25 mars 2008
Comment décrire une double pénétration ?
Au vu de la levée de boucliers suite au premier paragraphe de ma dernière note, j’aimerais vous poser une question, ami lecteur : Comment décrire une double pénétration ?
Vous me direz que le cadre ainsi posé est un cliché pornographique en lui-même, ce qui est absolument exact. Mais l’effet cliché est-il pour autant inévitable ? Peut-on écrire quelque chose à la fois excitant sans tomber dans la plus basse vulgarité, relativement original tout en évitant la pseudo poésie et son effet « gnan-gnan » ?
Il me semble que j’ai le choix entre le ressenti « hautement érotique » (si tant est que je puisse espérer tutoyer ces sommets) ou la description « bassement pornographique » dans laquelle je semble m’être vautré, en passant par diverses périphrases entre autres métaphores.
Je vais donc m’essayer à cet exercice « littéraire » et demander aux lecteurs de juger les versions suivantes. J’invite aussi tous ceux qui souhaitent descendre avec moi dans cette arène glissante à écrire leur version en commentaire !
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Description purement pornographique : « Je m’enfonçai lentement dans son orifice anal lubrifié, savourant chaque centimètre de ma poussée inexorable dans son boyau. Lorsque que fus bien au fond, je sentis Yann reprendre sa vigoureuse pénétration vaginale. Prise de toutes parts, Sarah perdait tout contrôle. »
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Ressenti subjectif métaphorique : « Sarah m’ouvrait son corps comme on ouvre son âme, au plus intime. Je ne la prenais pas, non, c’est elle qui m’emportait au cœur d’une excitation irrésistible. Au travers de ses chairs extatiques, je sentis la présence de Yann toute proche. Lui et moi glissions bord à bord sur une mer de sensations, prêts à régater sur une mer bientôt démontée.»
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Images : « J’investis la cave par le soupirail, glissant précautionneusement à l’intérieur tout en savourant chaque centimètre de ma progression. Arrivé au fond, je sentis Yann traverser l’entrée principale pour l’envahir complètement. Remuée de fond en comble, Sarah perdait pied. »
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Ressenti subjectif réaliste : « Sarah sentit son anus lubrifié se dilater lentement sous la pression de mon gland, avant de se sentir possédée par derrière. Elle se savait sodomisée, et cela l’excitait plus que la sensation forte qui n’était pas encore franchement agréable. Toutefois, une douce chaleur l’envahissait peu à peu comme elle imprimait de petit mouvement de va et vient, emportant ma verge dans une valse hésitation. C’est le moment ou Yann guida son phallus imposant à l’orée de sa vulve et poussa à son tour. Sarah eut l’impression qu’elle ne pourrait jamais l’accueillir, que je prenais déjà toute la place. Mais il se glissa en elle malgré tout, au point de l’envahir complètement. Entre nous, Sarah se sentit clouée sur place, incapable du moindre mouvement. Pourtant, elle sentait au fond de ses chairs distendues un plaisir intense, prêt à jaillir au premier mouvement. À peine avions nous commencé à bouger en elle qu’il l’envahit, en un frisson remontant du bas ventre à l’échine, jusqu'à lui faire perdre tout contrôle d’elle-même. »
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Deux blogueurs ont déjà répondu à ma question et ont tenté l’expérience :
Maintenant, à vous de jouer !
18:45 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : Expérience Littéraire, Erotisme, Pornographie, sodomie, double pénétration
21 janvier 2008
Mission libertine - X
La nuit n’est plus ce qu’elle était. En moins d’un siècle, l’obscurité, l’effrayante obscurité qui terrorisait les enfants s’est retranchée à l’ombre des ampoules blafardes. La nuit sauvage qui ne se laissait pénétrer que par les plus audacieux lorsqu’elle était bien lunée, n’est plus que la vieille compagne des noctambules, une nuit domestique, parfois putassière quand elle se farde de néons multicolores. Une nuit qui se donne à tout le monde. L’obscurité est pourchassée partout où elle se cache, l’ombre est cernée de toutes parts, jusqu’à sa part de mystère qui lui donne sa substance. On veut tout éclairer alors tout est vu, au risque de ne plus rien distinguer. Même l’aventure est balisée de photos, jalonnée de contrôles téléphoniques, bardée de procédures épistolaires. Aseptisée. Ainsi l’inconnu est livré aux factures, au kilométrage des voitures, aux mouchards sur disque dur. Disséqué au grand jour. Et tout finit par être su à défaut d’être compris.
Ce jour là, il faisait nuit. Il faisait nuit dans la chambre d’hôtel que j’avais réservée sous un faux nom, une nuit noire en plein après midi après avoir fichu dehors un soleil de Juillet. Il cognait aux volets métalliques bien fermés, s’immisçait dans les jalousies, chauffait les rideaux hermétiquement clos par des épingles à nourrice, mais laissait la chambre où j’attendais dans une obscurité totale. Ou presque. Mes yeux avaient fini par s’habituer à la noirceur ambiante, et dans l’écran de la télévision éteinte, je distinguais le reflet d’un rai de lumière traîtresse sous la porte d’entrée de la chambre, qui donnait sur un corridor éclairé au rythme des allées et venues des locataires. Assis à la tête du lit, je sentais la température monter dans la chambre non climatisée avant même la venue de l’inconnue.
Soudain on pousse la porte et je vois un instant se découper une ombre dans le reflet de l’écran, avant que la porte ne soit aussitôt refermée. Je ne pourrais dire qui, d’un homme ou d’une femme, vient d’entrer. Il me semble entendre un souffle, quelques pas hésitants, et une vague silhouette traverse la chambre à tâtons, pour s’immobiliser au pied du lit. J’attends quelques secondes avant de me lever, et d’avancer vers elle tout aussi silencieusement. Je m’arrête juste à côté, assez prêt pour entendre sa respiration s’affoler, et frôler ses cheveux mi-longs en tendant la main. Le bout de mes doigts effleurent sa nuque, glissent sur son épaule dénudée jusqu’au chandail échancré, et mes lèvres embrassent son visage, au hasard, alors que ses mains découvrent mon corps, mes bras d’abord, mes épaules et puis mes flancs qu’elle attire vers elle à son tour, jusqu’à ce que nos bouches se trouvent enfin. Et c’est sans dire un mot que nos langues expriment tout le désir que nous contenions l’un pour l’autre.
D’un geste ferme, je la fais pivoter face au lit. Mes mains fébriles caressent ses seins lourds de promesses au travers de son chandail, les malaxent même, tandis que je me frotte contre sa croupe, autant pour mon plaisir que pour lui faire sentir une érection à la hauteur de mes intentions. Par derrière, ses mains agrippent mes fesses pour augmenter la friction. Le chandail est vite enlevé, le soutien-gorge arraché. En la courbant sur le lit, je sens ses seins peser comme des fruits mûrs dans la paume de mes mains. Je m’agenouille derrière elle tout en abaissant son jean à ses chevilles pour mordiller ses fesses pleines, tel un chiot affamé. Mes vêtements rejoignent les siens en désordre sur la moquette. En quelques minutes, la température est montée de plusieurs crans, au sens propre comme au figuré. Alors je me désaltère à elle, à la salive de sa bouche, à celle que je laisse sur ses tétins en les faisant gonfler entre mes dents, à la liqueur de sa chatte, lisse et onctueuse, après avoir fait rouler son clitoris entre mes lèvres. Je crois bien l’avoir fait jouir à force de m’abreuver à son puits. J’ai si soif que je ne la lâche pas pendant qu’elle me malaxe les couilles d’une main au travers de mon slip, et que de l’autre fourrée sous le tissus élastique, elle branle furieusement ma verge raide avant de me prendre en bouche. Je ne m’y enfonce pas, non, j’y suis happé, absorbé dans la touffeur de son entre cuisse, dans la moiteur de sa bouche avide, mes doigts, ma langue, ma bite, tout glisse dans ses muqueuses humides, au point que j’ai l’impression d’y fondre comme un sucre. Tout au bout de l’étreinte, je ne lâche qu’une giclée de foutre entre ses seins. La première.
Trempés de sueur, de cyprine et de sperme, nos corps battus par de vagues draps soulevés par le souffle du plaisir, arrimés l’un à l’autre au milieu du lit radeau dans la nuit silencieuse, on pouvait tout de même entendre le monde terre à terre gronder au loin, dehors. Nous, nous glissions l’un sur l’autre comme deux lutteurs huileux, sans vaincu ni vainqueur, à l’image de notre utopie libertine : ni vain cœur, ni vain cul.
