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21 janvier 2007

Libertinage et volage font-ils bon ménage ?

A la lecture des annonces de couples mariés qui ne veulent rencontrer que des couples mariés, et au vu des débats houleux entre couples libertins légitimes et singletons volages, ces deux volants du libertinage apparaissent bien incompatibles, et un couple exemplaire comme Georges & Madeleine semble être l'exception qui confirme la règle.

Je conçois le mépris que peut inspirer la personne volage au couple légitime qui a décidé de tout partager, jusqu’aux désirs que peuvent leur inspirer les autres, et les plaisirs charnels qu’ils peuvent en tirer: mépris pour l’infidélité du cœur (le couple libertin n’ayant renoncé qu’à la fidélité du corps), mépris pour la tromperie et pour les mensonges auxquels ils ont échappé, et peut être un peu de mépris pour l’échec matrimonial que la personne volage représente. Car un comportement volage est l’échec fondamental pour cette conception symbiotique du couple, où il est impensable qu’un de ses membres consomme sa liberté individuelle jusqu’au lit.

Face à ce fonctionnement apparemment aussi bien huilé qu’une morale judéo-chrétienne, le libertin individuel est cependant en droit de se poser quelques questions: la racine étymologique de « libertinage » n’est-elle pas « libertin », caractérisé par la liberté de corps et d’esprit ? Comment peut-on se proclamer libertin et dénier à son conjoint sa liberté individuelle de jouir de son propre corps comme il l’entend ? Le libertinage serait-il un échange de liberté stipulé par le contrat tacite: « Tu peux jouir d’un autre corps si je peux jouir d’un autre corps », et qui donne tout son sens au terme « échangisme », une sorte de liberté surveillée, voire une liberté sous caution lorsqu’elle est assortie d’interdits tels que la pénétration hors couple ?

medium_erotique_solaire.jpgSelon Michel Onfray et sa définition du libertin dans sa « théorie du corps amoureux », un vrai libertin doit être célibataire. Cela ne signifie pas qu’il est condamné à papillonner de corps en corps sans échanger plus que quelques étreintes. Cela veut simplement dire que le libertin affranchit ses relations amoureuses du prosaïque quotidien, qu’il noue des liens tout en gardant ses distances vitales, qu’il ne sacrifie pas sa liberté sur l’autel d’une vie commune avec un tiers. La parabole du hérisson exprime bien l’épineux problème de la juste distance : Comment des hérissons peuvent être assez proches pour se réchauffer en hiver, sans pour autant se piquer.

Il est amusant de constater que ces deux positions bien tranchées sont appelées à se confronter sur l’oreiller du fait d’un comportement sexuel partagé. Si vous êtes un couple libertin pur et dur, quel est votre degré de tolérance pour faire l’amour et pas la guerre ? Demandez-vous le statut matrimonial de l’éphèbe musculeux rencontré au détour d’un coin câlin ? Vous souciez-vous d’un éventuel conjoint abandonné lorsque vous jouissez enfin de la jolie jeune femme accueillie dans votre lit conjugal ? Vilipendez-vous systématiquement les couples illégitimes qui ont le malheur de s’intéresser au votre ?

19 janvier 2007

De la censure (1)

medium_banni.jpgCe matin, comme je le fais depuis plusieurs années, je vais sur le forum Echangisme/Triolisme d'auFeminin où j'ai mes habitudes. J'essaie de me connecter, mais mon mot de passe n'est pas reconnu ! C'est étrange, c'est le même depuis 5 ans. Cela ne m'empêche pas de surfer jusqu'à la dernière discussion à laquelle j'ai participé: Ce que j'avais écrit a soigneusement été effacé ! Et la plupart de mes posts aussi !  Je demande à une amie de voir si elle peut accéder à mon profil... la réponse tombe comme un couperet: je n'existe plus.

Une seule explication me vient à l'esprit: J'ai été banni d'auFeminin. Forcément, je me suis posé des questions sur les raisons qui ont pu justifier une telle mesure à mon égard:
- Aurais-je proféré un lot d'insultes portant atteinte à un autre membre de ce forum? Non, je pense être toujours resté courtois.
- Ai-je mis en ligne la recette du bon vieux cocktail molotov qui pourrait porter atteinte à la sûreté de l'état ? Je n'ai pour vocation que de bruler les femmes de désir...
- Ai-je écrit des propos portant atteinte à la dignité humaine, ou faisant l'apologie de la bestialité ou de la pédocriminalité ? Certainement pas ! Mes mœurs  dissolues sont conformes à la législation française et dans l'esprit du forum auquel je participe.
- Mes derniers propos, bien que ni diffamatoires ni obscènes, auraient-ils porté atteinte à l'ambiance du forum, ou l'idée que le modérateur s'en fait ? Peut-être...

