« lun. 26 mars - dim. 01 avril | Page d'accueil
| lun. 09 avril - dim. 15 avril »
07 avril 2007
Êtes-vous doué de vos mains ? (1)
"Suis-je doué de mes mains ?". Telle est la question que Gonzague se pose en composant le code de l'entrée de l'immeuble inconnu dans lequel il s'apprête à pénétrer. Il se pose cette question depuis quelques jours déjà. En vérité, il n'a pas été le premier à la poser. Tout a commencé lorsqu'il a reçu un "mystérieux" billet:
Très cher Gonzague,
Je sais que vous vous posez bien des questions sur votre évolution au sein du monde qui nous entoure, et aussi combien vous-êtes capable de vous remettre en question. Je crois que vous êtes un homme qu'on pourrait qualifier de cérébral, et je ne crois pas me tromper en affirmant que pour vous, l'acte de chair est souvent l'aboutissement d'un processus intellectuel, où la séduction se conjugue au plus que parfait et où l'adjectif se révèle déterminant. Mais de vos mains, mon cher Gonzague, êtes-vous aussi habile de vos mains que vous l'êtes à manier le verbe ?
[...]
Gonzague entre dans le hall ombrageux et s'engage dans les escaliers en colimaçon. Six étages à monter à pied, l'ascenseur est en panne.
Dès la réception de ce billet, Gonzague s'était imaginé devoir donner le plaisir suprême à une inconnue, à l'aide de ses seules mains. Il s'y voyait déjà, dans la luxurieuse chambre où l'attendrait l'inconnue, à demi nue étendue sur le lit. Elle est couchée sur le ventre, il ne voit pas son visage, juste sa silhouette qui tranche sur les draps blancs. Elle a une peau noire satinée parée de dentelle corail. Il s'approche, sans dire un mot. Il sait qu'aucun mot ne doit être échangé. Ses pas s'enfoncent dans l'obscurité, au creux de la moquette onctueuse, s'arrêtent à la tête de lit, où il trouve un flacon d'huile. Il jette sa veste sur le fauteuil qui lui tend les accoudoirs, suivie par son pantalon et sa chemise. Il tient à être à son aise. Face à lui, la femme semble assoupie. Il prend la bouteille d'huile de massage et il verse quelques gouttes du liquide ambré dans la paume de ses mains qui coule entre ses doigts, goutte sur ses avants bras, et son parfum suave s'étend dans toute la pièce. Avec une infinie précaution, ses mains se posent sur les douces épaules de l'inconnue aux bras relevés, entre lesquels ses tresses noires étendues recouvrent son visage de mystère. À peine perçoit-il un tressaillement sous ses doigts, un soupçon de frisson. Gonzague laisse glisser ses mains langoureuses sur les omoplates de la belle alanguie, qui abandonnent derrière elles une traînée moirée. Au premier passage, ses doigts sautent la ligne de dentelle rouge qui barre le dos offert à la douceur de ses mains. Au second, ils effacent cette frontière inutile, et ses mains remontent librement tout au long de ses flancs jusqu'à l'orée de ses seins. Inlassables elles parcourent le chemin des pèlerins voluptueux, toujours plus bas, toujours plus suaves. Délicatement, Gonzague écarte les cuisses de la belle épicurienne et il s'agenouille entre elles, verge dressée comme un serviteur zélé au service de sa maîtresse. Devant lui, cambrée, la croupe à peine voilée de pourpre et de corail. Dieu qu'il aurait envie de mordre dans ce cul magnifique, et que ces mains étreignent maintenant sans vergogne. Le massage n'est plus qu'un alibi pour palper ces fesses rondes et fermes où s'enfoncent ses doigts fiévreux. Il les malaxe, il les écarte, il en fait éclore l'œillet froncé après avoir esquivé la dentelle agaçante en un tournemain. Plus bas, la motte onctueuse réclame son dû. Impossible d'imaginer que la belle lascive est toujours assoupie. Cambrée au maximum, son bassin tendu vers Gonzague ne touche plus le matelas, mais ondule sous ses yeux exhorbités au rythme d'un mapuka ralenti. Gonzague écarte définitivement la dentelle trempée. Démasquée la vulve fait la moue. Ses lèvres sombres, luisantes de mouille, s'ouvrent sur un calice violacé, et se rejoignent, plus bas, en un bouton turgescent. Des gouttes de sève y perlent. Il aimerait les laper, mais il cueille cette rosée du bout des doigts avant de la porter à sa bouche. Ça sent la mer et la cannelle, et il aime ça. Alors il insiste d'une main, alors que de l'autre, il plonge au cœur du lagon. Il y enfonce deux doigts prudents qui écartent les muqueuses écarlates. Il creuse la chair parcheminée, toute irriguée d'envies indomptables, il la creuse comme le sable d'une plage battue par les vagues. Elle tangue, houleuse au plaisir, donne de la voix comme le feulement rauque du vent sur les voiles au grand largue, et elle passe le Cap Horn en marée d'équinoxe. Trop facile !
