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27 octobre 2007
De la débauche et de la volupté
Moi : la Débauche / Elle : la Volupté
Devinez qui a gagné ? La volupté bien sûr !
11:30 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : débauche, Livres, volupté, diderot, le libertin, Ysé, Littérature
25 octobre 2007
Mission libertine - III
Sarah s’enfonça, avec une certaine appréhension, dans l’étroit boyau caché aux confins de la rue Larrey. Elle déboucha dans la rue Georges Desplas, contourna la mosquée par la rue Daubenton, pénétra dans un petit patio décoré d’émaux polychromes avant de s’infiltrer dans le café mauresque. Là, elle présenta son sésame pour le bien être au guichet du hammam, caché derrière le présentoir de pâtisseries orientales. La caissière l’ensevelit aussitôt sous une avalanche de détails indispensables sur l’art et la manière de profiter pleinement des soins proposés, et Sarah se retrouva, un paréo en main et quelques débris d’explications à l’esprit, face à une paire de prunelles qui la dévisageaient de la tête aux pieds. Elle traversa lentement une salle à colonne, fontaine et matelas sur lesquels s’allonger, en direction de la jeune femme aux cheveux noirs qui ne cessait de la fixer depuis les vestiaires. Des gouttes perlaient dans ses cheveux bruns bouclés, glissaient tout au long de sa gorge, s’enfonçaient entre ses seins recouverts d’un paréo plaqué sur sa peau par l’atmosphère saturée d’humidité. La jeune femme aborda Sarah :
- Bonjour, je suis Petit Nénuphar.
- Oui… et alors ?
- Je suis là de la part de Vagant qui m’a demandée de passer cette matinée, ou tout au moins ce qu’il en reste, avec vous…
- Ah… vous êtes donc l’agent secret, Petit Nénuphar 007 ?
- Oui, mais entre nous, vous pouvez m’appeler Marina, dit-elle d’une voix suave et les paupières en papillons.
Sarah se déshabilla dans le couloir qui faisait office de vestiaire, sous le regard de Marina qui n’en perdait pas une miette. Elles éclatèrent de rire en constatant que le haut du bikini rose barbie que j’avais préparé à l’attention de Sarah ne contenait guère plus que les mamelons de son opulente poitrine, ce qui aurait été parfait pour jouer les James Bond girls sur une plage de Copacabana, mais flirtait avec l’attentat à la pudeur parmi les opulentes matrones maghrébines venues pour leur séance de papotage hebdomadaire. Sarah opta donc pour le maillot que je lui avais demandé d’emporter avec elle, car je n’étais pas du tout sûr de ses mensurations. Il faut dire que je n’avais vu ses seins que du creux de la main.
Dans la salle de transpiration, Marina étala le savon noir sur le dos de Sarah avec autant de sensualité que d’application. Avec cette atmosphère saturée d’humidité, le savon se transformait en pâte onctueuse qui se liquéfiait entre les doigts et s’infiltrait dans tous les pores de la peau. Sarah sentait de douces mains se promener sur tout son dos, qui insistaient sur ses épaules, tout au long de sa colonne vertébrale, jusqu’aux reins. Chaque geste distillait une langueur qui envahissait sa conscience. Marina lui fit pourtant remarquer qu’une certaine tension subsistait dans le corps de Sarah : son esprit s’était abandonné plus vite que son corps n’avait pu suivre. Sarah enfila un gant de gommage pour le passer lentement sur ses jambes. Qu’il était bon de pouvoir enfin s’occuper de soi ! La caresse du gant sur son corps acheva de la détendre, de ralentir enfin le rythme de sa respiration, et elle proposa à Marina de lui passer le gant sur les jambes. Sans attendre sa réponse, Sarah commença par les mollets de son accompagnatrice. Assise les jambes pliées, légèrement écartées, les pieds à plat sur la dalle de marbre où elles étaient installées, Marina était parfaitement détendue, le buste en appui sur ses mains derrière elle. Sarah remonta jusqu’aux genoux pour redescendre le long des cuisses, sans s’aventurer trop près du maillot de Marina, mais en exerçant une pression modérée, quoique de plus en plus accentuée à chaque passage sur l’intérieur de ses cuisses.