medium_religionETlibertinage.jpgJ'ai donc réfléchi à ces derniers propos tenus sur une discussion intitulée "La religion et le libertinage...", où l'auteur s'interrogeait à juste titre sur la compatibilité de ces deux pratiques. Voilà ce que je lui avais répondu, ami lecteur, non pas pour vous convaincre de quoi que ce soit - car en la matière j'ai plus de questions que de réponses - mais pour vous permettre de juger par vous-même de l'éventuelle obscénité de mes propos, ou s'ils peuvent nuire à l'ambiance d'un forum de discussion...

Credo, zeVagant le 17 janvier [en fin de matinée]
C'est une question difficile et je me la pose depuis plusieurs années ! Je crois tout d'abord qu'il faut bien distinguer le religieux (au sens de l'organisation sociale des adeptes d'une religion) du spirituel (au sens de sa relation intime à Dieu, puisqu'il est question de Lui).
Aussi, je vais borner l'esquisse de mon analyse à la religion Chrétienne, et réduire le libertinage à la pratique de la sexualité collective récréative actuelle, sans évoquer le libertarisme soixante-huitard ni le libertinage philosophique du 18ème siècle.
Au plan religieux, je crois que le libertinage est incompatible avec les règles de la vie chrétienne. Pour les catholiques, ces règles sont dictées par le Pape et Jean-Paul II fut catégorique: La sexualité ne peut avoir lieu qu'au sein du mariage, en dehors duquel l'abstinence s'impose. Si on veut dépasser ce verdict au profit d'une analyse personnelle à l'image des protestants, on peut aisément justifier ces règles à la lecture de la Bible, en particulier les épîtres de Paul [Romains 1:26] qui demeurent les textes fondateurs de l'identité chrétienne. Sont-ils dépassés parce qu'ils ont 2000 ans ? Je crois pour ma part qu'ils portent sur une dimension psychologique intemporelle de l'Homme, et il suffit de lire "l'art d'aimer" d'Ovide pour réaliser combien nos affects n'ont pas évolué.
La lecture de l'ancien testament, dont l'histoire du roi David, donne un autre éclairage des préceptes religieux à la lumière de la spiritualité. Voici un homme qui n'a pas hésité à faire tuer Urie, l'époux de sa maîtresse Bath-Schéba, afin de pouvoir la prendre pour femme [2 Samuel 11], ce qui va bien à l'encontre des 10 commandements [Exode 20] qu'il était censé suivre. Malgré tous ces pêchés, à cause desquels Dieu l'a d'ailleurs éprouvé, il n'a jamais perdu la foi, il s'est repenti, et le Seigneur l'a béni ainsi que sa descendance. Les règles peuvent être transgressées au prix d'un repentir sincère, mais elles ne peuvent pas rester bafouées. La parabole du fils prodigue ne dit pas autre chose [Luc 15:11].
La pratique active d'un libertinage charnel permet-elle l'édification spirituelle nécessaire à l'adoration de Dieu ? Autrement dit, peut-on partouzer toutes les nuits avec des femmes adultères et demander sa rédemption chaque matin d'un coeur sincère avant de préparer sa prochaine nuit de débauche ?
Vagan :)

Amaris75 n'a pas répondu, mais KermitLaGrenouille avec son sens de la répartie caustique...

Donc si je résume cher vagant, kermitlagrenouille le 17 janvier à 13:44
Si on est catho, que l'on prête importance aux textes datant de matusalème, que l'on écoute la parole émanant du Vatican (Le nouveau locataire a en plus l'air encore moins commode que son prédécesseur): Pas de partouze ou alors avec un sincère repenti (autoflagellation, sacrifice de sa meilleure brebie etc...)
Si on est catho, mais juste pour le coté spirituel genre Dieu est bon, Dieu est grand mais il est bien trop occupé pour vérifier si je seiche la messe du Dimanche... Pas de pb pour l'orgie... Après tout le patron en a vu d'autre...
Perso, je me suis trouvé un truc bien plus reposant... Je n'y crois plus... mais alors plus du tout...
Au début ça fait drôle de se dire qu'à la fin, ben pas de paradis ou autre club de vacances, pas de procès devant St Pierre, aucun tsoin tsoin, juste la fin... Mais on s'y fait, et cela donne envie de bien en profiter avant...
Voila, c'est un point de vue qui n'engage que moi.

