reconnu ce que je vous ai fait ?
- Une fellation au thé chaud !
- Oui, je vous l’accorde, même si le thé n’a pas eu le temps d’infuser.

    Sans transition, c’est à la morsure de la glace que mon gland turgescent est soumis. Je ne peux retenir un cri affolé. Mes doigts se crispent sur mon ceinturon qui enserre mes poignets jusqu’à ce que je m’habitue tant bien que mal à l’étrange sensation. Sarah laisse fondre la glace sur mon ventre frémissant et me demande si j’ai su identifier le dernier de ses sévices.

- Une fellation au glaçon !
- Laquelle préférez-vous ?
- Au naturel.
- Je ne suis pas là pour votre plaisir, à moins que vous ne me demandiez grâce dès maintenant ?
- Vous plaisantez ?
- Non !

    Sans me laisser le temps de répondre, elle me glisse deux doigts dans la bouche pour barbouiller mes gencives de harissa. C’est infâme, mais ce n’est pas ça qui aura raison de ma persévérance ni de mon excitation : Que va-t-elle encore pouvoir inventer ? Voilà toute ma motivation : savoir jusqu’où je peux la pousser. La réponse tombe aussitôt sous la forme d’une autre question :

- Deux couples libertins se rencontrent. Combien de trios distincts peuvent-ils former ?
- Quatre.
- Bien. Quelle position est la réponse à l’énigme suivante : « Deux pénètrent et deux sont pénétrés, et pourtant ils ne sont que trois » ?
- Le sandwich.
- C’est juste.
- Qui a dit : « L’amour est un esclavage consenti » ?
- Sacha Guitry ?

    Je reconnais les questions de mon petit jeu de société libertin, ainsi que l’affreux tiraillement sur mes testicules qui m’arrache un bref gémissement.

- Non, c’est Roland Jacard ! Vous devriez le savoir, c’est tout de même vous qui avez mis au point toutes ces questions. Bon, poursuivons donc avec Sacha Guitry puisque vous y tenez : De quel livre de Sacha Guitry est tiré cet extrait : « Etre marié ! Ca, ça doit être terrible. Je me suis toujours demandé ce qu'on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l'amour. » ?
- Je… Je ne sais plus.
- Faisons… un… rêve !

    Telle une institutrice perverse, Sarah m’a arraché un poil à chaque mot de la bonne réponse. La douleur n’avait pas le temps de disparaître qu’elle était aussitôt ravivée, et il me semble que ma peau en a gardé la mémoire lorsqu’une terrible morsure m’arrache un râle : celle d’un glaçon appliqué sur mes bourses encore endolories. Pour la première fois, le doute s’insinue dans mon esprit. Vais-je tenir ? La raideur infaillible de ma verge me donne la réponse : je sais le meilleur encore à venir.
    L’avantage d’avoir les poignets liés ensembles est de pouvoir se retourner, ce que me demande Sarah. J’obtempère le cœur battant à l’idée de ce qui m’attend : voir assouvies mes envies inavouées. Avec les genoux repliés sous mon buste, j’imagine très bien le spectacle que je lui offre. J’en ai la certitude lorsque je sens ses mains écarter la raie de mes fesses pour dévoiler mon anus à ses yeux et ses doigts inquisiteurs. L’un d’entre eux vient déposer une noix de gel sur mon petit orifice encore clos, et il en force l’entrée avec le doigté d’un cambrioleur expérimenté. Je sens mon petit trou s’ouvrir facilement sous la pression du doigt qui s’immisce, toujours plus profondément, jusqu’à la garde, avant de ressortir, phalange après phalange. Encore un peu de gel et il revient à la charge, brusquement. Il s’enfonce d’un coup, ressort, rentre à nouveau, et finit par coulisser dans mon cul ajusté comme un tube sur son piston. Mais je me doute que Sarah a prévu une autre cylindrée. Je n’ai pas longtemps à attendre pour qu’entre mes fesses vienne se loger quelque chose de souple, oblong, et conséquent.

- Alors Vagant, vous me demandez grâce ?
- Enculez-moi !

    Sarah fait pointer le bout apparemment conique de l’objet qu’elle veut m’introduire à l’entrée de mon orifice presque vierge. La pression s’accentue. Je ne parviens pas à me détendre. Au contraire, je serre les dents. Elle me force, elle me fait mal, mais elle m’ouvre malgré tout. L’oreiller écrasé contre mon visage étouffe mes gémissements, quand elle m’enfonce petit à petit sa chose dans le rectum. C’est loin d’être aussi agréable que je ne l’imaginais, et le retrait s’avère pénible. Sarah arrose mon anus à peine dilaté d’une bonne giclée de gel pour me pénétrer à nouveau avec son gode, encore plus profondément. J’essaie de résister à la déferlante sensationnelle tandis qu’elle accélère ses va et vient dans mon cul, entre excitation cérébrale à me faire sodomiser par une femme et l’inconfort de mon petit orifice tout dilaté. Malgré toute l’intensité de ces nouvelles sensations anales, je sens la tête de Sarah s’immiscer entre mes cuisses, son souffle chaud sur mes couilles qui ballottent au dessus de son visage, sa bouche qui vient s’emparer de ma verge tendue, et la morsure de ses dents sur mon sexe qui me fait hurler ! Stop ! J’abandonne, vous avez gagné ! Comme la dernière fois...

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    Un coup d’œil à ma montre me tira de ma rêverie dont les effets gonflaient encore mon pantalon. Nous étions un peu en retard sur l’horaire et j’hésitai à appeler Marina à laquelle j’avais remis la seconde enveloppe quelques jours plus tôt. Je décidai de ne pas risquer de les déranger à un moment délicat, mais de m’approcher de l’entrée du restaurant de la mosquée où j’allai soumettre Sarah à une épreuve particulièrement vicieuse qui,  déjà, m’avait pris des heures de mise au point.

À suivre…

29 octobre 2007

Mission libertine – IV (1)

l'origine de cette photo...    C’est pour ainsi dire une question de vie ou de mort : je dois prendre la première qui se présente.
    Elle arrive bourrée comme une bavaroise à la fête de la bière. Tant pis. Je joue des coudes pour m’en approcher, être le premier à m’y enfoncer, comme une brute. Elle se traîne jusqu’au bout du quai noir de monde, s’arrête enfin, semble hésiter, et elle vomit un flot de voyageurs exténués. La rame en ingurgite aussitôt une autre rasade dont j’ai su faire partie.
    Le métro m’éructe à Wagram. J’ai trente-cinq minutes pour trouver une bouteille de champagne, un plateau de petits fours, et l’hôtel Mercedes à la façade Art Déco et aux vitraux géométriques. Hôtel de charme côté face. Cathédrale luxurieuse côté pile. Quarante minutes plus tard, je monte les escaliers quatre à quatre jusqu’à la porte de ma chambre. Toujours la même, curieusement, comme si je faisais du sur place. En luxure comme en art, le renouveau n’est qu’un éternel recommencement.
    Je me déshabille intégralement. Une douche, une goutte de parfum… et je réalise que j’ai oublié un élément fondamental de mon scénario : le bandeau ! Tant pis, j’en improviserai un avec une serviette de bain. Je retourne dans la chambre, j’attache le bout de mon ceinturon à la tête de lit et je forme un nœud coulant avec la boucle.
    C’est maintenant l’instant crucial : j’ai cinq minutes pour ouvrir la porte de la chambre, la laisser entrebâillée, m’allonger dans le lit, nouer la serviette autour de ma tête, glisser mes mains jointes dans la boucle du ceinturon et tirer un coup sec.
    Voilà. Mes poignets sont pris. Il ne me reste plus qu’à l’attendre. Oh, je n’ai pas peur de rester accroché là si elle ne venait pas : je pourrais me détacher tout seul sans trop de difficulté. J’ai simplement peur qu’elle ne vienne pas, tout comme j’appréhende son arrivée. La tension monte, impérieuse, dans tous mes membres, tous… Ça y est ! Ma tortionnaire vient d’entrer ! La porte claque derrière elle. Je l’entends poser un sac lourd de brûlantes promesses. Elle s’approche de mon corps étendu, à demi nu, au point que ses doigts frôlent mon buste dans un silence sensationnel. Ils repoussent la lisière de ma nudité jusqu’à s’octroyer ma virilité orgueilleuse. Enfin ! À moi la grande vie et la petite mort !

