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01 février 2007

Le pouvoir du plaisir

Une tendre amie, volontiers féministe à ses heures, fait une claire distinction entre l'excitation psychologique et l'excitation physiologique, en fonction de la position prise par deux amants. Lorsqu'elle regarde les autres, en club libertin par exemple, elle trouve excitant de voir une femme chevaucher son amant, car cette position féminine dominante prouve le libre arbitre de la femme. Paradoxalement, son plaisir est bien plus vif lorsqu'elle se trouve sous les coups de boutoir de son amant, que lorsqu'elle le chevauche. J'ai moi-même pu en faire l'expérience lorsque j'ai été dans un sauna libertin avec cette jeune femme si sensible à la position des uns et des autres.

C'était à l'hyppocampe l'été dernier, un vendredi après-midi exclusivement réservé aux couples, et l'ambiance sensuelle était propice au langoureux massage que je lui ai prodigué. Je l'ai faite jouir avec mes doigts, et j'ai maintenu son état d'excitation en poursuivant mes caresses tout en lui léchant l'anus. Ma position, à priori dominée, pour ne pas dire servile, était pourtant bien celle du dominateur car j'étais le pourvoyeur de plaisir. Elle voulait que je la prenne, elle me le demandait timidement, et je lui refusais ma queue tant qu'elle ne me supplierait pas crûment. Bien plus réservée dans ses paroles que dans ses actes, Sylvie se montra bien incapable de crier le "baise moi !" que je voulais entendre, surtout dans un lieu ou d'autres couples allaient et venaient, dans tous les sens du terme.

Bon prince, j'ai fini par glisser mon mandrin dans son ventre chaud, sans me départir de ma douce cruauté. J'ai utilisé la prise dite "du marteau". Je l'apprécie beaucoup pour la maîtrise qu'elle me donne, et les vives sensations qu'elle procure à ma partenaire. Ses jambes tendues tout au long de mon torse, je la maintenais fermement, avec mes mains sur ses cuisses, mortaisée sur mon tenon, qui coulissait dans sa fente bien ajustée avec une lenteur calculée. Chacun de mes mouvements nous maintenait l'un et l'autre à la limite de l'orgasme, sans en franchir le seuil irrémédiable. C'est moi qui en contrôlais l'accès et qui la dominais encore tant au niveau symbolique que physiologique,  aux antipodes de l'assouvissement égoïste que la plupart des femmes fustigent. Etait-ce pour autant de l'altruisme de ma part ? Certainement pas ! Je reviendrai plus tard sur ce point.

De temps à autre je desserrais ma prise, laissant ma compagne extatique entourer mes hanches avec ses cuisses ouvertes, ce qui me permettait de me pencher sur elle pour lui susurrer, non pas des mots doux mielleux, mais les mots que mon phallus mimait:

- Je te prends
- ...
- Je te possède
- ...
- Je t'envahis, j'assaille ton ventre avec ma queue brûlante
- Oui...
- Ca te plait que je te domine comme ça n'est-ce pas ?
- Oui !
- Et maintenant, tu rêves que je te défonce, que je me lâche ?
- Oh oui !

Croyez-vous, ami lecteur, que j'ai joint le geste à la parole ? Certainement pas ! J'ai continué à lui déverser mes obscénités tout en plantant mon regard dans ses yeux hagards, pour mieux jouir de l'ivresse que je lui procurais. Autour de nous, quelques couples arrêtés, nous regardaient. Mais à force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. N'y tenant plus, Sylvie posa ses pieds à plat sur le matelas, pour imposer son rythme. Elle prenait le pouvoir. Elle allait me faire jouir. Tu me baises, que je lui dis ! Et aussitôt, j'accompagnais son mouvement pour nous catapulter dans l'orgasme. Ivre de plaisir après avoir été ivre de pouvoir, j'ai surfé sur la jouissance avec elle, arrimée à mon sexe qui ne voulait pas débander. Sans changer de position, je l'ai prise plusieurs fois, coup sur coup, avec râge, celle du désespoir qui précède la fin, le déclin ennemi.

