24 mars 2008
Sans vain cœur ni vain cul (chapitre 25 - suite)
Son cul lubrifié accueillit mon vit à fesses ouvertes. Je m’y enfonçai lentement, inexorablement, savourant chaque centimètre de ma poussée. Lorsque que fus bien au fond, je sentis Yann reprendre son vigoureux pilonnage de l’autre côté. Envahie de toutes parts, Sarah se sentit définitivement perdre pied. Son fantasme prenait corps, les deux étalons auparavant sans visage avaient désormais les nôtres, et elle abandonna définitivement tout contrôle. Elle eut l’impression que tout son être se concentrait dans son bas ventre, qu’elle n’était plus que deux orifices labourés en profondeur, plus qu’une déferlante de jouissance qui s’écrasait entre nous comme sur des rochers. C’est lui que j’entendis jouir en premier dans un cri étranglé, et j’éjaculai à mon tour en gémissant. Entre les lèvres de Sarah filait une longue mélopée inarticulée.
Un peu plus tard, Sarah me rejoignit dans la salle de bain, vibrante d’émotion et de reconnaissance. Elle se lova dans mes bras pour une dernière étreinte, la bouche pleine de sentiments indicibles qui lui sortaient par les yeux.
- Merci. Merci infiniment Christophe. Vous avez mis la barre si haut… comment, comment pourrai-je….
- Je suis certain que vous saurez me surprendre. Vous gagnerez même nos prochaines joutes, une fois de plus. Vous savez bien que vous êtes la meilleure, de nous deux.
Sans vain coeur ni vain cul - p. 115
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17 mars 2008
Sans vain cœur ni vain cul (chapitre 25)

En voyant Sarah sucer Yann avec application, je ne ressentis rien d’autre qu’un surcroît d’excitation sexuelle. Ses lèvres ourlées semblaient s’apprêter à donner un baiser au bout du gland incarnat, mais elles s’ouvraient lentement au fur et à mesure qu’elle le gobait, jusqu’à avoir la bouche grande ouverte pour enfourner son pieu autant qu’elle le pouvait. Au retrait, ses joues se creusaient et ses lèvres s’agrippaient à la colonne de chair comme une ventouse, laissant derrière elles un filet de salive luisante. Elle alternait ces sucions profondes avec le léchage du gland en exhibant sa langue rose, comme une gamine vicieuse lèche un cornet glacé, le plus salement possible, tout en nous regardant alternativement droit dans les yeux. Yann retenait son souffle. Moi, j’étais au spectacle.
- Ça à l’air bon ! dis-je.
- Vous voulez goûter ? répondit-elle du tac au tac en me tendant la verge raide dont elle tenait la base.
Sans vain coeur ni vain cul - p. 111
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10 mars 2008
Sans vain cœur ni vain cul (chapitre 24)
Comment une jeune bourgeoise rangée, une mère de famille modèle, une épouse dévouée, peut se rendre le cœur battant dans le 14ème arrondissement de Paris, chercher fébrilement la rue Sophie-Germain, s’y arrêter face au numéro 12, franchir précipitamment l’entrée de cet hôtel, rougir comme une collégienne devant un réceptionniste goguenard en demandant la chambre de Mr Vagant, monter vivement les escaliers, puis ralentir devant une porte entrebâillée, hasarder un regard dans l’obscurité totale, pousser précautionneusement la porte de cette chambre, et y pénétrer lentement ? Comment une femme telle que vous peut faire une telle folie, accepter un rendez-vous à l’aveugle un Lundi 19 Juillet à 14h, avec un inconnu dont elle ne connaît que les mots ? Il en faut du désir, pour refermer la porte derrière soi, avancer à tâtons jusqu’au lit à peine aperçu en ouvrant la porte, s’y asseoir timidement, tout en sachant que cet inconnu vous attend là, brûlant des même envies que les vôtres !
Sans vain coeur ni vain cul - p. 105
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03 mars 2008
Sans vain cœur ni vain cul (chapitre 23)
Sarah regarda le foulard qui lui évoqua la muleta que le torero agite devant le taureau pour l’attirer dans un piège en trompe l’oeil, et planter sur son dos une banderille traîtresse sous les vivats du public ravi. Bien qu’elle tînt encore le tissu écarlate en main, Sarah n’était pas dupe quant à la distribution des rôles. Elle savait bien qui serait le matador, qui serait le taureau, et surtout à qui on offrirait ma queue au dépend du cadavre de son amour propre.
Sans vain coeur ni vain cul - p. 99
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18 février 2008
Mission libertine - XIV
Très cher Christophe,
C'est à la va-vite que je couche – notez l’absence primordiale de virgule à cet endroit précis - quelques mots qui ne suffiront pas à combler le lecteur assidu et attentif que vous êtes.
D'avance je vous présente mes excuses pour la brièveté de mon message, j'ai bien reçu le vôtre et je comprends pour l'avoir lu en diagonale que vous croyez en la réincarnation, que votre maîtresse a écrit un livre autobiographique, que vous me proposez un trio avec mon amant, que vous auriez bien aimé vous avoir à vos côtés mercredi dernier lors de cette soirée libertine, que vous ne voudrez jamais me rencontrer parce que vous me pensez belle et séduisante et qu'une fois le virtuel au placard vous me trouverez banale et finalement très peu intéressante… Mais qui dit que cette aura disparaîtrait ? (Pas de réponse SVP)
Trêve de plaisanterie, pour ce qui est de me savoir entre de bonnes mains libertines, je remets en doute considérablement l'homme avisé que j'ai pu voir en mon amant. Il m'a menti et je vais lui prouver que je le sais. Je déteste le mensonge et je préfère un sentiment ou une critique exprimée même si elle n'est pas agréable à entendre, plutôt que la trahison du mensonge. Je monte peu à peu le scénario qui me permettra de lui faire savoir que je ne suis pas dupe, et une fois devant le fait établi je ne pourrai plus que lui présenter mes adieux...
Je me doute que cette histoire ne vous importe pas le moins du monde, mais l'écrire et libérer un peu mon âme me fait du bien. Finalement je crois que je suis certainement plus éprise de lui que je ne veux l’admettre, ou le faire croire aux autres !
Je ne manquerai pas de répondre à votre long message, mais je suis aux prises avec des valises récalcitrantes et les heures passent à une vitesse folle. Comment aborder la chair sans rompre le charme épistolaire ? Voilà une très belle question et je pense avoir la réponse vu que j'ai pu vivre cette magnifique aventure avec mon (ex) amant, tout comme je crois qu'il en est de même avec votre liaison actuelle.Au plaisir de vous écrire,
Sarah
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Très chère Sarah,Ne vous excusez pas, je comprends fort bien que la préparation de votre déplacement ne vous laisse pas le loisir d’écrire comme vous le souhaiteriez, mais permettez-moi quelques remarques pour mieux aiguiller votre réponse que je saurai attendre patiemment, tout au moins jusqu’au 25 Juillet, date à laquelle je commencerai ma migration estivale pour m’envoler sous d’autres cieux.