Petite mise au point, zeVagant le 17 janvier [vers 14h]
J'ai évoqué le Catholicisme pour mieux illustrer le Christianisme au sens large. La position d'un pape ou d'un autre m'importe peu: ce n'est qu'une interprétation des évangiles sous le poids de traditions millénaires, et qui masquent sans doute la profondeur psychologique des paroles du Christ.
Le véritable repentir est celui du coeur, dans l'intimité de chacun, qui ne regarde que soi-même et Dieu si on y croit. Le véritable repentir se passe donc très bien de toutes les manifestations que tu cites.
Le patron en a sans doute vu d'autres, mais qu'importe. Le salut de ton âme a t'elle quelque chose à voir avec celles des autres ? Est-il bien nécessaire de mourir pour jouir de la sérénité de ce salut ? La débauche et le mensonge associés à l'adultère peuvent-ils nous apporter un bonheur durable ? Somme nous condamnés à n'avoir pour seul horizon qu'un matérialisme nihiliste dépeint avec la lucidité d'un Houellebecq ?
Vagant, sans trop de points de vue mais qui engage tout le monde :)

Pensez-vous donc, ami lecteur, que mes propos sont nuisibles à l'ambiance d'un forum de discussion ? Mes questions n'ont-elles pas le droit d'être posées ? Ou bien aurais-je écorché les yeux d'un modérateur tout puissant en écrivant quelques références bibliques ?
Car aujourd'hui, l'idée à la mode est l'athéisme militant, façon Onfray. Toute mention de religion ou de spiritualité est suspecte de sectarisme et doit être ardemment combattue sous prétexte qu'elle entraverait une sacro-sainte laïcité. Dois-je rappeler avec André Comte-Sponville que la laïcité est trop précieuse pour être confisquée par les antireligieux fanatiques ?

En l'absence de toute explication de la part d'auFeminin, je ne peux qu'aboutir à une triste conclusion: En 2007, en France, je suis victime d'un délit d'opinion, dont la sanction est un bannissement sans sommation.
Il est amusant de constater que sur auFeminin, le modérateur semble être de droit divin. Inaccessible par mail ou par quelque autre moyen, ses voies sont impénétrables et ses décisions sans appel. Le forumeur jouit ainsi d'une liberté toute relative, certains de ses mots sont supprimés, des pans entiers d'échanges disparaissent dans les limbes, et sans la moindre raison, on finit par disparaître aussi: auFeminin est une dictature sans dictat, comme le château de Kafka. A moins que le dictat soit subtilement économique...

En vérité, je me demande si ce n'est pas notre liberté d'expression (la votre ou la mienne) qui est menacée sur les forums, plus que les opinions en tant que telles. Ce que j'ai écrit n'est pas dans le ton d'un forum libertin traditionnellement athée et risquait de mener à des débats qui vont à l'encontre de la stratégie commerciale des forums dits "de discussion". Sur auFeminin, on assiste en effet à la multiplication de ces forums afin de segmenter le lectorat: chacun doit se sentir chez soi avec des internautes qui partagent exactement les mêmes opinions, afin de fidéliser la clientèle et mettre en place des publicités bien ciblées. En tant que participant à un forum de discussion, nous ne tombons pas sous le coup d'une loi morale, mais sous la loi du marché qui restreint notre liberté d'expression selon le contexte où nous tentons de l'exercer. En segmentant le marché de la discussion, auFeminin balkanise l'opinion. Elle appauvrit les esprits en évitant... toute discussion de fond ! En allant au bout de sa logique commerciale, le forum perd sa raison d'être.

A suivre...

Comme une image

medium_eye2.jpgJ'imagine mon âme avec un menton en galoche et des lèvres sensuelles, et pourtant j'ai un petit menton et aussi une petite bouche. Si je ne m'étais jamais vue dans la glace et si je devais décrire mon apparence extérieure d'après ce que je connais intérieurement de moi, le portrait ne ressemblerait pas du tout à ce que tu vois quand tu me regardes ! Je ne suis pas du tout celle que je parais !

Kundera - La valse aux adieux.
 

Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, ami lecteur, mais moi, dans le métro, il m'arrive de regarder les gens. Vous me direz que cela n'a rien d'extraordinaire, des gens, dans le métro, ce n'est pas ce qui manque. Certes, mais le regard y est souvent vide. Parfois, il m'arrive même de trouver des ressemblances. Il s'agit moins de ressemblances physiologiques objectives (Cette vieille dame aux cheveux mauves a le même menton fuyant que ma tante Ursule) que des ressemblances de caractère apparent. Ainsi le semillant quinquagénaire en face de moi me fera subjectivement penser à Pierre Arditi aux expressions de son visage alors qu'il lit son journal. Ne me demandez pas pourquoi, c'est juste une impression indéfinissable mais néanmoins têtue. Pourtant, il ne m'est jamais arrivé de trouver quelqu'un qui me ressemble. Vous me rétorquerez qu'on a parfois du mal à se reconnaître soi-même en photo (Quoi? Mais qu'est-ce que c'est que cette grimace ? C'est moi ça ?) sans doute parce qu'on ne se voit pas tel qu'on apparaît aux autres, comme dans cette image fixée par l'objectif objectif. Son propre moi intime, sans cesse devant nos yeux, reste caché au reste du monde, à moins de le laisser entrevoir à son psy ou à vous, ami lecteur.

 

Il y a quelques jours, pourtant, il m'a semblé me reconnaître un peu. Pas dans le métro pour les raisons exposées plus haut, mais dans la foule des blogs. Je n'ai pas encore tout lu parce que c'est fourni, mais le plus frappant, c'est ici. J'ai des souvenirs similaires, mais pas dans ma voiture. Quelque part, je crois que ça me gènerait que ma fille s'asseoit là où j'aurais fait l'amour à une autre femme que sa mère. Sans doute pas autant que d'inviter une autre femme dans le lit conjugal désert, mais quand même. Remarquez, si l'occasion se présentait, sans doute n'afficherais-je pas ces scrupules. La chair est faible, et la mienne tout particulièrement. Bref, dans cette histoire, j'aime bien l'image de la cyprine en émulsion, "comme des blancs montés en neige" ai-je immédiatement pensé; J'aime encore plus les mots tus, le motus des bouches cousues: l'exhibition des corps cache souvent la pudeur des coeurs.

08:05 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Blogs

18 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (Epilogue)

Tous les romans ont des coulisses. Un des amis de Diderot, le marquis de Croismare, s'était intéressé au sort d'une jeune femme qui demandait à sortir du couvent où elle avait été placée contre son gré. Diderot eut l'idée facétieuse de lui adresser des lettres prétendument écrites par cette religieuse qui lui demandait secours. Le marquis tomba dans le piège, une correspondance s'ensuivit, et Diderot, pris à son propre jeu, finit par composer les mémoires que cette religieuse était censée avoir écrits à l'attention de Croismare, roman qui fut publié sous le titre: "La Religieuse".

Je n'aurai pas la ridicule prétention de me comparer à Diderot. Les coulisses de cette petite nouvelle érotique sont néanmoins sulfureuses: je connaissais Léone depuis longtemps lorsqu'elle me demanda de lui organiser une soirée de débauche où elle serait offerte, les yeux bandés, à un petit groupe d'hommes et éventuellement de femmes, que j'aurais scrupuleusement sélectionnés. Quelques temps plus tard, c'est Catherine, une autre de mes amies, qui me fit sensiblement la même proposition. C'est ainsi que germa dans mon esprit cette facétie: organiser ces deux défis en une seule et même soirée à l'insu des deux instigatrices.

Je mis au point un casting basé sur le plus petit dénominateur commun des désirs de chacune. Après de nombreuses tractations secrètes, Paul, Guillaume et Maryse relevèrent ce défi. Mais la réalité ne serait pas la réalité sans son lot d'imprévus: Catherine déclara forfait quelques jours avant la réalisation de ce scénario diabolique pour des raisons professionnelles, et Maryse démissionna à son tour en apprenant la mauvaise nouvelle. Il en fallait plus pour me décourager. Je pensai aussitôt à Claire qui m'avait fait part de fantasmes similaires, et je confiai à Guillaume la délicate mission de lui faire cette indécente proposition. Il s'en tira avec un brio qui mérite bien les quelques vers de mirliton que je lui ai prêtés dans ce récit.

On n'imagine pas l'organisation milimétrée que tout cela suppose, dont la sélection de l'hôtel et ses contingences. Pour vous en donner une idée, voici le message que j'ai envoyé à Guillaume dans la matinée...

