05 novembre 2007
Mission libertine – IV (2)
Me voilà donc étendu, entièrement nu, les yeux bandés et les poignets attachés à la tête de lit. Mon cœur bat déjà la chamade rien qu’à imaginer ce qu’il va se passer dans les prochaines secondes. Je n’en ai qu’une vague idée et le paroxysme de mon excitation est là, à cet instant précis, après sa lente montée à lui suggérer mes désirs pervers sans jamais les écrire clairement. Voilà ! On vient de s’asseoir à mes côtés, et une main à la douceur toute féminine court sur ma peau, de mon cou à mes cuisses, de la pointe de mon glaive au pommeau de mes couilles. Je bande. Je suis moins excité par ma situation d’apparente soumission qu’à savoir Sarah tout près de moi, ou tout au moins de l’imaginer dans le rôle de composition que je lui impose. Car je ne suis pas sûr que ce soit bien elle qui est entrée dans la chambre jusqu’à ce que je reconnaisse sa voix.
- Bonjour Vagant.
- Bonjour Sarah.
- Je vois que vous êtes prêt.
- Oui. Je crois que vous l’êtes aussi. Il me semble vous avoir entendue poser un sac lourd de… comment dire…
- Quincaillerie. Je vais mettre un peu de musique pour vous détendre, et couvrir vos cris.
Mozart entre dans la chambre. Son concerto pour clarinette l’inonde de sérénité apparente : la douceur d’une plume vient frôler mon gland aux muqueuses gonflées d’excitation. Est-ce donc ainsi qu’elle compte me faire capituler ? Probablement pas. Même si je n’ai encore jamais vu son visage, je sais, déjà par expérience, combien Sarah est imaginative. J'ai la certitude qu’elle saura faire durer le plaisir en jouant avec moi comme le chat avec la souris.
- Alors Vagant, avez-vous reconnu ce qui vient de passer sur votre jolie queue ?
- Une plume ?
- Perdu !
Soudain, un vif tiraillement foudroie mon entre cuisse. La peine s’évanouit presque aussi rapidement qu’elle est apparue : Sarah vient de m’arracher un poil de testicules, probablement avec une pince a épiler. Je n’ai pas débandé d’un iota. Je suis toujours aussi excité de la voir, ou plutôt de la savoir aussi bien entrée dans mon jeu : ce qu’elle vient de m’infliger m’a étonné autant que la douleur associée, aussitôt calmée par le doux frôlement qui a repris tout au long de ma hampe qui hisse toujours aussi haut le pavillon de mes envies perverses.
Sarah saute du lit, je l’entends ouvrir son sac, je distingue des bruits indéfinissables au dessus de mon corps offert aux vicissitudes que je provoque, et c’est maintenant une sensation de douceur aussitôt suivie d’une chaleur brûlante qui inonde ma verge. J’halète un instant, plus sous le coup de la surprise que de la brûlure qui s’atténue, pour ne laisser place qu’à la caresses de ses délicieuses lèvres tièdes et de sa langue encore chaude.
- Et maintenant, avez-vous reconnu ce que je vous ai fait ?
- Une fellation au thé chaud !
- Oui, je vous l’accorde, même si le thé n’a pas eu le temps d’infuser.
Sans transition, c’est à la morsure de la glace que mon gland turgescent est soumis. Je ne peux retenir un cri affolé. Mes doigts se crispent sur mon ceinturon qui enserre mes poignets jusqu’à ce que je m’habitue tant bien que mal à l’étrange sensation. Sarah laisse fondre la glace sur mon ventre frémissant et me demande si j’ai su identifier le dernier de ses sévices.
- Une fellation au glaçon !
- Laquelle préférez-vous ?
- Au naturel.
- Je ne suis pas là pour votre plaisir, à moins que vous ne me demandiez grâce dès maintenant ?
- Vous plaisantez ?
- Non !
Sans me laisser le temps de répondre, elle me glisse deux doigts dans la bouche pour barbouiller mes gencives de harissa. C’est infâme, mais ce n’est pas ça qui aura raison de ma persévérance ni de mon excitation : Que va-t-elle encore pouvoir inventer ? Voilà toute ma motivation : savoir jusqu’où je peux la pousser. La réponse tombe aussitôt sous la forme d’une autre question :
- Deux couples libertins se rencontrent. Combien de trios distincts peuvent-ils former ?
- Quatre.
- Bien. Quelle position est la réponse à l’énigme suivante : « Deux pénètrent et deux sont pénétrés, et pourtant ils ne sont que trois » ?
- Le sandwich.
- C’est juste.
- Qui a dit : « L’amour est un esclavage consenti » ?
- Sacha Guitry ?