Je suis fort attristé de savoir la fin de votre liaison. A mon humble avis, toute vérité n’est pas toujours bonne à dire, et on peut omettre certaines choses par amour. Par ailleurs, je pense qu’il faut laisser aux autres le loisir de vivre leur vie privée, et ne pas prendre pour argent comptant les mots doux qui peuvent largement dépasser des intentions plus prosaïques, surtout lorsqu’ils sont prononcés dans le feu de l’action amoureuse. Ces généralités énoncées, je ne sais pas quelle est la nature de ce mensonge, et vous avez toute la sagacité pour juger de sa gravité, au point de cesser une liaison qui semblait vous apporter satisfaction. Vous pouvez m’en parler davantage si vous le souhaitez, ou pour le simple soulagement de l’écrire.
Je ne crois pas que la réponse à ma question soit affaire de généralités, et encore moins de réponse toute prête. J’ai avec ma maîtresse une liaison amoureuse charnelle, qui a depuis longtemps pris le pas sur toute considération littéraire, alors que je partage avec vous une liaison épistolaire charmante, qui ne pourrait plus être ce qu’elle est si nous nous connaissions au sens biblique du terme. D’autre part, je ne sais pas combien de temps pourrons-nous encore continuer de jouer au chat et à la souris, sachant que le moteur de notre correspondance n’est pas le macramé, ni les fiches de cuisine, mais est bien libidinal.
Je renouvelle donc ma question « Comment aborder la chair sans rompre le charme épistolaire ? », non pas à la manière d’un philosophe devisant sur les rapports humains, mais plutôt celle du Zèbre d’Alexandre Jardin : Par quel stratagème peut-on goûter aux joies de la chair sans rompre le mystère de l’inconnu(e), comment connaître la jouissance charnelle sans la trivialité des rapports amoureux, comment jouir de nos corps en ne connaissant que nos mots ?Au plaisir de lire votre réponse,
Christophe
07:55 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Adultère, Alexandre Jardin
11 février 2008
Mission libertine - XIII
En tout et pour tout, Sarah en avait pour une heure. Elle devait sortir du parking, prendre le boulevard Saint Germain, tourner au carrefour de l’Odéon et filer sur les quais tout au long de la Seine jusqu’au pont de la Concorde. À partir de là, elle devrait traverser la place du même nom, puis celle de la Madeleine, et aussi tout le Boulevard Malesherbes jusqu’au périphérique à prendre porte d’Asnières avant de plonger en banlieue où trouver à se garer…
Sarah blêmit devant la véritable épreuve que constituait ce parcours du combattant automobiliste parisien. Assise dans sa voiture, le regard perdu sur le plan, elle se demanda si elle n’allait pas abandonner. Eprouvée par toutes ces émotions, elle ressentit le besoin impérieux de se détendre un instant, autant que d’échapper au parking glauque dont les haut-parleurs crachotaient une musique de superette. Elle bascula son siège en arrière, enclencha un CD dans l’autoradio, et prit machinalement ses boules de geisha qu’elle fit rouler dans la paume de ses mains. La voix jazzy du groupe tok tok tok envahit l’habitacle pour lui souffler une réponse subliminale tandis qu’elle fermait les yeux.
How, can I feel complete,
When there is something restless deep inside of me?
Ce que Sarah ressentait profondément en elle, c’était le petit godemiché, mais il était désormais inerte et elle devait le retirer. Elle se couvrit le bas du corps avec son blouson, ses doigts détachèrent le bouton de son jean, ouvrirent la glissière, et elle fit glisser le pantalon le long de ses cuisses. À tâtons, elle baissa son slip, fit sauter les boutons pression qui fixaient les élastiques du papillon à ses hanches, et elle libéra son calice de l’emprise du butineur. A sa grande surprise, elle était encore humide. Machinalement, elle laissa son doigt glisser sur sa vulve vide.
Once in your life, you want to hear the call,
Or you’ll find that the time is a…
Sous la caresse de la musique et de son doigt, Sarah se détendait peu à peu, tandis que son esprit vagabondait vers celui qui lui faisait vivre cette folle journée. Depuis des mois, il avait rempli sa messagerie, son imaginaire érotique, ses désirs charnels, jusqu’à remplir sa chatte et son cul. À cette évocation, elle sentit son intimité se contracter sur son doigt trop mince. Faute de mieux, elle y fit glisser sans difficulté les boules de geisha qu’elle tenait encore dans l’autre main.
I simply want to leave,
But sometime it’s hard when you can’t begin.
Laid in your life: you gonna miss it all,
You’ll find that the time has flown away
And it’s never ever coming back!
Le claquement d’une portière la ramena brutalement sur terre, ou plus précisément sous terre. Elle remonta son slip, boutonna son jean et redressa son siège.
Une heure plus tard, incrédule, Sarah vérifia une fois de plus l’adresse en se demandant comment elle était parvenue entière devant cet immeuble inconnu. Le cœur battant, elle composa le code de la porte d’entrée qui s’ouvrit comme par magie. Elle pénétra dans la fraîcheur d’un hall ténébreux, et entreprit l’ascension d’un escalier en colimaçon avec les boules de geisha qui roulaient dans son intimité. Au premier palier, elle commença à sentir leur pression sur la face antérieure de son vagin. Au second, elle se mordit les lèvres pour juguler un gémissement intempestif. Arrivée au troisième, elle était à bout de souffle, le visage cramoisi. Accroché à la poignée de la porte de gauche l’attendait un petit sac en papier. À l’intérieur, elle trouva un foulard rouge emballé dans du papier de soie, et bien entendu une lettre qu’elle lut d’une main tremblante.
Très chère Sarah,
Toutes nos félicitations pour être enfin arrivée à la dernière étape de cet examen. C’est maintenant l’heure de vérité. Prenez le foulard dans l’enveloppe, bandez-vous les yeux, puis poussez la porte entrouverte, celle d’où provient cette musique lancinante qui met votre sens auditif à l’épreuve. Entrez, et claquez la porte derrière vous. Sentez-vous ma présence ? Je vais venir vous chercher pour m’acquitter du gage que vous m’aviez donné : vous déshabiller sans l’aide de mes mains, avec ma bouche, mes pieds, ou tout autre outil dont je pourrais disposer. Ensuite, je vous indiquerai oralement quelle est l’ultime épreuve qui testera vos quelques sens qui ne l’ont pas encore été.