Dans sa nouvelle intitulée "question de goût", Françoise Rey ne dit pas autre chose en expliquant son dégoût pour la fellation, qu'elle a pourtant pratiqué, pour ne pas passer pour une gourde d'une part, et d'autre part pour l'ivresse du pouvoir:

medium_metamorphoses.jpg"J'ai retrouvé plus tard, chez des hommes, des hommes faits, mûrs déjà, imbus de leur rôle de dispensateur de plaisir, la même joie passionnée du don, le même orgueil narcissique, la même fausse générosité. Régner sur le plaisir de l'autre, c'est se voir magnifique dans son regard chaviré, magnifique et redoutable, car c'est aussi, quelque part, le dominer et le réduire. Il y a sans doute la même ivresse à prodiguer la volupté que la douleur, et il n'est pas hasardeux que parfois les deux se rejoignent sous le fouet d'un bourreau raffiné.
Oui, à genoux devant mes amants, ou courbée sur leurs trésors palpitants, j'étais un mec, celui qui décide, qui donne, qui reprend pour donner encore, et leurs vertiges m'étaient chers qui consacraient mon pouvoir..."

Commentaires

Le jeudi 01/02/2007 à 15:48 par Salomé :

Et bien mon cher Vagant, je dois dire que c'est la première fois qu'un de vos récit suscite chez moi un sourire complice. J'ai beaucoup aimé et j'avoue que pour une fois j'aurais voulu être à la place de votre maîtresse.

Le jeudi 01/02/2007 à 18:37 par Ysé :

Je trouve ce débat très intéressant. Il est vrai que l'on peut séparer l'excitation dans l'absolu, de ce qui peut nous faire grimper au rideau dans le réel. Néanmoins, j'ai du mal à concevoir les rapports sexuels comme ramenés à la dichotomie domination/soumission ou actif/passif. Je n'imagine pas le dispensateur de plaisir comme uniquement narcissique et dominateur. Je préfère y voir un échange : celui qui donne prend autant de plaisir celui qui reçoit. Dans le cas de la fellation, il vaut mieux que la femme fasse cela par goût, par envie plutôt que pour pouvoir attendre un cuni en retour, ou alors simplement pour se dire qu'elle est une femme accomplie et qu'elle tient son amant par le bout de la queue... On éprouve un réel plaisir à voir l'autre s'abandonner et puis quand il y a excitation, je crois que l'on passe outre les considérations intellectuelles. En revanche, dans le cas de Françoise Rey on comprend qu'elle "intellectualise" un acte qui la révulsait. Puisqu'elle n'aimait pas les fellations, elle y aura sans doute trouvé une compensation et elle voyait du pouvoir, là ou d'autres jouissent pleinement de l'instant. Je vois aussi dans ce type d'attitude une vision quelque peu égocentrique et très individualiste de la sexualité qui nie l'échange et le partage, qui eux procurent, à mon sens, bien plus de plaisir(s).

Le jeudi 01/02/2007 à 19:09 par Comme une image :

@ Ysé & Vagant >
Je serai bref. Autant je partage le point de vue d'Ysé sur la nature de l'échange sexuel, autant je suis forcé de reconnaître que le point de vue décrit par Vagant est (largement ?) partagé ; ma dernière amante en date en était l'illustration.

Le jeudi 01/02/2007 à 20:33 par Une femme libre :

Je trouve votre texte très excitant.

Le vendredi 02/02/2007 à 16:27 par Vagant :

Ysé, je ne nie pas la dimension de l'échange (j'allais écrire "la dimension échangiste" ce qui aurait été un contresens amusant), mais il faut chercher à qualifier, à expliquer ce plaisir de donner. Le plaisir reçu est sensuel, mais le plaisir éprouvé à en donner est plus cérébral. Lorsque je fais un cunnilingus, le plaisir physiologique que me procure ma langue est négligeable face au plaisir cérébral de voir l'autre s'abandonner... grâce à moi !
Eprouverais-tu autant de plaisir à voir ton amant s'abandonner dans les bras d'une autre femme que sous ta langue ? Probablement pas, même si tu avais offert cette femme à ton amant. On n'éprouve donc pas tant de plaisir à voir le plaisir de l'être aimé qu'à lui en donner, car on prend alors de l'importance à ses yeux: On devient ainsi Le Partenaire (sexuel) du moment.