Je reconnais les questions de mon petit jeu de société libertin, ainsi que l’affreux tiraillement sur mes testicules qui m’arrache un bref gémissement.
- Non, c’est Roland Jacard ! Vous devriez le savoir, c’est tout de même vous qui avez mis au point toutes ces questions. Bon, poursuivons donc avec Sacha Guitry puisque vous y tenez : De quel livre de Sacha Guitry est tiré cet extrait : « Etre marié ! Ca, ça doit être terrible. Je me suis toujours demandé ce qu'on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l'amour. » ?
- Je… Je ne sais plus.
- Faisons… un… rêve !
Telle une institutrice perverse, Sarah m’a arraché un poil à chaque mot de la bonne réponse. La douleur n’avait pas le temps de disparaître qu’elle était aussitôt ravivée, et il me semble que ma peau en a gardé la mémoire lorsqu’une terrible morsure m’arrache un râle : celle d’un glaçon appliqué sur mes bourses encore endolories. Pour la première fois, le doute s’insinue dans mon esprit. Vais-je tenir ? La raideur infaillible de ma verge me donne la réponse : je sais le meilleur encore à venir.
L’avantage d’avoir les poignets liés ensembles est de pouvoir se retourner, ce que me demande Sarah. J’obtempère le cœur battant à l’idée de ce qui m’attend : voir assouvies mes envies inavouées. Avec les genoux repliés sous mon buste, j’imagine très bien le spectacle que je lui offre. J’en ai la certitude lorsque je sens ses mains écarter la raie de mes fesses pour dévoiler mon anus à ses yeux et ses doigts inquisiteurs. L’un d’entre eux vient déposer une noix de gel sur mon petit orifice encore clos, et il en force l’entrée avec le doigté d’un cambrioleur expérimenté. Je sens mon petit trou s’ouvrir facilement sous la pression du doigt qui s’immisce, toujours plus profondément, jusqu’à la garde, avant de ressortir, phalange après phalange. Encore un peu de gel et il revient à la charge, brusquement. Il s’enfonce d’un coup, ressort, rentre à nouveau, et finit par coulisser dans mon cul ajusté comme un tube sur son piston. Mais je me doute que Sarah a prévu une autre cylindrée. Je n’ai pas longtemps à attendre pour qu’entre mes fesses vienne se loger quelque chose de souple, oblong, et conséquent.
- Alors Vagant, vous me demandez grâce ?
- Enculez-moi !
Sarah fait pointer le bout apparemment conique de l’objet qu’elle veut m’introduire à l’entrée de mon orifice presque vierge. La pression s’accentue. Je ne parviens pas à me détendre. Au contraire, je serre les dents. Elle me force, elle me fait mal, mais elle m’ouvre malgré tout. L’oreiller écrasé contre mon visage étouffe mes gémissements, quand elle m’enfonce petit à petit sa chose dans le rectum. C’est loin d’être aussi agréable que je ne l’imaginais, et le retrait s’avère pénible. Sarah arrose mon anus à peine dilaté d’une bonne giclée de gel pour me pénétrer à nouveau avec son gode, encore plus profondément. J’essaie de résister à la déferlante sensationnelle tandis qu’elle accélère ses va et vient dans mon cul, entre excitation cérébrale à me faire sodomiser par une femme et l’inconfort de mon petit orifice tout dilaté. Malgré toute l’intensité de ces nouvelles sensations anales, je sens la tête de Sarah s’immiscer entre mes cuisses, son souffle chaud sur mes couilles qui ballottent au dessus de son visage, sa bouche qui vient s’emparer de ma verge tendue, et la morsure de ses dents sur mon sexe qui me fait hurler ! Stop ! J’abandonne, vous avez gagné ! Comme la dernière fois...
Un coup d’œil à ma montre me tira de ma rêverie dont les effets gonflaient encore mon pantalon. Nous étions un peu en retard sur l’horaire et j’hésitai à appeler Marina à laquelle j’avais remis la seconde enveloppe quelques jours plus tôt. Je décidai de ne pas risquer de les déranger à un moment délicat, mais de m’approcher de l’entrée du restaurant de la mosquée où j’allai soumettre Sarah à une épreuve particulièrement vicieuse qui, déjà, m’avait pris des heures de mise au point.
04:25 Publié dans Défis (suite) | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : mission libertine, sarah, expériences, erotisme, domination, sex toy, récit érotique
29 octobre 2007
Mission libertine – IV (1)
C’est pour ainsi dire une question de vie ou de mort : je dois prendre la première qui se présente.