Si les surprises que je vous ai réservées jusqu’à présent furent bonnes, la dernière le sera plus encore. Je sais quelles sont vos limites et j’ai conscience de flirter avec elles en vous demandant de passer le pas de cette porte. Sachez seulement qu’au delà vous attend le plaisir, rien que le plaisir, dans une configuration dont la perspective vous a toujours enchantée.
À tout de suite,Vagant
À peine Sarah avait-elle terminé de lire cette lettre qu’elle entendit tourner une poignée de porte.
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04 février 2008
Mission libertine - XII
Trop facile. Il est trop facile de justifier ses désirs par ses frustrations, comme si le désir était défini par le manque, ou les manquements des autres. Le désir est intrinsèque à la nature humaine, il s’impose même aux rassasiés, pensai-je en sortant de la station de métro. Faut-il donc qu’il y ait une quête secrète, un vide intérieur pour que Don Juan se cogne de femmes en femmes, ou bien n’est-il que la bienheureuse victime d’un excès d’appétit ? Tout en marchant sur les trottoirs déserts d’un quartier résidentiel, je ne pus que songer à cet échange de lettres avec Sarah qui avait déclenché l’épopée sensuelle dont nous allions vivre un nouvel épisode. Après une rupture de quelques mois, notre liaison épistolaire avait repris au tout début du mois de Juillet.
Cher Christophe,
Je peux vous assurer qu'entretenir cette relation épistolaire avec vous ces derniers mois n’a pas été pour moi une perte de temps. Même si un jeu de séduction était bel et bien le but de nos premiers écrits, je ne le considère pas stérile, loin de là. Il a été pour moi fort attrayant et si votre esprit n'avait pas déjà succombé aux charmes indéniables de votre sublime maîtresse, je peux vous avouer qu'en plus de me réjouir de vos écrits, j'en serais peut-être (certainement ?) venue à partager un peu plus que des mots avec vous.
Ceci dit, dès le départ vous m’aviez annoncé la couleur, ce qui ne m'a pas empêché d'entrer dans ce jeu au charme captivant sans vouloir pour autant faire de l'ombre à Jeanne, votre princesse. Connaissant mon goût pour les femmes - ou tout au moins ma curiosité pour les relations saphiques qui, à ce jour, demeurent encore inconnues – vous avez essayé de nous présenter l’une à l’autre dans l’espoir d’en tirer, si j’ose dire, un plaisir charnel personnel… Cette approche s’est soldée par un échec, un peu par votre faute, beaucoup par la mienne, au point que la correspondance artificielle que vous avez essayé d’initier entre elle et moi aura sonné le glas de la nôtre… mais n’en parlons plus je vous prie, et réjouissons-nous de nous écrire de nouveau !
Au chapitre de mes soirées parisiennes avec mon amant, puisque vous me posez la question, elles n'avaient rien de si extravagant. Nous avons plutôt plongé dans l'assurément romantique qui n'impose pas d'être vécu forcément à Paris. Mise à part ce dîner croisière sur la Seine, le reste aurait très bien pu se passer à Metz, Los Angeles, ou Argelès…Des moments forts en émotions diverses et variées qui ne sont pas prêts de s'échapper de ma mémoire. Au fait, je viens d’apprendre à ma grande surprise que mon compagnon illégitime a entrepris de me chercher une partenaire féminine, lui aussi. Un cadeau qu'il tente de m’offrir, rien que pour moi. Il ne serait qu'un intermédiaire pour combler sa maîtresse. Il y a indubitablement des attentions qui touchent profondément.
Vous vous demandez si je suis une professionnelle de l’écriture ? Je crois que ce serait de notoriété publique, même si je me souviens vous avoir effectivement tenu quelques propos du genre que vous avancez, mais peut-être ai-je trop sous-entendu certaines idées qui auront émoustillé votre imaginaire débordant. Vous interprétez encore très rapidement certains de mes propos et les considérez ensuite comme fait établit. Qui vous dit par exemple que les autres expériences fabuleuses que je vous avouais avoir vécues étaient d’ordre sexuelles ? J'aurais très bien pu faire allusion à une partie de pêche au gros au milieu de l'Atlantique, un tour de manège qui m'aurait retournée dans tous les sens du terme, une nouvelle recette de la confection d'une tarte aux pommes ! Mais bien sûr, cher Christophe, en plus d'être rapide vous êtes perspicace et ces évènements formidables étaient bien entendu libidineux. Ceci dit, ils ont été rares et n'ont jamais été dans le but d'entraver ma relation avec mon délicieux amant (pour reprendre votre terme et parce qu'il me plaît) qui demeure ma priorité.
J'ai ainsi passé une nuit d'amour avec un homme que je ne connaissais que très peu finalement. Plusieurs échanges de mails, deux rencontres avant de mettre en pratique la théorie, car je ne pensais pas pouvoir un jour m'abandonner corps et âme aux côtés d'un individu qui m'était presque inconnu. Une nuit de plaisir et rien de plus était notre « contrat moral », si tant est qu’on puisse évoquer la moralité compte tenu de notre statut matrimonial : mariés lui et moi mais pas avec les même personnes. Nous partagions cependant l'envie de nous offrir une nuit complète, de nous donner l'un à l'autre sans à priori, sans jugement, et sans plus rien après. Bien qu’intense, nous nous sommes peu investit dans ce contacts charnel, car nous savons que la véritable communion des corps passe aussi par l'esprit. Cependant, un certain feeling nous a permis de vivre presque sans arrêt - je sous-estimais considérablement mon endurance en la matière - des ébats torrides et sensuels du soir au matin. Un baiser en guise d'adieu sur le parking de l'hôtel, - on se reverra ?- oui bien entendu, alors que nous pensions tous les deux l'inverse : Il nous fallait garder ce souvenir impérissable et le réitérer aurait sans nul doute brisé la magie qui nous a accompagnée plusieurs heures durant. Nous ne souhaitions, ni l'un ni l'autre, revivre ces instants charnels. Les suivants n'auraient pu être aussi bons, puissants, envoûtants, fascinants que le premier. Oui j'ai été gourmande dans ce cas précis, mais ce devait être un soir de pleine lune dirons-nous…
Enfin je terminerai par répondre à votre invitation à vous rejoindre vous et votre amante mercredi prochain au cours de cette soirée libertine, en tout bien tout honneur bien sûr… Je reconnais que l'idée m'avait effleuré mais je suis cependant au regret de décliner votre sollicitation.