Oui, définitivement trop facile pour Gonzague qui gravit les escaliers de ce petit immeuble parisien jusqu'au sixième étage. Il s'arrête devant une porte close, plus essoufflé par la crainte de l'inconnu que par la pénible ascension. Il ne sonne pas. Inutile. Sous le paillasson l'attend une clef. Il la tourne dans la serrure de la porte qui s'ouvre sur un petit studio sous les toits. Cela ressemble à un atelier d'artiste. Le soleil s'y engouffre par la fenêtre entrebâillée. D'ailleurs, sur une table contre le mur, il y a de la terre glaise fraîche prête à l'emploi. Gonzague rabat la porte en prenant soin de ne pas la refermer conformément aux instructions qu'il découvre avec vous en lisant cette note, ami lecteur. Il retire sa veste pour ne porter que des vêtements peu fragiles, il dépose la clef sur la table, il s'assied dans un fauteuil en osier - le même modèle que celui du célèbre film érotique Emmanuel - avant de se bander les yeux avec le foulard de soie qui l'attendait sur ce siège. Gonzague n'a pas à patienter très longtemps avant que la porte du studio ne s'ouvre. Il entend des pas sur le parquet, et la porte refermée à clef. Combien de personnes sont là ? Il ne saurait le dire. Pas un mot n'est prononcé, pas un murmure n'est soufflé, juste le bruissement d'étoffes froissées qu'il imagine féminines, et surtout des fragrances qu'il cherche à identifier. On s'approche enfin, jusqu'à lui toucher la main. Une main frêle à la peau douce, une main de femme, assurément. On le tire doucement jusqu'à ce qu'il se lève, et on l'invite ainsi à avancer dans la pièce, à tâtons, au point de se retrouver tout contre la table. Derrière lui, une femme vient plaquer son corps dans son dos. Il en a senti la douce, étreinte en aucun cas virile. Malgré l'injonction formelle qui lui est faite de se laisser faire, Gonzague ne peut s'empêcher de lancer ses mains derrière lui dans l'espoir de saisir celle plaquée contre lui. Mais elle lui attrape les poignets au vol, et les guide fermement vers la terre glaise devant lui. Le contact est froid, désagréable de prime abord, et Gonzague ne sait pas comment s'y prendre pour y modeler... son désir !