Elle arrive bourrée comme une bavaroise à la fête de la bière. Tant pis. Je joue des coudes pour m’en approcher, être le premier à m’y enfoncer, comme une brute. Elle se traîne jusqu’au bout du quai noir de monde, s’arrête enfin, semble hésiter, et elle vomit un flot de voyageurs exténués. La rame en ingurgite aussitôt une autre rasade dont j’ai su faire partie.
Le métro m’éructe à Wagram. J’ai trente-cinq minutes pour trouver une bouteille de champagne, un plateau de petits fours, et l’hôtel Mercedes à la façade Art Déco et aux vitraux géométriques. Hôtel de charme côté face. Cathédrale luxurieuse côté pile. Quarante minutes plus tard, je monte les escaliers quatre à quatre jusqu’à la porte de ma chambre. Toujours la même, curieusement, comme si je faisais du sur place. En luxure comme en art, le renouveau n’est qu’un éternel recommencement.
Je me déshabille intégralement. Une douche, une goutte de parfum… et je réalise que j’ai oublié un élément fondamental de mon scénario : le bandeau ! Tant pis, j’en improviserai un avec une serviette de bain. Je retourne dans la chambre, j’attache le bout de mon ceinturon à la tête de lit et je forme un nœud coulant avec la boucle.
C’est maintenant l’instant crucial : j’ai cinq minutes pour ouvrir la porte de la chambre, la laisser entrebâillée, m’allonger dans le lit, nouer la serviette autour de ma tête, glisser mes mains jointes dans la boucle du ceinturon et tirer un coup sec.
Voilà. Mes poignets sont pris. Il ne me reste plus qu’à l’attendre. Oh, je n’ai pas peur de rester accroché là si elle ne venait pas : je pourrais me détacher tout seul sans trop de difficulté. J’ai simplement peur qu’elle ne vienne pas, tout comme j’appréhende son arrivée. La tension monte, impérieuse, dans tous mes membres, tous… Ça y est ! Ma tortionnaire vient d’entrer ! La porte claque derrière elle. Je l’entends poser un sac lourd de brûlantes promesses. Elle s’approche de mon corps étendu, à demi nu, au point que ses doigts frôlent mon buste dans un silence sensationnel. Ils repoussent la lisière de ma nudité jusqu’à s’octroyer ma virilité orgueilleuse. Enfin ! À moi la grande vie et la petite mort !
J’avais quelques heures à attendre Sarah aux alentours de la mosquée, et mon esprit vagabondait dans les souvenirs cuisants laissés par ma dernière nuit avec elle : un vrai défi, pour la troisième fois, lancé par écrit quelques jours auparavant…
Très chère Sarah,
Après avoir versé un peu de piment sur une blessure encore vive, ou tout au moins sur une certaine irritation de vos muqueuses, entre autre, je vous offre le baume de la vengeance : Je vais m’offrir à vous. Non pas comme une femme s’offre à un homme, dans l’attente d’un plaisir partagé, mais comme un esclave s’offre à son maître, dans l’attente du seul plaisir pervers du maître aux dépends des supposées souffrances de l’esclave. Pratiquement, nous allons nous donner rendez-vous dans une chambre d’hôtel où je vous attendrai, en pleine lumière, presque nu, les yeux bandés et les poignets liés à la tête du lit. Offert et soumis, vous pourrez faire de moi ce que vous voudrez. Oui, vous avez bien lu, vous avez carte blanche, je vous fais confiance pour être une dominatrice vicieuse, perverse, sadique. Vous pourrez donc me faire subir tous les sévices, toutes les humiliations, jusqu’à ce que je demande grâce, jusqu’à ce que je dise stop, ce qui mettrait immédiatement fin au jeu et vous ferait gagner ce défi.
Je laisse à votre imagination débordante le soin de choisir ce que vous allez me faire subir, le plus évident consistant à vous équiper afin d’appliquer les préceptes de Vatyayana, auteur du Kamasutra : « Quelque chose que l’un des amants fasse à l’autre, celui-ci doit lui rendre la pareille : baiser pour baiser, caresse pour caresse, coup pour coup ». Quoi que vous me fassiez, je vous demanderai seulement la faveur d’être progressive, pour ne pas m’infliger de blessures qui certes me feraient rendre grâce, mais risqueraient aussi de terminer brutalement et prématurément notre rencontre. D’un autre côté, je vous promets de ne pas tricher en me masturbant pour vous imputer ensuite ma jouissance.
