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29 avril 2007
Êtes-vous doué de vos mains ? (2)
Voici quelques semaines, une de mes notes était passée inaperçue, ou presque. Sa catégorie inhabituelle, "In Vivo", n'avait pas semblé surprendre mon lectorat distrait, ni même la précision de la date mentionnée: le 25 avril, c'est à dire mercredi dernier. Je ne vous dirai donc pas ce qui s'est passé, je ne vous raconterai pas l'émotion de Gonzague, les yeux bandés entre les mains de deux femmes, concentré sur le désir fugace qu'elles faisaient naître en lui. Mais comme je suis bon prince, je vous révélerai le témoignage d'une d'entre elles:
Enfermées toutes les deux dans le noir, des pas lents s'approchent; Des clefs, lumière d'ouverture de porte; des pas qui tournent; On cherche, on regarde, on trouve...
Nous sortons doucement de notre cachette pour découvrir notre homme assis sagement dans le fauteuil en osier, les yeux bandés. Son cœur résonne sur sa poitrine. Un sourire se dessine lorsque nous commençons doucement par le déchausser. Puis, debout, la danse commence entre nos mains: l'eau, la terre, nos bouches, nos dents, nos langues...
Qu'il est beau les mains perdues dans la terre rouge avec sa chemise déchirée ! J'ai envie de lui. D'elle aussi. Il se passe quelque chose de fort: émotions, tremblements, coups d'ivresse. Qui envoûte qui? Peut importe finalement.
Il a réussi à ne pas nous toucher, à poursuivre jusqu'au bout son défi même s'il fut troublé par deux inconnues qui ne lui voulaient que du bien.
Gonzague devait donc modeler son propre désir, et il a su faire preuve d'une créativité étonnante. Voici son "oeuvre":

Ami lecteur, j'ai l'honneur de vous apprendre que vous avez été promu jury du grand concours international de modelage érotique ! Je vous prie donc de laisser un commentaire à propos de cette oeuvre originale, avec une note comprise entre 0 et 10. Vous prendrez en compte les conditions délicates de sa réalisation, et vous imaginerez ce que cela peut bien représenter...

06:45 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : Êtes-vous doué de vos mains ?, gonzague, libertinage, fellation
27 avril 2007
L'insoutenable légèreté de l'être (2)
"D'un côté, il y a les maisons et, derrière les grandes fenêtres du rez-de-chaussée qui ressemblent à des vitrines de magasin, on aperçoit les minuscules chambrettes des putains. Elles sont en sous-vêtements, assises contre la vitre, dans de petits fauteuils agrémentés d'oreillers. Elles ont l'air de gros matous qui s'ennuient. L'autre côté de la rue est occupé par une gigantesque église gothique du XIVe siècle.
Entre le monde des putes et le monde de Dieu, comme un fleuve séparant deux royaumes s'étend une âcre odeur d'urine."
J'étais au beau milieu de "L'insoutenable légèreté de l'être" de Kundera et je n'ai donc pas résisté au plaisir de recopier ce passage du roman pour vous décrire la vieille église calviniste, vierge de toute sculpture, dont je sortais. Comme toute église gothique, elle abritait à l'origine une orgie de décorations fastueuses, dont de nombreuses représentations du Christ, des saints, voire même des ecclésiastiques à la droite de Dieu au jour du jugement dernier - les prêtres avaient su appliquer le vieil adage: on n'est jamais aussi bien servi que par soi même. Le calvinisme, fidèle aux injonctions bibliques interdisant toute représentation divine, avait extirpé tout ce décorum de l'église, de sorte qu'elle n'était plus qu'un bâtiment pour abriter les fidèles qui ne risquaient plus d'adorer des idoles de pierre comme des fétichistes africains animistes. Face à ce monument de morale austère s'alignait la luxure drapée de pourpre lupanar, et mes pas me conduisirent presque malgré moi vers les vitrines obscènes. Des femmes y exhibaient des charmes usés, comme les pieds d'une vierge idolâtrée par de fervents catholiques. Il y en avait de toutes les couleurs, de toutes les tailles, plus ou moins jeunes, plus ou moins blondes, toutes désabusées. Certaines hissaient un rictus sur leurs lèvres alors que je jetais sur elles des regards équivoques. Derrière tous les simagrées commerciaux qu'elles m'adressaient, derrière leur maquillage qui craquelait déjà, je voyais apparaître leurs défauts distinctifs, leurs manies particulières, leur humanité sordide.
- L'unicité du "moi" se cache justement dans ce que l'être humain a d'inimaginable.