Guillaume,
Penses-tu venir en moto avec Claire ou lui donner rdv dans le bar de l'hôtel ? Dans le second cas, je suggère d'avancer le rdv de Léone à 20h. Nous serons tous présents avant, et cela évitera le risque d'une rencontre impromptue entre Claire et Léone.
Je telephonerai donc à Léone à l'heure prévue et je l'accueillerai dans la chambre avec le grand lit. Peut être voudra t'elle se rafraichir. Ensuite je la conduirai dans la chambre avec les lits jumeaux (Paul devrait y être), en lingerie, les yeux bandés. A partir de là, elle ne devra plus dire un mot. Je l'allongerai sur le lit, et je lui lierai les poignets à la tête de lit (j'ai acheté le materiel nécessaire). Je lui parlerai pour la calmer, et couvrir les bruits que tu pourrais faire. Car pendant ce temps là, tu viendras avec Claire, ou elle viendra seule et tu l'accueilleras, toujours est-il que vous irez dans la chambre avec le grand lit, elle se rafraichira, et c'est toi qui la conduira dans l'autre chambre avec les lits jumeaux, en silence, les yeux bandés. Tu lui auras dit auparavant de résister à l'envie de gémir, etc...
Ensuite, le jeu se déroulera comme convenu. Nous éviterons de parler jusqu'à ce que l'une d'entre elle commence à gémir. Alors nous leur retirerons les bandeaux pour la deuxième chance et elles pourront nous entendre. Cela te convient ? Souhaites-tu d'autres précisions ?
Je te passe un coup de fil dès que j'arrive à l'hôtel vers 18h pour tout installer avec Paul: les petits fours, la musique, etc...
A tout à l'heure,
Christophe

La débauche, c'est un peu comme le Jazz: ça peut être n'importe quoi mais ça ne se fait pas n'importe comment.

17 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (7)

J'avais devant les yeux la scène peu commune pour laquelle j'avais tout mis en oeuvre. Deux femmes étendues, l'une à la peau d'un blanc laiteux, l'autre à la peau d'un brun tabac, deux femmes aussi dissemblables qu'aussi séduisantes, deux jumelles dans la luxure étendues sur leur lit jumeau, les poignets liés et les yeux bandés, chacune étant certaine de la présence d'autres personnes autour d'elle, et tout autant certaine d'être la seule soumise. C'est le moment où mes acolytes leur ouvrirent les yeux. Elles promenèrent leurs regards incrédules et ravis sur la pièce, se découvrant l'une et l'autre dans la même situation, ainsi que Guillaume, Paul et moi-même, nus face à elles. Sur le petit bureau de la chambre, une bouteille de champagne, des petits fours et quelques fruits frais attendaient le regain imminent de leur appétit.

- Bravo pour votre courage et votre confiance les filles ! Dis-je d'un ton goguenard, j'estime que vous avez été aussi brave l'une que l'autre, et je vous déclare à égalité à la fin de cette première manche. Passons à la seconde, dis-je en brandissant deux objets, comme des oeufs d'un rose nacré.
- Pitié ! Interrompit Léone, détache-nous avant, j'ai besoin d'une petite pause !
- Oui ! Oui ! Une pause, renchérit Claire, je suis toute ankylosée !
- Pause accordée, répondis-je.

Lorsque nous reprîmes les hostilités, l'une et l'autre plaidèrent pour garder les mains libres, ce que je leur concédais à condition qu'elles n'en profitent pas soustraire leur intimité à cette seconde manche.

medium_eg40.jpg- Voici deux oeufs vibrant radiocommandés, et voici leurs télécommandes respectives. Chaque télécommande n'a qu'un seul bouton, pour mettre en marche et arrêter les vibrations. Maintenant, Paul va glisser cet oeuf dans l'intimité de Léone. Claire, je t'en confie la télécommande.
- Merci, répondit Claire intriguée.
- Inversement, je vais glisser le second oeuf dans ta chatte Claire, et c'est à Léone que je laisse sa télécommande.
- Nous voilà à égalité, dit Léone.
- A partir de maintenant, silence ! La première qui gémira aura perdu.

J'entrepris la vulve de Claire de la pointe de la langue, sans plus de préambules. Le plaisir ne tarda pas à y couler à flot. Claire en aurait bien roucoulé de bien-être, mais elle sut se contenir. J'en profitai pour lui introduire l'œuf sans difficulté, en le retenant d'un doigt avec le petit cordon prévu à cet effet. Claire appuya sur la télécommande pour mettre en marche celui que Paul avait dut glisser dans la chatte de Léone, mais c'est le sien qui se mit en route. Leone poussa un léger gémissement, et les vibrations s'arrêtèrent. Puis elles reprirent sans que Claire n'ait touché à la télécommande. Les vibrations l'excitaient terriblement, d'autant plus que je n'avais pas cessé de la lécher. Elle actionna la télécommande, pour voir, et les vibrations cessèrent aussitôt. Puis elles reprirent toutes seules alors que Léone gémissait de plus belle. C'était à ne rien y comprendre, surtout dans cette situation où le plaisir lui faisait perdre la raison.