Et oui, mercredi je fais mon repassage et pas un autre jour, je ne serais pas épilée, mon rendez-vous chez le coiffeur est prévu dans 15 jours, il faut que je change l'eau du bocal de mon poisson rouge, je dois téléphoner à ma soeur, j'ai un bouton sur le nez, ce n'est pas mon jour de sortie, je suis chiante comme la mort, il faut que je plante mes salades au fond de mon jardin…
Ca c'est pour les excuses bidons. Par contre les deux vraies raisons sont que j'ai prévu une nuit avec mon amant cette même date, et que j'ai une peur bleue de vous rencontrer. Que peut bien faire une pauvre femme au foyer avec des libertins cultivés et intellectuels de surcroît ?
Cette question n'attend pas non plus de réponse mais la pression de notre société vis à vis de ces femmes qui ont décidé de rester dans leurs quatre murs pour voir s'épanouir leurs progénitures est très pesante : nous ne sommes que des bonnes à rien si ce n'est à lire les derniers potins de Voilà en regardant les "feux de l'amour" et en faisant le ménage du matin au soir. Je me demande si cette image n’est pas justifiée lorsque je vais chercher mes loulous à l'école, en voyant le tableau pitoyable de ces mamans qui s'habillent comme des sacs et qui n'ont d'autres conversations que les promos à Carrefour, la dent de leur dernier qui vient de tomber, sans oublier les commérages sur les "pétasses bourgeoises et hautaines" de mon espèce qui osent venir en talons hauts à la sortie de l'école et qui n'adressent la parole à personne de peur d'être contaminées par leurs tristes distractions. Je préfère me laisser vilipender, continuer à lire les essais de Montaigne si ça me chante, et oser faire attention à mon apparence puisque je ne veux pas me résoudre à ressembler au stéréotype de la ménagère de moins de cinquante ans !
Je vous souhaite un agréable week-end.
Au plaisir de vous lire encore.Sarah
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Chère Sarah,
J’ai la conviction que bon nombre de professionnels de l’écriture n’ont pas la notoriété que vous feignez d’imaginer. En matière de lettres, le talent ne paie plus, pas même en nature, vous savez, ces fruits amers que sont glorioles et célébrité, si prompts à griser, surtout les tempes. Alors je m’étais imaginé qu’entre un amant et une sortie d’école, vous endossiez le costume de l’obscur(e) nègre(sse) payée aux pages et pour se taire. C’est y pas bête d’être si romanesque ! Vu votre goût pour la précision et les explications de texte, je me demande d’ailleurs si en fin de compte, vous n’avez pas été prof de lettre dans une vie professionnelle antérieure.
Ah, le fantasme du bel inconnu, celui que l’on ne verra qu’une fois. Au risque de vous surprendre, je ne l’ai jamais conjugué au féminin. J’ai certes connu des femmes que je n’ai pas revues, de mon fait ou du leur, mais ce ne fut jamais prémédité. Dans une logique épicurienne cherchant à maximiser les plaisirs et minimiser les déplaisirs, j’ai toujours considéré ces rencontres éphémères comme des erreurs de parcours. Car soit le plaisir n’était pas au rendez-vous, soit la belle a pris ses jambes à son cou et mon ego en a pris un coup. Bref, dans tous les cas l’abstinence aurait été préférable. Apparemment votre expérience d’un véritable contrat hédoniste à durée déterminée vous aura apporté les vifs plaisirs annoncés sans les frustrations redoutées, et je devrais songer à mettre en pratique mes lectures philosophiques actuelles. Je viens de découvrir Michel Onfray par sa « Théorie du corps amoureux », sorte de traité du libertinage dans la lignée d’un épicurisme hédoniste, et je me suis surpris à faire un raid à la fnac avec pour objectif Ovide et son « art d’aimer », les œuvres complètes d’Horace, tout en me laissant malgré tout aller à quelques romans érotisants… A propos de pratique philosophique, j’ai récemment lu « aimer plusieurs hommes » de Francoise Simpère, y reconnaissant presque trait pour trait mon amante Jeanne, à juste titre comme elle me l’a confirmé, et que vous ayez encore quelques remords ou pas, je vous conseille aussi cet essai qui fait l’apologie des fidélités contre l’exclusivité.
Je suis heureux de vous savoir en de bonnes mains libertines, car seul un homme avisé prendra soin de vous trouver une partenaire de jeux saphiques, dont il pourrait aussi goûter ultérieurement les faveurs. Vous vous en doutez sans doute car je vous sais perspicace. Ce qui me surprend davantage chez vous, c’est la légèreté avec laquelle vous abordez votre liaison avec votre amant, sans vous encombrer des sentimentaleries d’usage, avec cette juste distance qui vous permet d’aborder les douceurs romantiques avec lui et des escapades romanesques avec d’autres, sans le vain cœur du jeu de qui-perd-gagne auquel excellent les sentimenteurs. Je ne peux donc que vous féliciter sur votre lucidité, qui parfois me manque.
Jeanne a regretté votre absence Mercredi dernier, dont les débats auraient assurément bénéficié de votre contribution, et elle fut particulièrement surprise par la raison que vous avez invoquée. Elle me connaît assez pour m’avoir démystifié, et à la réflexion, il ne me déplait pas de garder auprès de vous cette aura virtuelle qui risquerait fort de disparaître dès notre première rencontre réelle. Comment aborder la chair sans rompre le charme épistolaire ? Voilà un sujet de dissertation autrement plus excitant qu’une explication de texte et à laquelle je vous invite…Au plaisir assuré de vous lire,
Christophe
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28 janvier 2008
Mission libertine - XI
« Allo, chérie ? »
La voix de son mari lui fit l’effet d’une douche froide. Sarah s’attendait tellement à entendre la voix de Vagant en décrochant le téléphone, qu’elle ne put murmurer qu’un faible « oui » malhabile à masquer sa déception. Cela raviva l’inquiétude de son mari, voire ses soupçons exprimés le matin même.
- Ça va Sarah ?
- Oui, oui, ça va.
- Où es-tu ? j’entends des voix…
- Dans la rue, il y a du monde.
- Bon, je voulais juste te rappeler de bien poster la lettre pour les impôts fonciers en recommandé. N’oublie pas surtout !
- Non, je vais le faire tout de suite.
- Et ce soir je rentre tard, ne m’attends pas pour dîner.
- Oui Marc. À ce soir.
- Tu es sûre que ça va ? Tu as une drôle de voix.
- Tout va bien ! Tu sais, j’ai perdu l’habitude de venir à Paris faire les courses, avec cette foule, c’est tout…
- D’accord. Un petit bisou quand même ?
- Bisou !
