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14 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (4)

Léone était perdue. Elle était descendue à la station prévue, mais rien ne lui indiquait le chemin de l'hôtel. Et tous ces gens qui la regardaient. Elle avait l'impression que son vice était écrit sur son front. Ils allaient l'aborder, c'est sûr, l'embêter, la harceler de leurs assiduités salaces. Mais où donc était ce fichu boulevard, à droite ou à gauche en sortant de cette maudite station. Le téléphone sonna, elle décrocha aussitôt.

medium_1420-nanterre-u_2_.jpg- Allô Léone, Où es-tu lui demandais-je inquiet ?
- Ah Chris, c'est toi ! Je suis perdue ! Je ne trouve pas l'hôtel ! Je suis à la station, il y a des gros points verts par terre, je dois aller par-là ? Et puis il y a des gens qui me regardent bizarrement ! Je sens que je vais repartir !
- Tu es à la station ? J'arrive, je viens te chercher tout de suite, ne bouge pas.

Trois minutes plus tard, Léone me vit arriver en courant, avec soulagement.

- Ah Chris, je suis si contente de te voir !
- Ne t'inquiète pas, tout va bien, l'hôtel est à deux pas.
- Tout le monde est là ?
- Oui, nous n'attendions plus que toi !
- Je vais les voir d'abord ?
- Non, tu arriveras les yeux bandés dans la pièce
- Et je ne devrai pas parler, c'est ça ?
- Oui, pas un mot, pas un soupir
- Oh la la, j'ai peur !
- Tout va bien se passer, ne t'inquiète pas, je suis là.

Nous entrâmes dans le hall et montâmes immédiatement dans l'ascenseur sous le regard impassible de la réceptionniste. Lorsque la porte de la cabine s'ouvrit, nous en sortîmes et j'enlaçai Léone avant de l'embrasser fougueusement dans le couloir désert. Mes mains se posèrent sur ses longues jambes nues, et remontèrent lentement tout au long de ses cuisses. Sous sa courte jupe, elle ne portait qu'un minuscule string. J'empoignai ses fesses rondes et musclées, pour les malaxer avec l'ardeur d'un boulanger. Sa jupe, complètement retroussée ne cachait plus rien. Si quelqu'un sortait d'une chambre, il nous surprendrait dans une situation pour le moins embarrassante. J'échappai un instant à ses baisers torrides qui fouillaient ma bouche.

- Attends-moi là s'il te plait, je vais voir s'ils sont prêts, lui demandais-je.

Quelques secondes plus tard, Léone me vit revenir du bout du couloir. Elle m'embrassa goulûment dès que mes lèvres furent à sa portée.

- Dans deux ou trois minutes, nous pourrons y aller, lui dis-je

Pour toute réponse, Léone me plaqua dos au mur du couloir et empoigna mon sexe déjà dur à travers mon pantalon. "J'ai trop envie de toi!", me dit-elle entre deux baisers fiévreux alors que j'étreignais ses fesses et ses seins avec concupiscence. Léone n'en pouvait plus de cette attente insoutenable qui durait depuis des semaines. Je ne lui avais distillé les éléments de son défi qu'au compte goutte, au fur et à mesure que j'élaborais le scénario délirant auquel je la soumettais aujourd'hui. Jamais je n'avais répondu à ses requêtes impatientes, jusqu'à ce fameux message où je lui avais décrit son défi, en prenant soin de lui cacher tous les rebondissements que j'avais préparés. Et devant l'imminence du dénouement, son excitation était insoutenable. Elle s'agenouilla devant moi et commença à me caresser le sexe qui formait maintenant une bosse obscène à la surface de mon pantalon. Ses doigts glissèrent entre les boutons alors qu'elle jetait sur moi des regards affamés, celle d'une femme prête à me dévorer tout cru. Si je la laissais faire, je sentais que nous ne pourrions plus nous arrêter. Je la relevais pour l'embrasser à nouveau, avant de l'attirer au bout du couloir. Je poussai précautionneusement la porte entrouverte. Elle s'ouvrit sur un sas de communication entre deux chambres, et nous pénétrâmes dans la chambre de droite.

- Tiens, un soutien gorge chuchota Léone en gloussant !
- Chut, lui répondis-je à voix basse, n'oublie pas que lorsque nous quitterons cette chambre, tu ne devras plus dire un mot.

Nous nous embrassâmes tendrement tout en nous déshabillant. Sa chemise s'ouvrit sur un bustier de dentelle blanche qui tranchait sur sa peau tabac, et sa jupe tomba pour mettre à jour un string qui disparaissait dans sa chute de reins cambrée. Assise sur le lit, ses mains affolées couraient sur mon corps que je découvrais peu à peu, et elles ne purent résister à l'envie de passer l'élastique de mon slip. Ses doigts n'eurent aucun mal à débusquer ma verge tant elle était tendue, et à peine eut-elle repoussé l'élastique que mon phallus jaillit comme un diable de sa boite. Léone le caressa doucement, puis elle se pencha encore un peu plus jusqu'à prendre mon gland entre ses lèvres gourmandes, tout en malaxant mes couilles rasées de près. Il n'était cependant pas question de me laisser aller à ces douceurs ensorcelantes. Je saisis le bandeau en tissus que j'avais dans la poche de mon pantalon, et je le posai sur les yeux de Léone. Incapable de me voir, elle tendit les bras pour me retrouver, et je l'entraînai à pas lents vers la porte de la chambre. Je l'ouvris silencieusement, refermai la porte du sas qui menait au couloir, et je poussai la porte de la chambre de gauche restée entrouverte.

13 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (3)

Le jour tombait et Claire plaqua son corps sur le dos de Guillaume plus que nécessaire. Elle le savait, il était inutile de se cramponner au conducteur de la puissante moto qui filait comme une balle perdue autours des tours de la défense, mais elle aimait ce contact là. Elle sentait les vibrations de l'engin dans tout son corps, de ses cuisses à la pointe de ses seins qui se dressaient alors qu'elle s'abandonnait à la force tranquille de Guillaume qui l'emmenait en un lieu inconnu.

medium_imgh-quality-hotel-nanterre_1_.jpgIl clignota, ralentit et s'arrêta sur le parking d'un hôtel de banlieue. Claire descendit de la moto et retira son casque. Elle sentit s'accélérer les battements de son cœur, la chaleur envahir son corps, alors qu'ils marchaient en direction d'un hôtel trois étoiles aussi fonctionnel qu'insipide. Ils ne s'arrêtèrent pas à la réception mais ils montèrent directement dans l'ascenseur. A peine la porte de la cabine refermée derrière eux, Guillaume enlaça Claire pour lui donner un langoureux baiser. Elle en avait besoin de ce baiser là. Elle sentait ses jambes frémir et son cœur battre la chamade, elle sentait le besoin de se réfugier entre des bras tendres, avant d'être livrée à des mains inconnues, et à cette évocation, elle sentit sa sève couler et ses jambes trembler de plus belle. La porte de l'ascenseur s'ouvrit sur un couloir silencieux. Claire suivit Guillaume jusqu'à la porte d'une chambre entrouverte. Il la poussa, et elle s'ouvrit sur un sas de communication entre deux chambres. A gauche, une porte fermée. A droite, une porte entrouverte, qu'il poussa et ils pénétrèrent dans la pénombre d'une chambre silencieuse. Au milieu du lit double, un masque de cuir les attendait.