Je détachai à regret mes lèvres du délicieux calice, pour expliquer la situation aux deux jeunes femmes qui se tordaient de plaisir.

- En vérité, chaque télécommande contrôle les deux oeufs. En appuyant sur le bouton pour exciter votre adversaire, vous mettez aussi en marche votre propre vibreur et vous vous excitez vous-mêmes. Si le plaisir devient insupportable au point de crier, vous pouvez arrêter les vibrations de votre oeuf, mais cela arrêtera aussi celles de l'œuf de votre adversaire et réduira ainsi vos chances de la faire craquer la première...
- N'appuie pas sur le bouton ! Ces vibrations... c'est trop bon ! Souffla Léone à l'attention de Claire, contre toute logique. Le plaisir était en train de lui faire perdre la tête, et la seconde manche par la même occasion !

J'abandonnai Claire pour achever Léone que Paul tenait maintenant dans ses bras, afin de l'empêcher de mordre le soutien gorge qu'elle avait mis dans sa bouche pour ne pas crier. Guillaume pris ma place avec l'empressement du gourmet devenu gourmand. Le sexe de Leone était trempé, mais c'est son oeillet palpitant qui attira mon attention. Sa mouille abondante avait littéralement inondé son entre-cuisses, dont son petit trou tout luisant de mouille.
Pendant que je j'embrasais son clitoris de mes baisers enflammés, deux de mes doigts fouillèrent son anus, débusquèrent le vibreur au travers des fines chairs qui séparaient le bout de mes doigts de son vagin extatique, et, de l'autre main, je tirai malicieusement sur la cordelette de l'œuf vibrant afin d'en accentuer la pression sur son point G. A ce régime, Léone ne put retenir les feulements de la jouissance qui ne tarda pas à la submerger.

J'abandonnai Léone aux spasmes de son orgasme, pour annoncer la victoire de Claire, surprise d'avoir gagné avec les quelques gémissements qu'elle n'avait pu retenir sous l'emprise des lèvres de Guillaume. Encore abasourdie par cette victoire à la Pyrrhus, Claire ne put se résoudre à s'isoler avec quelques-uns d'entre nous, et Léone préféra me réserver sa vengeance pour une autre occasion.

Plus tard dans la nuit, je m'assoupis tout contre Léone, bienheureux après une ultime jouissance, alors qu'elle caressait le sexe de Guillaume allongé de l'autre côté, de concert avec Claire que Paul prenait par derrière avec la dernière énergie. Pour tenir à 5 dans le même lit, nous avions du nous allonger dans la largeur. Vus, du plafond, nous devions ressembler à des sardines dans une boite. "Nous sommes quand même de grands malades" conclut Léone. Je n'aurais pu lui donner tort. Mais la folie est parfois bien douce.

16 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (6)

Claire avait perdu le fil des caresses. Après avoir brièvement perdu le contact avec la peau de Guillaume, des mains caressantes s'étaient à nouveau posé sur son dos. Etaient-ce celles de Guillaume, ou appartenaient-elle à d'autres ? Bientôt, elle sentit de nouvelles mains sur ses jambes, qui la touchaient timidement. On la retourna doucement. Elle était maintenant sur le dos, vêtue de son seul slip. On le retira. Au moins deux mains le firent glisser tout au long de ses cuisses. Elle ne bougeait pas, comme pétrifiée d'angoisse et de désir. Elle imaginait maintenant ces hommes face à elle. Elle pouvait presque sentir leurs regards qui glissaient le long de ses jambes, s'immisçaient entre ses cuisses, se perdaient entre les lèvres roses de sa chatte épilée. Ça l'excitait, elle le sentait, ça coulait, et ça la terrorisait en même temps. Pourvu qu'ils soient tendres, priait-elle intérieurement, tout en se raisonnant en pensant qu'elle ne risquait rien avec Guillaume présent. L'oreille aux aguets, elle s'attendait à chaque instant à ce que des mains viennent écarter ses cuisses, que des doigts écartèlent sa vulve, mais elle ne s'attendait pas à ça. Ce sont des lèvres qui se posèrent sur les siennes, légères, aériennes, timides. Entre ces lèvres, elle sentit quelque chose de dur. Elle le jaugea de la pointe de la langue, puis le croqua. C'était un grain de raisin qui éclata dans sa bouche, suivi aussitôt d'une langue gourmande venue lécher le jus sur ses lèvres sucrées. Claire tendit la langue pour mieux la goûter, mais elle ne rencontra que le vide. La mystérieuse bouche nourricière avait disparu d'un seul coup, comme elle était venue.