- Ne fais pas trop de folies. Bisous. Je t’aime.
Sarah songea qu’il avait fallu qu’il sorte ces mots là à ce moment là, comme pour donner à l’amour un goût amer. Le goût de ses dimanches adolescents passés à jouer au scrabble avec sa mère. Elle n’eut même pas besoin de fermer les yeux pour voir les lettres défiler, et elle sourit malgré elle. De « aimer » à « amer », il n’y à qu’un petit « i » d’écart: celui de la trahison sans doute. Mais qui trahissait qui ? Qui trahissait quoi ? N’avait-elle pas sacrifié ses études pour que Marc puisse terminer les siennes ? N’avait-elle pas été une mère irréprochable avec leurs deux enfants ? N’avait-elle pas assez sclérosé sa sexualité auprès d’un époux surmené ? Quand elle faisait le point, Sarah comprenait qu’elle s’était trahie elle-même. « Ne remets pas à demain ce qui doit être fait le jour même » lui répétait sa mère. Sarah l’avait prise au mot : elle avait claqué la porte le jour de ses dix-huit ans pour bouffer de la vache enragée avec Marc, et depuis, elle avait toujours scrupuleusement respecté cet adage. Sauf pour une chose : vivre. Vivre était chaque jour remis à demain, au lendemain qui chante, au rêve. La vie comme un mirage au bout d’une existence désertique, quand on réalise qu’une famille modèle nichée dans un pavillon au Vésinet ne saurait étancher certaines soifs inextinguibles.
Tout en retournant vers le parking où était garée sa voiture, sans bien savoir ce qu’elle allait faire, Sarah se remémora ses confidences intimes.
Très cher Vagant,
Hier soir mon mari est rentré d'un déplacement de quelques jours. Comme à chacune de ses escapades professionnelles, il est rentré tard dans la soirée, ne trouvant pour l'accueillir que son épouse déjà fatiguée par la journée qui s'achevait.
Il vide tranquillement sa valise tout en me faisant part du budget de l’année, de ses fournisseurs pas trop arrangeants, d'un collègue qu'il va falloir motiver. Je l'écoute, je lui réponds, je lui donne mon avis, puis je m'éclipse au salon pour finir un courrier à poster le lendemain. Ses affaires rangées, il revient vers moi, me laisse passer devant lui pour chercher une enveloppe et un timbre, et il pose une main décidée sur mes fesses ! Tiens, je pensais que depuis tout ce temps il ne savait plus où celles-ci se trouvaient ! Je lui fais face pour découvrir, amusée, son regard pétillant. La séparation de nos corps aura sans doute augmenté son désir pour moi et il m'embrasse fougueusement en me prenant par la taille. Je goûte avec plaisir ce baiser si longtemps souhaité et je sens monter en moi l'envie. Ses mains parcourent mon corps, défont un à un les boutons de mon chemisier, caressent mes cuisses, massent mes seins, me frôlent le visage. Pour bien connaître ce qui me fait fondre, mon officiel passe doucement, très légèrement, à peine, ses doigts à l'orée de ma fente déjà humide. Un appel à l'amour auquel je réponds en lui baissant sa braguette et en lui ôtant son pantalon. Son sexe m'apparaît tendu, gorgé de désir déjà. Il m'invite à le saluer comme il se doit. Je ne peux donc que me pencher vers lui pour l'embrasser, pour le lécher, et rendre ainsi l'objet de ma convoitise plus tentant encore.
D'une main experte je le masturbe pendant que ma langue titille le bout de son gland, il aime cette façon de procéder, je le sais, et la fellation a le pouvoir de m'exciter davantage. Je prends au fond de ma bouche le pénis en érection, puis j’accomplis un va et vient au rythme assez lent pour décupler les sensations. Il gémit, en oublie ses mains baladeuses pour mieux savourer cet instant de plénitude. Ma main libre va de ses fesses appétissantes à ses testicules laissées pour compte, je les enserre dans ma paume, je les palpe jouant ainsi avec elles pour éviter la formation de grumeaux ! Vous savez Vagant, je ne suis pas mauvaise en pâtisserie non plus.
Je continue encore l'irrésistible gâterie qui fait chavirer la gent masculine, en soutenant un peu plus la cadence. Ma bouche gobe entièrement ce dard turgescent pour se retirer quasi complètement et revenir enfin de plus belle à la charge de ce sexe. Un instant je le sens presque faillir, il se retient, ne veut pas jouir tout de suite. Il me soulève, je m'accroche à lui les mains derrière sa nuque et les jambes autour de sa taille, puis il m’installe sur la table de la salle à manger ! Il m'étonne de plus belle, car le lit est le seul et unique lieu de nos ébats habituels.
Il a vite fait d'ôter mon string n'ayant que ma jupe à soulever pour y parvenir. Le postérieur sur le bord de la table je bascule mon buste en arrière prenant appui sur mes coudes et je relève mes cuisses sur ma poitrine offrant à l'homme de ma vie la vision de cette vulve qui n'attend que lui. Il prend son temps, la regarde, la caresse presque timidement, promène ses doigts de mon clitoris à mon vagin sans oublier mon anus qui me fait monter au septième ciel. Les effleurements ainsi prodigués me font perdre mon latin, je halète, j'ai envie qu'il me prenne, qu'il possède mon corps, je veux le sentir en moi. Lui, au contraire, semble avoir décidé de me faire languir au sens propre du terme: c’est sa langue qu’il fait glisser derrière mon genoux, puis tout au long de ma cuisse, jusqu'à aboutir, enfin, sur mon sexe. Je défaille presque. De la langue encore, il s'empare de mon anatomie intime, la touchant de la pointe et d’estoc en se laissant guider par son instinct de mâle en rut. Je sens ce muscle chaud et moelleux me parcourir les lèvres, taquiner mon bouton d'amour. Il y ajoute un doigt au gré de ses envies, dans l'un ou l'autre orifice qui lui est offert. Sa langue s'immisce dans mon vagin recueillant ainsi quelques gouttes du nectar dont je lui fais cadeau. Il me redresse vers lui, nous nous enlaçons debout l'un contre l'autre.
Tendrement il m'invite à faire un demi-tour sur moi même, il couche mon buste sur la table, et j'écarte les cuisses pour l'inviter à me prendre en levrette. Il relève ma jupe sur mes reins, et ma respiration s'intensifie quand je sens son sexe s'introduire en moi. J'aime cette position, la pénétration est plus profonde, plus intense et m'entraîne à un orgasme plus puissant. Il va et vient en moi, les mains sur ma croupe, admirant mes fesses, les caressant aussi. D'abord d'un rythme régulier, le coït s'accélère faisant monter en moi l'extase, elle n'est plus très loin, je ferme les yeux, pour mieux l'accueillir, mieux la vivre, mieux m'en délecter. Mon mari auquel je tourne le dos poursuit sa vigoureuse fornication. Moi, je me laisse aller à l'exaltation, je m'abandonne à l'orgasme qui me fait gémir de bien-être.