Guillaume embrassa à nouveau Claire, avec encore plus de sensualité que dans l'ascenseur. Ses mains ôtèrent le blouson qu'elle avait porté pour le bref parcours en moto jusqu'à l'hôtel, puis elles se firent successivement câlines et viriles, étreignant et caressant ses fesses et ses seins sans pour autant la déshabiller. Sous ces élans de tendresse et de désir, Claire se laissa peu à peu aller, sans parvenir à oublier ce qui l'attendait, dans l'autre chambre, sûrement. Les doigts de Guillaume, toujours plus audacieux, dégrafèrent les boutons de son chemisier comme un dévot égrène un chapelet, suivies de près par la procession sensuelle de ses lèvres gourmandes qui butinaient la peau de sa maîtresse. Claire ferma les yeux, et imagina la chambre voisine. Des hommes, excités sans doute, l'oreille aux aguets du moindre crissement de tissus, du moindre soupir. Peut-être se caressaient-ils déjà, à travers leurs pantalons, leurs queues bouffies de joie à l'idée de la femme qu'on allait leur offrir sur un plateau, leurs pieux prêts à glisser sur elle, s'immiscer en elle, prendre ses orifices, tous ses orifices, la remplir, la combler. Comblée, c'était le mot que Guillaume avait utilisé dans ses SMS. Et elle dut serrer les dents pour ne pas gémir lorsque les doigts de son amant ne firent que frôler son intimité en retirant sa jupe.

12 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (2)

Léone était à cran. Le bain chaud, ces quelques jours de vacances, le message d'apaisement qu'elle venait de recevoir, rien n'y faisait, elle était tendue comme une corde de violon. Et dans ce sale train de banlieue, les regards glauques qu'elle surprenait, accrochés à ses jambes nues comme des sangsues n'étaient pas faits pour la détendre. Il faut dire qu'elle avait de quoi attirer les regards. Avec son chemiser blanc et sa courte jupe dont les volants voltigeaient autour de ses longues jambes brunes au moindre de ses pas, elle évoquait une hirondelle annonçant le printemps. Ce qu'elle ressentait en elle était loin des douceurs printanières. Malgré les craintes et les angoisses qui lui criaient de rebrousser chemin au plus vite, elle se sentait ruisseler sous l'emprise d'un désir ardent comme un soleil andalou, lancinant comme la trompette de Miles Davis esquisse l'Espagne, brûlant comme le sable d'une arène madrilène en plein midi. Et l'arène, elle allait s'y jeter, comme un taureau face aux picadors, fût-ce pour une petite mort. Pourtant, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, car tout ce qui lui arrivait aujourd'hui, elle l'avait bien cherché. Elle me l'avait demandé, par bribes hésitantes qui avaient du mal à se faufiler entre des désirs confus et des tabous honteux, à moins que ce soit l'inverse. Elle... et des hommes... des femmes peut être... mais plus d'hommes... Elle, les yeux bandés... soumise... mais pas à tout... prête à jouir... encore... plus fort... au point de faire fontaine... non... ce serait trop la honte... et mes fesses entre lesquelles elle avait envie d'enfoncer ses doigts.

Léone avait patiemment attendu, jusqu'au jour où elle avait reçu ceci:

Léone,

La préparation de ton défi avance, et je suis maintenant en mesure de te donner le scénario. Je te donnerai rendez-vous dans le hall d'un hôtel, dans la soirée. Tu attendras bien sagement mon appel téléphonique. Je te donnerai alors le numéro de la chambre où tu devras te rendre. Je t'y attendrai, dans la pénombre. Je te déshabillerai, un peu, et je te banderai les yeux, complètement. A partir de là, tu n'auras plus le droit de dire un mot. Pas un gémissement, pas un souffle, rien. Je te conduirai alors vers un lit sur lequel on te couchera et à la tête duquel on attachera tes poignets. Car je ne serai pas seul. A partir de là, tes sens seront mis à l'épreuve du plaisir, puisqu'il ne sera question que de cela. Surtout de plaisir tactile, voir gustatif, tout en douceur et, il va sans dire, dans le respect absolu de ton intégrité physique et de ta santé. Tu ne pourras cependant pas te laisser aller. Au moindre mot, au moindre gémissement, tu auras perdu ce défi. Si tu parviens à retenir les vocalises de ton plaisir jusqu'au bout du jeu, tu pourras alors choisir le ou les partenaires de ton choix parmi l'assistance, avec lesquels tu pourras t'isoler pour faire avec eux ce que bon te semble. Si tu n'y parviens pas, et bien je te laisse le loisir de te venger de moi selon ton bon plaisir.

Vagant


Le défi était pour ce soir.

11 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (1)

Avril 2006. Claire avait passé une excellente journée, pleine de fantaisie. De fantaisie intérieure, car son travail de bureau n'était pas des plus palpitants. Ainsi, derrière la sage apparence d'une jeune femme bien sous tous rapports, Claire laissait souvent son esprit vagabonder vers de douces rêveries érotiques, d'autant plus efficaces à distiller son ennui qu'elles croisaient l'image de Guillaume, qu'elles allaient prendre corps, son corps, et que le désir flou allait devenir plaisir imminent. Plongée dans un bain chaud, Claire ne put résister au plaisir de prendre son portable pour relire les SMS qui avaient animé son week-end.

Vendredi, 19h23
Depuis si longtemps que je pense à toi, Claire,
Enfin me vient le temps de t'envoyer des vers,
Pour me faire pardonner de ce travail maudit
Et puis te demander si tu es libre lundi.
Guillaume


D'abord surprise, et par la forme et par l'expéditeur qui se rappelait ainsi à son bon souvenir, Claire s'était prise au jeu désuet des alexandrins. Leçon numéro 1, afficher une insolente indifférence, sans pour autant clore le débat. La tactique était risquée. Quitte ou double. Elle pouvait fort bien se retrouver à se morfondre face à Michel Drucker plutôt que de vibrer entre les bras de Guillaume, mais elle pouvait en tirer d'autant plus de plaisir qu'elle se serait fait désirer.