medium_fraise.jpgAprès le grain de raisin, c'est une fraise fraîche que trouva Léone entre les lèvres furtives qui venaient l'embrasser. Léone la dégusta en même temps que la bouche inconnue. D'autres mains avaient dégagé ses seins de son bustier blanc, des doigts en caressaient tendrement les tétons bruns, dressés, fermes et dodus, si typiques aux femmes noires. Comme pour le raisin, la bouche au goût de fraise se retira, comme le bec d'un oiseau migrateur après la becquée. Qu'allait-elle lui apporter la prochaine fois? Léone entendit un bruit bizarre, comme celui du gaz qui s'échappe d'une bouteille, et puis des rires étouffés. Qu'allait-on lui faire ? Une fois de plus, on présenta quelque chose à sa bouche. Elle mit un certain temps à reconnaître ce nouveau met. C'était à la fois chaud et crémeux. Pas un fruit. Peut être un doigt ? Elle le jaugea de la pointe de la langue pour savoir si elle pouvait le croquer. Elle jugea plus prudent de ne pas le faire. Ce qui semblait enrobé de crème chantilly était un sexe d'homme, bien raide, gorgé de sucs. Léone le goba avec gourmandise, et sa bouche avide nettoya le gland épais de toute la crème chantilly. Elle sentit bientôt ce fier phallus coulisser entre ses lèvres, et Léone le pompa ardemment, jusqu'à ce qu'il se dérobe à ses lèvres gourmandes.

Les hommes auxquels elle était soumise étaient bien facétieux, songea Claire ! Après le raisin, la fraise, ce sexe d'homme enrobé de crème chantilly, c'est le fracas d'un bouchon de champagne qui l'avait fait sursauter. Le liquide pétillant avait coulé sur ses lèvres, aussitôt lapé par une mystérieuse bouche assoiffée. Jusqu'à présent, aucun des hommes ne l'avait encore pénétrée. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait ! Après avoir été embrasée de baisers et consumée de caresses, de nouvelles lèvres vinrent encore se poser sur les siennes. Mais celles du bas, enfin. Taquines, elles avaient picoré l'intérieur de ses cuisses avant que la pointe d'une langue vienne lui darder la vulve. Le bougre était un fin bretteur. Il la touchait de la pointe et d'estoc, sans que Claire ne se doute jamais où il allait porter les coups de langue. Ces attaques étaient aussi insupportables que délicieuses. Une touche au périnée, une tierce aux petites lèvres, les coups successifs sabraient toute sa résistance lorsque la bouche perverse vint enserrer son clitoris entre des lèvres humides. Claire n'était plus victime des attaques sporadiques et imprévisibles qui avaient failli la rendre folle, mais d'un corps à corps assassin. Les lèvres lui suçaient le clitoris, l'aspiraient et le recrachaient sans relâche. Pour parfaire son oeuvre, la langue agile plongeait de temps à autre au cœur de son intimité comme un seau dans un puits, afin d'y puiser son jus de femme. Claire serrait les dents pour ne laisser échapper aucun râle du plaisir qui la submergeait, mais elle ne pouvait contrôler sa respiration, ni maîtriser son souffle qui s'échappait de ses narines frémissantes. Lorsque la bouche l'abandonna enfin, toute pantelante sur le lit, Claire pensa qu'on allait lui annoncer sa défaite sans même avoir été prise.