Comment donc représenter, matérialiser le désir, les yeux bandés de surcroît, se demande Gonzague tout en pétrissant la terre qui se réchauffe peu à peu sous ses doigts ? Il en est encore à cette interrogation lorsqu'il sent quelqu'un, sous la table, toucher son entre-cuisse. Devrait-il modeler des lèvres pulpeuses, se demande-t-il alors qu'on fait glisser la fermeture éclair de son jean, qu'on glisse des doigts - féminins, il en est certain - dans sa braguette, qu'on en extrait sa verge encore molle, mais qui prend rapidement de la vigueur sous l'effet de baisers brûlants ? On ne désire que ce qu'on n'a pas; Désirer ce qu'on a est contre nature. Cette affirmation péremptoire de Beigbeder s'est imposée à lui contre toute attente. Ne devrait-il donc pas sculpter sa propre érection, plutôt que la bouche ardente qui le suce goulûment ? Comment pourrait-il mieux matérialiser son désir qu'en modelant sa propre verge, son phallus dressé, son dard pompé avec tant d'assiduité ? Il ne peut mieux représenter le désir du plaisir que par la puissance masculine, puissance d'autant plus éphémère - et donc désirable - que la fellation est efficace, diablement efficace. "Vite, pas de temps à perdre mon vieux Gonzague, marmonne-t-il pour lui-même, concentre-toi et dresse cette motte de terre en majestueux obélisque, sans oublier une magistrale paire de couilles à sa base, avant que tout cela ne dégonfle comme une baudruche". Oui mais voilà, entre ses cuisses, la gourmande est insatiable. Non contente de posséder la virilité désirée entre ses dents, elle n'hésite pas à faire choir aux pieds de sa victime, son pantalon et son slip pour avoir le plaisir de malaxer ses fesses nues. Pire, pour échapper à l'éjaculation prématurée avant la fin de son oeuvre, voici notre ami Gonzague contraint de reculer au point qu'il se retrouve rapidement penché en avant, les bras tendus vers sa sculpture avec laquelle il doit garder le contact sous peine de risquer de la renverser. Alors revient brusquement à son esprit la seconde partie du billet que son mystérieux correspondant lui avait envoyé...
Le défi que je vous lance pour ce 25 avril va mettre à l'épreuve votre habilité, votre capacité de concentration ainsi que votre sens tactile. Vous en découvrirez les détails dans une note publiée sur mon blog le 7 avril. Ce défi va aussi requérir votre participation passive au niveau de sa préparation. Je vous demande en effet de prévenir vos partenaires de la publication de cette note sur http://extravagances.blogspirit.com, afin qu'elles me contactent directement sur ma messagerie (vagant75@yahoo.fr) dans le but de participer à ce défi. Bien entendu, elles ne vous préviendront pas, et vous ne les presserez pas de questions pour en savoir plus.
À vous lire,
Vagant
Gonzague réalise alors qu'il connaît les femmes qui se jouent de lui. Mais peut-il les reconnaître aux murmures échappés, aux subtiles fragrances, au touché de leurs mains ? Leurs mains, leurs doigts fins aux ongles nacrés, polis ou vernissés, celles qui guident les siennes sur l'argile humide, celles qui flattent ses hanches, palpent ses couilles, malaxent ses fesses, audacieuses d'insinuations.
Malgré les jeux pervers de ses amantes, Gonzague doit se concentrer. Il doit se concentrer sur tout et rien à la fois, sur son désir à contrôler, sur la représentation de ce désir - qui sera soumise à votre jugement dans une prochaine note, ami lecteur - et sur les femmes qui l'entourent afin de les identifier. Y parviendra-t-il ?
A suivre...
08:35 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Êtes-vous doué de vos mains ?, gonzague, libertinage, fellation, massage
05 avril 2007
Les hyènes
C'était un jeudi soir, j'avais donné rendez-vous à Justine dans un restaurant aux alentours du Moon-City avec le projet immédiat de poursuivre agréablement la soirée dans les vapeurs d'un hammam. Le serveur était stressé, nous abrégeâmes le repas léger, et nous nous dirigeâmes vers ce complexe libertin grandiloquent.
Il y avait peu de monde à l'heure où nous arrivâmes, une petite dizaine de personnes tout au plus, essentiellement des hommes seuls et un couple d'apparence peu attractive. Nous optâmes d'abord pour le hammam. A peine y étions-nous entrés qu'une demi-douzaine d'hommes seuls nous y suivit. Notre masseuse et moi ne faisions pourtant qu'évoquer sagement nos connaissances communes, sans le moindre geste équivoque, la meute d'hommes seuls rodaient autour de nous comme des hyènes autour de leur proie fatiguée en attendant qu'elle se couche. Un homme s'est assis face à nous. Dans son cocktail, de faux glaçons lumineux projetaient sur le bas de son visage un halo rougeâtre qui éclairait ses crocs. Il semblait retrousser les babines en émettant un ricanement sinistre à chacune de nos répliques, avide de s'immiscer dans notre conversation avant de s'introduire ailleurs. Nous ne parvenions plus à parler naturellement.