Vendredi, 21h42
Si la rime est pauvre, l'intention est louable.
De quelles galanteries serais-tu donc capable ?
Claire


Claire déposa le portable sur le sol carrelé. Elle fit couler au creux de ses paumes une noisette de crème de bain et elle ferma les yeux. Ses mains glissèrent nonchalamment tout au long de son corps alangui alors que son esprit vagabondait à l'orée de ses fantasmes, ceux qui allaient se réaliser ce soir là. Un sourire béat éclaira son visage alors qu'elle imaginait déjà le scénario qu'il lui avait proposé, à moins que la cause en fut ses mains qui s'étaient rejointes aux alentours de son pubis. Sous ses doigts tendres, elle sentit s'épanouir son désir dans l'eau turquoise de son bain tiède. L'eau venait lécher la peau de son ventre à demi immergée, comme les vaguelettes d'une mer d'huile viennent mourir sur la langue de sable blanc d'une île marquise. Au sommet de son sein se dressait un téton rose souverain. Il semblait veiller sur ses pensées luxurieuses comme un Christ sacrilège contemple les vices de Rio. Entre ses cuisses immergées, dans l'anfractuosité ornée de corail, se cachait son clitoris, aux aguets comme une murène prête à bondir sur le premier doigt qui passerait à sa portée. Mais le doigt était avisé. Il savait jusqu'où aller sans que Claire ne ressente trop vivement la morsure du désir, avant que cela ne déclenche une incontrôlable tempête. Il se contenta de plonger sans risquer de se frotter aux récifs, juste pour débusquer quelques poils qui auraient échappé à l'épilation. Mais le pubis de Claire était lisse comme celui d'un bébé. Elle ouvrit les yeux, émergea de la torpeur et du bain, puis essuya lentement sa peau ruisselante. Dans moins d'une demi-heure, Guillaume serait là, elle n'avait plus de temps à perdre.
Claire mit un parfum suave et de la dentelle noire qui soulignait ses formes galbées. Elle reprit machinalement son portable et elle ne put s'empêcher de relire les messages de Guillaume.

Samedi, 12h15
Mes intentions sont douces mais mon désir sauvage,
Et même si c'est à toi de m'imposer un gage,
Je voudrais te lancer un défi byzantin!
T'imagines-tu aux mains de galants libertins,
Auxquelles je t'aurais livrée pour ton bon plaisir,
Puisque leur objectif serait de te faire jouir ?
Guillaume


Elle avait beau l'avoir lu plusieurs fois, il lui faisait toujours le même effet, comme un coup de chaleur qui envahissait son bas ventre et qu'elle sentit fondre une fois de plus. Et puis un frisson, une pointe d'angoisse qui se mêlait à l'excitation d'être livrée à des inconnus. Pouvait-elle faire aveuglément confiance à Guillaume ? Qui étaient-ils donc, ces supposés galants libertins dédiés à son plaisir ? Elle avait du respirer profondément pour parvenir à se calmer et trouver la juste réponse:

Samedi, 13h38
Soumise mais dorlotée ? voilà un doux dessein
Auquel je céderais volontiers plus d'un sein !
Qui sont ces gentilshommes, si prompts à honorer
Une femme de leur douceur, pour mieux la dévorer ?
Claire


Claire fut tirée de sa rêverie par la sonnerie de l'interphone. C'était Guillaume. Claire eut juste le temps d'enfiler son chemisier qu'il frappait déjà à la porte. Elle l'ouvrit sur son sourire radieux. Il déposa sur les lèvres de Claire un vif baiser en entrant d'un pas primesautier.

- Bonjour Claire ! Comment vas-tu ?
- Bien ! Je suis content de te voir !

Guillaume jeta son regard pétillant sur les pans du chemisier que Claire portait pour tout vêtement, et qui flottaient librement sur ses cuisses nues. Il lui répondit malicieusement.

- Et moi donc ! Tu es prête ?
- Laisse-moi dix petites minutes.
- Pas de soucis ma belle, nous ne sommes pas en retard.

Guillaume s'assit dans le canapé et alluma son portable. Aucun message, tout devait donc se dérouler comme prévu. Il relut avec plaisir ses derniers échanges par SMS avec Claire. Puis il se leva, et il avança vers la chambre où Claire enfilait ses bas. Il regarda le satin noir glisser autours des ongles carmin de la jeune femme qui ne l'avait pas entendu venir. Le son caractéristique de ce tissu lui avait toujours semblé très érotique. Il déclama la réponse qu'il lui avait fait samedi soir sur un ton emphatique.

Samedi, 19h17
Sache juste qu'ils te plaisent, tous ces aventuriers!
Tu seras caressée, tes poignets seront liés,
Comblée, les yeux bandés, tu seras embrasée,
Et je te défie de ne pas vocaliser !
Guillaume


Claire posa sur lui un regard trouble. Il enchaîna aussitôt pour mieux cerner l'état d'esprit de la jeune femme:

- Tu n'as pas trop flippé en apprenant que tu serais attachée, les yeux bandés ?
- Si, je dois bien l'avouer... mais je te fais confiance, et cette idée m'excite !
- En tous cas, tes réponses n'ont pas manqué d'aplomb, sur la forme et sur le fond. Laisse-moi relire ce que tu m'avais répondu...

Samedi, 21h10
Ils me plairaient déjà, et je ne pourrais gémir
Sous tout ce plaisir qui me ferait défaillir ?
Voilà qui est cruel, mais si tel est le jeu
Il me faut bien savoir quel en serait l'enjeu ?
Claire


- Donc je les connais, demanda à nouveau Claire en mettant une jupe gris anthracite?
- Certains, plus ou moins.
- Et je ne devrai pas dire un mot ?
- Oui, jusqu'à la fin de l'épreuve.
- Comment saurais-je que c'est terminé ?
- Tu le sauras.
- Je ne pourrai pas résister bien longtemps, je vais perdre...
- Je suis sûr que tu as des ressources cachées.
- Remarque, si je perds, tant pis pour toi ! qu'avais-tu écrit exactement, au sujet de l'enjeu, insista t'elle en enfilant ses bottes
- Alors, alors...

Samedi, 22h06
Si tu gagnes, tu pourras assouvir tes envies
Avec ceux de ton choix, qui en seront ravis.
Si tu perds, tu pourras assouvir ta vengeance
Sur moi et sur moi seul, pour mon outrecuidance.
Guillaume


- Que je perde ou je gagne, je sens que je vais bien m'amuser ! Je suis prête !