Dès que j’ai repris un peu de force, c’est tout de même elle qui a prit le dessus et les choses en main, si j’ose dire, puisque c’est entre ses cuisses orageuses qu’elle engouffre mon phallus et sa pèlerine de latex. Elle me chevauche aussitôt, au triple galop, mes hanches coincées dans l’étau de ses cuisses, ses mains agrippées à mes épaules, imprimant elle-même le rythme d’un furieux va-et-vient, non pas de haut en bas mais d’avant en arrière et de droite et à gauche. Ma queue essorée comme dans le tambour d’une machine à laver me procure de violentes sensations dont je suis néanmoins incapable de jouir. Elle s’arrête tout à coup, les cuisses crispées sur mes flancs, la respiration bloquée pour réprimer un gémissement guttural, et elle s’effondre sur ma poitrine en sueur. Pas question de la laisser reprendre son souffle ! Je me dégage de son corps haletant pour la prendre par derrière, en levrette, son cul tendu vers ma grenade dégoupillée, et le haut de son corps gisant sur les draps comme celui d’un pantin désarticulé. Je plante mon dard sans égard dans sa vulve molle, et j’assène autant de claques sonores que de coups de reins sauvages à ses hanches rondes, ahanant au dessus d’elle comme un jockey monte une pouliche à Longchamp. Je ne sais pas lequel de nous deux est arrivé le premier à l’orgasme fulgurant.
Chaleur étouffante, torpeur envahissante, sueur dégoulinante, mais l’envie toujours présente, comme si l’inconfort et le silence abondaient à la débauche qui se fait plus salace à l’orée de sa croupe. Elle invite ma bouche et ma langue. Enfoncer mon visage dans sa raie mouillée pour lui laper l’anus m’apporte une fraîcheur inattendue, et les lobes de ses fesses comme un subtil massage de la face. J’y mets un doigt aussi, et puis deux qui coulissent dans son orifice anal apparemment plus habitué à recevoir un hommage que je ne suis à le donner. Mais je ne me fais pas prier. Mon gland à l’entrée du petit trou, je n’ai qu’à le pousser pour qu’il l’ouvre, qu’il s’y enfonce, qu’il le creuse, qu’il s’épanouisse dans ce terrain, et à chaque fois que je fais mine de le retirer, il s’accroche et pénètre son trou plus profondément encore : chaque coup de mes reins m’enracine aux siens. Son cul ne relâche ma verge qu’exsangue, à bout de frissons et de foutre.
Quand nous eûmes repris nos souffles, peau contre peau, l’inconnue fouilla dans son sac à main laissé au bord du lit. Elle en sortit un téléphone portable sur lequel elle écrivit un message, et elle me tendit l’appareil pour me faire lire : « Je peux vous poser une question ? ».
Malgré tous nos efforts pour que nous ne connaissions ni nos voix ni nos visages, elle entendit mon éclat de rire et j’avais vu son profil à la lueur du portable. Je lui répondis de la même manière, sur son propre téléphone avant de le lui rendre, et entamer avec elle un curieux dialogue écrit, comme sur une messagerie alors que nous étions encore côte à côte:
- Oui.
- Nous n’avions pas prévu de protocole pour aller à la salle de bain.
- Allez-y la première.
- Lorsque vous en sortirez à votre tour, je serai partie. Merci. Pour tout.
- Tout le plaisir fut pour moi, Sarah.
- Non, certainement pas !
Je n’ai pas connu Sarah ce jour là : elle était restée dans la nuit, une nuit d’encre silencieuse pour que nos mots restent couchés. C’était pourtant notre premier rendez-vous clandestin.
06:50 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Erotisme, 69, sodomie
26 novembre 2007
Mission libertine - VI
Tranquillement assis sur le quai de la station Jussieu, ma discrète télécommande en main, je regardais s’éloigner le métro qui emportait Sarah vers de nouvelles aventures. Tandis que je montais dans la rame suivante, j’avais la certitude que Sarah n’était pas en mesure de me reconnaître, ce qui était moins surprenant que cela l’aurait été pour des amants ordinaires : si un bandeau avait recouvert la moitié de mon visage au cours de notre troisième rencontre, c’est la pénombre qui l’avait enveloppé tout au long de notre second rendez-vous.
Le défi de cette seconde rencontre, c’est Sarah qui me l’avait lancé. Il tenait en quelques tabous : « Notre seul droit sera de nous parcourir avec nos doigts et nos mains ; l'usage de la bouche quel qu'il soit nous sera interdit ; il nous sera également défendu de toucher le sexe ou la poitrine de notre partenaire ».
La veille de ce rendez-vous dans une chambre hôtel où nous nous apprêtions à passer toute une nuit blanche dans le noir, la débauche et un silence monacal, Sarah m’avait fait part d’un souci typiquement féminin, et elle m’avait proposé d’ajourner notre « entrevue » si je le souhaitais. J’avais immédiatement répondu que je lui laissais le choix dans la date, qu’elle pouvait l’ajuster à sa convenance, masquant au mieux ma déception de devoir patienter quelques jours de plus ou bien de ne pouvoir jouir l’un de l’autre autant que nous le souhaitions. Et puis j’avais réalisé tout le piquant que pouvait m’offrir cette restriction physiologique, et que Sarah insinuait en me laissant ce choix qui aurait dû lui revenir. Aussi lui avais-je concocté une réponse aussi diplomatique que suggestive :
Ma chère Sarah,
Je pense avoir répondu un peu trop rapidement à votre message ce matin, sans avoir bien pesé le choix que vous me donnez. Si votre état supposé (je note le conditionnel que vous avez employé) me frustrerait de ne pouvoir partager avec vous une grande partie des plaisirs escomptés, la frustration serait bien plus grande pour vous que pour moi.
En effet, cet état ne nous interdirait pas d’autres pratiques dont nous sommes tous deux friands, et si vous les aimez au point de les pratiquer abondamment - car c’est abondamment que je voulais vous honorer - alors je ne serais frustré que du plaisir que je ne vous aurais pas donné.
Je vous renvoie donc la balle et je vous laisse décider selon votre agenda, vos possibilités physiques, et surtout vos envies. Sachez seulement que votre indisposition ne diminue pas le désir que j’ai de vous.Dans l’impatience de vous lire, entre autres choses…
Vagant
Sarah, dont la souplesse anale était plus grande que celle de son agenda conjugal, avait finalement confirmé notre rendez-vous. Deux jours plus tard, je lui écrivais ceci :
Très chère Sarah,
Vous avez gagné ! Pour la seconde fois vous avez remporté la victoire, vous êtes la meilleure ! « Sarah ! Sarah ! » Crie la foule extatique devant vos exploits sensuels ! J’ai bien compris que la victoire était votre seule motivation pour me voir, j’ai vu les trésors d’imagination que vous avez su déployer pour arriver à vos fins, moi qui croyais naïvement que vous souhaitiez juste apprendre les courbes de mon corps, par cœur, sur le bout des doigts. A vous la victoire, donc à vous d’en choisir les fruits. Vous avez décidé de me laisser choisir le prochain défi, qu’il en soit ainsi, je vous laisse en retour me donner un gage. Je trouve d’ailleurs cette règle plus équitable. Au perdant de proposer le défi suivant, contre un gage imposé par le vainqueur.
Laissez-moi cependant revenir sur les délices de notre nuit passée, pour le plaisir de les revivre encore un peu, avec en point d’orgue l’enfilage de vos gants en latex ! Tout cela pour pouvoir me toucher partout tout en respectant les règles de votre jeu, et me faire découvrir au passage la sensualité affolante de cette matière. Que de savantes caresses avez-vous ainsi su me procurer, du frôlement de vos cheveux lâchés sur mon corps énervé, à votre souffle brûlant sur ma peau préalablement aspergée d’eau tiède par vos soins sadiques. Devant un tel déploiement de sensualité perverse, je ne pouvais que rendre les armes, après une héroïque résistance convenez-en, moi qui n’avais pour botte secrète que l’idée de vous taquiner de mon souffle sur vos lèvres ourlées que j’imaginais blanchies par l’écume de vos désirs. Je me souviens avec émotion du baiser libérateur qui signa ma perte, baiser rageur, ravageur, cannibale tant mon désir de vous était violent. Et après cette attente délicieusement exaspérante, combien fût-il doux de vous demander de poser vos lèvres sur mon sexe embrasé, de le lécher jusqu’à tirer mon nectar, pour le partager aussitôt avec moi dans un baiser sirupeux. Il serait fastidieux d’énumérer toutes les escarmouches qui suivirent, les assauts de vos seins sur ma verge dressée, les attaques de mes doigts sur votre intimité, votre langue tendue en guet-apens sur mes couilles, l’offensive déterminante de ma bouche dans votre raie, tranchée abandonnée, offerte à ma vindicte, copieusement embrassée, léchée en un ample mouvement de mon visage entre vos fesses écartées, et qui me procuraient un doux massage autant que je vous baisais. Mais comment pourrai-je ne pas citer l’invasion qui suivit, celle de ma queue dans votre cul souple et gourmand.