Enfin s’allongèrent-elles sur leur serviette étalées côte à côte. Marina ôta discrètement son maillot, le haut et puis le bas, pour mieux profiter de la vapeur d’eau sur tout son corps. Entre ses paupières à demi closes, Sarah caressa du regard la peau luisante de son guide dont les petits seins oscillaient au rythme de sa respiration paisible. Son ventre avait conservé les stigmates de la vie qu’il avait dû porter, et son pubis dont la toison était entretenue comme un jardin a la francaise ne cachait aucun mystère. Sans réfléchir, Sarah abandonna ses derniers complexes avec son maillot, et elle savoura à son tour la sensation de liberté, d’unité du corps, comme si son maillot avait matérialisé des frontières désormais abolies. Elles restèrent ainsi allongées, entièrement nues, avant d’essayer la dernière salle, chaude jusqu’à l’insupportable. Enfin vint le massage, un massage ferme, pour ainsi dire viril s’il n’avait pas été dispensé par des femmes employées du hammam. Tandis que l’heure tournait au point que Sarah commençait à s’en inquiéter, Marina lui proposa de retourner encore quelques minutes dans la salle de transpiration.
Il y avait un peu moins de monde qu’auparavant, tout au plus une douzaine de personnes dans la pénombre de la pièce baignée de vapeur, ce qui lui conférait une atmosphère plus intime. Tout en bavardant de choses et d’autres, Marina commença à masser Sarah qui s’était allongée sur le dos. D’abord au niveau des épaules, ses mains descendirent sur la poitrine tout en prenant soin de contourner les seins : elles ne pouvaient s’empêcher de guetter les réactions des autres femmes malgré la buée qui les transformaient en vagues silhouettes alanguies, et qui ne semblaient manifester que de l’indifférence à voir deux amies se masser mutuellement. Les mains de Marina allaient et venaient sur le ventre de Sarah, s’approchaient toujours un peu plus près de son pubis tout en accentuant leur pression, et glissèrent subrepticement sur l’aine pour s’attaquer aux cuisses, touchant ainsi du doigt l’ambiguïté de la situation : Elles papotaient sur un ton badin au cours d’un massage dont la sensualité confinait à l’érotisme, comme on jette un voile pudique sur les chairs exacerbées. Enfin, les paroles s’éteignirent sous le souffle du désir et Sarah ferma les yeux sur son consentement. Encouragée par un sourire esquissé, Marina caressa enfin les seins convoités, chacun selon une spirale culminant au tétin. Sarah se serait abandonnée au trouble qui l’envahissait si elle ne s’était pas souvenue du temps qui passait. Il lui fallait rapidement se remettre les idées en place, et elle alla s’immerger dans la vasque d’eau froide au cœur de la pièce la plus chaude. Seule dans l’eau, les deux femmes présentes dans la pièce ne purent s’apercevoir que Sarah se pinçait les tétons, titillait son clitoris et caressait ses grandes lèvres imberbes après l’épilation de la veille.
À peine soulagée, Sarah dût néanmoins retourner au vestiaire, où Marina lui remit une seconde enveloppe. Elle l’ouvrit aussitôt, et la curiosité laissa place à la stupréfaction.
07:55 Publié dans Défis (suite) | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : mission libertine, sarah, marina, erotisme, expérience, hammam, récit érotique
23 octobre 2007
Du mariage et de la postérité
Ami lecteur, je vous propose de poursuivre la réflexion entamée dans ma précédente note à propos de la pièce d’Eric Emmanuel Schmitt : « Le libertin ». Résumons la situation : dans le pavillon de chasse du baron d’Holbach, Diderot pose à demi-nu pour Mme Therbouche tout en marivaudant quand son secrétaire interrompt leurs jeux amoureux pour lui demander d’écrire au plus vite l’article sur la morale de l’Encyclopédie. Après avoir défendu ardemment la liberté individuelle auprès de son épouse dans la scène 8, Diderot change de discours dans la scène 13 avec sa fille qui lui annonce vouloir un enfant hors mariage et l’élever seule…

DIDEROT. « Moi » ! « Je » ! Cesse de te mettre au début, au centre et à la fin de tes phrases. Cet enfant doit avoir une famille, même si tu ne veux pas encore en fonder une. L’intérêt de l’espèce doit l’emporter sur celui de l’individu. Oublie pour un moment le point que tu occupes dans l’espace et dans la durée, étends ta vue sur les siècles à venir, les régions les plus éloignées et les peuples à naître, songe à notre espèce. Si nos prédécesseurs n’avaient rien fait pour nous, et si nous ne faisions rien pour nos neveux, ce serait presque en vain que la nature eût voulu que l’homme fût perfectible. Après moi, le déluge ! C’est un proverbe qui n’a été fait que par des âmes petites, mesquines et personnelles. La nation la plus vile et la plus méprisable serait celle où chacun le prendrait étroitement pour la règle de sa conduite. « Moi, moi » ! L’individu passe mais l’espèce n’a point de fin. Voilà ce qui justifie le sacrifice, voilà ce qui justifie l’homme qui se consume, voilà ce qui justifie l’holocauste du moi immolé sur les autels de la postérité.