    J’avais quelques heures à attendre Sarah aux alentours de la mosquée, et mon esprit vagabondait dans les souvenirs cuisants laissés par ma dernière nuit avec elle : un vrai défi, pour la troisième fois, lancé par écrit quelques jours auparavant…

Très chère Sarah,

    Après avoir versé un peu de piment sur une blessure encore vive, ou tout au moins sur une certaine irritation de vos muqueuses, entre autre, je vous offre le baume de la vengeance : Je vais m’offrir à vous. Non pas comme une femme s’offre à un homme, dans l’attente d’un plaisir partagé, mais comme un esclave s’offre à son maître, dans l’attente du seul plaisir pervers du maître aux dépends des supposées souffrances de l’esclave. Pratiquement, nous allons nous donner rendez-vous dans une chambre d’hôtel où je vous attendrai, en pleine lumière, presque nu, les yeux bandés et les poignets liés à la tête du lit. Offert et soumis, vous pourrez faire de moi ce que vous voudrez. Oui, vous avez bien lu, vous avez carte blanche, je vous fais confiance pour être une dominatrice vicieuse, perverse, sadique. Vous pourrez donc me faire subir tous les sévices, toutes les humiliations, jusqu’à ce que je demande grâce, jusqu’à ce que je dise stop, ce qui mettrait immédiatement fin au jeu et vous ferait gagner ce défi.
    Je laisse à votre imagination débordante le soin de choisir ce que vous allez me faire subir, le plus évident consistant à vous équiper afin d’appliquer les préceptes de Vatyayana, auteur du Kamasutra : « Quelque chose que l’un des amants fasse à l’autre, celui-ci doit lui rendre la pareille : baiser pour baiser, caresse pour caresse, coup pour coup ». Quoi que vous me fassiez, je vous demanderai seulement la faveur d’être progressive, pour ne pas m’infliger de blessures qui certes me feraient rendre grâce, mais risqueraient aussi de terminer brutalement et prématurément notre rencontre. D’un autre côté, je vous promets de ne pas tricher en me masturbant pour vous imputer ensuite ma jouissance.
    En effet, toute médaille a un revers : Si au cours de cette séance je venais à jouir, si vous veniez à faire couler mon sperme, volontairement ou non, alors cela mettrait fin au jeu en me faisant gagner la partie. Le chocolat que je vous offre est donc bien amer, car vous ne pourrez en aucun cas jouir de ma virilité sans risquer de me faire jouir aussi. Par ailleurs, je garderai le bandeau tout au long de notre entrevue, je ne croiserai pas votre regard, et ce n'est pas encore cette fois-ci que je verrai votre visage en pleine lumière. Tel sera le seul tabou de ce jeu. De votre côté, vous pourrez vous repaître du spectacle de ma nudité - hormis le bandeau qui cachera le haut de mon visage - et même l’immortaliser si l’envie vous en passait par la tête, vous avez carte blanche vous dis-je, avec la liberté de me détacher, de me ligoter davantage, ou d’inviter un bataillon pour participer à ma reddition si cela vous chante ! L’enjeu de ce défi sera un gage auquel le perdant devra se soumettre, et une proposition de jeu pour la rencontre suivante. Je pense que vous accepterez ce défi, dont la victoire ou la défaite ne se joue qu’à un mot ou un geste. Il va sans dire que je serais très déçu que vous le refusiez. 
    Enfin, je ne résiste pas au plaisir de citer Beigbeder : « Les hommes craignent la vie de couple pour une seule raison : La peur de la routine. Cette peur en cache une autre : celle de la monogamie. Les types n’arrivent pas à admettre qu’ils puissent rester toute leur vie avec la même femme. La solution est simple : il faut qu’elle soit bonniche et putain, vamp et Lolita, bombe sexuelle et vierge effarouchée, infirmière et malade ».

    Au plaisir de tout,

Vagant

À suivre…

05 octobre 2007

La cliente

    Une jeune femme m’ouvre la porte d’entrée aux cuivres lustrés. La sévérité de ses atours souligne la chaleur de ses atouts : bas satinés sur peau ambrée, tenue rigoureuse sur gorge pulpeuse, blondeur angélique sur mascara diabolique. Elle m’offre le large sourire réservé à la plus « fidèle » clientèle - si tant est qu’on puisse parler de fidélité dans notre milieu - ponctué par un accueil déférent digne de mon dédain: « bonjour madame Carolyn ». C’est ainsi que je me fais appeler dans cette maison, même si personne n’est dupe. Tous savent qui je suis. 
    Une musique voluptueuse berce la salle dont la décoration bourgeoise affiche un luxe ostentatoire. Sur les murs capitonnés de cuir pourpre souligné de boiseries en loupe d’orme, des toiles originales encadrées de dorures sont éclairées à la bougie des lustres en cristal surannés. Mes talons pointus s’enfoncent dans la moquette onctueuse, tandis qu’on m’accompagne vers mon fauteuil club qui me tend ses bras accueillants. Les regards jaloux des clientes glissent sur mon arrogance. Ceux des garçons se prosternent à mes pieds. Je constate avec plaisir que Marquet a pris soin de me réserver ma place sans avoir eu besoin de le lui rappeler. La dernière fois, elle était prise par la pimbêche du JT en cuissardes de mauvais goût. Marquet sait trop bien ce qu’il lui en a coûté. Je m’assieds en prenant soin de faire crisser mes bottes tout en affichant une moue dédaigneuse. Il est encore tôt dans la soirée : autour de moi ne bruisse que le doux babillage des confidences luxurieuses, des corruptions vénales et des intrigues byzantines. Pour les rires cinglants et les sanglots étouffés, il faudra attendre encore un peu.