À peine ai-je repris esprits que je sens, aux coups de reins saccadés de mon mari, qu'il n'est pas loin de jouir. Dans un seul mouvement je me retourne sur lui, je prends son gland en bouche, et puis tout son sexe. Je m'applique à le masturber à la base de la verge en gardant le même rythme pour recueillir tout son sperme dans ma bouche. Une contraction de son corps, et je sais que le liquide séminal est en route pour l'emmener surfer avec l'extase, et c'est avec enchantement que je reçois son sperme au plus profond de ma gorge. Je me régale de cette semence qu'il a bien voulu m'offrir. Pour ne pas en perdre une seule goutte, je poursuis la fellation, mais sur un rythme plus nonchalant maintenant. Il me relève vers lui, il m'embrasse amoureusement en me prenant dans ses bras, et nous restons ainsi tout les deux silencieux, à savourer ce moment magique. Plus tard nous nous endormons serrés l'un contre l'autre, presque le sourire aux anges mais de toute façon la tête dans les étoiles…Hier soir mon mari est rentré d'un déplacement de plusieurs jours. Il s'est écroulé sur le lit, éreinté après une trop longue journée de boulot, me laissant seulement rêver la scène que je viens de vous raconter… et en plus c'est moi qui me suis tapée la valise à vider !
Sur ces paroles pleines de promesses (surtout pour moi) je vous laisse à la relecture du dernier paragraphe, ce que, je le sais, vous ne manquerez pas de faire.
Baisers chimériques,Sarah
07:05 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Erotisme, Adultère, Histoire Erotique
21 janvier 2008
Mission libertine - X
La nuit n’est plus ce qu’elle était. En moins d’un siècle, l’obscurité, l’effrayante obscurité qui terrorisait les enfants s’est retranchée à l’ombre des ampoules blafardes. La nuit sauvage qui ne se laissait pénétrer que par les plus audacieux lorsqu’elle était bien lunée, n’est plus que la vieille compagne des noctambules, une nuit domestique, parfois putassière quand elle se farde de néons multicolores. Une nuit qui se donne à tout le monde. L’obscurité est pourchassée partout où elle se cache, l’ombre est cernée de toutes parts, jusqu’à sa part de mystère qui lui donne sa substance. On veut tout éclairer alors tout est vu, au risque de ne plus rien distinguer. Même l’aventure est balisée de photos, jalonnée de contrôles téléphoniques, bardée de procédures épistolaires. Aseptisée. Ainsi l’inconnu est livré aux factures, au kilométrage des voitures, aux mouchards sur disque dur. Disséqué au grand jour. Et tout finit par être su à défaut d’être compris.
Ce jour là, il faisait nuit. Il faisait nuit dans la chambre d’hôtel que j’avais réservée sous un faux nom, une nuit noire en plein après midi après avoir fichu dehors un soleil de Juillet. Il cognait aux volets métalliques bien fermés, s’immisçait dans les jalousies, chauffait les rideaux hermétiquement clos par des épingles à nourrice, mais laissait la chambre où j’attendais dans une obscurité totale. Ou presque. Mes yeux avaient fini par s’habituer à la noirceur ambiante, et dans l’écran de la télévision éteinte, je distinguais le reflet d’un rai de lumière traîtresse sous la porte d’entrée de la chambre, qui donnait sur un corridor éclairé au rythme des allées et venues des locataires. Assis à la tête du lit, je sentais la température monter dans la chambre non climatisée avant même la venue de l’inconnue.
Soudain on pousse la porte et je vois un instant se découper une ombre dans le reflet de l’écran, avant que la porte ne soit aussitôt refermée. Je ne pourrais dire qui, d’un homme ou d’une femme, vient d’entrer. Il me semble entendre un souffle, quelques pas hésitants, et une vague silhouette traverse la chambre à tâtons, pour s’immobiliser au pied du lit. J’attends quelques secondes avant de me lever, et d’avancer vers elle tout aussi silencieusement. Je m’arrête juste à côté, assez prêt pour entendre sa respiration s’affoler, et frôler ses cheveux mi-longs en tendant la main. Le bout de mes doigts effleurent sa nuque, glissent sur son épaule dénudée jusqu’au chandail échancré, et mes lèvres embrassent son visage, au hasard, alors que ses mains découvrent mon corps, mes bras d’abord, mes épaules et puis mes flancs qu’elle attire vers elle à son tour, jusqu’à ce que nos bouches se trouvent enfin. Et c’est sans dire un mot que nos langues expriment tout le désir que nous contenions l’un pour l’autre.
D’un geste ferme, je la fais pivoter face au lit. Mes mains fébriles caressent ses seins lourds de promesses au travers de son chandail, les malaxent même, tandis que je me frotte contre sa croupe, autant pour mon plaisir que pour lui faire sentir une érection à la hauteur de mes intentions. Par derrière, ses mains agrippent mes fesses pour augmenter la friction. Le chandail est vite enlevé, le soutien-gorge arraché. En la courbant sur le lit, je sens ses seins peser comme des fruits mûrs dans la paume de mes mains. Je m’agenouille derrière elle tout en abaissant son jean à ses chevilles pour mordiller ses fesses pleines, tel un chiot affamé. Mes vêtements rejoignent les siens en désordre sur la moquette. En quelques minutes, la température est montée de plusieurs crans, au sens propre comme au figuré. Alors je me désaltère à elle, à la salive de sa bouche, à celle que je laisse sur ses tétins en les faisant gonfler entre mes dents, à la liqueur de sa chatte, lisse et onctueuse, après avoir fait rouler son clitoris entre mes lèvres. Je crois bien l’avoir fait jouir à force de m’abreuver à son puits. J’ai si soif que je ne la lâche pas pendant qu’elle me malaxe les couilles d’une main au travers de mon slip, et que de l’autre fourrée sous le tissus élastique, elle branle furieusement ma verge raide avant de me prendre en bouche. Je ne m’y enfonce pas, non, j’y suis happé, absorbé dans la touffeur de son entre cuisse, dans la moiteur de sa bouche avide, mes doigts, ma langue, ma bite, tout glisse dans ses muqueuses humides, au point que j’ai l’impression d’y fondre comme un sucre. Tout au bout de l’étreinte, je ne lâche qu’une giclée de foutre entre ses seins. La première.