Je n’ai pas tenu le compte de nos orgasmes - mes doigts étaient bien trop occupés - mais je garde en mémoire le jour qui s’est levé sur vous. Vous m’aviez rejoint la nuit tombée dans une chambre totalement obscure, et au petit matin, entre chaque étreinte, la pénombre pâlissante vous révélait un peu plus. J’aime avoir ainsi découvert vos traits, avoir constaté combien vous aviez tort de les trouver quelconques, bref, avoir été en tous points ravi de me réveiller à vos côtés, à l’inverse de ces amants éthyliques honteux de découvrir leur partenaire au petit matin blême. Notre rencontre - inversée puisque nous avons découvert ce qui est le plus souvent couvert avant de découvrir ce qui l’est plus rarement - s’avère définitivement délicieuse, et je ne répéterai pas davantage combien je m’en félicite. […]
La réponse de Sarah avait été à la mesure de notre première nuit d’amour et de nos conventions épistolaires délirantes:
Très cher Vagant,
Lentement, peu à peu, je sors de ma torpeur moelleuse, souvenir d'une nuit remplie de délices tous plus audacieux les uns que les autres, et je mets ainsi mon esprit à peine rétabli à votre service pour vous écrire sans détour.
Vous souvenez-vous que je vous avais avoué avoir rencontré un amant exquis dans des conditions nébuleuses pour une étreinte torride ? C'est ce même homme qui m'amène à vous confier ma débauche, parce que je vous sais d'une oreille réceptive et compatissante. Aussi, c'est dans les mêmes conditions que les premières, à quelques détails près, que je me suis rendue le coeur léger dans une chambre d'hôtel où régnait, en plus de son parfum enivrant qui flottait dans l'air, une obscurité digne de ce nom. Il était là, dans cette même pièce, à m'attendre comme nous l'avions convenu. Aussitôt, nous avons mis en pratique ce gage dont je vous ai touché un mot, vous savez, cette mise en jambe du bout des doigts...
Je le désirais ardemment, j'avais une telle envie de goûter à nouveau ses lèvres, son corps et sa peau qu'il était évident que je ne pourrai me contenir très longtemps. C'est du moins ce que je croyais. Alors que le jeu prenait tout son sens sous nos lascives caresses, c'est à mon grand étonnement qu'il m'avoua, dans un fougueux baiser, que l'envie était si forte qu’il ne pouvait plus supporter ce qui lui semblait déjà du le domaine de l'insupportable ! Enfin je le retrouvai, lui et ses envies lubriques, son être et les folies grisantes qui en découlent, son corps enfin offert à mes caprices audacieux. Après une double attente, nous prenions à nouveau possession de nos convoitises sans autre restriction que l'obscurité imposée, et une indisposition qui ne me permettait pas de jouir de son sexe en chacun des passages que je pouvais lui offrir. Nous ponctuâmes donc nos ébats, ô combien torrides, par une succession de sodomies plus qu'exaltantes. Mon anus lui était dédié avec toute l'envie qu'il pouvait y glisser. C'est avec volupté que j'accueillis son sexe dans mon orifice sûrement étroit un jour précédent. J'aimai le sentir s'y introduire doucement dans un premier temps, puis prendre possession de ce domaine si convoité dans une palette de rythmes aussi différents qu'envoûtants. Tantôt langoureux, tantôt bestial, son assaut rectal me fit jouir plus d'une fois. Ses mains kleptomanes volèrent toutes mes gourmandises. Sa bouche insatiable vint explorer chaque parcelle de ma peau, en apprit le grain, en dégusta la saveur. Je ne me lassais pas de ses caresses aussi délicates qu'insolentes, de ses baisers sensuellement amoureux, de son souffle posé sur ma féminité ruisselante. Chacune de ses tendresses est tatouée sur mon corps, chaque émotion est gravée dans mon âme, qui me rendent encore plus libertine...
Je suis sûre que ces mots attisent vos envies naissantes, comme ce fut le cas avec mon amant mystérieux puisque nous décidâmes de ne plus garder le silence complet mais de joindre la parole au geste à des fins purement sexuelles. C'est sans complexe que nous ajoutâmes des mots crus à nos ébats pour le moins passionnés : Je lui avouai aimer sentir sa verge bien au fond de mon cul puisqu'elle ne pouvait se trouver ailleurs, avant qu'il ne me demande de boire son foutre puis d'en partager le goût si particulier. Je criai mon orgasme quand il prenait possession de la chienne que j'étais devenue pour lui.
J'ignore pourquoi nos mots ne se limitèrent pas à des paroles obscènes entrecoupées de souffles courts. C'est presque naturellement que nous nous laissâmes aller à des propos qui tenaient plus de la confidence sur l'oreiller que du "suce-moi salope". Bien que ce soit un écart par rapport à nos conventions d'origine, je lui fis assez confiance pour le laisser me glisser des mots doux au creux de l'oreille, et même pour le suivre dans cette nouvelle voie qui levait un peu de son mystère.
Pourvu que cela n’entâche notre correspondance.
Parce que l'essentiel, pour lui et moi, est bien là. […]
Oui, l’essentiel était là, le mystérieux mobile qui donnait à notre adultère ce double parfum d’interdit, et qui poussait Sarah à parler de moi à la troisième personne du singulier lorsqu’elle évoquait nos étreintes, comme si elle pouvait ainsi prendre une distance salvatrice. J’en étais à cette réflexion rétrospective lorsque je réalisai que mes pas m’avaient mené à la devanture d’une boite de strip-tease, Chochotte, située au trente-quatre rue Saint-André des Arts.
07:30 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Erotisme, sodomie
03 juin 2007
Lettre d’amour
Mars 2004. Autre hôtel, toujours Jeanne. Elle avait les cheveux assez courts, raides, auburn. Elle revenait des sports d’hiver, le visage halé, avec la marque des lunettes de ski comme un bandeau clair où étincelait le bleu de ses yeux. Je crois ne l’avoir jamais trouvée aussi belle que ce jour là. J’avais eu envie d’immortaliser quelques scènes, et j’ai posé la web cam reliée au PC sur le bureau dans la chambre de l’hôtel. Quelques mois plus tard, j’ai évoqué ce moment là lorsque que je lui ai écrit cela :
Te souviens-tu mon tendre amour, du jour où tu m'as demandé de t'attacher ? Tu voulais être dominée, soumise à mes caprices les plus extravagants. Tu me voulais sévère, inflexible, si loin de la tendresse habituelle de nos ébats amoureux. Ce rôle ne m'est pas familier, mais je me suis piqué au jeu. J'avais sous la main quelques accessoires faciles à pervertir, mon ceinturon, une bouteille de champagne, et je me suis composé le personnage du maître auquel on venait d'offrir une belle esclave. Je t'ai déshabillée, avec la lenteur calculée de celui qui ouvre un paquet cadeau, et qui jouit d'avance de découvrir une offrande bien connue mais dont il ne se lasse pas, la douceur de ta peau et ton parfum enivrant. Toi, tu me regardais avec tes grands yeux bleus, un sourire à peine esquissé au coin des lèvres, et j'ai du me retenir pour ne pas te serrer tendrement dans mes bras.
J'ai décidé de ne pas te déshabiller complètement, mais de te faire garder tes sous-vêtements, un délicieux petit ensemble de dentelle noire. Je t'ai ordonné de te retourner, pour que j'apprécie bien la marchandise dont j'allais jouir, et je t'ai lié les poignets dans le dos avec ma ceinture. Tu n'as pas pu réprimer ton sourire. Je t'ai ordonné de me sucer, et tu t'es exécutée de bonne grâce, à genoux sur le lit. Je vois encore tes lèvres fines coulisser sur la verge alors que mes mains extrayaient tes seins de leurs écrins de dentelle. Il me semble encore sentir la pression de ta bouche sur mon sexe, et au creux de ma main le poids de tes seins dont je torturais tendrement les tétons pointus.
J'ai gratifié d'un langoureux baiser la docile esclave que tu avais décidé d'être, et j'ai apaisé ta soif en offrant à tes lèvres avides mes doigts et ma langue mouillés de champagne. J'entends encore ton cri de surprise lorsque j'en ai versé un verre sur tes seins, tes gémissements de plaisir quand je les ai longuement malaxés, assis derrière toi, ma queue raide contre tes mains liées. Mais si je t'avais attachée, c'était pour mieux te donner la correction que tu appelais de tous tes voeux. Je t'ai couchée sur le ventre pour malaxer tes fesses, j'ai écarté ton string pour me repaître de la vue de ton intimité, et j'y ai versé un peu de champagne. Il t'inonda de partout, t'arracha des soupirs, et ma bouche gourmande pompa l'inondation pétillante.
Clac ! La surprise t'arracha un cri quand ma main s'abattit sur ta fesse droite, alors que mes lèvres câlines picoraient ta nuque pour faire diversion. Clac ! La gauche maintenant, et toujours ce petit cri. Tu ne t'y attendais donc pas ? Et clac ! À nouveau la droite ! Clac ! Encore la gauche ! Avec ce traitement, tes fesses prirent rapidement des couleurs, et il était grand temps de les rafraîchir. Une bonne rasade de champagne fit l'affaire, et je ne pus à nouveau résister au plaisir de laper les bulles sur tes fesses endolories. Cette alternance de douceurs et de sévérité eut tôt fait de te mettre dans tous tes états et tes petits cris de surprise se muèrent en longs soupirs d'un plaisir sans compromission, sous l'action conjuguée de mes doigts et de ma langue qui allaient et venaient dans tous tes orifices.