En effet, toute médaille a un revers : Si au cours de cette séance je venais à jouir, si vous veniez à faire couler mon sperme, volontairement ou non, alors cela mettrait fin au jeu en me faisant gagner la partie. Le chocolat que je vous offre est donc bien amer, car vous ne pourrez en aucun cas jouir de ma virilité sans risquer de me faire jouir aussi. Par ailleurs, je garderai le bandeau tout au long de notre entrevue, je ne croiserai pas votre regard, et ce n'est pas encore cette fois-ci que je verrai votre visage en pleine lumière. Tel sera le seul tabou de ce jeu. De votre côté, vous pourrez vous repaître du spectacle de ma nudité - hormis le bandeau qui cachera le haut de mon visage - et même l’immortaliser si l’envie vous en passait par la tête, vous avez carte blanche vous dis-je, avec la liberté de me détacher, de me ligoter davantage, ou d’inviter un bataillon pour participer à ma reddition si cela vous chante ! L’enjeu de ce défi sera un gage auquel le perdant devra se soumettre, et une proposition de jeu pour la rencontre suivante. Je pense que vous accepterez ce défi, dont la victoire ou la défaite ne se joue qu’à un mot ou un geste. Il va sans dire que je serais très déçu que vous le refusiez.
Enfin, je ne résiste pas au plaisir de citer Beigbeder : « Les hommes craignent la vie de couple pour une seule raison : La peur de la routine. Cette peur en cache une autre : celle de la monogamie. Les types n’arrivent pas à admettre qu’ils puissent rester toute leur vie avec la même femme. La solution est simple : il faut qu’elle soit bonniche et putain, vamp et Lolita, bombe sexuelle et vierge effarouchée, infirmière et malade ».Au plaisir de tout,
Vagant
06:35 Publié dans Défis (suite) | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : mission libertine, sarah, expériences, erotisme, domination
25 octobre 2007
Mission libertine - III
Sarah s’enfonça, avec une certaine appréhension, dans l’étroit boyau caché aux confins de la rue Larrey. Elle déboucha dans la rue Georges Desplas, contourna la mosquée par la rue Daubenton, pénétra dans un petit patio décoré d’émaux polychromes avant de s’infiltrer dans le café mauresque. Là, elle présenta son sésame pour le bien être au guichet du hammam, caché derrière le présentoir de pâtisseries orientales. La caissière l’ensevelit aussitôt sous une avalanche de détails indispensables sur l’art et la manière de profiter pleinement des soins proposés, et Sarah se retrouva, un paréo en main et quelques débris d’explications à l’esprit, face à une paire de prunelles qui la dévisageaient de la tête aux pieds. Elle traversa lentement une salle à colonne, fontaine et matelas sur lesquels s’allonger, en direction de la jeune femme aux cheveux noirs qui ne cessait de la fixer depuis les vestiaires. Des gouttes perlaient dans ses cheveux bruns bouclés, glissaient tout au long de sa gorge, s’enfonçaient entre ses seins recouverts d’un paréo plaqué sur sa peau par l’atmosphère saturée d’humidité. La jeune femme aborda Sarah :
- Bonjour, je suis Petit Nénuphar.
- Oui… et alors ?
- Je suis là de la part de Vagant qui m’a demandée de passer cette matinée, ou tout au moins ce qu’il en reste, avec vous…
- Ah… vous êtes donc l’agent secret, Petit Nénuphar 007 ?
- Oui, mais entre nous, vous pouvez m’appeler Marina, dit-elle d’une voix suave et les paupières en papillons.
Sarah se déshabilla dans le couloir qui faisait office de vestiaire, sous le regard de Marina qui n’en perdait pas une miette. Elles éclatèrent de rire en constatant que le haut du bikini rose barbie que j’avais préparé à l’attention de Sarah ne contenait guère plus que les mamelons de son opulente poitrine, ce qui aurait été parfait pour jouer les James Bond girls sur une plage de Copacabana, mais flirtait avec l’attentat à la pudeur parmi les opulentes matrones maghrébines venues pour leur séance de papotage hebdomadaire. Sarah opta donc pour le maillot que je lui avais demandé d’emporter avec elle, car je n’étais pas du tout sûr de ses mensurations. Il faut dire que je n’avais vu ses seins que du creux de la main.