Le vendredi 02/02/2007 à 19:51 par Ysé :

Et bien justement, là où je ne te suis pas, c'est que pour moi le don est tout aussi sensuel. On peut aussi s'abandonner en donnant. Et une fellation sans envie n'a guère d'intêret. Alors si certaines y mettent l'envie de dominer pour mettre du coeur à l'ouvrage, je me permets de trouver ça dommage ; mais personnellement, ce n'est pas mon moteur.
Quant à voir son amant s'abandonner dans les bras d'une autre femme, je crois que c'est encore autre chose. Et c'est marrant que tu crois que le fait "d'offrir" son amant à une autre femme soit différent. C'est tout aussi cérébral, c'est même plus cérébral. Car celui qui échange son partenaire se dit qu'il est le maître d'oeuvre du plaisir de l'autre. Et cela consacre son pouvoir de façon plus insidieuse encore : car cela flatte sa vanité tout en lui donnant l'illusion de pouvoir s'en détacher par ce partage. Donc c'est aussi une façon d'avoir encore plus d'importance aux yeux de son/sa partenaire. Ceci n'est que mon avis, etje comprends qu'il ne soit pas partagé, mais j'assume.

Le vendredi 02/02/2007 à 21:26 par Vagant :

Oui, on peut s'abandonner à donner, s'enivrer du plaisir de l'autre (et certaines liqueurs peuvent y participer...), mais ce ne sera pas un plaisir orgasmique. Le plaisir est donc bien cérébral et son moteur essentiellement psychologique.
Par ailleurs je suis d'accord avec ton analyse du candaulisme dont j'avais parlé au début du mois dernier et qui est sans doute plus insidieux, mais cela nous éloigne du sujet.

Le vendredi 02/02/2007 à 22:11 par Ysé :

Si je comprend bien alors, baisons baisons baisons... Comme ça, orgasme réciproque il y aura! :-)

Le vendredi 02/02/2007 à 22:24 par Ysé :

Et le nourrisson qui tête le sein de sa mère il éprouve un plaisir cérébral? Et les enfants quand ils s'amusent à faire des lallations*? Je suis désolée mais le plaisir oral est quelque chose d'assez fondamental et ça ne se résume pas à du pur cérébral...

*lallations : Jusqu'à environ 3 mois, vous aurez le plaisir d'entendre votre enfant s'adonner à la lallation (aux gazouillis). Cette étape permet au nourrisson de s'essayer aux premières voyelles. Le "a" apparaît tout d'abord, et les parents découvrent bientôt les célèbres "aheu" (bébé ne sait pas encore prononcer les "r" !). La lallation, ou plus communément appelée le jasis, est moins un moyen de communication qu'un plaisir vocal de l'enfant. Ce jeu d'éveil lui permet de découvrir les sensations que provoquent les sons dans sa bouche. Il explore ses capacités vocales. Phénomène caractéristique, le coucher et le réveil sont souvent l'occasion de longs monologues durant lesquels l'enfant répète, remanie, essaie les mots nouvellement appris et les travaille. (source : Tiboo Santé) Mais ce terme existe bel et bien, n'est pas une invention de ma part!

Le samedi 03/02/2007 à 17:34 par six :

très joli texte qui donne envie d'aller au sauna pour des motifs similaires (sauf qu'à chaque fois que je vais au sauna, je me demande comment certains de mes amis qui m'ont fait le cadeau de leur récits érotiques, se débrouillent pour trouver l'énergie nécessaire par une chaleur pareille....enfin!) J'aime beaucouple début du récit et l'équivoque sur le pouvoir à laquelle je ne peux m'empêcher de penser pour la fellation, surtout quand elle est donnée à genoux: oui je suis dominée visuellement mais j'ai tout pouvoir sur le plaisir de l'homme que je prends, et même pouvoir de vie et de mort sur son sexe.
Six

Le dimanche 04/02/2007 à 16:13 par blackberry7 :

La simple lecture de l'épisode, et en particulier de son climax que représentent pour moi vos paroles sussurées, a suffi à générer en moi une onde de chaleur diffuse, si bien que mon visage doit encore être empourpré d'une chaleur fièvreuse.
Mon habituel rigorisme pourrait flancher -une fois de plus est avérée la toute-puissance des mots, et je salue d'ailleurs la qualité du blog, dans lequel on hésiterait presque à laisser un commentaire de crainte de n'en être pas à la hauteur !

Le lundi 05/02/2007 à 10:41 par Vagant :

Blackberry, merci pour votre commentaire. N'hésitez pas à en laisser d'autres, c'est toujours un plaisir d'en lire d'aussi sympathiques.