C'est ce qu'écrit Kundera, mais moi, je n'avais rien à faire de leur humanité misérable. Je ne voulais pas être désagréanblement surpris. Si je venais à pousser une de ces portes, je savais que leur masque dégoulinerait comme du mascara même si je n'imaginais pas exactement comment viendrait la désillusion. Je n'éprouverais plus alors que du dégoût pour ce qui était censé être des parangons de féminité, et qui n'en était que la mascarade. La féminité, la vraie, était ailleurs. C'est pourtant dans cette rue que je me suis arrêté. Non, c'est dans cette rue que je suis tombé en arrêt comme d'autres tombent amoureux. Derrière la vitrine embuée, elles ne semblaient attendrent que moi. Était-ce leur troublante gémellité, était-ce le reflet des spots de la vitrine sur leur peau tabac, satinée, d'une incroyable finesse, toujours est-il qu'après tant de laideur, elles m'ont immédiatement sauté aux yeux. Alors je me suis arrêté là, scotché à la vitrine, à les contempler sans bouger. Quelle ligne ! Quel affolant amalgame de galbes et de finesse, d'arrêtes émouvantes, de surplombs troublants !
- Depuis, elle sait que la beauté est un monde trahi. On ne peut la rencontrer que lorsque ses persécuteurs l'ont oubliée par erreur quelque part.
Oui, l'héroïne de Kundera avait raison, la beauté avait été oubliée là, et moi avec. Je les imaginais toutes les deux dans un autre contexte, avec des robes de soirée échancrées, des bas de soie délicats, dans l'intimité de ma chambre d'hôtel. Elles étaient si parfaites que tous les autres accessoires ne pourraient que les mettre en valeur. Et cette perfection là, ostensible jusqu'à l'ostentatoire, ne laissait rien au hasard. Je savais qu'elles seraient souples, maniables, malléables même, et que je pourrais en faire ce que bon me semblerait. C'était elles mon idéal féminin, elles deux identiquement parfaites, elles qui me permettaient d'envisager les plus folles combinaisons. Et plus je laissais vagabonder mon imagination, plus je sentais mon désir monter, irrépressible. J'imaginais déjà leur odeur, alors que je les disposerai sur le lit de ma chambre d'hôtel, leur douceur soyeuse sous mes doigts fiévreux, mon érection vibrante déjà. Je leur ouvrirai mon lit, je les glisserai l'une contre l'autre, je les regarderai dans toutes les positions, des plus naturelles aux plus perverses, dos à dos, face à face, sans dessus dessous, le talon de l'une dans la tige de l'autre. Je ne tiendrai pas bien longtemps, je ne résisterai au plaisir de sortir ma queue, ma verge rutilante d'excitation, de faire glisser mon gland sur elles, par-devant, par derrière. Et puis me déshabiller complètement, me rouler avec elles dans les draps parmi les robes et les bas, et finir par les prendre tour à tour, m'immiscer à l'intérieur de chacune d'entre elles, et jouir, jouir, jusqu'à les remplir de foutre toutes les deux. D'habitude, une seule me suffit, mais là, je savais qu'il me faudrait la paire. J'ai poussé la porte de la boutique et je suis entré.
- Et pour monsieur, qu'est-ce que ce sera ?
- Cette paire d'escarpins en vitrine s'il vous plait. En 36, je les préfère étroites.
07:55 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Livres, fétichisme, Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, Littérature
25 avril 2007
L'insoutenable légèreté de l'être (1)
Les hommes qui poursuivent une multitude de femmes peuvent aisément se répartir en deux catégories. Les uns cherchent chez toutes les femmes leur propre rêve, leur identité subjective de la femme. Les autres sont mus par le désir de s'emparer de l'infinie diversité du monde féminin objectif.
L'obsession des premiers est une obsession romantique: ce qu'ils cherchent chez les femmes, c'est eux-mêmes, c'est leur idéal, et ils sont toujours et continuellement déçus parce que l'idéal, comme nous le savons, c'est ce qu'il n'est jamais possible de trouver. Comme la déception qui les pousse de femmes en femmes donne à leur inconstance une sorte d'excuse mélodramatique, bien des dames sentimentales trouvent émouvante leur opiniâtre polygamie.
L'autre obsession est une obsession libertine, et les femmes n'y voient rien d'émouvant: du fait que l'homme ne projette pas sur les femmes un idéal subjectif, tout l'intéresse et rien ne peut le décevoir. Et précisément cette inaptitude à la déception a en soi quelque chose de scandaleux. Aux yeux du monde, l'obsession du baiseur libertin est sans rémission (parce qu'elle n'est pas rachetée par la déception).
07:55 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : Livres, Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, Littérature
23 avril 2007
Déconseillé aux moins de 16 ans
Vous avez sans doute remarqué sur cette page le petit logo "Déconseillé aux moins de 16 ans" en haut à droite, mais sans doute n'avez-vous pas vu le logo de l'ICRA tout en bas de la colonne de droite.
Non, je n'ai pas reçu une lettre recommandée du CSA m'adjoignant d'ajouter ce pictogramme sur mon blog dont l'audience concurrence celle de France Télévision, ces deux petits machins sont le fruit d'une longue réflexion afin d'éviter l'accès de ce blog aux enfants, et je les ai ajoutés de mon plein gré.