Dans la salle de transpiration, Marina étala le savon noir sur le dos de Sarah avec autant de sensualité que d’application. Avec cette atmosphère saturée d’humidité, le savon se transformait en pâte onctueuse qui se liquéfiait entre les doigts et s’infiltrait dans tous les pores de la peau. Sarah sentait de douces mains se promener sur tout son dos, qui insistaient sur ses épaules, tout au long de sa colonne vertébrale, jusqu’aux reins. Chaque geste distillait une langueur qui envahissait sa conscience. Marina lui fit pourtant remarquer qu’une certaine tension subsistait dans le corps de Sarah : son esprit s’était abandonné plus vite que son corps n’avait pu suivre. Sarah enfila un gant de gommage pour le passer lentement sur ses jambes. Qu’il était bon de pouvoir enfin s’occuper de soi ! La caresse du gant sur son corps acheva de la détendre, de ralentir enfin le rythme de sa respiration, et elle proposa à Marina de lui passer le gant sur les jambes. Sans attendre sa réponse, Sarah commença par les mollets de son accompagnatrice. Assise les jambes pliées, légèrement écartées, les pieds à plat sur la dalle de marbre où elles étaient installées, Marina était parfaitement détendue, le buste en appui sur ses mains derrière elle. Sarah remonta jusqu’aux genoux pour redescendre le long des cuisses, sans s’aventurer trop près du maillot de Marina, mais en exerçant une pression modérée, quoique de plus en plus accentuée à chaque passage sur l’intérieur de ses cuisses.
Enfin s’allongèrent-elles sur leur serviette étalées côte à côte. Marina ôta discrètement son maillot, le haut et puis le bas, pour mieux profiter de la vapeur d’eau sur tout son corps. Entre ses paupières à demi closes, Sarah caressa du regard la peau luisante de son guide dont les petits seins oscillaient au rythme de sa respiration paisible. Son ventre avait conservé les stigmates de la vie qu’il avait dû porter, et son pubis dont la toison était entretenue comme un jardin a la francaise ne cachait aucun mystère. Sans réfléchir, Sarah abandonna ses derniers complexes avec son maillot, et elle savoura à son tour la sensation de liberté, d’unité du corps, comme si son maillot avait matérialisé des frontières désormais abolies. Elles restèrent ainsi allongées, entièrement nues, avant d’essayer la dernière salle, chaude jusqu’à l’insupportable. Enfin vint le massage, un massage ferme, pour ainsi dire viril s’il n’avait pas été dispensé par des femmes employées du hammam. Tandis que l’heure tournait au point que Sarah commençait à s’en inquiéter, Marina lui proposa de retourner encore quelques minutes dans la salle de transpiration.
Il y avait un peu moins de monde qu’auparavant, tout au plus une douzaine de personnes dans la pénombre de la pièce baignée de vapeur, ce qui lui conférait une atmosphère plus intime. Tout en bavardant de choses et d’autres, Marina commença à masser Sarah qui s’était allongée sur le dos. D’abord au niveau des épaules, ses mains descendirent sur la poitrine tout en prenant soin de contourner les seins : elles ne pouvaient s’empêcher de guetter les réactions des autres femmes malgré la buée qui les transformaient en vagues silhouettes alanguies, et qui ne semblaient manifester que de l’indifférence à voir deux amies se masser mutuellement. Les mains de Marina allaient et venaient sur le ventre de Sarah, s’approchaient toujours un peu plus près de son pubis tout en accentuant leur pression, et glissèrent subrepticement sur l’aine pour s’attaquer aux cuisses, touchant ainsi du doigt l’ambiguïté de la situation : Elles papotaient sur un ton badin au cours d’un massage dont la sensualité confinait à l’érotisme, comme on jette un voile pudique sur les chairs exacerbées. Enfin, les paroles s’éteignirent sous le souffle du désir et Sarah ferma les yeux sur son consentement. Encouragée par un sourire esquissé, Marina caressa enfin les seins convoités, chacun selon une spirale culminant au tétin. Sarah se serait abandonnée au trouble qui l’envahissait si elle ne s’était pas souvenue du temps qui passait. Il lui fallait rapidement se remettre les idées en place, et elle alla s’immerger dans la vasque d’eau froide au cœur de la pièce la plus chaude. Seule dans l’eau, les deux femmes présentes dans la pièce ne purent s’apercevoir que Sarah se pinçait les tétons, titillait son clitoris et caressait ses grandes lèvres imberbes après l’épilation de la veille.
À peine soulagée, Sarah dût néanmoins retourner au vestiaire, où Marina lui remit une seconde enveloppe. Elle l’ouvrit aussitôt, et la curiosité laissa place à la stupréfaction.
07:55 Publié dans Défis (suite) | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : mission libertine, sarah, marina, erotisme, expérience, hammam, récit érotique
19 octobre 2007
Mission libertine - II
En planque à l’entrée des arènes de Lutèce, je distinguais tant bien que mal ma cabine téléphonique dans la foule des passants pressés. Entre deux visages blafards et un camion Picard, j’avais été rassuré de constater que mon affichette « hors service » décourageait les derniers adversaires du téléphone portable d’utiliser ma cabine. Jusqu’à ce qu’une jeune femme y entre malgré tout. Je ne l’avais pas vue découvrir mon enveloppe, mais je devinais cette femme la décacheter fébrilement, lire mon message secret, avant de la voir ressortir de la cabine. Elle était vêtue d’une courte jupe noire qui dévoilait ses jambes fuselées, et d’un blouson de daim sur son chemisier blanc. Lorsque je fus à peu près certain d’avoir identifié Sarah, ma jubilation qui s’était un instant transformée en sourde inquiétude, se mua en exultation silencieuse à l’idée de la prendre en filature. Elle potassa un instant son plan avant de disparaître parmi les passants.