Nous quittâmes cet endroit étouffant pour aller prendre une douche. Enfin seuls. Nous nous savonnâmes mutuellement. Derrière la porte de la douche, les hyènes s'étaient rassemblées, ricanantes. Justine s'agenouilla devant ma verge dressée sous la douche tiède comme un orage tropical. Les hyènes poussaient sans cesse la porte de la douche que je rabattais aussitôt. Je finis par maintenir la porte d'une main pendant que je caressais la nuque de ma fellatrice de l'autre. Nous battîmes en retraite au bar où les hyènes ne nous suivirent pas: Elles n'y avaient aucune chance de se repaître d'une carcasse alanguie.
Il y a quelques jours, j'ai retrouvé Claire sur msn, avec laquelle je n'avais pas eu l'occasion de clavarder depuis des mois. Elle m'a expliqué avoir vécu une situation similaire au Moon-City, et elle m'a affirmé qu'il y a quelques années, les hommes seuls auraient été beaucoup plus respectueux qu'aujourd'hui. Est-ce bien vrai ? Cette ambiance - que je trouve pour ma part détestable - est-elle le seul fait de ces hommes seuls qui rodent en quête de curée, ou est-elle inhérente à une situation de facto déséquilibrée ? Je me souviens qu'un peu plus tard dans la soirée, j'évoquai brièvement ma première virée dans un sauna libertin, en tant qu'homme seul, justement. L'adjectif s'y était révélé déterminant: seul, seul contre tous, contre les couples qu'on dérange par sa simple présence, et les autres hommes seuls concurrents. Alangui au sauna, j'expliquai à Justine combien cette soirée là avait été pour moi déprimante, ce qui fit déguerpir un homme seul installé non loin d'elle. Je me suis mis un instant à la place de cet homme échoué là dans l'espoir de tirer un peu de plaisir d'une rencontre éphémère, d'y soigner un mal de vivre ou de noyer un chagrin d'amour dans la luxure.
Quel était le dénominateur commun entre cet homme là, et nous qui n'étions venus que pour un moment de détente et de plaisir à deux. Qui n'était pas à sa place ? Le comportement des hyènes était-il illégitime, ou bien était-ce notre présence dans cette jungle résolument mixte ? Y-a-t'il de la place pour les touristes au royaume des bêtes sauvages ?
07:30 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Expériences, sauna, justine, Moon City, libertinage, Littérature
03 avril 2007
Décalage et recadrage
Une de mes dernières notes ayant entraîné un beau débat entre Sapheere, Madeleine et Madame B à propos du décalage entre la liaison épistolaire et sa concrétisation charnelle - sujet qui avait d'ailleurs été l'objet d'une excellente note de Madeleine sur NOLDA - je vais à mon tour l'aborder à la lumière de mon expérience personnelle. Même si l'expérience est une lanterne que l'on porte dans le dos et qui ne sert qu'à éclairer le chemin parcouru, selon Lao Tseu, la sagesse consiste parfois à relever la tête du guidon pour regarder où l'on va sans oublier d'où l'on vient, tout en relativisant sa propre perception afin d'éviter toute généralisation abusive et sclérosante.
Il y a quelques années, j'avais rencontré Fabienne sur un forum de discussion. D'un abord très sympathique, le clavier facile et l'écriture agréable, j'avais échangé avec elle pendant quelques semaines avec un plaisir réciproque, à propos des sujets les plus communs jusqu'aux dialogues légèrement érotiques sur MSN. Fabienne était un peu plus âgée que moi, plutôt jolie sur sa web cam, et surtout pourvue d'un sourire désarmant. Elle avait beau se dire quelconque, je l'assurais de l'inverse, et j'avais poussé la galanterie jusqu'à l'inviter à passer deux jours avec moi à Londres, ce qu'elle avait volontiers accepté. Je lui avais ainsi organisé tout son voyage: j'avais pris bien entendu l'hôtel en charge et pour des raisons pratiques, je lui avais aussi avancé son billet d'avion qu'elle tenait à me rembourser.