    Il s’en est d’ailleurs fallu de peu pour que j'aie dû attendre ma coupe de Veuve Cliquot millésimé, mais je dois avouer que Marquet ne s’est pas moqué de moi : ce jeune garçon est très à mon goût. Grand, les épaules larges et la taille fine, il porte divinement bien son costume Smalto, sobre comme je les aime, dont les reflets moirés mettent en valeur son teint halé et ses boucles noires. Il s’avance vers moi, droit comme un matador dans l’arène, avec aux lèvres le sourire conquérant qui joue à l’obséquieux, trahi par un regard ténébreux où semblent encore brûler les vestiges d’une antique noblesse castillane. C’est ainsi qu’ils me plaisent, qu’ils m’excitent, qu’ils m’agacent avec leur jeunesse insolente : encore âpres, presque rugueux, fiers comme des purs-sangs à dompter. Quelques années plus tard, repassé par les exigences de la clientèle, ce ne sera plus qu’une carpette insipide sans la moindre aspérité à gommer. Je peux déjà lire tout cela dans ses yeux sombres, les illusions passées à jamais perdues dans l’inéluctable déchéance à venir, tandis que je sirote mon champagne et que je savoure mon présent, ce délicieux moment qui précède l’énoncé de mes desiderata auxquels il se pliera avec la fausse connivence qui permet de supporter la servilité. Mais pour l’instant, je le fais attendre, debout devant moi qui le toise sans sourciller, en ne lui adressant qu’un sourire narquois à peine esquissé. Tous les garçons savent ce dont je suis capable, ils lui auront appris mes célèbres extravagances, les humiliations que je leur ai parfois fait subir, les larmes hargneuses que certains ont dû ravaler. Il doit y penser à son tour, et perdre peu à peu sa confiance au cours de ce duel, imperceptible s’il n’y avait la longueur de ces secondes silencieuses, jusqu’à perdre toute sa fière contenance, l’irrévérence de son regard qui m’esquive maintenant, qui descend plus bas sans oser s’arrêter sur ma poitrine opulente, jusqu’à venir lécher la pointe de mes talons rutilants.
    Il cède enfin et rompt le silence de sa voix charmante où perce encore un peu de soleil ibérique à peine voilé de grisaille parisienne.
    - Qu’est-ce qui vous ferait plaisir, Madame ?
    Mais qu’est-ce qui pourrait encore me faire plaisir ? Formulée ainsi, sa question est d’une candeur risible. Comme si je venais chez Marquet pour le plaisir ! Non mon petit, il n’est nullement question de plaisir ici, mais d’audaces flamboyantes, d’exigences perverses et de coups bien pesés. Malgré les apparences, nous ne sommes pas dans une luxueuse maison de plaisir mais au cœur des cuisines du pouvoir, dans l’antre des influences, à la cour des dominations ! Mais comme tu m’es sympathique, petit espagnol mal dégrossi, je ne vais te donner qu’une petite leçon, et puis… et puis j’ai envie de quelque chose, finalement : J’ai envie de me payer le luxe suprême de la trivialité dans le temple du raffinement.
    Je lui susurre un ordre. Assez bas pour qu’il ne l’entende pas. Il va devoir me faire répéter, ce qui le mettra dans une situation inconfortable, jusqu’à ce qu’il comprenne la position à prendre.
    - Je vous prie de m’excuser, Madame, je n’ai pas bien compris...
    Oui, tu n’as pas encore compris mon petit, me dis-je en répétant juste assez fort pour qu’il puisse bien sentir l’agacement dans le ton de ma voix, mais pas assez pour qu’il comprenne le sens de ma demande. Cependant, je sens que ça commence à venir: Il s’est penché en avant, le dos droit et les jambes tendues, jusqu’à ce que son visage soit à peu près au niveau du mien, mais légèrement au dessus néanmoins. Tu as les genoux encore un peu raides, bel hidalgo. Je répète encore mes instructions, bas comme une menace sourde dont il ne peut que comprendre l’ampleur. Il blêmit à l’idée de me faire répéter une fois de plus. Une fois de trop, même s’il a finit par prendre la pose qui convient à son rang : à genoux à mes pieds, comme une geisha empressée, l’oreille tendue à l’affût du moindre claquement de langue. Alors je lâche mon injonction à haute et intelligible voix dans le creux de son oreille. Il en sursaute et repart en tremblant, sa leçon bien apprise. Dieu qu’il est émotif !
    J’ai à peine eu le temps de faire le décompte des vieilles peaux qui se pâment pour la moindre œillade des garçons, que le mien revient, à nouveau fier comme Artaban, en apparence. Même s’il n’en a plus trop dans la culotte, c’est le cas de le dire, je suis agréablement surprise de ce qu’il exhibe, mais pas autant que toutes les clientes éberluées qui se retournent sur son passage. Il s’approche jusqu’à moi, un peu gêné malgré le naturel qu’il s’efforce d’afficher, et je ne peux réprimer mon sourire. Ah, Marquet sera toujours Marquet : comme pour me répondre du tac au tac, il a ordonné au garçon de me présenter sa queue dans une assiette démesurée ! C’est certes un beau morceau, plus long et plus épais que ce à quoi je m’attendais, mais tout de même, quelle assiette !
    Sans dévoiler la moindre émotion, je laisse couler mon regard sur le remarquable appendice amoureusement préparé, dans l’assiette dressée à mon intention. Mais je ne peux résister au plaisir de fermer les yeux lorsque son fumet vient chatouiller mon nez légendaire. Car ses arômes rustiques et généreux, ses effluves organiques à l’insolente authenticité m’ont aussitôt catapultée loin, très loin dans mes souvenirs d’enfance au fin fond de la Meuse. Là bas, bien cachée dans l’arrière cuisine, non loin de l’étable d’où provenaient les mugissements des bêtes et le parfum du foin aux abords de l’hiver, j’attendais le retour de mon père dès la tombée du jour, tandis que ma mère au fourneau y répétait ses gammes culinaires au rythme monotone d’une vieille l’horloge comtoise. Le vendredi soir, quand mon père qui rentrait de l’abattoir arrivait dans la cuisine, c’était toujours le même cérémonial. Ma mère allait à la fenêtre, elle vérifiait que personne ne risquait de les voir depuis la cour, elle se retournait vers mon père qui avait déjà sorti sa queue, et elle lui disait avec un ton de reproche démenti par sa mine réjouie:
    - Attends un peu ! Je ne suis pas prête !
    - T’as vu le morceau ? Tâte moi ça, touche un peu !
    - Oui, c’est vrai qu’elle est belle.
    C’est le moment où je fermais les yeux pour les abandonner au plaisir de l’instant, celui des sens primaires, qui nous touche en profondeur jusqu’à la lisière de l’âme, de l’olfactif atavique à l’auditif prénatal. J’inspirais à grandes goulées cette intense ruralité, la voix rocailleuse de mon père enfin revenu, et l’odeur du ragoût qui mitonnait sur le feu et embaumait la cuisine d’odeurs riches et généreuses. C’était un ravissement. L’oignon qui blondit comme du blé mûr, la crème épaisse qui se délite à feu doux, la viande et sa moelle légèrement grillées au four avant de mijoter où elles révèlent alors des arômes de gibier. Je distinguais tous ces parfums, ou plutôt je les entendais comme une aubade fulgurante aux unions de la chair, ils s’imprimaient en moi, me faisaient pâmer de plaisir, libéraient mes envies carnassières, au point d’aller fourrer mon nez dans le marmiton avec la concupiscence des affamés. Je crois que c’est grâce à ces moments là que j'ai compris quelle était ma vocation.

    Les yeux toujours fermés, je porte un bout de la queue à mes lèvres. A son contact chaud sur ma langue, à la fois moelleux et vigoureux, j’ai la sensation d’avoir à nouveau dix ans, dans la cuisine de maman, lorsque papa riait et lui disait que j’aimais ça: Je commence à la malaxer de la langue, des joues, du palais et des dents, je la mastique avec ampleur jusqu’à éblouir mes papilles de la suavité recueillie. Dans le ragoût de maman, la queue de boeuf - que papa chipait à l’abattoir - avait cette saveur, cette onctuosité, cette truculence que je croyais inimitable. Mais Marquet a réussi le tour de force de me mettre les larmes aux yeux. Il l’aura, sa quatrième étoile au guide Michelin.

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Toute ressemblance avec Une gourmandise de muriel Barbery serait loin d'être fortuite, mais le seul lien avec Légume des Jours est ici.

31 juillet 2007

Le détective

ad408feacefc5d483d6870fc3b10225c.jpgUne jeune femme part le cœur battant rejoindre son amant dans une chambre d’hôtel. Mais c’est un détective privé libidineux qui l’y attend, et qui ne tarde pas à se transformer en maître chanteur pervers…

Cette fiction érotique avait été publiée sur Extravagances sous forme d’une note. La voici revue et corrigée au format pdf, pour être imprimée avec modération (dixit Celenee) mais lue sans retenue.

09 mai 2007

Plongeon

Attention, c'est hard! Si vous n’avez pas 10 minutes tranquilles devant vous pour lire ça, ami lecteur, revenez plus tard.
C’est bon ? Prêt pour les émotions fortes ? Attachez votre ceinture ! Maintenant jouez le podcast et lisez lentement. Le morceau dure 9 minutes, assez pour vous raconter ma plongée du jacuzzi à la plonge...

podcast

 

Il est seize heures et j’ai encore les mains dans l’eau. À ma gauche, les assiettes sales. À ma droite, les propres. Bientôt ce sera le tour des tasses à café et des petites cuillères. Une bonne vingtaine, correspondant au nombre de mes amis réunis. Ils sont tous là, j’entends leurs rires d’ici, de ce recoin où je fais la vaisselle. Cependant, je ne reconnais plus très bien leur voix. Dans mon esprit, elles se sont comme dissociées de leur visage dont je me souviens encore, ou de leur prénom qui me rappellent toujours, mais toujours un peu moins, mes plaisirs futiles. Les tasses arrivent. Lib les dépose au bord de l’évier avant de retrouver mes amis. Elle va leur servir sa farigoule dans des verres à cognac, et puis sa dernière histoire, en avant première, avant de la publier sur son blog. J’espère que mes amis lui feront bon accueil. Une petite standing ovation serait idéale. Il faut dire que la suite de ma journée en dépend.


Je plonge les tasses dans l’eau avant que le sucre ne colle au fond. Toutes sauf trois sur lesquelles il y a des traces de rouge à lèvre. Je les regarde d’un peu plus près, espérant reconnaître l’empreinte de lèvres que j’aurais baisées. Je jette un bref coup d’œil vers l’entrée de la cuisine pour m’assurer que Lib ne revient pas, et je goutte une des tasses. Je colle mes lèvres juste sur la trace de rouge, comme un chien abandonné mordille un os trouvé dans une poubelle dans l’espoir déçu de recueillir sur ses babines le goût du temps où il était aimé. Ça n’a qu’un goût de cosmétique. Là bas, dans la salle, quelques applaudissements affables ponctuent la lecture de Lib. Elle ne leur a pas servi son meilleur cru. D’ailleurs les verres de farigoule reviennent à moitié pleins. Sans même tourner la tête vers elle, à la violence froide du cliquetis des verres au bord de l’évier, je sais que Lib est en rogne. Je ne les plonge pas dans l’eau. Ils attendront là, jusqu’à ce qu’elle les vide. Un à un.

J’ai entendu la porte se refermer. Mes amis sont partis. J’écoute avec appréhension les pas de Lib qui revient vers la caisse. Elle tapote fébrilement sur sa calculette, et puis elle soupire en venant lentement vers moi. Je crains le pire.