Bien que je l’aie perdue de vue, elle devait sans doute se diriger vers le Métro Cluny-la-Sorbonne, c'est-à-dire droit sur moi. Je me cachai donc derrière un kiosque à journaux à l’angle des boulevards St Germain & St Michel, avec une vue imprenable sur le ressac des piétons qui traversaient l’avenue. À chaque instant, je m’attendais à la voir tourner au coin de la rue, se diriger vers moi, se planter devant mes yeux ébahis pour m’enfoncer au fond des prunelles son regard d’acier, et me dire d’un ton narquois « alors monsieur Vagant, on joue les espions ? »...
- Que faites-vous là ?
Le vendeur ventru avait bondi de son kiosque et me jetait des regards soupçonneux tout en vérifiant qu’aucun de ses journaux n’avait disparu.
- J’attends quelqu’un ! répliquai-je sèchement, le regard toujours rivé sur l’horizon étriqué du passage piétons, en vain.
Mais où était-elle donc passée ? Comment avais-je pu la perdre aussi facilement ? Je sortis de ma pauvre cachette pour m’approcher à pas de loup du croisement, et j’hasardai un œil sur le boulevard d’où je m’attendais à la voir surgir… Rien. Pas l’ombre d’une Sarah à l’horizon, ou peut-être au loin, sur le point d’arriver à la station Odéon. Sprint ! Je déboule dans les escaliers du métro, je passe les portillons à la vitesse d’un fraudeur, j’arrive sur ses pas au détour d’un couloir, lorsqu’elle fait demi tour et se retrouve face à moi !
Elle me croisa sans ciller.
J’aurais probablement été vexé en une autre occasion, mais là, je ne fus pas mécontent de ne pas avoir éveillé de plus vifs souvenirs visuels chez Sarah. Quelques flashs de notre dernière nuit s’imposèrent à ma mémoire. Des sensations surtout. Celle des glaçons m’avait laissé un souvenir particulièrement cuisant, puisque Sarah me les avait appliqués sur les testicules alors que j’étais livré à ses sévices, les yeux bandés et les poignets attachés à la tête de lit. Cette nuit là, si elle avait enfin pu voir mon corps sous toutes les coutures, elle avait à peine pu distinguer mon visage dans la pénombre. Car depuis des mois, nous entretenions le mystère…
Je continuai mon chemin, aussi impassible que mes pulsations cardiaques me le permettaient, priant tous les Dieux, ou plutôt tous les diables qu’elle ne m’ait pas reconnu. Je risquai un regard derrière moi : personne. Je fis demi-tour, repris ma course effrénée dans les corridors encombrés et je vis Sarah monter dans une rame qui venait juste d’arriver à quai. Je sautai juste à temps dans la voiture adjacente et je pris un immense plaisir à découvrir ma maîtresse au travers de la vitre de l’issue de secours en bout de voiture : Mon regard remonta le long de ses jambes croisés, glissa dans la pénombre sous sa jupe, remonta sur son blouson vert bouteille, et caressa ses cheveux blonds mi-longs ramassés en un chignon retenu par un chouchou noir. Cette femme à l’allure BCBG étudiait son plan de Paris pour mieux s’y perdre. C’était maintenant au tour de Marina d’entrer en jeu, la seule femme assez aventureuse pour avoir répondu positivement à une annonce laissée sur le forum homosexualité d’auFeminin :
Soins de beauté au hammam de la mosquée de Paris par Zebra75
Après avoir lu le Zèbre d’Alexandre Jardin, j’ai décidé de dynamiser ma vie de couple. Je ne vais pas jusqu’aux extrémités de ce roman, mais j’ai proposé à ma femme quelques jeux sensuels auxquels elle se prête avec bonheur. Notre prochaine aventure sera une sorte de jeu de piste, dont la première étape, très soft, sera une matinée au hammam de la mosquée de Paris. Je vais lui offrir des soins de beauté (hammam + gommage + savon noir + massage) dans un cadre dépaysant et exclusivement féminin. Ce qui serait top, c’est qu’une jolie jeune femme lui donne à cette occasion une enveloppe contenant les instructions pour une seconde étape de ce petit jeu de piste, ainsi qu’un petit gadget intime…
Seriez-vous prête à être cette complice, avec pour rôle d’aborder ma femme et de lui donner une lettre dans les vestiaires ? Mon épouse est une jolie trentenaire, très timide mais qui caresse depuis longtemps quelques fantasmes homosexuels inassouvis, et qui serait certainement ravie d’un tel premier contact. Bien entendu, je vous offrirai la formule comprenant l’entrée au hammam ainsi que les soins de beauté. Si vous êtes intéressée, je vous prie de me contacter par email sur Zebra75@aufeminin.com
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13 octobre 2007
Mission libertine - I
Sarah avait l’œil rivé sur la pendule de sa voiture et sur l’horizon bouché d’une banlieue parisienne. Elle conduisait depuis plus d’une heure, et elle avait horreur de ça. Surtout de se retrouver prise dans la transhumance quotidienne des banlieusards qui convergeaient sur Paris tous les matins. Elle se disait qu’une fois de plus elle serait en retard à son rendez-vous, lorsque son portable claironna.