Je n'en étais pas à ma première expérience de la sorte. J'avais déjà rencontré des femmes sans les avoir jamais vues, et même si le visage inattendu surprenait à la lumière des confidences érotiques, je n'avais jamais été vraiment déçu. Sans doute avais-je eu de la chance, mais la rencontre physique se concluait positivement lorsque le charme virtuel avait atteint son paroxysme, et que le charnel s'imposait pour espérer aller plus loin. De confidences en confidences, la confiance s'instaurait au point que la rencontre réelle puisse avoir lieu dans le même mouvement fantasmagorique, sans rupture, sans avoir à recommencer la séduction sur de nouvelles bases. Je m'étais d'ailleurs vite lassé du plan resthotel qui ne faisait plus rêver la plupart des femmes avides d'émotions fortes, au point que j'envisageais sans complexe la réalisation de quelques fantasmes dès la première rencontre. Le cadre relationnel restait ainsi extravagant, dissocié de la morne réalité, et le passage à l'acte sexuel s'inscrivait dans un scénario aux frontières du réel.
Je n'avais pas été aussi loin avec Fabienne, et notre première rencontre n'était pas scénarisée. Je l'ai simplement retrouvée au pied de l'hôtel où nous nous étions donnés rendez-vous, et comme vous pouvez vous en douter, j'ai été plutôt déçu. Disons que certains détails physiques n'avaient pas été fidèlement transmis par sa web cam qui ne s'était jamais aventurée plus bas que ses épaules. Toujours est-il que je n'allais pas lui faire l'affront de la plaquer à Londres après tous les kilomètres qu'elle venait de parcourir pour me rencontrer, et j'ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. Après avoir déposé ses bagages dans la chambre d'hôtel, j'ai joué au charmant guide touristique une bonne partie de la journée en me demandant comment esquiver l'inéluctable rapprochement charnel.
Fabienne eut mal aux pieds en fin d'après midi, elle me demanda de retourner à l'hôtel, et je vis arriver avec une certaine appréhension le moment tant attendu. Dans la chambre, la climatisation était en panne et la chaleur étouffante. Fabienne se retrouva rapidement en sous-vêtements. Comme le chante Cabrel, elle avait dû faire toutes les guerres, toutes les batailles de la vie, sauf que moi, je ne me sentais pas vraiment en état de lui faire l'amour aussi. C'est alors que Fabienne eut un coup de génie. Elle étala sur le lit une liasse de billets pour me rembourser son vol. Cela me donna l'impression d'être un gigolo, et me fit bander illico ! D'un simple geste, Fabienne se payait un scénario, elle m'offrait un autre point de vue: un cadre fantasmagorique dans lequel exprimer ma libido. Ne vous méprenez pas, ami lecteur, je ne lui ai pas fait l'amour comme on fait l'aumône, j'ai été grâce à ce geste un amant plus que convenable, et je crois lui avoir offert un séjour bien agréable. Nous nous sommes séparés bons amis avant de nous perdre de vue.
En réalisant ainsi le fantasme de l'escort-boy (probablement comme Coralie réaliserait plus tard celui du légionnaire sous mes assauts forcenés), je dois avouer rétrospectivement m'être un peu forcé, et je me promettais de ne plus jamais me fourvoyer ainsi, promesse que je ne tins d'ailleurs pas. Toujours est-il que cette histoire illustre la vertu du cadre dans les rencontres libertines, cadre qui encadre favorablement le passage du virtuel au réel, sans trop en rompre le charme avec une rencontre précipitée. Poursuivre l'illusion plutôt que se confronter trop rapidement aux contingences réalistes, rester dans le rêve jusqu'aux confins de la chair. Et cela peut durer longtemps, plusieurs mois comme me l'a démontré ma liaison avec Sarah qui mériterait à elle seule tout un roman. Bien entendu, tout dépend des attentes de chacun, mais pour moi qui n'attend que du rêve éveillé, qui ne recherche que le bonheur fugace du plaisir, cela me convient assez bien. Quant au réveil, il ressemble parfois aux matinées douillettes dans l'espace des bras aimés.
08:10 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : Expériences, fabienne, décalage, recadrage, vénalité