- Tes pâtes étaient trop cuites, mon bichon.
- Ah... Je suis désolé, ce n’est pas facile depuis que le sixième feu est mort...
- Je ne veux pas le savoir, tu prends tes dispositions c’est tout. Que ça ne se reproduise pas ! menace-t-elle en s’enfilant le premier verre de farigoule.
- Oui Lib.
- Oui Lib... Oui Lib... C’est tout ce que tu sais dire ? Je t’avais dit que mon restaurant n’est pas prévu pour les groupes !
- T’es quand même bien contente que mes amis y organisent des déjeuners de temps en temps, non ?
- Tes ââââmis... tes ââââmis... parlons en de tes ââââmis! Qui t’est venu en aide quand tu t’es fait virer de ta boite pour faute lourde parce que tu dragouillais tes fameuses amies sur le net ? Et qui t’a recueilli quand c’est ta femme qui t’a lourdé parce que tu ne t’étais pas contenté du net ? QUI ? éructe Lib qui ponctue sa question par le second verre de farigoule. Cul-sec.
- C’est toi Lib...
- Et qu’est-ce que j’ai en compensation ? Un plongeur qui me casse la moitié de ma vaisselle...
- Oh! Au début, plus maintenant...
- Un cuisinier qui fait trop cuire mes pâtes quand elle ne sont pas trop salées...
- J’ai été débordé, tout le monde a choisi un plat différent...
- Et un homme de ménage pas foutu de nettoyer la salle convenablement après le service ! maugrée-t-elle en sirotant le troisième verre de farigoule.
- T’oublies que je suis bénévole ! Ça fait trois mois que je travaille ici, et tu ne m’as  pas payé...
- Bénévole ? Nourri, logé, blanchi ! T’appelles ça du bénévolat, toi ? Tu sais ce que ça coûte un loyer à Paris ? Tu veux faire un stage chez mes potes SDF ? hurle-t-elle en brandissant la bouteille de farigoule aux trois-quarts vide.
- Oh non Lib, je t’en prie... Dis-je en la regardant un instant dans les yeux, avant que mon regard ne fuie la lueur salace qui brille déjà dans le sien.

Je prends les verres à cognac qu’elle a vidés, histoire de me donner une contenance, et je commence à les laver. Mais elle s’est plantée derrière moi maintenant. Tout contre moi. Elle achève la bouteille de farigoule. Au goulot. Je sens son haleine lourde avant d’entendre sa voix râpeuse qui se veut enjôleuse.

- Alors mon bichon, il va peut-être falloir songer à me remercier.
- Merci Lib...
- Mieux que ça mon bichon, glousse-t-elle en me serrant contre elle par derrière.

Sans relâcher sa prise, elle déboutonne la ceinture de mon pantalon, et elle glisse sa main dans mon slip.

- Ben alors mon Bichon, ta nouille est trop cuite ?
- Lib, j’ai les mains dans l’eau et...
- Tsss... tsss... tsss.... Bien loin est le temps où Vagant se vantait de ne pas retirer son pantalon sans que ne jaillisse une érection. « Comme un diable qui sort de sa boite », qu’il disait le Vagant. Tout se perd ma p’tite dame, moi j’vous l’dit ! Claironne-t-elle avant de faire tomber le pantalon sur mes chevilles.
- Ma p’tite dame ?
- T’es devenu une vraie gonzesse Vagant. Même pas une gonzesse, une serpillière. Rien dans le froc et pas de chatte à prendre. Un eunuque comme on dit dans la littérature. Tu devrais le savoir, Vagant, toi qui citait Montesquieu à tout bout de champ.
- C’est juste une petite panne Lib. J’ai pas trop le moral...
- Soit tu bandes, soit tu me donnes ton p’tit cul Vagant. T’as le choix ! menace Lib avant de lécher les dernières gouttes au goulot de la bouteille de farigoule, à moins que ce soit pour mieux me la mettre.
- Lib, je t’en prie, dis-je d’une voix suppliante.

medium_farigoule.2.jpgInflexible, Lib glisse le goulot de la bouteille entre mes fesses. Je sens le verre dur et froid buter contre mon petit trou crispé. Pourvu qu’elle ne casse pas la bouteille ! J’essaie de me détendre en minaudant des fesses pour tenter de l’amadouer. Si seulement je pouvais bander. Lib glousse, ça a l’air de l’amuser, ça va peut-être finir par la détendre. Elle me triture les couilles avec l'autre main. Ses ongles me blessent un peu. Si seulement je pouvais bander. Il faut que je fasse diversion.

- Je vais te sucer Lib !
- Si je veux ! Tu vas déjà me laper le cul comme la chienne que tu es. Si tu le fais bien, t’auras le droit de me sucer le clito.
- Merci Lib...
- Tu me prends pour une idiote ? Tu t’imagines que ton petit cul va m’échapper ? Pose la bouteille par terre et assieds-toi dessus !
- Quoi ?
- Assieds-toi dessus, je te dis! Que je vois le goulot de cette bouteille te percer le cul pendant que tu suces le mien avec délicatesse !

Elle me tend la bouteille et elle attrape la cravache avec laquelle elle me menace régulièrement. Je pose la bouteille par terre, je m’accroupis dessus, et mon anus vient à nouveau buter contre le goulot dur et froid. Lib me regarde avec un sourire sadique tout en déboutonnant son jean qu’elle laisse glisser à ses pieds, suivi aussitôt de sa petite culotte. Elle se retourne et, souple comme un serpent, elle se penche en avant jusqu’à ce que sa tête apparaisse à l’envers, entre ses genoux. Elle est aux premières loges. Impossible de lui échapper. "Lèche !" ordonne-t-elle d’un ton sans appel.


Lib a un corps élancé à la croupe somptueuse. Ronde, évasée juste comme il faut, on dirait qu’elle a été taillée pour faire de la pub weight watcher. Y faire courir ma langue n’est pas déplaisant. J’adorais ce genre de truc, avant. D’ailleurs ça finit par m’exciter un peu, je le sens, ça va venir. Si seulement il n’y avait pas cette maudite bouteille qui me fait mal. J’ai mal aux cuisses à force de résister à mon propre poids. Je vais finir par m’empaler dessus.

- Pas mal Vagant. Si t’as un poil dans la main, t’as toujours la langue bien pendue. Et la bouteille, ça avance ?
- Laisse moi te lécher la chatte Lib, je t’en prie, tu verras, ça va te plaire.
- Pas avant d’avoir vu ton cul ouvert à travers le verre de cette bouteille !

J’essaie de me détendre, mais rien à faire, je suis trop crispé. Il faut que je me concentre sur ses fesses à elle, il faut que je la désire, ou que je pense à une autre, ou à n’importe quoi pourvu que je bande. Avant, avant, tout aurait été autrement. Avant ça m’aurait excité de la lécher dans sa cuisine et de la baiser sur l’évier. Il faut juste que je me dise que rien n’a changé pour que je bande comme avant. Rien n’a changé! J’ai toujours un bon job bien payé qui me laisse le temps de séduire de jolies filles avec lesquelles je me prélasse dans les jacuzzis d'hôtels de charme. Elles aiment ça, être traitées comme des reines, et puis baiser comme des bêtes. J’excite Lib parce que j’ai la réputation d'être un bon coup, alors elle m’a invité à lui en donner, un petit coup de main dans sa cuisine. Moi, j’aime faire plaisir, c’est ma raison d’être. Donner du plaisir. Alors je lui lape le cul parce que c’est mon bon vouloir, mon bon pouvoir. Après elle n’en pourra plus. Elle sera asservie à ma langue, elle ne pourra plus s’en passer, et elle m’aimera. Oui, elle m’aimera, comme les autres, comme toutes les autres qui sont dingues de moi, et je régnerai sur elle, comme je règne sur elles toutes, asservies à mes mains qui les fouillent, à ma bouche qui les baise, à ma langue qui les suce, à ma queue qui les prend et qui les fait jouir. Ah, elle n’y a pas encore goûté à ma queue, elle ne sait pas ce que c’est que de l’avoir dans la chatte, dure, raide comme une saillie, elle ne sait pas ce que c’est que de se faire sillonner l’entrecuisse par mon soc de charrue, elle ne sait pas ce que c’est que de se la faire remuer en profondeur, se faire retourner le ventre... Elle ne sait pas ce que c’est que de se faire prendre par Vagant. Attends un peu Lib, ce n’est pas pour rien que je te lèche le petit trou. Attends donc, tu ne perds rien pour attendre, je vais te la mettre bien profond, bien fort, bien plus fort que cette putain de bouteille... Non ! Pas de bouteille ! Pas penser à la bouteille qui me fait mal, non, pas la bouteille, sinon je ne vais plus bander... Je te lèche le petit trou Lib, parce que c’est ma destinée. Je te lèche l’anus parce que je vais t’enculer !

- Alors Vagant, on dirait que la farigoule te donne des forces ? Il faudra recommencer !

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"Ami" lecteur, Si vous voulez comprendre comment tout cela m'est arrivé, comment je me suis retrouvé dans cette situation, c’est là…
 

13 mars 2007

Le détective

En tout et pour tout, Diane Marceau disposait de 6 heures.

Depuis la gare de Lyon, elle devait rejoindre en métro la station Bastille, changer de ligne, sortir à République, puis filer dans la rue Beaurepaire, jusqu’à l’hôtel des mimosas, en bordure du canal de l’ourcq. Là, elle devait traverser le hall en évitant le regard libidineux du réceptionniste, prendre l’ascenseur jusqu’au deuxième étage, couloir de droite et entrer sans frapper dans la chambre 211 pour toucher enfin au but. 4 heures plus tard, elle n’aurait plus qu’à effectuer le chemin en sens inverse, et attraper le train régional jusqu’à St-Maur. Elle pourrait être à la sortie de l’école à 18h pour récupérer ses enfants. Comme une fleur.
A la gare de Lyon, personne ne s’était jeté sous les roues du métro, et la RATP n’était pas en grève. L’angoisse lui tenaillait pourtant l’estomac.