Trempés de sueur, de cyprine et de sperme, nos corps battus par de vagues draps soulevés par le souffle du plaisir, arrimés l’un à l’autre au milieu du lit radeau dans la nuit silencieuse, on pouvait tout de même entendre le monde terre à terre gronder au loin, dehors. Nous, nous glissions l’un sur l’autre comme deux lutteurs huileux, sans vaincu ni vainqueur, à l’image de notre utopie libertine : ni vain cœur, ni vain cul.
Dès que j’ai repris un peu de force, c’est tout de même elle qui a prit le dessus et les choses en main, si j’ose dire, puisque c’est entre ses cuisses orageuses qu’elle engouffre mon phallus et sa pèlerine de latex. Elle me chevauche aussitôt, au triple galop, mes hanches coincées dans l’étau de ses cuisses, ses mains agrippées à mes épaules, imprimant elle-même le rythme d’un furieux va-et-vient, non pas de haut en bas mais d’avant en arrière et de droite et à gauche. Ma queue essorée comme dans le tambour d’une machine à laver me procure de violentes sensations dont je suis néanmoins incapable de jouir. Elle s’arrête tout à coup, les cuisses crispées sur mes flancs, la respiration bloquée pour réprimer un gémissement guttural, et elle s’effondre sur ma poitrine en sueur. Pas question de la laisser reprendre son souffle ! Je me dégage de son corps haletant pour la prendre par derrière, en levrette, son cul tendu vers ma grenade dégoupillée, et le haut de son corps gisant sur les draps comme celui d’un pantin désarticulé. Je plante mon dard sans égard dans sa vulve molle, et j’assène autant de claques sonores que de coups de reins sauvages à ses hanches rondes, ahanant au dessus d’elle comme un jockey monte une pouliche à Longchamp. Je ne sais pas lequel de nous deux est arrivé le premier à l’orgasme fulgurant.
Chaleur étouffante, torpeur envahissante, sueur dégoulinante, mais l’envie toujours présente, comme si l’inconfort et le silence abondaient à la débauche qui se fait plus salace à l’orée de sa croupe. Elle invite ma bouche et ma langue. Enfoncer mon visage dans sa raie mouillée pour lui laper l’anus m’apporte une fraîcheur inattendue, et les lobes de ses fesses comme un subtil massage de la face. J’y mets un doigt aussi, et puis deux qui coulissent dans son orifice anal apparemment plus habitué à recevoir un hommage que je ne suis à le donner. Mais je ne me fais pas prier. Mon gland à l’entrée du petit trou, je n’ai qu’à le pousser pour qu’il l’ouvre, qu’il s’y enfonce, qu’il le creuse, qu’il s’épanouisse dans ce terrain, et à chaque fois que je fais mine de le retirer, il s’accroche et pénètre son trou plus profondément encore : chaque coup de mes reins m’enracine aux siens. Son cul ne relâche ma verge qu’exsangue, à bout de frissons et de foutre.
Quand nous eûmes repris nos souffles, peau contre peau, l’inconnue fouilla dans son sac à main laissé au bord du lit. Elle en sortit un téléphone portable sur lequel elle écrivit un message, et elle me tendit l’appareil pour me faire lire : « Je peux vous poser une question ? ».
Malgré tous nos efforts pour que nous ne connaissions ni nos voix ni nos visages, elle entendit mon éclat de rire et j’avais vu son profil à la lueur du portable. Je lui répondis de la même manière, sur son propre téléphone avant de le lui rendre, et entamer avec elle un curieux dialogue écrit, comme sur une messagerie alors que nous étions encore côte à côte:
- Oui.
- Nous n’avions pas prévu de protocole pour aller à la salle de bain.
- Allez-y la première.
- Lorsque vous en sortirez à votre tour, je serai partie. Merci. Pour tout.
- Tout le plaisir fut pour moi, Sarah.
- Non, certainement pas !
Je n’ai pas connu Sarah ce jour là : elle était restée dans la nuit, une nuit d’encre silencieuse pour que nos mots restent couchés. C’était pourtant notre premier rendez-vous clandestin.
06:50 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Erotisme, 69, sodomie
14 janvier 2008
Mission libertine - IX (2)
Après quelques va-et-vient langoureux, Cat sortit son doigt du fourreau de chair humide, et elle le tendit vers le public dont elle sembla désigner un membre digne de ce nom, puisqu’il disposait visiblement de toutes ses capacités érectiles. C’était un tout jeune homme assis à quelques pas de Sarah, légèrement en retrait, aux grands yeux roulant dans un visage vermeille d’excitation et d’acné. Cat fit quelques pas vers lui jusqu’à ce qu’il puisse humer le parfum de son doigt luisant de cyprine. Il en ferma les yeux d’émotion, à moins que ce fût pour mieux fixer dans sa mémoire de puceau le bouquet évanescent de son premier cul, classer ce parfum de sexe avant de pouvoir en jouir pleinement. Et peut-être, sans doute même, cela influencera-t-il à jamais l’accomplissement de sa vie sexuelle, dont un calice bouillonnant de nectar aux effluves luxurieuses lui fera revivre bien malgré lui ce premier émoi : tandis qu’il plongera son biscuit dans l’intimité de sa tendre fiancée qui lui demandera « À quoi tu penses ? » pour s’assurer qu’elle occupe ses pensées autant qu’il investit son sexe accueillant, tandis qu’il s’apprêtera à exprimer des lèvres et des reins toute la vigueur de son amour, sa mémoire facétieuse fera apparaître à ses yeux ébahis le souvenir de ce qu’il vit ce jour là lorsqu’il les ouvrit enfin : Un décor de théâtre foisonnant de dorures, avec au premier plan une jeune femme noire plus que nue, accroupie face à lui, les cuisses ouvertes sur un gros manque de vertu. À chacun sa madeleine.