Bientôt la bouteille fût vide, ce qui la rendit paradoxalement bien plus utile. Cambrée au maximum, tu m'offrais sans pudeur le spectacle de ta vulve ruisselante de nectar, et elle accueillit le goulot de la bouteille que je vissai lentement dans ton sexe. Face à ce spectacle irrésistible, j'enjambai tes fesses qui pointaient en l'air, pour m'enfoncer à la verticale dans ton anus palpitant. Cette double pénétration te coupa le souffle, mais nous emporta rapidement vers une jouissance effrénée. Te souviens-tu mon amour combien tu as aimé ? Combien tu as aimé me donner carte blanche, te donner complètement, te livrer à mes fantaisies, puisque tu avais confiance en moi ?
Moi aussi j'aimerais vivre ces sensations là l'espace d'un moment, alors, pour nos retrouvailles nous inverserons les rôles. Je m'offrirai à toi sans réserve, et je te propose même un scénario comme cadre à ce fantasme, celui d'être le gigolo dont tu te paieras les services. Ton petit gigolo faute de pouvoir être ta petite pute à cause de ce que j'ai entre les jambes, un petit gigolo débutant, officiellement masseur, mais prêt à tout pour satisfaire ses clientes les plus exigeantes, et dont tu abuseras sans vergogne.
Tout d'abord, tu me paieras, histoire de donner le ton. Un petit passage sous la douche où tu inspecteras la marchandise d'un oeil critique, et puis le massage que je te procurerai avec application. Mon amateurisme n'échappera pas à ta sévérité, et ce ne sont pas mes éloges sur ta beauté plastique qui calmeront ton mécontentement, ni ta fureur qui ne tardera pas à éclater. Je te laisserai l'exprimer comme il te plaira, complètement soumis à tes désirs pervers, n'opposant qu'une fausse résistance pour t'exciter d'avantage. Inflexible, impitoyable, tu feras de moi tout ce que tu veux, tu pourras m'attacher fermement, me bander les yeux, me fesser brutalement, barbouiller mon visage de ta mouille pendant que je te laperai comme un chien, me déflorer l'anus avec le gode ceinture que tu viendras d'acquérir, ou me soumettre à d'inimaginables caprices. Mes "Non !" seront autant de "Oui !", mes "assez !" signifieront "plus fort !", toute ma virilité sera étouffée, réduite à mon seul phallus dressé, turgescent baromètre de mon plaisir, selon lequel tu pourras aller aussi loin que tu veux. Tu as carte blanche mon amour, montre moi ce dont tu es capable, je sais déjà la tendresse de notre étreinte à la fin de ce jeu.
Tout ce qui me reste du film de notre étreinte de ce jour là, ce sont quelques clichés, très tendres. J’ai détruit tout le reste pour ne garder que le principal, l’émotion.
En fin de compte, je n’aurai jamais été son gigolo servile.

07:05 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Expériences, jeanne, Erotisme, sex toy, sodomie, double pénétration, Littérature
13 mars 2007
Le détective
En tout et pour tout, Diane Marceau disposait de 6 heures.
Depuis la gare de Lyon, elle devait rejoindre en métro la station Bastille, changer de ligne, sortir à République, puis filer dans la rue Beaurepaire, jusqu’à l’hôtel des mimosas, en bordure du canal de l’ourcq. Là, elle devait traverser le hall en évitant le regard libidineux du réceptionniste, prendre l’ascenseur jusqu’au deuxième étage, couloir de droite et entrer sans frapper dans la chambre 211 pour toucher enfin au but. 4 heures plus tard, elle n’aurait plus qu’à effectuer le chemin en sens inverse, et attraper le train régional jusqu’à St-Maur. Elle pourrait être à la sortie de l’école à 18h pour récupérer ses enfants. Comme une fleur.
A la gare de Lyon, personne ne s’était jeté sous les roues du métro, et la RATP n’était pas en grève. L’angoisse lui tenaillait pourtant l’estomac.
Arrivée devant l’hôtel, le sang cognait dans ses artères, son front était glacé, son cœur palpitait, quelque part, partout dans son torse. Depuis le trottoir, elle espionna le réceptionniste dégarni à travers la porte vitrée, attendit qu’il ait le dos tourné pour prendre une goulée d’air frais, puis elle s’engouffra dans le hall, comme on plonge. Au fond, elle trouva l’ascenseur, vide, Dieu merci. Là, elle se contempla dans le miroir. Ses joues rouges, son souffle court, ses yeux hagards. Tout l’accusait. Diane avait l’impression qu’on pouvait lire « Femme Adultère » gravé sur son front.
Elle attendit d’avoir repris son souffle avant de pousser la porte 211. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle voyait Pierre. Elle aurait du avoir l’habitude, mais non, c’était toujours les mêmes angoisses. Comme d’habitude, elle se dit que ce n’était plus possible, que c’était sûrement leur dernier rendez-vous, que cette folie devait cesser avant de mal finir. Comme toujours, son bas ventre la désavouait. Elle mit du sourire sur ses lèvres avant de pousser la porte entrouverte. Quand elle se serait lovée dans ses bras, elle oublierait tout pendant 4 heures. Elle le savait.
Son sourire se figea lorsqu’elle vit la silhouette de l’homme qui l’attendait dans la pénombre de la chambre.
- Entrez ! Lui dit-il d’un ton autoritaire.
- Il doit y avoir une erreur, bégaya-t-elle. La chambre 211 est réservée à Pierre…
Elle rougit encore davantage en réalisant qu’elle ne connaissait pas le nom de son amant.
- Pierre Duteuil. Il ne viendra pas, lui dit l’homme d’une voix sourde au timbre métallique.
- Il lui est arrivé quelque chose ?
- Entrez madame Marceau, je vais vous expliquer.
Bouche bée, elle regarda l’homme qui semblait la dévisager derrière ses lunettes noires. Mince, crane rasé, une courte barbe, blouson de cuir noir au col relevé, il était nonchalamment assis dans l’unique fauteuil, les pieds sur le petit bureau de la chambre. Le regard de Diane fut immédiatement attiré par ses santiags rutilantes. Rouge sang.
Comment pouvait-il connaître son nom ? Son rendez-vous avec Pierre était pourtant clandestin. Un flic pensa-t-elle. Un flic corrompu. Il en avait tout à fait l’allure. Elle claqua la porte derrière elle et resta plantée dans l’entrée.
- Approchez Diane, lui dit l’homme d’un ton patelin.
Elle fit trois pas en avant, le maximum qu’il lui semblait pouvoir faire tant elle avait les jambes tremblantes. Sans la quitter des yeux, l’homme enchaîna :
- Vous semblez avoir une vie palpitante Madame Marceau. Pourtant, après vos études ratées, votre mariage avec un banquier carriériste n’augurait rien de bien excitant. Deux enfants, le petit pavillon à St Maur, le repas dominical chez belle maman, le missionnaire du samedi soir et les vacances à la Baule, je vous comprends, moi, je m’ennuierais à en crever. Heureusement qu’il y a le net, n’est-ce pas ? Ah, internet, quel merveilleux pourvoyeur d’aventures à bon compte. On commence par s’envoyer des textes érotiques sur auFeminin, on continue en se disant des cochonneries au cellulaire, et on finit par s’exhiber sur sa web cam. C’est facile, c’est pas cher, c’est pas vraiment tromper mais on n’y trouve pas vraiment son compte non plus. Alors, forcément, un jour ou l’autre, on accepte un rendez-vous dans une chambre d’hôtel pour y faire tout ce qu’on n'y ferait pas avec son légitime. Et c’est bien ce qui vous amène Diane ?
Diane l’avait écouté sans dire un mot, tête baissée, les yeux fixés sur les bottes luisantes du flic. Mais elle regardait au-delà, et ne vit qu’une vie comblée d’ennui. Elle ne put réprimer un sourire lorsqu’elle pensa à Pierre, ce qui lui donna l’énergie d’affronter à nouveau le regard inquisiteur de ce sale type vautré dans le fauteuil.
- Non, Pierre n’est pas mon amant ! C’est juste mon ami, mentit-elle effrontément. J’exige de savoir ce qu’il lui est arrivé !
- Un ami intime, répondit l’homme, narquois.
Il sortit une enveloppe de la poche intérieure de son blouson et la jeta négligemment sur le lit. Quelques photos en sortirent et s’éparpillèrent sur la couverture. Diane crut défaillir quand elle vit son propre visage en gros plan, avec ses yeux brillants rivés sur l’objectif. Elle avait la langue tendue vers une verge qu’elle semblait déguster comme un cornet glacé. Pierre les lui avait envoyées quelques semaines auparavant, en souvenir de leur dernière escapade qui remontait à près de deux mois.
- Un ami très intime mais pas un si bon ami, renchérit l’homme en pouffant de rire. Je n’ai eu qu’à le menacer de tout révéler à son épouse pour qu’il me laisse venir au rendez-vous à sa place.
- Espèce de salaud ! Dit-elle entre ses dents, les larmes aux yeux.