[…]
MME THERBOUCHE. Dites-moi, étiez-vous sincère, là, à l’instant avec votre fille ?
DIDEROT. Oui. D’ailleurs, je le note immédiatement. L’Encyclopédie se doit d’aider les pères.
MME THERBOUCHE. C’est étonnant. Comment pouvez-vous à la fois défendre le plaisir individuel et dire que l’individu doit renoncer au plaisir pour le bien de l’espèce ?
DIDEROT. C’est une contradiction ?
MME THERBOUCHE. Ça y ressemble.
DIDEROT. Et pourquoi une morale ne serait-elle pas contradictoire ?
MME THERBOUCHE. Parce que, dans ce cas-là, ça ne fait pas une morale mais deux. La morale de l’individu, la morale de l’espèce. Et elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
DIDEROT. C’est ennuyeux…
Il regarde ses feuillets et se met à barrer ce qu’il vient d’écrire avec un soupir.
07:15 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Le libertin, Eric Emmanuel Schmitt, mariage, philosophie, Livres, Diderot
22 octobre 2007
Bachelor (10)
Très chère Cassandre,
Tous les goûts sont dans la nature. Comme je ne préjuge pas des vôtres, je me permets de vous transmettre quelques candidatures atypiques. Mais jugez plutôt…
Chère Cassandre,
Ma candidature est, disons-le d'emblée, certainement bien plus originale que toutes celles que tu as pu lire jusqu'alors. Courbettes littéraires, déclamations virtuelles, lettres dégoulinantes de sentiments chevaleresques, des phrases tirées par les cheveux alors que ces messieurs ne pensent qu'à tirer un coup de queue ! Cela en serait sans doute moins comique si c'était plus trivial. Pourquoi faire des manières et ne pas dire clairement ce que l'on veut ?
À quoi bon, messieurs, vous évertuer à enrober les choses ? Pensez-vous vraiment faire passer votre foutre infâme pour de l'ambroisie ou de l'hydromel? Distillez vos mots si vous le souhaitez, mais cessez de vous prendre pour des alchimistes à la bite enchantée...
Tu ne t'exprimes guère Cassandre, mais honnêtement, je serais curieuse de connaître ton avis sur ce casting -je n'ose dire ce zoo- qui, une fois n'est pas coutume, prétend affirmer la suprématie du règne ani-mâle.
Quitte à froisser des susceptibilités, sache Cassandre que je dis tout haut, ce que je ne pouvais supporter plus longtemps de penser tout bas.
Certes, commencer par une attaque est risqué, mais qui ne tente rien, ne peut espérer quoi que ce soit.
C'est la raison pour laquelle chère Cassandre je vais te dire quelle femme je suis pour que tu puisses faire ton choix en connaissance de cause.Tout d'abord, il ne t'a pas échappé que je te tutoie. J'ai lu que tu es trentenaire et nous avons toutes les deux sans doute à peu près le même âge, voilà pourquoi je préfère dire « tu ». Je ne réserve le « vous » qu'aux personnes âgées ou à mes supérieurs hiérarchiques, non sans mal je l'avoue. Cela peut paraître anecdotique, mais cela te fera sans doute voir que j'ai horreur des conventions que l'on nous impose. J'ai toujours aimé m'aventurer hors des sentiers battus.