Guillaume éteignit son portable sans relire le dernier SMS qui concluait leurs échanges du week-end, et qu'il avait pourtant attendu impatiemment:

Dimanche, 10h33
Je n'ai plus la moindre vertu à perdre, j'accepte !
Je sens que de ces jeux je risque d'être adepte...
Claire

 

A suivre...

10 janvier 2007

Comment se débarrasser de sa femme

Hector75: Bonjour ma chérie, comment vas-tu ce soir ?
Hermione28: Mon amouuuuuur, tu m'as manqué aujourd'hui. Plus que 5 jours.
Hector75 :Oui
Hermione28: Dans 5 jours tu seras là, jeudi prochain tu seras là, enfin!
Hector75: Oui, enfin...
Hermione28: Tu as trouvé une solution?
Hector75: Solution?
Hermione28: Pour ta femme
Hector75: Non, pas encore
Hermione28: Tu ne m'aimes plus.
Hector75: Mais si ma chérie, mon amour, mais si...
Hermione28: Tu aurais trouvé une solution si tu voulais vraiment me voir.
Hector75: Mais je viens en vacance avec ma femme, et elle est jalouse comme une teigne...
Hermione28: Ah? Parce que tu penses pouvoir venir seul un jour?
Hector75: Peut être, je sais pas...
Hermione28: Tu ne veux surtout pas risquer de compromettre ton petit confort, pas pour moi en tous cas, parce que sur le forum Séduction...
Hector75: Sur le forum quoi?
Hermione28: Je n'ai peut être pas l'air très maline, mais tu réponds toujours aux posts d'Electre51.
Hector75: Electre51! Tu rigoles, elle a 60 ans!
Hermione28: Tu lui réponds à Elle. La dernière fois, tu n'as pas répondu au mien.
Hector75: Lequel?
Hermione28: "Messieurs, quel alibi inventez-vous pour voir votre maîtresse?"
Hector75: Je n'avais rien d'intéressant à dire.
Hermione28: Et pour cause. Tu as lu au moins les réponses?
Hector75: Oui, j'ai survolé, le coup des cigarettes, sortir le chien et tout un tas de bêtises.
Hermione28: Ulysse31 au moins, il a des idées !
Hector75: Tu parles, cet abruti passe son temps à ça, on dirait qu'il n'a que ça à foutre.
Hermione28: Je me demande si je n'aurais pas du céder à ses avances. Il aurait eu du temps à me consacrer, Lui.
Hector75: Il doit en avoir au moins douze en parallèle. Tu aurais aimé être la numéro 9? Pour moi, tu es la première.
Hermione28: Parce que je ne suis pas la seule? Il y a une autre femme dans tes mails !
Hector75: Mais si tu es la seule.
Hermione28: Je viens de te voir dans le salon Drague:2!
Hector75: Ah? et qu'est ce que tu faisais là?
Hermione28: Je demandais un conseil à Ulysse31, c'est tout.
Hector75: Et qu'est ce qu'il raconte de beau, vous êtes le phœnix des hôtes de ce tchat, ce genre d'ânerie?
Hermione28: Non, il t'a trouvé un alibi.
Hector75: Sa majesté est trop bonne.
Hermione28: Imparable. Tu prends rdv chez le dentiste, je serai dans la salle d'attente.
Hector75: Quoi?
Hermione28: C'est mieux que rien. Que pour me voir, tu ne puisses pas affronter ta femme... mais même pas le dentiste!
Hector75: Mais je ne peux pas prendre rendez-vous chez un dentiste à l'autre bout de la France!
Hermione28: Tu auras une rage de dent. Ce sera une urgence.
Hector75: C'est romantique !
Hermione28: Si tu ne peux même pas faire cet effort là, je crois que...
Hector75: D'accord, on fera comme tu veux.
Hermione28: Comme JE veux?? Tu n'as donc pas ENVIE de me voir?
Hector75: Si si, je simulerai une rage de dent, et enfin nous pourrons nous voir mon amour, ma chérie...
Hermione28: Enfin. C'est le mot.
Hector75: J'ai envie de toi...
Hermione28: Oui mais là je ne peux pas rester trop longtemps, faut que je couche les petits, faut que j'étende le linge...
Hector75: Je te fais des bisous dans le cou, qui glissent partout...
Hermione28: Oui mon amour. Tu me diras tout ça mardi. Baille baille
Hector75: bisous bisous bisous
Hermione28: baille baille :-* clic !
Hector75: clac !

Ainsi partirent en vacances de printemps Hector75, sa femme, sa fille, son fils et snoopy. Hector75 allait enfin rencontrer Hermione28, sa maîtresse virtuelle, la femme en Times italique rose qui faisait battre son cœur à 1Mhz depuis qu'il s'était abonné à Wanadoo, sous des prétextes fallacieux dont la recherche de nouvelles recettes de cuisine. Hector75 avait bien fait les choses. Il avait réservé un bungalow au VVF de Contrexéville, avec tous les équipements sportifs, terrain de foot et pédalos, pour que ses enfants et snoopy puissent prendre un bon bol d'air et lui foutre la paix, alors que sa chère Hermione28 ne serait qu'à un quart d'heure de route. Mais il lui restait à gérer le gros morceau, le plat de résistance: sa femme. Comment se débarrasser de sa femme ? Telle était la question obsédante qui apparaissait de plus en plus souvent entre Hermione28 et lui, et qui lui pourrissait la vie. Finis les torrides ébats nautiques aux caraïbes, terminées les sodomies sauvages sur un cheval au galop, les coïts virtuels et délicieux semblaient définitivement envolés, tout au moins jusqu'à la rencontre fatidique. Et quelle rencontre. Point de ballade en amoureux, nus, main dans la main dans les petits chemins escarpés; point de galipettes dans la paille entre veaux, vaches, cochons couvées; point d'hôtel de charme oú ils se seraient envoyés en l'air des heures durant. Non, cette rencontre sauvage aurait lieu au cabinet du Dr Achille à 17h, là où il y a le plus de monde pour que ça dure le plus longtemps possible.

Comme convenu, Hector75 eut son imprévisible rage de dent à la Cafétéria Casino le lundi soir. Hector75 étant perfectionniste, il crut bon de passer une nuit blanche à gémir constamment, pour bien montrer à son épouse l'urgence de la situation. Il simula le lendemain matin un appel au cabinet du Dr Achille trouvé par hasard sur le bottin téléphonique, afin de se faire soigner de toute urgence, mais pas avant 18h, car tout était complet, qu'il vienne plus tôt et qu'il attende on ne sait jamais. C'est ainsi qu'Hector75 monta dans sa voiture à 16h50 après avoir fait mains et pieds pour que sa femme ne l'accompagne pas. Rien de grave, vraiment, probablement une carie aiguë, mais rien de grave, non, on n'allait pas l'opérer, oui il pouvait y aller seul. À 17h, il sonna à la porte du cabinet. À 17h01 il entra dans la salle d'attente, la mine pale et les yeux cernés mais le sourire aux lèvres. Hermione28, enfin, il allait voir Hermione28.