- Les histoires d’amour finissent mal, en général. Il ne me reste plus qu’à faire mon rapport à votre mari, répliqua-t-il sèchement.
Médusée, elle regarda l’homme ramasser les photos sur le lit. Il était capable de tout. Son cerveau tournait à plein régime, et peu à peu elle comprit le but de toute sa mise en scène, et ce qu’il allait exiger d’elle, inévitablement. Elle résisterait par tous les moyens.
- Mon mari ? Non !
- Qu’est-ce que vous vous imaginez ma p’tite dame, je suis détective privé moi ! Votre mari m’a engagé, il m’a filé le disque dur de votre PC, j’ai trouvé votre e-mail secret, j’ai craqué le mot de passe et j’ai tout lu. Tout ça m’a pris un temps fou ! Maintenant je termine mon job, j’empoche le blé, et pour le reste, je ne veux pas le savoir !
- Mais il est très jaloux ! Il voudra divorcer… il essaiera de m’arracher les enfants… je le connais… il a le bras le long ! sanglota Diane dans une pathétique tentative de l’amadouer.
L’homme se rassit dans le fauteuil en attendant que Diane se calme. Lorsqu’elle leva vers lui ses yeux embués de larme, avec son nez rougeâtre qui reniflait, et son mascara dégoulinant, elle ressemblait à un clown triste.
- Moi, je suis un détective, renchérit l’homme avec le calme de celui qui sait tenir sa proie. J’offre mes services au plus offrant. Votre mari me paye 1500 euros.
Dans le rôle du sale type, il méritait le premier prix. A vomir. Diane était contrainte à négocier.
- Ecoutez, j’ai compris la leçon, je peux vous dédommager, mais 1500 euros, je ne peux pas, ou alors en plusieurs mensualités…
- Oh la ma p’tite dame, vous n’y êtes pas du tout ! Moi, je vais voir votre mari demain matin à son bureau. Avec vos mails et vos photos. Il me paye tout ça cash. Si je dois édulcorer mon rapport, virer les photos, faire sauter le graveleux pour lui faire croire à la gentillette liaison épistolaire et platonique, ça va me prendre toute la nuit. 8 heures à 100 euros de l’heure. Au total, ça vous fait 2300 euros. Cash !
- Mais… je ne peux pas ! Je n’ai pas cette somme, mon mari et moi avons des comptes séparés… et… je ne gère… que l’argent des commissions ! pleurnicha Diane en imaginant le divorce imminent.
- Tournez-vous ! Lui ordonna sèchement le détective.
- Pardon ?
- Je vous demande de faire un tour sur vous-même, répéta-t-il lentement, en appuyant bien sur chaque syllabe.
Diane s’exécuta, les jambes tremblantes, sous le regard du détective qui la toisait de bas en haut. Elle s’était faite belle pour son rendez-vous galant. Des escarpins noirs, des collants dont les reflets satinés soulignaient le galbe de ses jambes fuselées, une jupe droite, noire, assez courte, un chemisier blanc et un manteau mi long bon chic bon genre, elle portait l’uniforme de la petite bourgeoise, jusqu’au chignon. Ce qui l’était moins, c'étaient ses dessous, ce qu’il ne pouvait pas savoir, mais tout au plus deviner aux fragrances d’Organza que son corps exhalait.
- Et bien, ma foi, vous êtes plutôt mignonne ! On pourrait peut-être s’arranger.
Diane lui adressa une moue de dégoût, lorsqu’il retira ses lunettes pour couler sur elle un regard libidineux.
- Je vais vous expliquer, continua-t-il. Moi, je suis détective, je bosse tout le temps, j’ai pas de temps à perdre à draguer les nanas qui ne pensent qu’à épancher leurs petits malheurs sur la première épaule venue, et qui ont la migraine dès qu’il s’agit de passer aux choses sérieuses. Je préfère les putes. On en a pour son argent. Et c’est cher, surtout quand on veut une jolie fille et des fantaisies. T’as de la chance, t’es à mon goût !
Diane vouvoyait Pierre. Ce tutoiement inopiné lui fit l’effet d’une gifle.
- Déshabille-toi !
- Non… je ne peux pas…
- Oh si, tu vas pouvoir. T’as pas le choix ma jolie. Déshabille toi et fais ça bien, j’en veux pour mes 2300 euros.
Diane hésita un instant, puis, timidement, elle ouvrit son manteau et le laissa choir sur le sol. Les yeux fixés sur les bottes rutilantes pour ne pas avoir à croiser son regard, elle défit les boutons de son corsage, un par un en commençant par le haut, comme si chaque bouton était un pas de plus qui la conduisait à l’échafaud. Elle avait beau se répéter que cet homme était un vrai salaud, ce qui lui faisait le plus horreur était la réaction de son propre corps.
- Tu veux un peu de musique pour te donner du courage ? Lui lança-t-il d’un ton moqueur.
Sans attendre sa réponse, l’homme mit aussitôt en marche le radio cassette qu’elle n’avait pas remarqué sous le bureau. L’appareil crachota «You can leave your hat on», un vieux tube de Joe Cocker sur lequel Kim Basinger fait son strip dans 9 semaines et demi.
- Allez danse ! Danse ! lui ordonna-t-il en battant des mains pour marquer la mesure.
Diane essaya d’esquisser quelques pas, mais c’était au dessus de ses forces. Elle pouvait à peine se dandiner. Elle avait ôté le dernier bouton de son chemisier, et elle lui tourna le dos pour le retirer, le faire glisser le long de ses bras blancs et le laisser rejoindre le manteau sur la moquette de la chambre. Elle défit son chignon, et ses cheveux blonds bouclés tombèrent en cascade sur ses épaules dénudées.
- Bouge plus ! Lui dit le détective, et remonte ta jupe ! Allez, plus haut, encore plus haut, montre-moi tes cuisses ! Allez, retrousse là complètement, je veux voir tes fesses ! Cambre-toi, penche-toi en avant, que je les vois bien ! Tu sais que tu es bandante comme ça, à exhiber ton cul ! Pierre ne devait pas s’ennuyer, quand il te baisait ça !
Diane était mortifiée. Cambrée au maximum, elle en était réduite à exposer sa croupe dans une pose indécente. La rondeur de ses fesses était soulignée par l’élastique noir de son string, et ses bas satinés couleur tabac contrastaient avec la blancheur de sa peau. Elle pensa fugitivement à Pierre, l’amant délicat de ses rencontres passées qui avait su réveiller toutes ses envies de femmes. Tous ces plaisirs qu’il lui avait révélés, elle les lui avait offerts. L’homme veule auquel il l’avait livrée allait les lui arracher. Mais ce qu’elle supportait le moins, c’était elle même, son cœur qui battait la chamade, le sang qui lui affluait aux joues, la chaleur qui s’emparait d’elle.
- Retourne-toi maintenant, en gardant bien ta jupe relevée. Oh, mais tu fais une belle cochonne, dis-moi ! C’était pour Pierre tout cet attirail ? Je suis sûr que ton mari n’en profite même pas, salope !
Légèrement penchée en avant, le galbe de sa poitrine ressortait d’autant plus que l’extrémité des bonnets de son soutient gorge noir était coupé. La pointe de ses tétons saillait terriblement. Elle avait beau se dire qu’elle était humiliée, son corps y consentait, semblait appeler le pire, comme en attente de sa dose de sexe, fût-elle abjecte. Le souffle court, Diane était autant dégoûtée par son laissé aller que par l’ignoble comportement de cet homme vicieux, visqueux.
- Monte sur le lit ! Ordonna-t-il à nouveau. A quatre pattes comme une chienne ! Tu sais ce que méritent les chiennes qui se font saillir par des bâtards ? Le martinet !
- Oh non ! Non ! Murmura-t-elle dans un souffle.
- Je serai magnanime si tu me montres que tu as compris qui est ton maître. Ton maître chanteur ! Ajouta-t-il dans un éclat de rire.
Le détective s’approcha du lit où Diane venait de monter à quatre pattes, obscène avec sa jupe retroussée sur ses reins cambrés, et ses escarpins vernis qu’elle portait toujours aux pieds. Il tenait dans sa main un martinet dont le manche en bois était laqué d’un rouge vif, et au bout duquel pendaient des dizaines de lanières de cuir. D’instinct, Diane devina ce qu’elle devait faire pour éviter les coups. Bras tendus devant elle, comme prosternée, la pointe de ses seins contre la couverture, elle tendit sa croupe offerte jusqu'à la frotter sur le jean de l’homme.
- Pardon, pardon, je ne recommencerai plus murmurait-elle, ne me frappez pas, je ne recommencerai plus...
Pour toute réponse, l’homme se contenta de faire glisser les lanières de cuir contre les flancs de sa victime, avant de lui ordonner :
- Branle-toi contre moi !
