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17 juin 2007

Descente aux chandelles (1)

medium_Lola.2.jpgAvril 2004, un Jeudi soir vers 22h30. Jeanne et moi étions sur le trottoir, à la porte de la Mecque des nuits libertines parisiennes : Les chandelles.

Ce n'était pas ma première sortie en club libertin, j'avais déjà eu quelques expériences à l'Overside, expériences plus exhibitionnistes qu'échangistes, et je m'attendais à vivre plus ou moins la même chose dans cette soirée exclusivement réservée aux couples, voire un peu de mélangisme, sans pour autant exclure la pénétration hors couple même si je ne l’envisageais pas vraiment. Car Jeanne était vierge de toute expérience de pluralité sexuelle et c’était aussi la première fois qu’elle mettait les pieds dans un club libertin. Elle n’avait exprimé qu’une inquiétude : être refusée à l’entrée. Elle aurait pris ça comme un déni de son charme, une insulte à sa féminité, alors elle avait mis toutes les chances de son côté. La veille, allongé sur le lit de la chambre d’hôtel qui abritait notre dernière escapade clandestine, nu, le sexe déjà dressé dans l’attente de son corps lové tout contre le mien, je l’avais regardée essayer sa nouvelle petite robe noire, à demi transparente, ses escarpins aux talons pointus, et son tailleur vintage qui soulignait si bien ses courbes féminines.

Quand nous entrâmes dans le sas d’entrée du club, il y avait déjà un autre couple qui commençait à s’impatienter. La femme vêtue d’un long manteau semblait assez jeune, apparemment maghrébine et plutôt jolie bien que trop maquillée à mon goût. Quant à l’homme, il était grand et de belle prestance. La seconde porte du sas s’ouvrit enfin sur un videur revêche qui leur reprocha aussitôt de venir pour la première fois, auquel cas les premiers jours de la semaine étaient plus indiqués que le Jeudi soir. Je commençais à jeter vers Jeanne des regards dépités lorsque le videur nous pria d’entrer, me confirmant ainsi qu’il y avait bien deux poids et deux mesures.

Après le vestiaire nous descendîmes un escalier qui menait vers le club en sous-sol, et puis nous traversâmes une véritable muraille de rubans roses suspendus au plafond, comme pour symboliser un passage vers un autre mode, une parenthèse aux conventions ordinaires, et nous arrivâmes dans la salle principale du club aménagé dans d’anciennes caves voûtées en pierre de taille. Cette salle qui abritait le bar et la piste de danse déserte, avait une déco résolument kitch : intégralement capitonnée de similicuir bleu foncé, jusqu’au plafond littéralement recouvert de lustres en cristal rococo. Côté faune, de très jolies filles vêtues de peu, des hommes bien sapés, mais sans doute pas à la hauteur de leurs cavalières dont nous soupçonnions certaines d’être des escort-girls permettant aux hommes seuls mais aisés de pénétrer dans le club, dans tous les sens du terme. Quant à la musique, elle aurait certainement fait fuir les clubbers avertis, mais étions-nous là pour nous trémousser que sur la piste de danse ?

Nous nous assîmes dans un coin trop tranquille avec deux gin-tonics, avant d’explorer le reste du club, dont ces fameux « salons câlins ». Nous vîmes le premier au travers des barreaux d’une fenêtre creusée à même la roche. C’était une grande pièce sombre dont les cotés étaient bordés de larges banquettes susceptibles d’accueillir une famille très nombreuse. Un couple s’y ébattait tranquillement. Le pantalon à mi-cuisses et les fesses nues, l’homme était juché entre les jambes de sa partenaire dont on ne voyait que les mollets qui battaient l’air. Dans un coin, une alcôve devant laquelle se pressaient des curieux, et plus loin une autre pièce qui semblait aussi bondée qu’un hall de gare un jour de grève, ce qui ne nous invita pas à pousser davantage nos investigations. C’était reculer pour mieux sauter, si j’ose dire.

 A suivre...

Commentaires

Le dimanche 17/06/2007 à 11:50 par Vintage :

Et oui, j'avoue...

Ce Vintage, qu'il soit ici ou bien qu'il soi-t 'ailleurs... (sic !), il souligne toujours aussi bien les courbes féminines...

;-))

V., lâcheur de chandelle.

Le lundi 18/06/2007 à 10:43 par Comme une image :

« Reculer pour mieux sauter », tu peux bien oser puisque d'après ce que j'ai lu, l'origine de l'expression viendrait de la saillie, justement.

(La suite, la suite !)

Le lundi 18/06/2007 à 14:38 par Georges :

Loin de moi de me comparer à vous, tant comme acteur que comme narrateur, mais cette aventure me rappelle irrésistiblement celle que nous avons vécue et transcrite (bien platement) il y a de cela maintenant six mois. J'espère que votre soirée (la suite, la suite!) s'est terminée de manière moins fiascesque que la nôtre... (je me permets de mettre un lien pour ceux que cela intéresserait, qui et voudraient jouer au petit jeu des comparaisons entre votre expérience et la nôtre).
http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/10/31/notre-1ere-soiree-aux-chandelles-i.html

Le lundi 18/06/2007 à 22:46 par Georges :

Oui, vous avez eu raison de changer, cette illustration est meilleure que la première...

Le mercredi 20/06/2007 à 23:25 par Vagant :

- Vintage, j’avoue ne pas avoir compris le sens de ton commentaire !

- CUI, merci pour cette précision étymologique.

- Georges, je n’avais jamais lu votre récit, mais votre description est tout à fait exacte. Quant à la suite de notre soirée, comme vous pouvez en juger, ce fut (im)pitoyable.