Il ne la reconnut pas tout de suite.
Son regard balaya la salle d'attente angoissée, de petits vieux en femmes enceintes en passant par des cadres en costar, tout un échantillon représentatif de la population française dont Hermione28 n'émergeait malheureusement pas. Enfin, son regard se posa sur une femme entre deux âges, aux joues pourpres et au regard brillant. C'était elle! Son merveilleux amour l'attendait au fond à droite, à côté du radiateur, où elle lui avait gardé une place bien au chaud, camouflée derrière une plante verte qui leur ferait un peu d'intimité. Hector75, souverain, s'y dirigea sans se douter que ce douillet nid d'amour était le fruit d'un combat homérique entre Hermione28 et madame Priam, une vieille rombière pétrit d'arthrose qui avait toujours cette place là eu égard à ses vieux os. Sans quitter Hermione28 des yeux, il s'installa tel un félin dans le fauteuil en skaï dans un ample mouvement à la noblesse calculée. Il fit glisser sur son nez ses lunettes noires pour planter son regard bleu acier sur les paupières papillonnantes d'Hermione28 qui se trémoussait sur son siège. Il plaça habilement son mollet tout contre celui de sa maîtresse, qui avait laissé son pied en pâture à son grand fauve, et il sentit enfin la douce chaleur de cette femme qu'il avait depuis longtemps perçu derrière les caractères en Times italique rose...

Dzzzzzzzzzoingzzzzoingzzzzzzoing... Aaaaaargh...

Une fugace inquiétude traversa le regard d'Hector75 qui se douta que le Dr Achille ne devait pas être un ange douceur au vu des mines défaites des patients qui l'entouraient. Seule Hermione28 coulait sur lui un regard d'une infinie tendresse.

- Mon amour, tu es venue, pour moi, chuchota-elle en traînant imperceptiblement sur la dernière syllabe qui s'éteignit en un souffle sensuel.
- Ma chérie, enfin, enfin...

Didoudidadidoudidop! Didoudidadidoudidop!

La sonnerie guillerette de son portable le ramena brutalement sur terre. Sa femme. Ce ne pouvait être qu'elle. "Allô !... oui ma chérie... je suis... oui dans la salle d'attente... du monde, oui... non... pas grave... ne t'inquiète pas... à tout à l'heure... je t'embrasse". Il rangea la maudite bestiole dans la poche de son blouson.

- C'était ma femme dit-il d'un air contrit
- Oui, ta chérie, rétorqua t'elle d'un air pincé, avant de se raviser, ils n'allaient tout de même pas gâcher leur merveilleuse rencontre pour une broutille.
- Je suis désolé, tu sais comment elle est...
- Ce n'est pas grave mon amour, l'important c'est nous, ici, maintenant, si tu savais combien je suis heureuse...

AU SUIVANT ! hurla l'infirmière revêche qui venait de débouler dans la salle d'attente. Un homme livide se leva lentement, et approcha de la matrone à pas comptés. Le menton saillant comme une insulte, elle toisa le pauvre ère d'un regard glacial, ouvrit brutalement la porte de la salle de torture et y poussa la loque liquéfiée. Hector75 sentit une goutte de sueur froide glisser sournoisement le long de sa tempe.

- Ne t'inquiète pas mon cœur, il y en a encore deux avant toi.
- Oui, répondit-il doucement.
- Je n'avais pas le choix, tous les autres dentistes de la ville sont partis en vacances...
- Je vois, dit-il d'une voix blême.
N'écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, Hector75 approcha son auriculaire de celui de sa belle, le frôla, le titilla, s'y enroula en une torride étreinte digitale aussi rassurante que discrète. Hermione28 clos doucement les paupières alors qu'un sourire à la mona lisa s'esquissait sur son visage alangui. Phalange contre phalange, ils s'adonnèrent à ces attouchements dont la sensualité débridée faisait frémir les narines de la belle. Et dire qu'Hector75 n'y avait mis qu'un doigt.

La porte de l'antre du tortionnaire s'ouvrit avec fracas, devant l'infirmière qui portait sa dernière victime sur l'épaule avec autant de précaution qu'un boucher porte un quartier de bœuf. Elle lâcha le patient évanouit dans son siège encore chaud, se retourna vers l'assistance éberluée et dit avec un sourire sardonique "Ne vous inquiétez pas, c'est juste une petite nature. Il s'est évanouit avant même que le Docteur n'ait eu le temps de le toucher. A QUI LE TOUR !". La mort dans l'âme, une brave mère de famille se leva et tira son gamin vers l'antre du Dr Jeckil, heu Achille. NOOOOOOOON! hurla le pauvre gosse, MAAAAAAMAAAAN...
"Courage mon garçon, tu es un homme !", rétorqua la matrone qui ponctua son discourt à la psychologie si féminine par un "Hop! Et que ça saute !". Les deux femmes tirèrent l'enfant vers l'abattoir dont la porte fût claquée d'un coup de pied. "Tenez-lui les jambes! Moi je m'occupe des mains!", put-on entendre distinctement depuis la salle d'attente.

Dzzzzzzzzzoingzzzzoingzzzzzzoing... MaMaaaaargh...

Hector75 jeta un regard hagard vers Hermione28 impassible, aux portes du septième ciel, captivée par le moite doigté de son divin amant. Il essuya les grosses goûtes qui perlaient sur son front.

Ouiiiiiiiinn ! Tais-toi ! Tais-toi ! Ouvre la bouche ! Dzzzzzzzzzoingzzzzoingzzzzzzoing...

- Partons d'ici, bégaya Hector75
- Ce n'est pas possible, mon amour, songe à ton alibi...
- Mais ce docteur est un monstre !
- Mais c'est juste le Dr Achille, tu ne peux pas affronter un petit détartrage pour moi ?
- Peut importe le détartrage, allons-nous-en !
- Mais j'ai payé d'avance ! Le Dr Achille va te détartrer, tu en as grand besoin ! Regarde-moi ce sourire jaunâtre !

AU SUIVANT !!! Didoudidadidoudidop! Didoudidadidoudidop! Didoudidadidoudidop...

Hector75 se réveilla en sueur et éteignit le réveil. La douce odeur de café qui flottait dans la chambre le rassura un peu alors qu'il reprenait ses esprits. Son épouse entra dans la chambre et finit de lui remettre les idées en place. "Dépêche-toi! On part à Contrexéville et on a de la route à faire!"