- Bonjour Sarah, comment allez-vous ?
- Très bien, je suis en route…
- Vous en êtes où ?
- J’arrive sur le périphérique.
- Parfait, vous serez bientôt là, presque à l’heure.
- Oui, je me dépêche !
- Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas à un quart d’heure prêt, et je préfère vous voir arriver entière. A tout de suite !
Sarah parcourut mentalement la check-list qu’elle connaissait déjà par cœur. Elle ne le faisait pas pour s’assurer qu’elle n’avait rien omis, mais pour se rassurer. Pour plonger dans l’ambiance. Oublier au plus vite son quotidien. Oublier surtout l’image de son mari qui l’avait regardée partir ce matin là, après lui avoir lancé en guise d’ultime recommandation un soupçonneux : « Je te fais confiance. ». Elle avait ressenti cela comme une sourde menace. A la réflexion s’était plutôt un aveu d’impuissance. Que pouvait-il lui faire sinon confiance. Mentalement, elle répéta sa liste à la Prévert : Un plan de paris, un stylo bille, un maillot de bain, un jean, un slip boxer, des boules de geisha.
Avec vingt minutes de retard, elle gara sa voiture au parking de l’école de médecine, selon les instructions qu'on lui avait donnée. Son plan en main, elle sortit du parking pour affronter l’air vif de cette matinée automnale. Il ne pleuvait pas, et même si le soleil n’était pas vraiment au rendez-vous, la certitude de vivre une nouvelle aventure suffit à lui donner une humeur primesautière. Elle se rendit d’un pas alerte au 77 Bd St Germain. Comme prévu, une cabine téléphonique l’y attendait à l’image de son sentiment éphémère : enfin libre. Sur le combiné, une feuille de papier blanc manuscrite mentait : « Hors Service ». Sous la plaquette en alu, elle trouva le paquet scotché laissé à son attention. Une grosse enveloppe blanche, plastifiée et matelassée. Sarah la détacha. Elle n’était pas sensée en connaître le contenu, mais elle s’en doutait un peu après avoir lu les messages du mystérieux Zebra75 sur le forum Bisexualité d’auFeminin, dont le style ne lui avait pas échappé.
AuFeminin.com était un des rares sites internet à avoir survécu à la bulle économique virtuelle des années 90. Il avait été un des premiers à avoir su ferrer les lecteurs, ou plutôt les lectrices, jusqu’à en faire malgré elles des éditrices de contenu. Premier magazine féminin en ligne, à une époque où l’immense majorité des internautes étaient des hommes, auFeminin avait misé sur les femmes qui finiraient bien par surmonter leur répulsion face à la technicité du web de l’époque pour pouvoir s’adonner à leur péché préféré : le bavardage. Son fer de lance était donc les forums de discussion thématiques. Comme prévu, le contenu s’assimilait à du papotage, mais des liens se nouaient entre les internautes au fil de discussions sans queue ni tête, au gré de débats virtuels dignes d’un salon de coiffure. Dans cet univers typiquement féminin, quelques hommes avaient fait le pari d’y séduire. À ce jeu là, je m’étais révélé assez doué.
Sarah décacheta l’enveloppe, et lut le message qu’elle refermait:
Très chère Sarah,
Vous souvenez-vous avoir lu dans un de mes mails que vous aviez le profil d’une espionne ? Je vous propose d’intégrer nos services de renseignement, et d’en passer aujourd’hui l’examen d’entrée ! Nous vous avons concocté une succession de tests tout au long de cette journée, qui mettront à l’épreuve votre vivacité d’esprit, votre courage, votre abnégation, tous vos sens ainsi que votre soumission à nos consignes. La réussite de chaque test vous mènera au test suivant, et vous devrez donc tous les réussir, jusqu’au dernier, pour gagner ce défi. Chiche ?