Tout a commencé après avoir lâché un commentaire vaseux sur le blog bien propre de hellohlala. Notre ami m'apprend alors que sa nièce de 7 ans lit régulièrement son blog tout public, et que je devrais dorénavant y surveiller mes commentaires. C'est ainsi que j'ai réalisé que les récits de mes turpitudes n'étaient qu'à un click de nos chères têtes blondes !
Je me suis donc tourné vers mon hébergeur BlogSpirit pour leur demander comment ajouter une page de mise en garde, comme c'est le cas ici. La réponse fut sans appel: Tout contenu interdit aux mineurs est interdit sur les blogs publics de BlogSpirit ! Il me faudrait donc opter pour un blog privé accessible exclusivement sur mot de passe. Voilà qui est un peu trop restrictif à mon goût, d'autant plus que mon blog est loin d'être à caractère pornographique !
J'ai donc décidé de faire confiance aux logiciels de contrôle parental qui devraient équiper les ordinateurs accessibles aux mineurs - dont celui de la nièce de hellohlala - afin d'interdire l'accès de mon blog aux enfants. Encore faut-il communiquer à ces logiciels de filtrage le type de contenu de mon blog, afin que chaque logiciel réagisse conformément aux désirs de l'adulte responsable de son paramétrage préalable. La suite de cette note technique s'adresse donc principalement aux auteurs de blogs qui souhaitent restreindre l'accès à leurs épanchements libidineux. Sinon vous pouvez aller directement au dernier paragraphe.
Les logiciels de filtrage fonctionnent sur la base des mots clefs qui caractérisent votre blog. Ces mots clefs (balise keywords) servent à indexer les sites dans les moteurs de recherche, et ils apparaissent dans l'entête de vos pages web. Dans mon cas, la balise HTML correspondante est:
<meta name="keywords" content="libertinage, littérature, sexualité, érotisme, échangisme, adultère">
qui apparaît entre les balises <head> et </head>
Avec BlogSpirit, ces mots clefs peuvent être spécifiés dans le tableau de bord:
En plus de ces mots clefs, j'ai aussi opté pour un étiquetage ICRA. Cela permet de joindre à votre blog une "étiquette" qui le situe sur diverses échelles telles que la violence, la sexualité, etc... afin de signifier sans la moindre ambiguïté le type de contenu de vos pages. Cette étiquette à la forme d'un fichier .rdf - une déclinaison du format xml - qui vous sera envoyé par l'ICRA après avoir répondu à son questionnaire. Vous recevrez ainsi un message avec votre étiquette personnalisée en attachement: labels.rdf
Ce fichier devrait être ajouté au répertoire racine de votre blog, ce qui n'est pas toujours possible. Avec BlogSpirit, j'ai du le mettre dans le répertoire files dont l'URL est http://extravagances.blogspirit.com/files
La référence à ce fichier doit maintenant apparaître dans l'entête de vos pages web. Cette balise est dans le mail envoyé par l'ICRA, mais vous devrez la modifier pour spécifier l'endroit où vous avez mis le fichier labels.rdf. Dans mon cas, la page principale à ainsi la balise suivante:
<link rel="meta" href="http://extravagances.blogspirit.com/files/labels.rdf" mce_href="http://extravagances.blogspirit.com/files/labels.rdf" type="application/rdf+xml" title="ICRA labels" />
<meta http-equiv="pics-Label" content='(pics-1.1 "http://www.icra.org/pics/vocabularyv03/" l gen true for "http://extravagances.blogspirit.com" r (n 1 s 2 v 0 l 1 oa 0 ob 0 oc 0 od 0 oe 0 of 0 og 0 oh 0 c 1) gen true for "http://www.extravagances.blogspirit.com" r (n 1 s 2 v 0 l 1 oa 0 ob 0 oc 0 od 0 oe 0 of 0 og 0 oh 0 c 1))' />
que j'ai ajoutée à l'entête de mes pages entre les balises <head> et </head>
Sur BlogSpirit, il n'est pas aisé de bricoler l'entête des pages du blog. J'ai du le faire manuellement dans l'option Présentation - Configuration avancée en cliquant sur Modifier le template du Modèle de la page d'accueil:
Et voilà ! Il ne vous reste plus qu'à vérifier que vous ne vous êtes pas trompé en entrant l'adresse de votre blog ici.
Si vous le souhaitez, vous pourrez ensuite ajouter à votre blog un logo ICRA, qui devra pointer à l'adresse suivante: http://www.icra.org/_fr/sitelabel/
Vous pouvez par ailleurs opter pour une mention de mise en garde à l'adresse des mineurs, comme je l'ai fait avec le logo "Déconseillé aux moins de 16 ans" conforme à la signalétique du CSA.
Ami lecteur, je vais maintenant solliciter votre aide pour tester tous mes efforts: Si vous disposez d'un logiciel de contrôle parental, je vous prie de l'activer pour voir si vous pouvez ou non accéder à mon blog, selon les paramètres de filtrage que vous aurez spécifiés.
Après ça, j'espère que les enfants ne tomberont pas sur mon blog par hasard !
07:50 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : ICRA