09 janvier 2007

Le mot magique

Certains couples libertins utilisent un "mot magique" pour indiquer discrètement à leur conjoint qu'ils ne s'imaginent plus avoir des relations horizontales avec le couple chez lesquels ils ont été invités à passer une soirée potentiellement coquine. Il s'agit d'un code définit à l'avance, un mot anodin mais néanmoins improbable, comme "crocodile" ou "hippopotame", qui est subrepticement glissé dans la conversation pour dire à son conjoint "sauve qui peut !" sans vexer ses hôtes. Dès que le mot magique a été prononcé, le couple doit prendre la tangente, en simulant par exemple l'appel affolé de la nounou due à la varicelle éclair du petit dernier. Toutes ces techniques sont éprouvées, mais à l'inverse, comment peut-on au sein d'un couple, signifier discrètement à son partenaire le désir qu'on éprouve pour un tiers alors que de simples regards équivoques ont été échangés ? Peut-on aussi employer un mot magique ?

medium_massage.2.jpgLe sauna/hammam l'hyppocampe peut être propice à la détente. Exclusivement réservé aux couples le vendredi après midi, j'ai eu l'occasion de m'y rendre plusieurs fois, dont une avec Béatrice, une jeune célibertine qui souhaitait néanmoins que je m'occupe exclusivement d'elle. Il y avait peu de monde ce jour là, trois ou quatre couples tout au plus. Après la douche et le hammam, nous avons dérivé vers les coins câlins, et nous avons jeté l'ancre auprès d'une sorte de podium, surplombé par une mezzanine. Béatrice s'est étendue sur le grand matelas qui recouvrait cette estrade, j'ai fait couler sur son dos d'odalisque quelques gouttes de la bouteille d'huile que j'avais pris soin d'amener avec moi, et j'ai commencé à lui prodiguer un doux et voluptueux massage. Béatrice a une beauté raphaélique: une peau laiteuse, des seins petits et fermes, des hanches larges dont le galbe féminin se prolonge jusqu'aux cuisses, avec entre les deux une croupe somptueuse: ronde, ample, ferme, un délice à caresser et auquel nous prenions d'ailleurs un vif plaisir partagé, lorsqu'une femme apparemment seule est entrée dans la pièce.

La trentaine, noire, son buste pulpeux recouvert d'un paréo, elle s'est avancée d'un pas hésitant, voire timide. Béatrice, les paupières closes, n'a pas vu venir cette femme que j'observais en souriant: elle s'est aventurée dans les escaliers pour jeter un coup d'œil à la mezzanine, vide, et elle est redescendue pour s'approcher un peu plus près de nous. Moi, je ne savais plus où poser les yeux. Sous mes doigts, deux demi-sphères à la blancheur lunaire, entre lesquelles palpitait un oeillet pourpre qui ne demandait qu'à s'épanouir sous mes baisers fiévreux. A côté, presque au point de s'asseoir, une charmante jeune femme visiblement attirée par le spectacle nous offrions, je dis bien nous, car intégralement nu entre les cuisses de Béatrice, j'y bandais comme un cerf. J'avais beau gratifier la placide jeune femme de mes plus charmants sourires, je ne parvenais pas à savoir qui de nous deux pouvait éventuellement l'intéresser. Béatrice a ouvert les yeux lorsque l'inconnue s'est assise sur le podium, à quelques centimètres de nous, à quelques centimètres d'un trio que je n'osais espérer. Aucun d'entre nous n'a amorcé le geste qui l'aurait esquissé. L'inconnue s'est levée et elle a quitté la pièce.

Quelques semaines plus tard, j'ai évoqué ce souvenir avec Béatrice. Après lui avoir rappelé ses souhaits du moment, souhaits que j'avais scrupuleusement respectés, je lui ai demandé si elle aurait aimé que je propose à cette inconnue un massage à quatre mains, les siennes et les miennes s'aventurant sur sa peau tabac, nos corps électrisés par le désir sur son corps alangui, nos baisers voluptueux sous son regard ténébreux... Et bien figurez-vous qu'elle aurait adoré ! Si seulement je le lui avais proposé à ce moment là au lieu de rester empêtré dans des désirs muets ! Mais comment le dire sans rompre le charme du moment ? Notre drame était sans doute de ne pas avoir convenu d'un mot magique, pour dire secrètement que le désir pourrait bien évoluer, sans entrer dans un conciliabule rédhibitoire. La prochaine fois, s'il y en a une, nous opterons pour le mot "biscotte". C'est discret, original, et pas si difficile à placer: "Ah que j'aimerais étaler de l'huile sur la peau dorée de cette femme, comme du beurre sur une biscotte !"

08 janvier 2007

Du mariage

Les chaînes du mariage sont si lourdes qu'il faut être deux pour les porter - parfois trois.
Alexandre Dumas

15:30 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Citations

Eloge de l'inconfort

Avril 2004. J'avais décidé que notre rencontre serait inconfortable. Pas de chambre d'hôtel douillette, pas de champagne, pas de bain moussant. Inconfortable comme ces amours en temps de guerre, aux amants clandestins qui baisent derrière une porte cochère, avec la vitalité de ceux qui vont mourir demain. Nos étreintes seraient certes tendres, mais surtout sensuelles, passionnément charnelles, sexuelles à la folie. Ainsi en avais-je décidé, unilatéralement, puisqu'il était grand temps d'allumer par nos corps embrasés, un contre feu à nos cœurs menacés. C'est fort des mes nouvelles résolutions que je n'ai pu m'empêcher de me lover dans ses bras pour l'embrasser tendrement lorsque j'ai retrouvé Jeanne sur le quai de la gare. Mais je me suis bien repris dans sa voiture lorsque je me suis jeté sur elle comme un fauve pour dévorer sa bouche. Néanmoins, je n'eus pas le goût de la culbuter dans le parking. J'avais des projets bucoliques.

Après quelques lacets sur une route de montagne, je lui ai fait emprunter un petit chemin de traverse pour y garer sa voiture à l’abri des regards indiscrets. J'avais bien eu des projets de promenade, mais les averses intermittentes et le chemin boueux avaient eu raison de mes velléités champêtres. J'ai donc repris aussitôt nos activités là où nous les avions laissées dans le parking, avant de m'arracher à ses lèvres exquises.

- Je veux te voir très coquine aujourd'hui, lui dis-je sur un ton qui se voulait autoritaire.
- Ah oui ? Me répondit-elle avec un sourire narquois, je ferai tout ce que tu voudras !
- Alors montre-moi donc le petit jeu auquel tu t'es un jour livrée avec ta voiture !

