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04 mai 2008

Post-it (7)

11 Juillet 1977, 17h25

Chéri,

Tu ne devineras jamais qui emprunte Venus Erotica. Hubert ! Ce brave Hubert de Chevilly ! Il est de retour de Floride, bronzé comme une biscotte. Pense à prendre le pain ce soir, Il m’invite à boire un verre à la fermeture de la bibliothèque.

Angélique

 

11 Juillet 1977, 17h30

OK, tu décolleras les pages en pensant à moi. Tu ne veux pas que je prépare l’Amant de Duras pendant que j’y suis ?

JJ

 

12 Juillet 1977, 10h30

Angélique,

Tu n’es pas rentrée de la nuit. J’exige une explication.

JJ.

 

12 Juillet 1977, 10h35

J’étais aux champignons.

A.

À suivre...

06:05 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : post-it

03 mai 2008

Post-it (6)

13 Janvier 1973, 9h25

Ma chérie,

J’espère que tu vas bien, enfin, aussi bien que possible. Ne force pas trop, tout le monde sait que la reprise est difficile dans ces conditions.
Je t’aime,

Jean-Jacques

 

13 Janvier 1973, 11h35

Chéri,

Henri-Pierre - je peux l’appeler Henri-Pierre n’est-ce pas, puisque c’était un garçon - me manque horriblement. Ce matin, j’ai un peu appuyé sur mon ventre comme si j’allais encore sentir ses coups de pied à l’intérieur. J’aimerais avoir un autre enfant…

Angélique

 

13 Janvier 1973, 11h45

Angélique,

Tout cela me semble un peu prématuré. Tout a été tellement précipité l’année dernière. J’aimerais un peu profiter de toi, de nous.

Jean-Jacques

 

13 Janvier 1973, 11h55

Prématuré… précipité… C’est le cas de le dire.
Merci pour ta compréhension,

A.

À suivre...

06:55 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : post-it

02 mai 2008

Post-it (5)

03 Septembre 1972, 9h05

Angie,

J’ai oublié de te dire, mon frère à des prix au VVF de Contrexéville. Qu’en penses-tu, pour le voyage de noces ?

Jean-Jacques

 

03 Septembre 1972, 11h05

Jacky,

Ça te plait, Jacky ? Ça fait assez prolétaire pour toi ? Quant au VVF, « même pas en rêve » comme on dit dans ton milieu.

A.

 

03 Septembre 1972, 11h15

Madame Courteneau,

Il va falloir vous faire à votre nouveau patronyme : je ne m’appelle pas Hubert de Chevilly prout prout. Quant au voyage de noces, ce sera une croisière en barque sur le lac d’Annecy, le fils de prolétaire n’a pas les moyens de vous payer le Nil.

JJ

À suivre...

06:45 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Post-it

01 mai 2008

Post-it (4)

03 Juillet 1972, 9h05

Jean-Jacques, mon amour,

J’ai bien réfléchi, je suis prête à tout pour vivre avec toi. Régularisons la situation au plus vite. Es-tu toujours prêt à m’épouser ?

Angélique

 

03 Juillet 1972, 9h10

Amour de ma vie,

C’est le soleil qui vient de prendre la navette pour descendre jusqu’à moi ! J’exulte de joie ! Pour le mariage comme pour le reste, c’est où tu veux, quand tu veux...
Et ta garden partie ?

Jean-Jacques

 

03 Juillet 1972, 9h15

Horrible.
Pour le mariage, le plus tôt sera le mieux. En toute discrétion.

A.

À suivre...

06:40 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : post-it

30 avril 2008

Post-it (3)

22 Juin 1972, 8h35

Jean-Jacques,

On nous a vus dans la forêt du Grand Roc, depuis la route du Semnoz. Mon fiancé est au courant. Il veut des explications. Je suis perdue !

Angélique

 

24 Juin 1972, 8h45

Mon amour,

Je n’aurai pas l’hypocrisie d’en être désolé. Comment pourrais-je regretter nos étreintes ! Dieu que tes lèvres furent douces sur les miennes, et ta chatte fondante sur ma langue. Rien qu’à t’imaginer penchée en avant, mon nez planté aux tréfonds de ta croupe ouverte, j’ai soif de toi ! Quand le vin est tiré, il faut le boire ! Vivons au grand jour notre passion ! 