Arrivée devant l’hôtel, le sang cognait dans ses artères, son front était glacé, son cœur palpitait, quelque part, partout dans son torse. Depuis le trottoir, elle espionna le réceptionniste dégarni à travers la porte vitrée, attendit qu’il ait le dos tourné pour prendre une goulée d’air frais, puis elle s’engouffra dans le hall, comme on plonge. Au fond, elle trouva l’ascenseur, vide, Dieu merci. Là, elle se contempla dans le miroir. Ses joues rouges, son souffle court, ses yeux hagards. Tout l’accusait. Diane avait l’impression qu’on pouvait lire « Femme Adultère » gravé sur son front.

Elle attendit d’avoir repris son souffle avant de pousser la porte 211. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle voyait Pierre. Elle aurait du avoir l’habitude, mais non, c’était toujours les mêmes angoisses. Comme d’habitude, elle se dit que ce n’était plus possible, que c’était sûrement leur dernier rendez-vous, que cette folie devait cesser avant de mal finir. Comme toujours, son bas ventre la désavouait. Elle mit du sourire sur ses lèvres avant de pousser la porte entrouverte. Quand elle se serait lovée dans ses bras, elle oublierait tout pendant 4 heures. Elle le savait.
Son sourire se figea lorsqu’elle vit la silhouette de l’homme qui l’attendait dans la pénombre de la chambre.

- Entrez ! Lui dit-il d’un ton autoritaire.
- Il doit y avoir une erreur, bégaya-t-elle. La chambre 211 est réservée à Pierre…

Elle rougit encore davantage en réalisant qu’elle ne connaissait pas le nom de son amant.
- Pierre Duteuil. Il ne viendra pas, lui dit l’homme d’une voix sourde au timbre métallique.
- Il lui est arrivé quelque chose ?
- Entrez madame Marceau, je vais vous expliquer.

Bouche bée, elle regarda l’homme qui semblait la dévisager derrière ses lunettes noires. Mince, crane rasé, une courte barbe, blouson de cuir noir au col relevé, il était nonchalamment assis dans l’unique fauteuil, les pieds sur le petit bureau de la chambre. Le regard de Diane fut immédiatement attiré par ses santiags rutilantes. Rouge sang.
Comment pouvait-il connaître son nom ? Son rendez-vous avec Pierre était pourtant clandestin. Un flic pensa-t-elle. Un flic corrompu. Il en avait tout à fait l’allure. Elle claqua la porte derrière elle et resta plantée dans l’entrée.

- Approchez Diane, lui dit l’homme d’un ton patelin.
Elle fit trois pas en avant, le maximum qu’il lui semblait pouvoir faire tant elle avait les jambes tremblantes. Sans la quitter des yeux, l’homme enchaîna :

- Vous semblez avoir une vie palpitante Madame Marceau. Pourtant, après vos études ratées, votre mariage avec un banquier carriériste n’augurait rien de bien excitant. Deux enfants, le petit pavillon à St Maur, le repas dominical chez belle maman, le missionnaire du samedi soir et les vacances à la Baule, je vous comprends, moi, je m’ennuierais à en crever. Heureusement qu’il y a le net, n’est-ce pas ? Ah, internet, quel merveilleux pourvoyeur d’aventures à bon compte. On commence par s’envoyer des textes érotiques sur auFeminin, on continue en se disant des cochonneries au cellulaire, et on finit par s’exhiber sur sa web cam. C’est facile, c’est pas cher, c’est pas vraiment tromper mais on n’y trouve pas vraiment son compte non plus. Alors, forcément, un jour ou l’autre, on accepte un rendez-vous dans une chambre d’hôtel pour y faire tout ce qu’on n'y ferait pas avec son légitime. Et c’est bien ce qui vous amène Diane ?

Diane l’avait écouté sans dire un mot, tête baissée, les yeux fixés sur les bottes luisantes du flic. Mais elle regardait au-delà, et ne vit qu’une vie comblée d’ennui. Elle ne put réprimer un sourire lorsqu’elle pensa à Pierre, ce qui lui donna l’énergie d’affronter à nouveau le regard inquisiteur de ce sale type vautré dans le fauteuil.

- Non, Pierre n’est pas mon amant ! C’est juste mon ami, mentit-elle effrontément. J’exige de savoir ce qu’il lui est arrivé !
- Un ami intime, répondit l’homme, narquois.

Il sortit une enveloppe de la poche intérieure de son blouson et la jeta négligemment sur le lit. Quelques photos en sortirent et s’éparpillèrent sur la couverture. Diane crut défaillir quand elle vit son propre visage en gros plan, avec ses yeux brillants rivés sur l’objectif. Elle avait la langue tendue vers une verge qu’elle semblait déguster comme un cornet glacé. Pierre les lui avait envoyées quelques semaines auparavant, en souvenir de leur dernière escapade qui remontait à près de deux mois.

- Un ami très intime mais pas un si bon ami, renchérit l’homme en pouffant de rire. Je n’ai eu qu’à le menacer de tout révéler à son épouse pour qu’il me laisse venir au rendez-vous à sa place.
- Espèce de salaud ! Dit-elle entre ses dents, les larmes aux yeux.
- Les histoires d’amour finissent mal, en général. Il ne me reste plus qu’à faire mon rapport à votre mari, répliqua-t-il sèchement.

Médusée, elle regarda l’homme ramasser les photos sur le lit. Il était capable de tout. Son cerveau tournait à plein régime, et peu à peu elle comprit le but de toute sa mise en scène, et ce qu’il allait exiger d’elle, inévitablement. Elle résisterait par tous les moyens.

- Mon mari ? Non !
- Qu’est-ce que vous vous imaginez ma p’tite dame, je suis détective privé moi ! Votre mari m’a engagé, il m’a filé le disque dur de votre PC, j’ai trouvé votre e-mail secret, j’ai craqué le mot de passe et j’ai tout lu. Tout ça m’a pris un temps fou ! Maintenant je termine mon job, j’empoche le blé, et pour le reste, je ne veux pas le savoir !
- Mais il est très jaloux ! Il voudra divorcer… il essaiera de m’arracher les enfants… je le connais… il a le bras le long ! sanglota Diane dans une pathétique tentative de l’amadouer.

L’homme se rassit dans le fauteuil en attendant que Diane se calme. Lorsqu’elle leva vers lui ses yeux embués de larme, avec son nez rougeâtre qui reniflait, et son mascara dégoulinant, elle ressemblait à un clown triste.

- Moi, je suis un détective, renchérit l’homme avec le calme de celui qui sait tenir sa proie. J’offre mes services au plus offrant. Votre mari me paye 1500 euros.

Dans le rôle du sale type, il méritait le premier prix. A vomir. Diane était contrainte à  négocier.

- Ecoutez, j’ai compris la leçon, je peux vous dédommager, mais 1500 euros, je ne peux pas, ou alors en plusieurs mensualités…
- Oh la ma p’tite dame, vous n’y êtes pas du tout ! Moi, je vais voir votre mari demain matin à son bureau. Avec vos mails et vos photos. Il me paye tout ça cash. Si je dois édulcorer mon rapport, virer les photos, faire sauter le graveleux pour lui faire croire à la gentillette liaison épistolaire et platonique, ça va me prendre toute la nuit. 8 heures à 100 euros de l’heure. Au total, ça vous fait 2300 euros. Cash !

- Mais… je ne peux pas ! Je n’ai pas cette somme, mon mari et moi avons des comptes séparés… et… je ne gère… que l’argent des commissions ! pleurnicha Diane en imaginant le divorce imminent.
- Tournez-vous ! Lui ordonna sèchement le détective.
- Pardon ?
- Je vous demande de faire un tour sur vous-même, répéta-t-il lentement, en appuyant bien sur chaque syllabe.

Diane s’exécuta, les jambes tremblantes, sous le regard du détective qui la toisait de bas en haut. Elle s’était faite belle pour son rendez-vous galant. Des escarpins noirs, des collants dont les reflets satinés soulignaient le galbe de ses jambes fuselées, une jupe droite, noire, assez courte, un chemisier blanc et un manteau mi long bon chic bon genre, elle portait l’uniforme de la petite bourgeoise, jusqu’au chignon. Ce qui l’était moins, c'étaient ses dessous, ce qu’il ne pouvait pas savoir, mais tout au plus deviner aux fragrances d’Organza que son corps exhalait.

- Et bien, ma foi, vous êtes plutôt mignonne ! On pourrait peut-être s’arranger.