Lentement, Diane ramena ses deux mains en arrière, jusqu’aux lobes de ses fesses qu’elle malaxa. Diane les écarta outrageusement, et tendit ses fesses vers la bosse qui pointait sur le pantalon du détective, au point de la frôler. Les tétons durcis par le frottement sur la couverture, son profil droit plaqué sur le lit, elle scrutait le martinet de son persécuteur d’un œil exorbité. Elle avala difficilement la salive qui envahissait sa bouche. Elle avait peur, elle avait honte de ce qu’elle était contrainte de faire, mais une chaleur infâme la submergeait, s’emparait de son corps, devançait malgré elle les envies salaces de cet homme.
D’un doigt elle écarta le string entre ses fesses. Il était trempé. De sueur, ou d’autres secrétions inadmissibles. Le regard de l’homme fut captivé par l’anus qui palpitait sous ses yeux. Dès qu’il le darda avec la pointe du manche de son martinet, Diane ne pu réprimer un gémissement, ni empêcher sa main de frôler sa vulve luisante. Elle dut admettre que le désir lui tenaillait le bas ventre, malgré cet homme infâme, malgré elle. La lourdeur qu’elle ressentait dans son bas ventre, dans son creux, dans son trou, était devenue intolérable.
Le détective finit par remarquer la chaînette dorée qui sortait du sexe de Diane.
- Oh ! oh ! On avait prévu une jolie surprise pour son amant chéri ? Et bien la surprise, c’est pour moi !
Il tira avec une lenteur insoutenable sur la chaîne, se délectant du spectacle des lèvres intimes de Diane qui s’écartaient doucement, qui s’ouvraient sur une sphère nacrée. Diane poussa un long gémissement rauque lorsque son vagin expulsa les deux boules de Geisha, un modèle japonais original du 19eme siècle qu’elle avait déniché quelques jours plus tôt dans une vente aux enchères. Diane maudit leur efficacité qui lui avait fait perdre tout contrôle.
- Suce-moi ! Ordonna l’homme d’une voix égrillarde.
Diane se retourna prestement, et fit lentement glisser le zip du jean de l’homme, tout en le regardant droit dans les yeux. « Je ne suis qu’une abominable catin » pensa-t-elle, ce qui loin de l’inhiber, multiplia son envie autant que le martinet qu’elle se surprenait à désirer. La verge du détective sortit comme un diable de sa boite, raide, épaisse, au gland rouge et turgescent. Sans quitter l’homme des yeux, elle le prit en bouche, précautionneusement, puis avec une évidente avidité. « Je suis une sale pute qui suce un inconnu, un inconnu qui me force » se dit-elle alors que l’épaisse colonne de chair coulissait entre ses lèvres écartelées, ce qui la fit redoubler d’ardeur. Le claquement sec du martinet sur sa croupe lui fit augmenter le rythme. Au deuxième coup, elle plongea fébrilement la main dans le jean du détective pour en extraire les testicules. Au troisième, elle le branlait vigoureusement sans que sa bouche lâche prise pour autant. Au quatrième, il lui éjacula dans la bouche en gémissant.
- Avale !
Diane avait déjà devancé son ordre. Elle le pompa jusqu’à la dernière goutte. Lorsqu’elle le sentit enfin ramollir dans sa bouche, Diane pensa que s’était terminé.
- Tu crois-t-en tirer à si bon compte ? Lui asséna le détective.
Il glissa le manche du martinet entre les lèvres souillées de Diane, à la place de sa verge molle. Il ajouta :
- Montre-moi comment tu te branles le cul quand tu penses à Pierre, poufiasse !
Servile, Diane fit glisser son string le long de ses cuisses fuselées, et elle reprit sa dégradante position, poitrine sur le lit, fesses cambrées, orifices exhibés. Elle glissa lentement le manche luisant de salive entre ses fesses, puis elle le fit doucement coulisser dans son anneau qui l’accueilli sans peine. Tout en se repaissant de ce vil spectacle, le maître chanteur s’assit à côté de sa victime, un feuillet à la main.
- Pierre, mon amour, mon merveilleux amour, lut le détective sur un ton gouailleur.
Il glissa une main sous la poitrine de Diane, dont il fit rouler un téton entre le pouce et l’index. Il continua :
- Si vous saviez les folies que vous m’inspirez ! Parfois même, vous me faites l'amour avec mes mains. Hier soir, dans la tiédeur de mon lit, mon esprit a encore divagué vers vous, vers la chaleur de vos étreintes, entre vos bras puissants. A cette simple évocation une véritable fièvre érotique s’est emparée de moi. Mes mains suivaient à la trace vos caresses imaginaires, glissaient sur mon corps brûlant, torturaient mes tétons saillant. Incapable de les retenir, mes mains s’emparèrent de mes orifices, une devant, une derrière. Mes doigts glissèrent en moi, alternativement, puis en même temps, et me transportèrent au seuil de la jouissance. Mais c’était de vous dont je voulais jouir, de vous si cruellement absent. Dans un éclair de lucidité je me suis souvenu de ce jouet que vous m’avez offert. Oh Pierre, vous n’imaginez pas ma jouissance lorsque je me le suis mis, en pensant que c’était un peu de vous que je m’enfonçais. Par derrière aussi.
Outragée jusque dans sa correspondance intime, Diane avait fermé les yeux. Son esprit l’avait comme abandonné. Il s’était réfugié dans les souvenirs de cette nuit là, dans le plaisir qu’elle s’était donné. Elle ne sentait même pas les lanières de cuir du martinet qui battaient contre ses fesses pendant qu’elle se fourrageait l’anus avec le manche à un rythme effréné. Elle revint à elle lorsqu’elle sentit le phallus de l’homme s’immiscer entre ses lèvres intimes, et elle se laissa prendre en levrette sans même essayer de retenir sa jouissance. L’homme la besogna un long moment, d’ampleur en saccades, avant d’extraire le manche de son petit trou et de la sodomiser. Elle crut mourir lorsqu’il fit rouler en même temps son bouton d’amour entre ses doigts.
Mourir de plaisir.
Terrassé par un nouvel orgasme, l’homme s’écroula contre le corps pantelant de Diane. Il y avait longtemps qu’elle n’était plus avec le maître chanteur, et elle se lova contre le corps chaud de son amant.
Diane du se résoudre à s’extirper de la douce torpeur. L’échéance approchait. Dans une heure, elle retrouverait ses enfants à la sortie de l’école. Elle balaya d’un regard la chambre dévastée, ses vêtements éparpillés, le blouson noir d’où émergeait le micro de l’appareil qui avait servi à maquiller la voix de ce détective d’opérette, ses bottes rouges qui n’en finissaient pas de luire, et lui enfin, à moitié nu, encore assoupi tout contre elle. Pierre était méconnaissable avec sa barbe et son crane rasé. Elle n’avait pas pensé qu’il pourrait un jour réaliser le fantasme de Diane d’être forcée. A vrai dire, il n’y était pas tout à fait parvenu.
08:00 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Erotisme, domination, sex toy, fellation, sodomie, Littérature, histoire érotique
05 mars 2007
De l'ondinisme
Lorsque j'ai lu son annonce sur le forum Aventures d'auFeminin, je n'aurais jamais cru rencontrer Céline. Elle cherchait deux inconnus pour une première expérience de trio, en insistant sur le côté strictement sexuel de sa quête, à l'exclusion de tous sentiments. J'y ai répondu par une boutade sous le pseudonyme de lucky-luke: "desperados du sexe prêt à toutes les chevauchées sauvages, dégainera son six coups plus vite que son ombre, mais ne le déchargera pas sans avoir bien ajusté sa cible". Je ne m'attendais qu'au petit délire habituel entre habitués des plaisanteries en rase-mottes. Au lieu de cela, la belle a répondu avec un ton aussi badin que déterminé. Après quelques échanges, j'ai compris qu'elle était sérieuse, sans pour autant manquer d'humour, et j'ai contacté Yann avec lequel je n'avais eu que quelques échanges virtuels.
Jeune trentenaire, journaliste, récemment divorcé, il était en pleine tourmente sexuelle et existentielle. Adepte de tantrisme et de rencontres éphémères, il semblait jouir auprès des femmes d'un certain succès et j'avais flairé en lui le partenaire de débauche idéal. Je l'ai immédiatement branché sur l'annonce de Céline. Il a aussitôt mis en branle tout son arsenal de séduction. Le lendemain, l'animal avait les photos de la belle en lingerie fine, ainsi que son numéro de portable. Pour éviter toute fausse note, Yann et moi avions convenu d'une rencontre préalable. Dès que je le vis arriver dans le café où nous nous étions donnés rendez-vous, je sus que c'était lui. Casque à la main, pantalon de cuir et gueule d'amour, il m'avoua aussitôt que notre rencontre le soulageait puisqu'il craignait de tomber sur le gros vicelard rompu à toutes les dépravations. Il s'avéra qu'avec un seul trio féminin à son actif, ce bourreau des cœurs avait alors bien plus d'expérience que moi ! Réciproquement rassurés sur notre hétérosexualité commune, nous organisâmes un rendez-vous avec la belle dès la semaine suivante, dans un café parisien. Si le feeling était toujours au rendez-vous, nous passerions toute la journée ensemble dans un charmant hôtel voisin. Au programme: sexe, champagne et petits fours.