Pour commencer, je vais mettre à l’épreuve votre sens… de l’orientation. Rendez-vous aussi vite que possible au Hammam de la grande mosquée de Paris, au 39 rue Geoffroy Saint-Hilaire dans le 5eme. Entrez-y, et profitez sans tarder des massages, gommages et autres soins de beauté. Un de nos agents vous y contactera. Vous trouverez dans cette enveloppe un ticket de métro, le billet d’entrée au hammam (formule orientale tout compris), et un magnifique maillot de bain rose barbie. Vous devrez impérativement être sortie du hammam avant midi !
Au plaisir du votre,
Vagant
07:25 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : Mission libertine, sarah, Expériences, Erotisme, récit érotique, Histoire Erotique
14 mars 2007
Le supplice de l'esthéticienne
Je suivais Sarah le coeur battant. Je venais de la retrouver sur les marches d'une église où nous nous étions donné rendez-vous pour le défi qu'elle m'avait lancé: la suivre comme une escort-girl qui fait visiter le Paris underground au gagnant d'un concours improbable. Il pleuvait, nous étions réfugiés sous son parapluie, et nous marchions d'un pas alerte. Elle tenait bien son rôle, faisant preuve d'une retenue à la hauteur des débordements sensuels dont elle me gratifiait dans l'intimité. Seuls ses yeux bleus pétillants et son sourire en coin trahissaient une excitation contenue. Elle s'arrêta d'un seul coup à l'entrée d'un salon de beauté, et elle me tendit une enveloppe artisanale réalisée avec une page de magazine patiemment découpée et pliée, qui représentait un couple mixte enlacé. Sarah était une femme de détails. L'enveloppe était cachetée avec un autocollant numéroté: le chiffre 1. J'ouvris l'enveloppe pour découvrir la première épreuve de la journée: "Avant de sortir de l'institut de beauté, remercier chaleureusement votre esthéticienne en l'embrassant"
J'ai tout de suite compris ce qui m'attendait. Sarah entra victorieusement dans la boutique, et je la suivis, hagard comme un condamné son bourreau. J'allais subir une épilation des testicules à la cire chaude, et je n'étais pas fier d’être livré tel un cobaye à une spécialiste des interrogatoires raffinés, fût-elle déguisée en jeune esthéticienne au profond décolleté pigeonnant. La porte claqua derrière moi, je fus entraîné dans les tréfonds du salon par la jeune beauté ricanante, pendant que Sarah montait la garde dans la salle d’attente. Fait comme un rat !
La libido masculine est certainement plus ambiguë qu'on veut bien le croire: j'ai été incapable de maîtriser une incontrôlable érection en me déshabillant face à ma future tortionnaire qui en avait certainement vu d’autres. L'esthéticienne me proposa alors un cache sexe bleu qui ne cachait pas grand chose mais donnait une touche cocasse à ma tragique situation. Le dialogue qui suivit s'inscrit d'ailleurs dans le grand comique avec répliques à la Audiard telles que : "Pouvez-vous soulever ces testicules s’il vous plait ?".
Un poil douillet, l’épilation acheva de me faire débander, en particulier les derniers poils arrachés à la pince à épiler. L’esthéticienne alla ensuite chercher Sarah comme un tortionnaire zélé va chercher l’officier lorsque sa victime semble prête à tout avouer. Sarah entra, impassible. Elle jeta sur mon corps nu et mutilé de sa pilosité un regard satisfait. L’ombre d’un instant, j'eus l’étrange impression d’être un homme objet, réduit à un sexe apprêté par une femme pour le plaisir d’une autre, comme s’il ne m'appartenait plus. J'étais dépossédé de ma virilité velue, les couilles aussi lisses que la peau d'une volaille déplumée, prête à cuir. En l'occurrence, c'était plutôt du prêt à jouir.
Sous le coup de l'émotion - et taraudé par une angoissante question: "Qu'est-ce que je vais bien pouvoir raconter à ma femme pour expliquer mon sexe déplumé" - je suis me suis rhabillé rapidement, et je suis sorti un peu honteux de la boutique. Sarah s'est alors tournée vers moi et m'a signifié l'échec de ma première épreuve: Qu'importe ma "bravoure" - celle-ci était naturellement due - j'avais oublié d'embrasser l'esthéticienne !
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Tous mes remerciements à Camille pour avoir illustré cette note par un des ses sulfureux croquis.
10:00 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : expériences, épilation intime, erotisme, sarah, libertinage, littérature, récit érotique