Diane lui adressa une moue de dégoût, lorsqu’il retira ses lunettes pour couler sur elle un regard libidineux.

- Je vais vous expliquer, continua-t-il. Moi, je suis détective, je bosse tout le temps, j’ai pas de temps à perdre à draguer les nanas qui ne pensent qu’à épancher leurs petits malheurs sur la première épaule venue, et qui ont la migraine dès qu’il s’agit de passer aux choses sérieuses. Je préfère les putes. On en a pour son argent. Et c’est cher, surtout quand on veut une jolie fille et des fantaisies. T’as de la chance, t’es à mon goût !

Diane vouvoyait Pierre. Ce tutoiement inopiné lui fit l’effet d’une gifle.

- Déshabille-toi !
- Non… je ne peux pas…
- Oh si, tu vas pouvoir. T’as pas le choix ma jolie. Déshabille toi et fais ça bien, j’en veux pour mes 2300 euros.

Diane hésita un instant, puis, timidement, elle ouvrit son manteau et le laissa choir sur le sol. Les yeux fixés sur les bottes rutilantes pour ne pas avoir à croiser son regard,  elle défit les boutons de son corsage, un par un en commençant par le haut, comme si chaque bouton était un pas de plus qui la conduisait à l’échafaud. Elle avait beau se répéter que cet homme était un vrai salaud, ce qui lui faisait le plus horreur était la réaction de son propre corps.

- Tu veux un peu de musique pour te donner du courage ? Lui lança-t-il d’un ton moqueur.

medium_9semaines.jpgSans attendre sa réponse, l’homme mit aussitôt en marche le radio cassette qu’elle n’avait pas remarqué sous le bureau. L’appareil crachota «You can leave your hat on», un vieux tube de Joe Cocker sur lequel Kim Basinger fait son strip dans 9 semaines et demi.

- Allez danse ! Danse ! lui ordonna-t-il en battant des mains pour marquer la mesure.

Diane essaya d’esquisser quelques pas, mais c’était au dessus de ses forces. Elle pouvait à peine se dandiner. Elle avait ôté le dernier bouton de son chemisier, et elle lui tourna le dos pour le retirer, le faire glisser le long de ses bras blancs et le laisser rejoindre le manteau sur la moquette de la chambre. Elle défit son chignon, et ses cheveux blonds bouclés tombèrent en cascade sur ses épaules dénudées.

- Bouge plus ! Lui dit le détective, et remonte ta jupe ! Allez, plus haut, encore plus haut, montre-moi tes cuisses ! Allez, retrousse là complètement, je veux voir tes fesses ! Cambre-toi, penche-toi en avant, que je les vois bien ! Tu sais que tu es bandante comme ça, à exhiber ton cul ! Pierre ne devait pas s’ennuyer, quand il te baisait ça !

Diane était mortifiée. Cambrée au maximum, elle en était réduite à exposer sa croupe dans une pose indécente. La rondeur de ses fesses était soulignée par l’élastique noir de son string, et ses bas satinés couleur tabac contrastaient avec la blancheur de sa peau. Elle pensa fugitivement à Pierre, l’amant délicat de ses rencontres passées qui avait su réveiller toutes ses envies de femmes. Tous ces plaisirs qu’il lui avait révélés, elle les lui avait offerts. L’homme veule auquel il l’avait livrée allait les lui arracher. Mais ce qu’elle supportait le moins, c’était elle même, son cœur qui battait la chamade, le sang qui lui affluait aux joues, la chaleur qui s’emparait d’elle.

- Retourne-toi maintenant, en gardant bien ta jupe relevée. Oh, mais tu fais une belle cochonne, dis-moi ! C’était pour Pierre tout cet attirail ? Je suis sûr que ton mari n’en profite même pas, salope !

Légèrement penchée en avant, le galbe de sa poitrine ressortait d’autant plus que l’extrémité des bonnets de son soutient gorge noir était coupé. La pointe de ses tétons saillait terriblement. Elle avait beau se dire qu’elle était humiliée, son corps y consentait, semblait appeler le pire, comme en attente de sa dose de sexe, fût-elle abjecte. Le souffle court, Diane était autant dégoûtée par son laissé aller que par l’ignoble comportement de cet homme vicieux, visqueux.

- Monte sur le lit ! Ordonna-t-il à nouveau. A quatre pattes comme une chienne ! Tu sais ce que méritent les chiennes qui se font saillir par des bâtards ? Le martinet !
- Oh non ! Non ! Murmura-t-elle dans un souffle.
- Je serai magnanime si tu me montres que tu as compris qui est ton maître. Ton maître chanteur ! Ajouta-t-il dans un éclat de rire.

Le détective s’approcha du lit où Diane venait de monter à quatre pattes, obscène avec sa jupe retroussée sur ses reins cambrés, et ses escarpins vernis qu’elle portait toujours aux pieds. Il tenait dans sa main un martinet dont le manche en bois était laqué d’un rouge vif, et au bout duquel pendaient des dizaines de lanières de cuir. D’instinct, Diane devina ce qu’elle devait faire pour éviter les coups. Bras tendus devant elle, comme prosternée, la pointe de ses seins contre la couverture, elle tendit sa croupe offerte jusqu'à la frotter sur le jean de l’homme.

- Pardon, pardon, je ne recommencerai plus murmurait-elle, ne me frappez pas, je ne recommencerai plus... 

Pour toute réponse, l’homme se contenta de faire glisser les lanières de cuir contre les flancs de sa victime, avant de lui ordonner :

- Branle-toi contre moi !

Lentement, Diane ramena ses deux mains en arrière, jusqu’aux lobes de ses fesses qu’elle malaxa. Diane les écarta outrageusement, et tendit ses fesses vers la bosse qui pointait sur  le pantalon du détective, au point de la frôler. Les tétons durcis par le frottement sur la couverture, son profil droit plaqué sur le lit, elle scrutait le martinet de son persécuteur d’un œil exorbité. Elle avala difficilement la salive qui envahissait sa bouche. Elle avait peur, elle avait honte de ce qu’elle était contrainte de faire, mais une chaleur infâme la submergeait, s’emparait de son corps, devançait malgré elle les envies salaces de cet homme.
D’un doigt elle écarta le string entre ses fesses. Il était trempé. De sueur, ou d’autres secrétions inadmissibles. Le regard de l’homme fut captivé par l’anus qui palpitait sous ses yeux. Dès qu’il le darda avec la pointe du manche de son martinet, Diane ne pu réprimer un gémissement, ni empêcher sa main de frôler sa vulve luisante. Elle dut admettre que le désir lui tenaillait le bas ventre, malgré cet homme infâme, malgré elle. La lourdeur qu’elle ressentait dans son bas ventre, dans son creux, dans son trou, était devenue intolérable.
Le détective finit par remarquer la chaînette dorée qui sortait du sexe de Diane.

- Oh ! oh ! On avait prévu une jolie surprise pour son amant chéri ? Et bien la surprise, c’est pour moi !

Il tira avec une lenteur insoutenable sur la chaîne, se délectant du spectacle des lèvres intimes de Diane qui s’écartaient doucement, qui s’ouvraient sur une sphère nacrée. Diane poussa un long gémissement rauque lorsque son vagin expulsa les deux boules de Geisha, un modèle japonais original du 19eme siècle qu’elle avait déniché quelques jours plus tôt dans une vente aux enchères. Diane maudit leur efficacité qui lui avait fait perdre tout contrôle.

- Suce-moi ! Ordonna l’homme d’une voix égrillarde.

Diane se retourna prestement, et fit lentement glisser le zip du jean de l’homme, tout en le regardant droit dans les yeux. « Je ne suis qu’une abominable catin » pensa-t-elle, ce qui loin de l’inhiber, multiplia son envie autant que le martinet qu’elle se surprenait à désirer. La verge du détective sortit comme un diable de sa boite, raide, épaisse, au gland rouge et turgescent. Sans quitter l’homme des yeux, elle le prit en bouche, précautionneusement, puis avec une évidente avidité. « Je suis une sale pute qui suce un inconnu, un inconnu qui me force » se dit-elle alors que l’épaisse colonne de chair coulissait entre ses lèvres écartelées, ce qui la fit redoubler d’ardeur. Le claquement sec du martinet sur sa croupe lui fit augmenter le rythme. Au deuxième coup, elle plongea fébrilement la main dans le jean du détective pour en extraire les testicules. Au troisième, elle le branlait vigoureusement sans que sa bouche lâche prise pour autant. Au quatrième, il lui éjacula dans la bouche en gémissant.

- Avale !

Diane avait déjà devancé son ordre. Elle le pompa jusqu’à la dernière goutte. Lorsqu’elle le sentit enfin ramollir dans sa bouche, Diane pensa que s’était terminé.

- Tu crois-t-en tirer à si bon compte ? Lui asséna le détective.