Je me suis assis sur le siège arrière pour bien profiter du spectacle, appareil photo en main pour en ajouter à l'indécence plus que pour immortaliser la scène. Elle a mit un CD de RnB. Le moteur de la voiture tournait toujours.

Cliché numéro 1. Jeanne s'est retournée pour me faire face, un genou sur chaque siège. Ses doigts flirtent avec la pointe de ses seins au travers de son chemisier blanc. Ses yeux gris me défient.

Cliché numéro 2. Les boutons ont sauté. Dans l'entrebâillement des pans du chemisier blanc ouverts sur sa peau claire, ses doigts font semblant d'hésiter, effleurent tes frissons avec une langueur calculée. Jeanne me sourit.

Cliché numéro 3. Son chemisier blanc a basculé sur ses épaules. L'auréole de ses seins au travers de la dentelle de son soutien gorge me fascine. J'ai envie de les caresser. Je me retiens. Jeanne se lèche les doigts de la main gauche en jetant sur moi un regard brûlant. Je bande sans appel.

Cliché numéro 4. La bretelle gauche de son soutien gorge a glissé sur son épaule et son sein est sorti de son écrin de dentelle. Ses doigts humides de salive en astiquent le téton brillant, alors que sa main droite commence à remonter sa jupe. Avec son chemisier blanc qui l'entrave à moitié, la scène est délicieusement obscène.

Cliché numéro 5. Elle a remonté sa jupe. Complètement. Elle m'exhibe son string, auréolé du fruit de son désir. Le tissus mouillé cache à peine sa fine toison impeccablement taillée. Comme si ça ne suffisait pas, Jeanne passe sa langue sur ses lèvres. Je bande à en avoir mal.

Cliché numéro 6. Ses hanches tournent et roulent au rythme de la musique, une main sur son sein qui le pince, l'autre dans sa culotte qui s'immisce. Derrière la barrière de dentelle, j'imagine son doigt qui s'enfonce entre ses lèvres comme dans la pulpe d'un abricot trop mur. Il faut que je me libère.

Cliché numéro 7. Elle a lentement écarté son string. Son sexe a les babines retroussées, ruisselantes d'appétit, prêt à avaler le premier dard qui se présentera. Le mien a d'ailleurs jailli de ma braguette comme un diable de sa boite. Mais il y en a un autre bien plus dur.

Cliché numéro 8. Jeanne a reculé doucement jusqu'à être dans la bonne position. De deux mains elle écarte ses lèvres, elle ouvre à mes yeux exorbités son intérieur carmin tout en titillant son bouton. Son jus s'égoutte sur le levier de vitesse.

Cliché numéro 9. Flou. J'ai du bouger. Il faut que j'arrête de m'astiquer.

Cliché numéro 10. Ses lèvres sont maintenant collées au levier de vitesse, comme un escargot sur le moignon d'une branche. Les vibrations de l'engin lui arrachent des petits cris affolés. A travers ses yeux mi-clos, je croise un regard fou.

Cliché numéro 11. Gros plan sur son sexe qui a avalé ce manche comme un serpent gobe une proie. Je le regarde, hypnotisé. Arrivé tout en bas il remonte lentement, laissant sur le skaï une traînée humide.

Cliché numéro 12. Son dos, ses bras a moitié entravé par le chemisier blanc, et ses fesses nues collées au tableau de bord. Jeanne s'est penchée vers moi pour gober ma queue entre les deux sièges. J'ai pris la photo en aveugle, la main au plafond, pour avoir une vue d'ensemble de la situation.

Cliché numéro 13. Son visage de profil et mon appendice partiellement visible. Jeanne me suce furieusement alors qu'elle continue de baiser sa voiture. Je dois livrer mon esprit à des considérations sociologiques pour ne pas exploser tout de suite, du genre "les femmes et les hommes ne peuvent pas aimer les voitures de la même manière".

Cliché numéro 14. Son visage de profil et mon appendice encore moins visible. J'en étais aux vertus mécaniques des leviers plus court pour des rapports plus longs, rien n'y a fait, j'ai explosé dans sa bouche. Jeanne abandonne son étreinte automobile, et se délecte de mon jus. Le levier de vitesse est luisant du sien.

Aprèsce trio inédit, elle m'a rejoint sur la banquette arrière. Assise à califourchon sur mes genoux, elle me dévore le visage, me caresse et me palpe, jusqu'à me donner assez de vigueur pour pouvoir s'empaler sur ma verge. L'étroitesse de l'habitacle nous empêche presque de bouger. Elle ne peut que rouler son bassin contre le mien, ou faire de petits mouvements d'avant en arrière. Cela n'en durera que plus longtemps. Ainsi emboités, Jeanne me berce de la lente mélopée de son plaisir, que je module en lui glissant un doigt dans l'anus. Bientôt elle n'y tient plus, elle veut que la prenne plus fort, avec ampleur, de tout mon long.

Comme une bacchanale ivre de sexe, Jeanne m’entraine à l'extérieur, à moitié nue. Au diable la pluie qui nous fouette, nous ne sommes plus que deux sexes brûlants sur le point de fusionner. Je la bascule sur le capot tout mouillé, son cul tendu vers moi, son string à ses chevilles. Je m'enfonce en elle d'un seul coup. Elle en suffoque. Tantôt vif et rapide, tantôt ample et puissant, je vais et je viens entre ses reins, ses seins balayent le capot encore chaud, jusqu'à la chevauchée finale, extatique, dans ce pays qu'on ne peut visiter que les yeux révulsés par l'orgasme.

Après, je l'ai trainée à l'intérieur de la voiture. Jeanne tenait à peine debout. J'ai mis le chauffage à fond, je l'ai séchée, et elle s'est endormie dans mes bras. Les hommes ne devraient avoir froid que pour mieux connaitre la chaleur du corps des femmes. Ce jour là, point d'élans doucereux, point de mots d'amour murmurés, point de sanglots étouffés. L'inconfort nous rappelait à chaque instant notre clandestinité. Nous nous sommes encore aimés et elle a finit par partir. Il fallait bien qu'elle retrouve son mari.

Ami lecteur, vous vous demanderez sans doute si tout est vrai dans cette expérience, s'il n'y a pas une part de fable dans cette histoire. Qu'importe en vérité ! Sachez simplement que le sexe débridé agit parfois comme un baume sur les cœurs attendris, et remet dans le "droit chemin" les amants sur le point de sombrer dans les aveux les plus doux. Allez, je suis bon prince, et je vais satisfaire votre éventuelle curiosité: Jeanne n'a jamais fait de cochonnerie avec sa voiture, tout au moins en ma présence. Quant au reste...