Dans ce lieu de rendez-vous pour désirs inassouvis, ceux qui sont à jamais flétris et ceux qui n’ont pas encore éclos, un lieu de commémoration en somme, que ce soit celui des émotions passées ou de celles à venir, seul le plaisir de Sarah semblait fleurir. Elle ne réprimait plus que les gémissements qui affleuraient sur ses lèvres entrouverte, livrée à la caresse secrète du petit godemiché caché à l’orée de son vagin, tandis que Yoko dardait de la pointe de la langue un de ses tétons tendus et qu’elle faisait tourner l’autre, encore humide de salive, entre le pouce et l’index. Apparemment satisfaite par cette scène lesbienne improvisée, Cat s’approcha de Sarah dont les paupières papillonnaient sur ses pupilles vacillantes. Aussi lestement qu’elle avait levé la jambe le long la barre de pole dance, Cat enfonça le talon pointu de sa chaussure dans le dossier de l’ottomane, un genou replié frôlant les cheveux de Sarah, l’autre jambe tendue plantée au sol, les cuisses écartées comme en grand écart facial. Intimidée, les yeux de Sarah esquivèrent l’exhibition, avant de s’y accommoder progressivement. Son regard suivit d’abord la courbe de la cuisse élancée sous le cuir tendu aux reflets irisés, les plis de la combinaison qui s’ouvrait en un drapé bordé d’acier, dont la dentelure projetait son ombre sur la peau nue, fine, lisse à l’aine de la jeune femme. Un peu plus bas, le profil de son impudeur se découpait en ombres chinoises sur l’arrière plan du décor chatoyant : ses fesses galbées se rejoignaient en un sillon épanoui, ouvert sur un précipice vertigineux qui attira irrésistiblement le regard de Sarah.
Coiffées d’un petit triangle de poils drus et courts, les grandes lèvres ourlées de la danseuse laissaient s’échapper un drapé de chaires brunes et luisantes qui couronnaient son gouffre, avec son clitoris encapuchonné pour diadème. Cat glissa deux doigts aux ongles nacrés de part et d’autres de sa fente qu’elle écarta lentement, laissant apparaître ses chairs corail et son gros clitoris turgescent. « Made in Nigeria », dit-elle dans un feulement rauque.
Sarah n’eut pas à réprimer l’envie d’explorer cette intimité féminine. Non seulement ses mains étaient toujours maintenues derrière son dos, mais Yoko confirma autant qu’elle devança les désirs saphiques de Sarah, en levant son visage empourpré vers le calice qui la surplombait. Elle combla d’un coup de langue la distance de cette coupe à ses lèvres. Sous le regard hagard de Sarah, la jeune Japonaise léchait la vulve de l’Africaine, elle la lapait avec gourmandise de la pointe du clitoris jusqu’au périnée d’ébène. Son souffle saccadé se mêlait à l’arôme musqué qu’exhalait la vulve brune, se mélangeait au parfum poivré de l’une, s’unissait aux fragrances ambrées de l’autre en subtiles volutes enlacées, enchevêtrées, qui fusionnaient en une effluve capiteuse pour subjuguer Sarah. L’ombre d’un instant, elle n’était plus au spectacle mais au cœur d’un trio pervers à la sensualité affolante, les poignets liés derrière le dos, un godemiché planté sans la vulve, les seins nus livrés aux caresses expertes d’une geisha soumise qui gratifiait d’un cunnilingus sa dominatrice noire, dont la badine flattait sa croupe cambrée, ouverte, jusqu’à coulisser au fin fond de sa raie…
D’un coup sec sur les fesses de Yoko, Cat apporta la touche finale à ce délicieux tableau saphique, et les deux femmes abandonnèrent aussitôt Sarah pantelante pour aguicher les autres spectateurs. Sarah entendit aussitôt la musique entraînante qui n’avait pourtant jamais cessé, elle ressentit les regards lubriques braqués sur ses seins nus, elle fut replongée dans un environnement importun d’où elle avait été extraite pendant quelques secondes, des secondes qui lui avaient semblé être des minutes tant elles étaient intenses. Tandis que Sarah se rhabillait précipitamment, Yoko était retournée auprès du rustique sexagénaire à casquette auquel elle avait laissé son chemiser en gage. Elle s’assit sans façon sur ses genoux, face à lui, cuisses écartées, et, dans un lent mouvement descendant, elle fit glisser sur son visage ses seins plantureux pour lui clore les paupières. Nul ne sait s’il lui adressa ensuite un regard émerveillé parce qu’elle avait fait surgir en lui le souvenir de la mère nourricière ou celui de ses belles vaches normandes. Quant à Cat, elle avait jeté son dévolu sur le jeune puceau. Elle glissa sa cravache entre les cuisses du jeune homme, avant de la coincer entre son menton et le siège sur lequel il était assis, l’obligeant ainsi à se tenir bien droit et la tête si haute qu’il ne pouvait voir ce qu’elle lui faisait, agenouillée entre ses cuisses. Elle n’eut qu’à mimer une fellation en faisant vibrer ses lèvres tendues contre la bosse outrageuse qui déformait le pantalon du pauvre garçon, pour qu’il éjacule au fond de sa culotte en s’imaginant au paradis.
Pourtant, à chaque fois que la géométrie le leur permettait, les deux effeuilleuses adressaient à Sarah des oeillades discrètes, et lorsqu’elles s’allongèrent l’une sur l’autre, en soixante-neuf, le dos de la Japonaise sur les genoux d’un contrôleur fiscal tiré à quatre épingles comme un papillon, chacune d’entre elles parvint, entre deux lapements de chattes, à poser sur Sarah des regards lourds de promesses équivoques, au point qu’elle eut l’impression qu’entre ces liens subtils, tout ce spectacle lui était intimement dédié. Profondément troublée, et horrifiée à l’idée d’affronter les regards des hommes dès la fin du spectacle, elle n’en attendit pas la fin et prit la fuite à la suite du puceau tout penaud. En haut des escaliers, le guichetier l’interpella.
- Mademoiselle !
- Oui ?
- J’ai une enveloppe à vous remettre.
- Ah… je vous remercie.
- De rien, ce fut pour moi un plaisir ! Revenez quand vous voulez !
Sur le trottoir, Sarah ouvrit l’enveloppe et lu les instructions relatives à la suite de sa mission, comme d’habitude - on constate à quelle vitesse les habitudes s’installent, jusqu’au cœur même des aventures les plus échevelées.
Très chère Sarah,
Je pense que votre sens visuel n’aura pas été trop mis à l’épreuve par ce petit spectacle qui, je l’espère, fut à votre goût. Retournez maintenant à votre voiture. Glissez alors les boules de geisha dans votre vagin qui devrait être bien humide, puis partez sans tarder au […]. Le code d’entrée de cet immeuble est le […]. Montez au 3ème étage, et vous trouverez sur la porte de gauche une enveloppe à votre intention. Ouvrez la et suivez les instructions.
Aux intenses plaisirs imminents,
Vagant
PS : Vous trouverez ci-joint une suggestion d’itinéraire.
En voyant la carte de l’itinéraire suggéré traverser tout Paris, Sarah pensait que ce devait bien être l’épreuve la plus difficile lorsque son téléphone sonna. Ce qu’elle entendit la fit brutalement atterrir.
07:20 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Erotisme, japonaise, cunnilingus, Femme Noire




