Le jour J, Yann avait un bouquet de roses à la main. Il embrassa Céline langoureusement. Le séducteur patenté avait visiblement poussé son art bien plus loin que je ne l'avais imaginé. C'est ainsi que je connus Céline, une charmante mère de famille en pleine crise de la trentaine. Elle était encore mariée à cette époque, au sein d'un couple qui battait de l'aile sous l'alibi de la liberté. Elle qui avait proclamé le désir d'une sexualité sans sentiments amoureux - et pour cause -, elle semblait ravie de l'effusion de tendresse que lui prodiguait Yann. Moi, je ne lui fis que les 4 bises parisiennes d'usage entre bons amis. Le ton était donné: je serai le troisième. Yann et moi étions au goût de Céline, elle se sentait bien avec nous. Le mari de Céline appela son épouse pour s'assurer que tout se passait bien. Elle le rassura brièvement. L'intrusion du mari me donna envie de tout arrêter, par pitié pour lui. Enfin, ce fut un sentiment fugitif: Céline m'excitait déjà. Nous ne nous éternisâmes pas dans le café.
Dès que nous arrivâmes dans la chambre, Céline embrassa à nouveau Yann. Je me mis derrière elle pour la caresser, elle m'embrassa à mon tour sans perdre le contact avec Yann, et nous nous déshabillâmes mutuellement. Petite rousse aux cheveux courts et au corps agréable, Céline se révéla être d'une sensualité affolante. De caresses en tête à queue, elle ne tarda pas à se retrouver à quatre pattes sur le lit, Yann derrière, moi devant. Il lui introduisit doucement son imposante membrure dans la chatte pendant qu'elle engouffrait mon phallus avec gourmandise. Yann la besognait lentement, tout en maîtrise et techniques respiratoires, et Céline me répercutait les coups de reins qu'elle recevait avec un plaisir communicatif. Je dois avouer que ce fut probablement une des meilleures fellations qu'on ne m'ait jamais faites. Sa technique était si affûtée, sa gorge si profonde, que je me tortillais en tous sens en gémissant, tant et si bien que je ne tardai pas à lâcher ma semence dans sa bouche avec un râle extatique. "C'est si bon que ça ?", me demanda Yann en me lançant une poignée de main virile. "T'imagines pas!", répondis-je en tapant dans sa main comme deux complices du neuf-trois pendant que Céline pompait mes dernières gouttes de jus, visiblement ravie de nos commentaires élogieux. Un peu plus tard, il ressentit à son tour la raison de mon émoi. Je garde de ce moment de fraternité masculine autour de la femme aimée un souvenir impérissable.
Pour une femme gourmande et sensuelle, le trio masculin offre toujours au moins un phallus fonctionnel, ce qui lui permet de surfer entre des plaisirs variés. Lorsque les deux hommes sont vaillants, on peut alors aborder le grand classique auquel elle rêvait de goutter. J'étais allongé sur le dos lorsqu'elle se mit à califourchon sur mon ventre pour s'empaler sur ma verge dressée. Loin du galop frénétique, nous entamâmes un petit trot qui la faisait frétiller du cul, appel insistant aux ardeurs attendues. Imaginatif, Yann la dilata au vibro. Ce fut pour moi une nouvelle expérience inoubliable: Ressentir les vibrations du gode sur mon sexe au travers de la chair féminine dilatée, mariait les sensations de la pénétration et celles jusqu'alors inconnues de la vibration, sans parler de la troublante excitation cérébrale de savoir Céline prise de toute part, ni de celle non moins troublante d'être indirectement branlé par un homme... Paradoxalement, lorsque Yann la sodomisa, le plaisir fût pour moi moins vif. A part le fait d'être complètement écrasé, je ne le sentit pas directement s'introduire en elle, mais je sus aux râles de Céline qu'il la prenait par derrière, jusqu'à l'orgasme déchirant qui ne tarda pas à la submerger.
Je ne me souviens plus de tous nos assauts, de toutes nos jouissances, mais je garde le souvenir, malgré le but avoué et atteint d'une sexualité débridée, du béguin naissant de Céline pour Yann. Lovée dans les bras de Yann, lui et moi caressions de concert le dos de Céline, de la nuque à la croupe.
- Ferme les yeux! lui dis-je, et dis-nous si tu reconnais nos mains ?
- C'est évident, répondit-elle. Il y en a un qui me caresse avec amour !
Yann m'adressa un rictus craintif, aussi expressif que s'il m'avait dit à haute voix "Aie! Aie! Aie! Où est-ce que je me suis embarqué". Peut-être le fit-il dans le seul but d'atténuer la violence de la remarque de Céline à mon égard. C'est pourtant moi qu'elle choisit de chevaucher une dernière fois. C'était la fin de l'après midi, le soleil se couchait, Yann se douchait, Céline me touchait, je ne sais pas trop comment cette diablesse était parvenue à me faire bander une fois de plus, mais après avoir joui trois ou quatre fois, je savais qu'il me faudrait un intense plaisir pour éjaculer mes dernières gouttes de sperme; Un plaisir qui confine à la douleur. Elle me chevaucha encore une fois, mais une chevauchée sauvage, un triple galop, moi sur le dos, elle sur les pieds, accroupie, son équilibre maintenu par ma queue dans sa chatte. Je jetai toute mon énergie dans cette ultime cavalcade. Je lui assenais de véritables coups de boutoir qu'elle accueillait avec entrain, sans rien dire, en me fixant d'un regard halluciné. Soudain, elle m'inonda le ventre d'un liquide chaud et abondant en souriant béatement. De quoi remplir un verre et rendre le lit définitivement hors d'usage. Le plaisir avait été tel qu'elle avait du perdre le contrôle de ses sphincters, pensai-je alors, assez fier d'avoir été l'auteur d'une jouissance aussi dévastatrice, et plutôt amusé par cette séance d'ondinisme impromptue, qui m'inspirait d'autant moins de dégoût que je ne sentais aucune odeur d'urine. C'est en racontant cette anecdote quelques années plus tard qu'on m'expliqua que j'avais vraisemblablement déclenché l'éjaculation d'une femme fontaine.
Je ne suis pourtant pas convaincu par cette explication à la lumière de la seule véritable éjaculation féminine dont j'ai été l'artisan qui se révéla être un liquide blanchâtre plus proche du sperme que de l'urine. J'ai revu Céline quelques années plus tard, à l'occasion d'un dîner mémorable. Nous avons brièvement évoqué cette expérience, et je lui ai posé la question. Elle-même fût incapable de me répondre: Cette expérience fut pour elle unique, et demeure totalement incompréhensible. De là à parler d'hermétisme...
08:35 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ondinisme, Expériences, Erotisme, yann, céline, sodomie, fellation
25 février 2007
Le gage (2)
Lorsque notre voiture est arrivée au niveau du jeune motard, il s'était déjà avancé entre les voitures, sûr de son fait. Habitué des lieux, il avait sans doute croisé le regard de Sylvie, et y avait lu du désir. J'ai baissé la vitre. Le regard du jeune homme a papillonné sur le visage de Sylvie avant de se poser sur son échancrure.
- Bonsoir, j'ai de la chance ce soir, mademoiselle est vraiment jolie. Je peux vous aider ?
- Bonsoir. On cherche juste une petite exhibition aux abords du bois. Rien de plus. Ca t'intéresse ?
- Oui! Bien sûr! Je vous suis en moto ?
- Ca marche, mais on va voir un autre homme d'abord.
J'ai redémarré pour avancer vers l'homme aux lunettes rondes. Il nous avait probablement vu discuter avec le jeune motard qui nous suivait déjà, et il a semblé à la fois surpris et heureux de voir le grand sourire de Sylvie lorsque notre voiture s'est arrêtée à son niveau.
- Bonsoir, nous a-t-il dit timidement.
- Bonsoir, vous venez souvent dans cette rue ?
- Heu... c'est à dire que... non... c'est la première fois.
- Et ça vous dirait de nous regarder faire l'amour dans la voiture ?
- Heu... oui!
- On va dans le bois. Vous nous suivez ?
- D'accord... Je prends ma voiture. Je suis garé juste là.
Sylvie l'a regardé monter dans sa voiture, en riant de sa timidité, et elle s'est tournée vers moi pour me faire un langoureux baiser. Sa langue a glissé entre mes lèvres, a enlacé ma langue, a fouillé ma bouche passionnément, puis, lentement, ses lèvres se sont détachées des miennes, et elle a plongé dans mes yeux un regard malicieux.
- Ils te plaisent ?
- Oui.
- Tu as envie d'eux ?
- Non, j'ai envie de toi !
- Ca te plait qu'ils nous regardent ?
- Oui, ça me plait.
- Et qu'ils se branlent ?
- Ça, ça m'excite !
- Tu as envie qu'ils te touchent ?
- Je ne sais pas.
- Et de les toucher ?
- Peut-être.
- Et tu veux que je te prenne comment ?
- Fort ! On y va ?
Ces derniers mots m'ont fait bander plus que tout. Sylvie n'était plus la jeune femme craintive qui suit son amant dans ses fantasmes, mais une maîtresse volontaire, prête à assumer la position souveraine de reine de la fête, et peut être même prendre les choses en main.