Du Candaulisme

Vous connaissez sans doute la définition du candaulisme qui consiste à aimer regarder son/sa partenaire avoir des relations sexuelles avec une autre personne, sans toutefois y participer. Un débat avait fait rage sur mon forum préféré, afin de savoir quelle pouvait être la motivation du candauliste. Je soupçonnais d'ailleurs l'auteur de ce topic d'avoir à la fois des désirs candaulistes et d'être en même temps sujet à une certaine jalousie. Il faut dire, détail piquant, que nous partagions bon gré mal gré la même maîtresse.

J'ai ainsi écrit, non sans vice, que le candaulisme est à mon avis une forme de pseudoaltruisme, et que cela exprime une sublimation du besoin de contrôle. Le candauliste souffre de savoir sa partenaire prendre du plaisir avec un autre en son absence, alors qu'en sa présence c'est lui qui offre du plaisir à sa partenaire à travers un autre homme. Dans le premier cas, l'autre homme est une menace car il montre au candauliste que ce dernier n'est pas le seul à détenir le pouvoir du plaisir de la partenaire. Dans le second cas, l'autre homme n'est qu'un relais, un objet soumis au désir du candauliste et de sa partenaire. Le fait que le roi Candaule qui est à l'origine de ce mot utilisait des valets pour satisfaire ses pulsions n'est pas anodin: il avait tout pouvoir sur eux.

Je me suis un jour retrouvé dans la position du valet: J'avais pour rôle de sodomiser une très belle femme aux yeux bandés dans une chambre d'hôtel sous les yeux du candauliste. Auparavant, cet homme avait pris soin de me dire l'étendue de son pouvoir: Il était riche et puissant, membre du conseil d'administration d'une société dont j'aurais pu être l'employé, avec la certitude de me tenir par le désir que sa partenaire allait m'inspirer. Lorsque je suis entré dans la chambre, la télé diffusait les jeux olympiques. J'ai salué la jeune femme étendue sur le lit - une très belle fille métisse - conformément au scénario qu'il avait défini, mais il m'a coupé lorsque j'ai entrepris l'embryon d'une conversation avec elle. Il s'est alors assis dans un fauteuil et il a regardé les séries de course de 100m alors que je prodiguais un cunnilingus à la jeune femme. J'ai éprouvé de la haine pour cet homme dont l'irrespect impuni manifestait son pouvoir sur moi et sur elle, et de la pitié pour cette femme qui s'y soumettait aveuglément au sens propre comme au figuré. Le candauliste a interrompu mes préliminaires entre deux courses pour me demander de passer à l'étape suivante. La jeune femme n'était visiblement pas prête à cet acte, et je l'ai prise en levrette sous les encouragements du commentateur sportif qui braillait à la télé. Ni elle ni moi n'avons éprouvé de plaisir. Lorsque ce fut terminé, le candauliste m'a prié de sortir et je ne les ai jamais revus.

Cette triste histoire m'a inspiré un profond dégoût pour une telle situation dont j'avais été le complice servile, et dès lors, j'ai décidé que je ne serai plus jamais le valet. Et pourtant, quelques années plus tard, je me suis retrouvé en quelque sorte dans la situation inverse malgré moi ...

Le fantasme de l'hooliganette

Après la fliquette à casquette et galons dorés sur les épaules carrées de sa chemise bleue électrique, fliquette qui fouillerait sans ménagement mais avec un rictus concupiscent, mon petit corps à demi nu, cuisses écartées en garde à vue dans un bureau sordide, après la fliquette disais-je, une bonne amie vient de susciter en moi le fantasme de l'hooligannette ! Mon blog n'ayant pas d'autre objet que de saisir au vol mes pensées impertinentes ou mes récits débauchés, pourquoi ne pas le commencer avec une plaisanterie. Après tout, ce ne sera pas la première fois qu'un destin se joue là dessus, que ce soit le mien ou celui des personnages Kunderiens.

L'hooliganette m'a invité à suivre la finale de la coupe du Monde dans sa chambre d'étudiante. A l'affiche: France-Brésil ! Comme d'habitude, je me suis perdu et je suis en retard, mais je n'ai aucun mal à trouver son petit studio au vacarme qui en émane. J'ouvre la porte. Quel choc ! De part et d'autre de la télé où s'époumone thierry Rolland, des fumigènes crachent une épaisse fumée qui masque les murs recouverts de posters France Football. Face à la télé, mon hooliganette s'agite toute seule sur son Sofa. Elle ne m'a pas entendu arriver. Je m'approche précautionneusement en évitant les canettes vides qui jonchent le sol. Elle se retourne brusquement et me jette un sourire bleu-blanc-rouge halluciné. Sous sa perruque rose frisée, son visage peinturluré me scande "allez les bleus !" en guise de bienvenue. Ses seins tressautent sous son maillot de l'équipe de France qui lui tombe à mi-cuisse, en recouvrant son collant filets homologué par la FIFA. Ses chaussures Adidas à crampons rayent le parquet. "T'es pas en tenue de supporter !" Eructe t'elle d'une haleine Heineken. "A poil les Brésiliens !" Hurle t'elle alors en se jetant sur moi pour arracher mes vêtements. Inutile de résister, et me voilà en deux temps trois mouvement prêt à courir sur la pelouse dans le plus simple appareil. Pendant ce temps là, Zidane envoie la balle au fond des filets. C'est la liesse. "Baise-moi à la footbaleur !" qu'elle me crie en brandissant un condomi spécial footmedium_condomifoot.jpg.
- C'est quoi, à la footbaleur, que je lui demande éberlué ?
- Droit au but et sans les mains, qu'elle me répond en sautant à genoux sur le canapé !

D'un geste vif, elle remonte jusqu'à la taille son maillot de l'équipe de France. A travers les larges mailles de son collant fillet, je constate qu'elle ne porte pas de petite culotte. Ses cuisses à la verticale sont comme deux poteaux blancs entre lesquels je vais tirer mon coup. "J'vais te tirer comme un penalty" que je lui annonce en chaussant le condomi, entre deux rasades de bibine pour me mettre dans l'ambiance. "Tire pas avant que j'ai sifflé", beugle t'elle avant de siffler sa septième canette. Face aux trous, j'opte pour le contre pied. Je fais glisser le ballon du condomi sur son anus qui se contracte aussitôt, pour mieux m'enfoncer d'un seul coup dans sa chatte béante. "Et un, et deux, et trois zéros !" que je me mets à brailler en lui enfilant autant de coups de queue ! Elle se retourne vers moi avec un rictus mauvais, me brandit sous le nez une matraque non homologuée et elle me dit entre ses dents "Attends un peu que je te la mette dans la lucarne !"

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