Les normes morales imbéciles et figées m'emmerdent vraiment. Ma normalité à moi c'est d'aimer les femmes, d'aimer l'amour avec elles, la baise aussi et de jouir de mon cul à l'envi. J'espère que la crudité de mon langage ne te choque pas Cassandre. Mais je ne vois pas en quoi seuls les hétéros connaîtraient la bestialité de l'acte sexuel.
Ajoutons à cela que des choses, plus que d'autres, me font grimper au rideau. Je veux te parler ici de mon fort penchant pour les jeux D/s. Certains appellent ça le SM, mais ils n'y connaissent rien. Or, les rapports de Dominants et de soumis sont de vrais rapports humains et j'insiste sur ce point. Je ne suis pas une sanguinaire, ni une barbare mais j'avoue volontiers ma parenté avec la mère Fouettard.
Moi, ce qui me plaît c'est être une Maîtresse, dans tous les sens du terme. J'ai d'ailleurs une liaison avec une femme qui est ma soumise. Et l'on ne peut pas dire qu'elle soit malheureuse. Je suis d'ailleurs sûre Cassandre que tu prendrais du plaisir à partager nos jeux ou tout au moins que je t'initie à cet univers. Tu as défié Vagant de t'organiser quelque chose de spécial, moi je te défie d'accepter ma proposition. Peut-être pourrais-tu te révéler à toi-même ou te découvrir une passion pour le cuir, le latex ou mes fessées. J'aime tant lécher le cul zébré de ma soumise après une punition tant méritée.Déjeune avec moi Cassandre, ça ne t'engage à rien. Je ne te sauterais pas dessus, même s'il s'avère que je te trouve charmante. Mais s'il y a affinité tu pourrais bien connaître le grand frisson !
Maîtresse H***
Cassandre, que j'espère pas trop chère quand même, histoire de rester à portée de ma bourse.
Apollon moi-même, dieu vivant du sexe (entre autres qualités comme ma beauté, mon intelligence, ma culture et, surtout, ma modestie naturelle), je me dois d'obtenir tes faveurs, et pour ce faire, je me plierai volontiers à la tradition de devoir te cracher dans ta bouche au préalable. En tournant ma langue sept fois, bien sûr, ne t'inquiète pas.
Si tu es la fille de Priam et que tu te trompes dans les prophéties, moi je suis plutôt le fils de Priape et je ne me trompe pas quand je te prédis du bonheur, du vrai, du lourd, du qu'on redemande, crois-moi sur parole.
Bien sûr, il nous faudra trouver couche à notre mesure, c'est-à-dire essentiellement très bien insonorisée, pour couvrir tes feulements et autres soupirs bruyants lors de tes multiples orgasmes (les Formule 1 de Seine et Marne sont très bien, paraît-il, selon un collègue).
Comme je sais que tu l'as déjà connu à trois, et que tu as fini en partage, je te conseille effectivement d'emmener une copine, vous ne serez pas trop de deux pour calmer mes ardeurs de hardeur bridé, mais débridé.
Maintenant si tu préfères les mous de la plume ou les statues de marbre que tu n'émeus pas, alors casse-toi et paix à tes cendres !I***
Chère Cassetendre,
Je vous imagine belle - en tous les cas les parties révélées en photo.
La séduction par écrit n'étant pas mon point fort, je préfère me fier au feeling résultant d'une rencontre en tête-à-tête que de poursuivre la présente avec des propos faciles de gigolo séducteur en apparence, le papier, même virtuel, étant docile.
Ma candidature au jeu du Bachelor, je la pose avec le sourire ayant comme seul motif qu'elle aboutisse à une rencontre dont vous vous souviendrez avec plaisir.
J***
Sur ce, j’annonce solennellement la clôture de cette première manche. Je vous laisse étudier les candidatures en paix, choisir les personnes que vous souhaitez rencontrer, et je me chargerai de mettre au point les rendez-vous selon les disponibilités des uns et des autres. Je propose que rien ne soit révélé sur vos choix, tout au moins pour l’instant sur ce blog. Plus tard, peut-être, publierai-je quelques notes quant aux anecdotes les plus croustillantes qui ne manqueront pas d’advenir lors des prochains épisodes qui, assurément, ne manqueront ni de sel, ni de piment…
Sur ces délicieuses considérations, je vous souhaite bon appétit !
Vagant
08:55 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : bachelor