Nous sommes enfoncés dans le bois ténébreux, où nous avons trouvé une rue calme un peu à l'écart du ballet des voitures autours des travestis qui officiaient à une centaine de mètres de là. A peine avais-je coupé le moteur, que les lèvres de Sylvie se sont posées sur les miennes, comme si, intimidée par la situation, elle voulait se réfugier dans l'action. Nos deux voyeurs étaient à la portière, du côté de Sylvie. Ma main gauche a glissé entre ses cuisses, elle a frôlé ses bas jusqu'à la frontière de la dentelle sur sa peau nue, et elle a remonté sa jupe pour livrer ses cuisses à leurs regards égrillards.
"Il fait chaud, tu ne trouves pas ?" ai-je dit dans un murmure. Sylvie ne m'a pas répondu. Sa bouche avide a glissé le long de mon torse, en direction de mon sexe dur qu'elle a malaxé à travers mon jean. Enfin, elle a fait glisser ma braguette et ma verge raide de désir en est sortie comme un diable de sa boite. Sylvie a lâché un soupir de contentement en prenant mon sexe entre ses doigts, à moins que ce soit le courant d'air frais provenant de la vitre que je venais d'entrouvrir de son côté. Presque rien. Un ou deux centimètres seulement, vers lesquels ses reins se cambraient, comme pour rencontrer le souffle chaud des deux hommes qui se pressaient au carreau. Sylvie m'a pris dans sa bouche et ma main a continué de remonter entre ses cuisses, jusqu'à sa chatte épilée. Elle ne portait pas de culotte ce soir là. J'ai posé ma main droite sur sa tête qui montait et descendait au rythme de la magistrale fellation qu'elle m'administrait. Mes doigts ont caressé ses cheveux, sa nuque, son dos jusqu'à ses reins cambrés, et ont saisi le tissu de sa courte jupe. J'ai tiré dessus très lentement. Peu à peu, j'ai retroussé sa jupe, j'ai livré son sexe lisse à leur regard lubrique. J'ai continué, jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'ils voient bien son petit trou, et de deux doigts, j'ai écarté sa vulve pour leur exhiber son clitoris, avant de le masturber doucement.
Malgré la fenêtre entrouverte, nous avions de plus en plus chaud. Avec notre respiration haletante, de la buée s'était formée sur les vitres et nos deux voyeurs devaient nous regarder à travers la petite ouverture de la fenêtre pour voir quelque chose. J'ai décidé de changer de position et je me suis mis à genoux sur le siège, ce qui a obligé Sylvie à se reculer jusqu'à coller ses fesses nues à la vitre. Ah! Se sont écriés les deux hommes qui ont vu d'un seul coup un cul somptueux plaqué contre le carreau. Sylvie a relâché mon sexe un moment pour regarder derrière elle, et elle n'a pas pu se retenir de rire en voyant le motard caresser, et même lécher la vitre qui les séparait du paradis sensuel qu'elle exhibait. Coquine, elle s'est cambrée au maximum pour plaquer sa vulve toute mouillée contre la vitre. Elle a laissé sur le carreau une traînée baveuse comme celle d'un escargot. Le jeune homme à sortit sa queue et l'a plaquée de l'autre côté de la vitre. Il a suivi la traînée à la trace de la pointe du gland.
D'un seul coup, Sylvie s'est retournée pour leur faire face. De mes mains tremblantes d'émotion, j'ai commencé à malaxer ses seins déshabillés de dentelle dans son soutien gorge pigeonnant. "Prends-moi !" M'a-t-elle alors ordonné, assez fort pour que les deux hommes l'entendent. J'ai lentement glissé mon sexe dans sa chatte brûlante. Le plus jeune des deux tenait sa queue à la main, raide comme un cierge de pâque. Il se masturbait, la pointe de son gland tout contre la vitre, là où Sylvie avait laissé le plus de traces de mouille. L'autre, le timide à lunettes, était plus en retrait. Il regardait la scène en souriant. Dans son pantalon déformé, on devinait un sexe monumental. Sylvie était déchaînée. Elle a d'abord fait glisser la pointe de sa langue sur sa lèvre supérieure. C'est d'une sensualité affolante, et elle le sait. Et puis, en plantant bien son regard dans les yeux du jeune homme, elle a approché sa bouche entrouverte de la vitre, à quelques millimètres de sa queue de l'autre côté, et elle s'est mise à lécher les traces de sa propre mouille sur le carreau. Ça nous a tellement excités que le résultat ne s'est pas fait attendre: Il a éjaculé sur la vitre de longs jets de sperme gluant, au moment même où j'ai joui en elle. "Oh Oui!" a-t-elle crié dans la voiture, elle aussi surprise par l'orgasme. Pendant que mon sexe encore dur allait et venait entre ses reins moelleux, le jeune homme a barbouillé la vitre comme s'il étalait son sperme sur le visage ravagé de plaisir de la belle Sylvie. Ravi, il est parti pendant que nous essayions de reprendre nos souffles dans la voiture surchauffée.
- Ouvre s'il te plait, m'a-t-elle demandé doucement
- De quel côté ?
- Celui-là !
Sylvie m'avait désigné la vitre barbouillée de sperme à travers laquelle on ne distinguait plus grand chose, sinon la présence trouble de l'homme timide en costume. J'ai descendu la vitre complètement. Notre voyeur ne disait rien, il nous regardait en souriant, sans oser s'approcher. Son pantalon était si déformé qu'il semblait avoir des balles de tennis dans sa poche. J'ai senti Sylvie à la fois curieuse, et rassurée par sa timidité. Approche, lui ai-je dit gentiment. Il a obéi sans rien dire. Ses hanches ont bientôt été au niveau de la vitre ouverte. Sylvie n'avait qu'à tendre la main pour le toucher. Elle voulait voir. Elle en avait envie. Elle hésitait. Ma main s'est égaré sur son sein, l'a extrait de son écrin de dentelle, et l'a pris dans ma main. J'ai fait rouler son téton entre le pouce et l'index. Elle a tressailli. Lui aussi. "Montre !" A-t-elle alors dit d'une petite voix mal assurée. L'homme timide a rougit, puis d'une main tremblante d'excitation, il a ouvert la ceinture de son pantalon. Il a écarté les cuisses pour que son pantalon ne tombe pas dans le caniveau. Il a défait le bouton, et il a fait glisser la fermeture éclair. Le pantalon est resté en place. Il était suspendu à la bosse qui le déformait. Et puis il est enfin tombé.
Sylvie avait beau s'y attendre, elle n'a pas pu retenir un cri de surprise. Sous ses yeux écarquillés se dressait un membre monstrueux. Long comme un pied, large, épais, au gland pourpre rutilant. A sa base pendait une paire de couilles chevalines.
- Je suis trop gros, a-t-il balbutié, je fais peur aux femmes, mais ce soir, j'ai vraiment trop envie... de... de...
- De jouir ? a répondu Sylvie émue par cet aveu.
Alors, comme dans un rêve, elle a approché sa main tremblante de l'énorme phallus. Elle l'a frôlé doucement. Impossible d'en faire le tour d'une seule main. Sa peau était douce, comme celle d'un petit chat tout chaud qu'elle caresserait doucement. Voir Sylvie toucher cet homme m'a follement excité. Toujours derrière elle, mon sexe avait repris sa vigueur. J'ai approché ma main de sa chatte. Elle gouttait sur mes doigts. C'était un mélange de mon sperme et de sa mouille qui coulait, qui ruisselait, qui inondait ma main et ma queue juste en dessous. Mes doigts ont glissé dans son sexe. Un, et puis deux, et enfin trois qui l'ont pénétré doucement, qui ont massé tendrement son vagin incandescent. Le bout de mes doigts s'est attardé sur son point G, cette petite zone parcheminée au coeur de son plaisir. J'y ai appliqué un massage circulaire qui l'a fait gémir. J'ai senti qu'elle n'était pas loin de la jouissance, à son petit trou qui palpitait tout contre mon gland lubrifié par sa mouille. Sylvie avait cessé de caresser timidement le sexe phénoménal dressé devant elle. Elle le branlait furieusement, à deux mains pour pouvoir en faire le tour. Elle a frotté le gland turgescent sur ses seins à moitié sortis de son soutien gorge. L'homme timide a avancé une main timorée. Il a touché la peau de Sylvie, à l'épaule frissonnante. Ses doigts la frôlaient à peine. Ils sont descendus imperceptiblement, plus bas. Les halètements de Sylvie emplissaient tout l'espace de la voiture. Tout n'était plus que plaisir, imminence de jouissance. Au moment où ses doigts ont atteint son tétin tumescent, d'un coup de rein, elle s'est empalée sur ma queue. Elle s'est enfoncée mon dard dans l'anus alors que me doigts se crispaient dans sa chatte. L'homme et moi l'avons inondée en même temps. Mon sperme entre ses fesses, le sien entre ses seins, et les râles de nos orgasmes se sont mélangés dans la nuit noire.
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