Il glissa le manche du martinet entre les lèvres souillées de Diane, à la place de sa verge molle. Il ajouta :

- Montre-moi comment tu te branles le cul quand tu penses à Pierre, poufiasse !

Servile, Diane fit glisser son string le long de ses cuisses fuselées, et elle reprit sa dégradante position, poitrine sur le lit, fesses cambrées, orifices exhibés. Elle glissa lentement le manche luisant de salive entre ses fesses, puis elle le fit doucement coulisser dans son anneau qui l’accueilli sans peine. Tout en se repaissant de ce vil spectacle, le maître chanteur s’assit à côté de sa victime, un feuillet à la main.

- Pierre, mon amour, mon merveilleux amour, lut le détective sur un ton gouailleur.

Il glissa une main sous la poitrine de Diane, dont il fit rouler un téton entre le pouce et l’index. Il continua :

- Si vous saviez les folies que vous m’inspirez ! Parfois même, vous me faites l'amour avec mes mains. Hier soir, dans la tiédeur de mon lit, mon esprit a encore divagué vers vous, vers la chaleur de vos étreintes, entre vos bras puissants. A cette simple évocation une véritable fièvre érotique s’est emparée de moi. Mes mains suivaient à la trace vos caresses imaginaires, glissaient sur mon corps brûlant, torturaient mes tétons saillant. Incapable de les retenir, mes mains s’emparèrent de mes orifices, une devant, une derrière. Mes doigts glissèrent en moi, alternativement, puis en même temps, et me transportèrent au seuil de la jouissance. Mais c’était de vous dont je voulais jouir, de vous si cruellement absent. Dans un éclair de lucidité je me suis souvenu de ce jouet que vous m’avez offert. Oh Pierre, vous n’imaginez pas ma jouissance lorsque je me le suis mis, en pensant que c’était un peu de vous que je m’enfonçais. Par derrière aussi.

Outragée jusque dans sa correspondance intime, Diane avait fermé les yeux. Son esprit l’avait comme abandonné. Il s’était réfugié dans les souvenirs de cette nuit là, dans le plaisir qu’elle s’était donné. Elle ne sentait même pas les lanières de cuir du martinet qui battaient contre ses fesses pendant qu’elle se fourrageait l’anus avec le manche à un rythme effréné. Elle revint à elle lorsqu’elle sentit le phallus de l’homme s’immiscer entre ses lèvres intimes, et elle se laissa prendre en levrette sans même essayer de retenir sa jouissance. L’homme la besogna un long moment, d’ampleur en saccades, avant d’extraire le manche de son petit trou et de la sodomiser. Elle crut mourir lorsqu’il fit rouler en même temps son bouton d’amour entre ses doigts.
Mourir de plaisir.
Terrassé par un nouvel orgasme, l’homme s’écroula contre le corps pantelant de Diane. Il y avait longtemps qu’elle n’était plus avec le maître chanteur, et elle se lova contre le corps chaud de son amant.

Diane du se résoudre à s’extirper de la douce torpeur. L’échéance approchait. Dans une heure, elle retrouverait ses enfants à la sortie de l’école. Elle balaya d’un regard la chambre dévastée, ses vêtements éparpillés, le blouson noir d’où émergeait le micro de l’appareil qui avait servi à maquiller la voix de ce détective d’opérette, ses bottes rouges qui n’en finissaient pas de luire, et lui enfin, à moitié nu, encore assoupi tout contre elle. Pierre était méconnaissable avec sa barbe et son crane rasé. Elle n’avait pas pensé qu’il pourrait un jour réaliser le fantasme de Diane d’être forcée. A vrai dire, il n’y était pas tout à fait parvenu.

27 février 2007

De la domination

- Relève ta jupe !

Sylvie venait de son travail. Elle portait l'uniforme asexué de la working girl: un chemisier blanc, strict, sur lequel coulait la cascade de ses cheveux blonds, et une jupe grise qui ne laissait admirer que le galbe de ses hanches et le satin des bas sur ses mollets. Sa tenue austère était aux antipodes de celles sur lesquels le commun des hommes projette des perversions commerciales et formatées. Peut-être était-ce justement ce qui plaisait à l'homme assis face à elle, confortablement installé dans le fauteuil de la chambre d'hôtel où elle venait de rentrer. Il la regardait avec un sourire carnassier esquissé sur ses lèvres. Sylvie releva lentement sa jupe jusqu'en haut de ses cuisses, jusqu'à dévoiler la lisière de ses bas et de sa petite culotte blanche.

- Plus haut !

La voix de l'homme avait claqué comme un coup de fouet. Elle obtempéra en posant sur lui un regard un peu gêné. La lingerie qu'elle exhiba n'avait rien d'aguichante. C'était une petite culotte digne d'une première communiante.

- Fais un tour sur toi-même que je vois un peu ton cul !

Sylvie obtempéra sans broncher, en maintenant sa jupe relevée, comme intégralement soumise aux quatre volontés d'un homme qui aurait tous pouvoirs sur elle. Quand elle se retrouva de nouveau face à lui, il gloussa d'un rire narquois.

- Mais c'est mignon comme tout, tout ça. Tu vois la petite bouteille de miel sur la table ? Prends-la, et arrose ta petite culotte.
- Dessus ?
- Dedans, contre ta chatte. Je veux que ça dégouline.

Sylvie hésita l'ombre d'une seconde, puis elle prit la bouteille et fit couler le miel liquide à l'intérieur de son slip. Elle tressaillit au contact du liquide froid et onctueux lorsqu'elle relâcha l'élastique de sa culotte. Le tissu poisseux colla aussitôt à sa peau.

- Tu n'as pas honte de te comporter comme ça ?
- Si, un peu, souffla-t-elle.
- Je vais te faire rougir plus que ça. Tu sais comment j'ai décidé de t'appeler ?
- Non...

Sylvie avait répondu avec une assurance feinte. Elle mobilisait toutes ses ressources pour masquer son trouble.

- Ma petite chienne. Ca te plait ?
- Oui... murmura-t-elle.
- Et tu sais comment se déplacent les petites chiennes ? A quatre pattes !

Cette fois-ci, Sylvie ne put juguler le sentiment de révolte qu'elle sentit sourdre en elle. "Oh non..." était-elle sur le point de murmurer. Elle en esquissa le mouvement de la tête sans contenir la rougeur qui lui montait aux joues, avant de croiser le regard dur qui ne la lâchait pas. Elle s'agenouilla sur la moquette.

- A quatre pattes ! Répéta-t-il sur un ton autoritaire.

Elle posa ses mains par terre. Sa jupe relevée qui pendait sous son ventre ajoutait à la scène une obscénité dont elle n'avait que trop conscience.

- C'est bien ! Tu es une brave petite chienne bien obéissante ! Gloussa l'homme toujours assis dans le fauteuil. Regarde ce que ton maître a pour toi !

L'homme défit les boutons de sa braguette. Il en sortit sa verge raide au gland vermillon. Il enchaîna d'une voix gouailleuse.

- Viens ma petite chienne, viens ! Viens lécher la petite friandise que je t'ai apportée !

Sylvie approcha, à quatre pattes, et vint se placer entre les cuisses écartées de son maître. Elle se redressa pour prendre son sexe en main.

- Bas les pattes ! Prends-moi dans ta gueule et suce comme une bonne petite chienne !

Sylvie reposa ses mains par terre et goba le gland chaud qui palpitait sous son nez. Elle suça le phallus avec application. L'homme posa sa main sur la tête de Sylvie pour jouer avec ses longs cheveux blonds et lui caresser la nuque, tout en encourageant la belle jeune femme de la voix, comme si elle avait été un animal de compagnie. Soudain, il tira la tête de Sylvie en arrière pour échapper à ses lèvres gourmandes.

- C'est bien ma petite chienne. Maintenant, monte sur le lit, et toujours à quatre pattes !

Sylvie s'exécuta sans dire un mot. L'homme se leva à son tour, et il fit glisser son épais ceinturon des passants de son pantalon.

- Même si tu es une petite chienne bien obéissante, je crois qu'il faut quand même te dresser.

A ces mots, elle ne put retenir un frisson, mais elle garda la pose comme une chienne de race sur le podium d'un concours canin. Même asservie, elle gardait une distinction naturelle qu'il ne pourrait jamais lui arracher. Il fit glisser le cuir noir de son ceinturon sur la peau de sylvie. Il oscillait lentement et battait mollement contre ses fesses tendues.

- C'est très gentil... osa-t-elle dire d'un ton moqueur.

Clac ! Elle sursauta à peine au claquement sec de la ceinture sur ses fesses. Clac ! Cette fois-ci, c'était la main de l'homme qui s'était abattue sur sa croupe, qu'il malaxa aussitôt en prenant soin d'écarquiller la raie des fesses où s'enfonçait le slip souillé. Il glissa sa main sous le ventre de sylvie. Ses doigts s'attaquèrent aux boutons du chemisier, et il dégagea un de ses mamelons qu'il fit rouler entre son pouce et l'index.