Jean-Jacques

 

24 Juin 1972, 9h00

Tu n’es qu’un égoïste ! On voit que ce n’est pas de toi dont on va persifler à la garden partie du domaine de Chevilly. Hubert et moi devions décider de la date du mariage… Qu’est-ce que je vais lui dire pour arranger la situation ?

A.

 

24 Juin 1972, 9h05

Que tu étais aux champignons !

JJ

 

24 Juin 1972, 16h05

Jean-Jacques,

Je n’en reviens pas. Hubert a gobé les champignons. À propos, je crois bien que j’en ai attrapés. Ce n’est pourtant pas la saison… ça me démange de te revoir, mon grand fou. T’es pas fâché, dis ?

Angélique

À suivre...

06:30 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Post-it

29 avril 2008

Post-it (2)

24 Mai 1972, 16h35

Grand fou,

Il a suffit qu’un vieux pervers syphilitique me demande Vénus Erotica, pour que tu en profites pour encoller les pages les plus licencieuses. J’en ai plein les doigts. Ce n’est pas sérieux. Par pitié pour les archives otages de ta lubricité, j’accède à tes desiderata : ma petite culotte est dans l’enveloppe ci-jointe. Alors je t’en prie, aie pitié de Marguerite Duras, c’est pour madame Dupré.

Angélique

 

24 Mai 1972, 17h15

Mon ange,

Jamais je n’ai éprouvé une telle émotion à décacheter une enveloppe municipale. À peine avais-je extrait ta lingerie fine que je l’ai snifée comme une ligne de coke. Me voilà Angélicomane, accro au parfum de ta mouille que j’ai cru déceler aux confins de la dentelle. Voici un exemplaire illustré de Justine pour te donner une idée de mon érection, avant que j’aie répandu mon foutre au fond de ta culotte. Je rêve que tu la portes, que nos nectars se mélangent tout contre ta vulve… 

Jean-Jacques

 

24 Mai 1972, 17h42

Jean-Jacques,

Je reviens des toilettes. J’ai remis ma culotte pleine de ton sperme frais. Il était froid mais il sentait bon. Je l’ai réchauffé contre ma chatte bouillante. C’est malin, j’ai peur de me lever de mon siège maintenant, et qu’on remarque les tâches. C’est la dernière fois que je consens à ces cochonneries pour te faire plaisir. Et je t’en prie, ne t’avise pas de me suivre dans la rue avec tes yeux exorbités, ça fait jaser tout le quartier.

Angélique

PS: Je t’avais demandé L’amant de Marguerite Duras, pas Justine de Sade ! Tant pis, le clitoris de Madame Dupré devra patienter jusqu'à demain.

 

25 Mai 1972, 9h10

Ange de mes nuits, démon de mes jours,

Hier soir, j’ai attendu que tout le monde soit parti pour remonter des archives et sniffer ton siège. Ça sentait bon la salope et j’aime ça ! Je suis raide dingue Angélique, raide pour toi et dingue de toi. Quand accepteras-tu enfin de me voir, ne serait-ce que pour boire un verre ?

Jean-Jacques

 

25 Mai 1972, 9h25

Jean-Jacques,

Tu sais très bien que ce que tu me demandes est impossible. N’oublie pas que je suis fiancée ! Voilà mon soutien-gorge dans la grande enveloppe. C’est bien parce que c’est toi.

Angélique

À suivre...

06:15 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Post-it

28 avril 2008

La nuit démasque (3)

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    Alexandre ne refoule pas l’idée que Daniel touche Aurore. Sa langue glisse sur ses lèvres, intimes. Daniel la lèche plus qu’il ne l’embrasse. Sa langue coule dans la fente ruisselante aux replis de nacre pourpre. Aurore gémit, elle dit « non » tout doucement, elle dit « c’est mal », accentuant le ‘a’ trop grave pour être honnête. Alexandre la rassure, susurre des mots sirupeux : parenthèse, plaisir, ouverture. Il lui donne les excuses qu’elle attend autant que de la verge raide dans sa croupe fendue. Pousser par derrière tandis que Daniel lèche par devant, dedans et aux abords, farfouille dans toutes les encoignures, engloutis des flots de cyprine et une couille de temps en temps. Déraper dans la mollesse du cul qui s’encastre comme sur un platane. S’arrêter de pousser pour essayer de sentir les froncements de l’œillet sur le gland. Reprendre. S’enfoncer millimètre par millimètre. Enculer Aurore en lui disant combien il l’aime…

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