Léone avait comprit qu'on s'occupait de l'autre femme, probablement celle dont elle avait vu le soutien gorge. Les bruits de succion étaient caractéristiques, les gémissements étouffés aussi. Lorsqu'elle sentit des mains écarter ses cuisses, une tête investir l'espace béant, des lèvres la taquiner, elle comprit que c'était maintenant son tour. Et qui sait, peut-être était-ce la femme qui soupirait tout à l'heure, qui venait lui rendre tout le plaisir qu'elle venait de prendre ? Léone ne put retenir un petit cri de surprise. Entre les lèvres qui venaient de se poser sur son ventre, elle avait sentit quelque chose de dur et froid, sensation aussitôt remplacée par les chauds baisers qui se posèrent à l'intérieur de ses cuisses, mais entrecoupés de nouveaux contacts humides et glacés. Plus ces baisers se rapprochaient de leur but, plus le contraste thermique était saisissant, multiplié par l'incertitude de la sensation que le prochain baiser allait lui procurer. Lorsque Leone sentit le glaçon sur son clitoris, je crus qu'elle allait perdre la tête. Elle enfouit son visage dans l'oreiller pour étouffer ses râles, alors que je faisais fondre le morceau de glace entre mes lèvres et sa vulve, où se mêlait l'eau, ma salive et son nectar. Lorsqu'il finit par disparaître dans sa chatte, mes doigts prirent le relais. Je sentit son sexe trempé se crisper autour de mes doigts, et il en jaillit un jet de liquide blanchâtre qui aspergea ma main. Léone était convaincue d'avoir perdue tant le souffle de son orgasme dévastateur avait été fort.

15 janvier 2007

Equations à plusieurs inconnues (5)


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Au rythme brésilien de sa voix suave, Joao Gilberto chantait Ligia alors que le saxo de Stan Getz pleurait tous ses accords jazzy. La musique était douce. Les mains de guillaume aussi. Etendue sur le ventre, Claire se laissait faire. Agenouillé entre ses cuisses, Guillaume faisait lentement glisser ses mains sur le dos de la jeune femme, sur ses épaules, sur ses hanches. Elle était nue, ou presque, avec son seul string pour rempart symbolique aux regards qui glissaient sur elle. Car Guillaume n'était pas seul. Il y avait d'autres personnes dans cette fameuse chambre où il l'avait entraînée, les yeux bandés. Il l'avait couchée sur le lit, il avait ôté son soutien gorge, frôlé ses seins, il avait étendu les bras de la jeune femme au-dessus de sa tête, et emprisonné ses poignets dans des bandes de tissus qui semblaient fixées à la tête de lit.
Privée de sa vue, tous ses autres sens étaient en alerte. Claire sentait dans la pièce un parfum entêtant, comme de l'encens. Elle ressentait le moindre frôlement comme une caresse, et la moindre caresse la consumait de désir. Et puis elle avait entendu, des pas, des présences. Soudain, un rire étouffé. Un rire féminin. Se moquait-on donc d'elle, la seule à être nue, attachée sur un lit ? Elle chassa au loin cette pensée désagréable, pour se concentrer sur les mains qui glissaient avec sensualité sur son dos. Etaient-ce toujours les mains de Guillaume ? Claire n'était plus sûre de rien.

Tout en tenant ma main qui la guidait à travers la chambre, Léone avançait à pas lents, hésitants. Les talons de ses escarpins s'accrochaient dans la moquette, et risquait de la faire trébucher à chaque instant. Elle émit un petit rire nerveux en imaginant la situation, elle seule nue et les yeux bandés, au milieu d'inconnus qui la regardaient, qui la jaugeaient, qui allaient sauter sur elle d'un instant à l'autre. Léone sentait leur présence, par les bruits insignifiants qu'elle percevait malgré la douce musique jazzy qui berçait toute la chambre. Elle buta sur le bord d'un lit où je la fis s'allonger sur le dos. Elle était tendue comme une corde de violon, à la limite de la rupture. Calme-toi Léone... calme-toi... tout va bien se passer... n'ai pas peur... je suis là... ne fais pas de bruit... susurrai-je à son oreille pour la calmer du mieux possible. Et puis, j'étirai les bras de Léone au-dessus de sa tête pour lui attacher les poignets.

- Non! Non! Qu'est-ce que c'est ? Gémit-elle doucement, Ne m'attache pas je t'en prie !
- Mais c'est ce qui était prévu Léone, je te l'avais écrit, souviens-toi! Calme-toi, tout est sous contrôle. Tu me fais confiance n'est-ce pas ?
- Oui... oui... je te fais confiance répondit-elle d'une voix étouffée. J'avais oublié... Tu ne m'attaches que les poignets n'est-ce pas ?
- Oui, uniquement les poignets, et tu peux défaire ça très facilement.
- D'accord... finit-elle par souffler.

A peine avais-je lié ses poignets que j'embrassais Léone tendrement, sous le regard de Guillaume et Paul qui retenaient leur souffle. Je sentis Léone se détendre peu à peu, sa respiration moins haletante soulevait maintenant sa poitrine régulièrement, et je pus bientôt ôter ses escarpins, et caresser ses seins. Etendue sur l'autre lit jumeau, Claire semblait imperturbable. L'orgie pouvait commencer.

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