- C'est bien, c'est bien disait-il, pourquoi devrais-je punir une petite chienne si docile.

Sylvie restait impassible. L'augmentation du rythme de sa respiration ne fût perceptible que lorsqu'il lui lia les poignets avec la ceinture. "J'ai encore une friandise pour toi", dit l'homme en se déshabillant. Il monta sur le lit, debout face à elle, et il fit couler quelques gouttes du miel au bout de son gland.

- Allez, fais la belle et suce !

Elle se redressa et suça à nouveau le gland, plus gonflé que jamais. Elle sentit qu'il était à point lorsqu'il se retira pour ouvrir le tiroir de la table de chevet. Il en sortit une lame de rasoir. Sylvie avala sa salive, mais n'esquissa pas le moindre mouvement de fuite. L'homme glissa ses doigts sous l'élastique de sa culotte, et elle entendit le bruit du tissu découpé. D'un coup, elle sentit que son slip souillé venait d'abdiquer sous la morsure de la lame. Le souffle chaud de l'homme se rapprocha.

- Je suis toute sale, toute collante, c'est horrible...
- Je vais te nettoyer.

Les lèvres de l'homme se posèrent à l'intérieur de ses cuisses, puis sa langue se mis à courir sur sa peau. Elle entendait l'homme gémir de contentement pendant qu'il la lapait à son tour, comme un chien. Sa langue inquisitrice s'immisça dans la vulve frémissante, et remplaçait le miel séché par un mélange de salive et de mouille qu'elle ne retenait plus. La langue glissait partout, dans tous les recoins les plus intimes, tant et si bien que ses gémissements à elle vinrent se mêler à ceux de son maître. Puis ils se transformèrent en râles lorsqu'il se mit à sucer son bouton avec avidité. Elle se concentra sur la houle de plaisir qui allait s'abattre au point que ses cuisses en tremblaient. Elle lâcha un cri en se sentant défaillir sous une vague de plaisir.

- Qui t'a autorisé à jouir ?

L'homme avait retiré son visage pour la laisser pantelante en plein plaisir ardent, mais inassouvi.

- J'ai trouvé une bonne raison de te punir ! Ajouta-t-il en riant.

Il ouvrit à nouveau la table de nuit pour en sortir un jouet étrange, violet, brillant, en caoutchouc très souple, comme un godemiché pointu qui s'élargissait vers la base en une succession de boules de plus en plus grosses. Il enfila un préservatif sur l'appareil.

- Tu vas avoir ce que tu mérites pour avoir désobéi à ton maître, vilaine petite chienne !

Les doigts de l'homme étalèrent une généreuse rasade de gel intime entre les fesses de Sylvie. Elle tressaillit sous la fraîcheur du liquide, à moins que ce fût sous la peur de ce qu'il annonçait, la peur d'avoir mal. Lorsqu'elle sentit la pointe du plug contre son anus, Sylvie essaya de se détendre, sans grand succès. La toute première boule était cependant si petite, que l'homme n'eut pas à appuyer pour l'enfoncer sans la moindre difficulté dans l'oeillet luisant de la belle captive. La seconde boule, à peine plus grosse, suivit le même chemin que la première, et pour la troisième, déjà plus conséquente, l'homme joua de sa langue habile contre le clitoris de la jeune femme afin de faciliter sa détente et la progression du godemiché. Lorsque la troisième boule fut entrée à son tour, l'homme enclencha  le vibreur de l'appareil sans cesser ses ardents baisers intimes. Sylvie avait beau être réfractaire à l'analité, elle dut admettre le plaisir envahissant que l'homme lui procurait en guise de punition. Il retira cependant l'engin de torture pour en remplacer le préservatif et glisser maintenant l'appareil dans l'antre de son sexe brûlant. Là, le plaisir était indubitable. Elle en dégoulinait. Il se déchaîna lorsqu'elle sentit le sexe de l'homme se présenter à l'entrer de sa vulve en même temps que les boules vibrantes. Tout cela glissa en elle sans la moindre difficulté, et l'emporta très loin dans un orgasme que l'homme hurla à son tour derrière elle.

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Lorsqu'elle en revint, je la serrai dans mes bras et la couvris de baisers. Je sentis l'impérieux besoin de l'envelopper de tendresse. Le sourire sur ses lèvres répondait à toutes mes inquiétudes. Mon regard égaré tituba pourtant dans la chambre dévastée. Il s'accrocha à une enveloppe argentée. Dans l'enveloppe, une carte. Sur la carte, quatre fantasmes inavouables, mais confessés de ma main voici plus d'un mois. Quelques semaines plus tard, Sylvie avait choisi le fantasme qu'elle souhaitait assouvir sans connaître le contenu de cette enveloppe. C'était un de ceux que j'avais moi-même rédigés. Lorsqu'elle était entrée dans la chambre d'hôtel, elle m'avait confirmé qu'elle était prête à jouer ce jeu dangereux. J'avais alors ouvert l'enveloppe pour lui montrer qu'il lui suffisait d'aller jusqu'au bout de ses envies pour gagner ce défi. Elle y était parvenue avec maestria, et un plaisir évident à être mon esclave sexuelle le temps d'une étreinte.

Après avoir mûri pendant plusieurs semaines les limites des actes que j'allais poser, après avoir minutieusement défini le rôle de composition auquel j'avais pensé ne prendre aucun plaisir, après les plaisirs troubles et pénétrants, alors vint le temps de l'introspection.

- Qu'est-ce qui fût le plus difficile pour toi ?
- Le pire pour moi, c'est quand tu m'as demandé de m'exhiber devant toi. Je suis pudique et çà, je trouve çà dur. Quand on est deux à être nus, c'est différent.
- Le plus dur pour moi, ça a été de t'appeler "ma petite chienne". Tu vois, il me faut mettre des guillemets pour prendre de la distance. Mais pouvoir dire ça sans me prendre une paire de gifles m'a donné un sentiment de pouvoir... terrible.
- Je comprends.
- En fait, c'est un plaisir un peu honteux. Comment dire... j'ai honte d'avoir éprouvé tant d'excitation à me comporter ainsi ! C'est un aspect de ma personnalité que je n'avais jamais mis à jour. Je suis content d'avoir maîtrisé tout cela, mais il n'empêche que je n'imaginais pas que cela m'exciterait autant...
- Je comprends... Je pourrais dire la même chose de moi. Des tas de femmes ont honte d'avouer des fantasmes de soumission.
- Oui, ça renvoie à des modèles machistes que je récuse, et c'est pourquoi j'en ai honte.
- Complètement! Mais on peut être excité sexuellement par des choses qu'on déteste dans la vraie vie. Par exemple, le viol fait horreur à toutes les femmes, mais le fantasme du viol est l'un des plus répandus !
- Oui, je crois qu'il faut accepter le fait que la sexualité fait appel à des pulsions profondes, à des envies brutales, plus ou moins bien policées par l'éducation. Il reste difficile d'ouvrir la boite de ces envies là, et j'ai un peu peur que ce soit la boite de Pandore.
- Je suis féministe et voue une haine terrible aux violeurs et agresseurs de femmes... et il m'est arrivé de me sentir excitée par une scène de viol dans un film ! La même scène va me faire horreur quand je vais y repenser quelques jours plus tard, dans un autre contexte.
- Ce qui me fait horreur, c'est ce sentiment fugitif qu'on a éprouvé, même si on l'a refoulé.
- Il faut juste avoir conscience que les fantasmes n'ont rien à voir avec la réalité. Ce qui est terrible, c'est les gens qui n'ont plus conscience de la différence.
- J'ai pourtant pris plaisir à te mettre dans cette situation humiliante alors que je ne pensais pas que ce serait le cas, et j'en ai un peu honte, ce qui me pousserait à me confondre en excuses alors que tu étais consentante, voire demandeuse!
- Saches que j'ai horreur de çà d'habitude et tu es le premier homme avec qui j'ai voulu jouer le jeu, parce que je sais que tu es quelqu'un de bon dans la vie, rien à voir avec un affreux sexiste.
- Peut être parce que tu sens cette ambivalence chez moi.
- Je ne supporterais pas de jouer à ce jeu avec un homme macho qui prend plaisir à humilier les femmes au quotidien ! Jamais je ne ferai ce plaisir à un tel homme ! Je repousse de toutes mes forces l'image de la femme soumise, mais j'avoue que, sexuellement, je trouve ça très excitant...
- Et c'est la même chose pour moi. Je refuse tellement un tel modèle, que de me voir prendre plaisir dans une telle situation me trouble profondément, et ce trouble, cette culpabilité face à la transgression de mon modèle moral m'excite profondément !
- Tout pareil pour moi.
- Nous avons donc partagé un même plaisir transgressif! On recommence ?
- Je vais te faire une confidence : Je te préfère quand même en homme doux !