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25 février 2007

Le gage (2)

Lorsque notre voiture est arrivée au niveau du jeune motard, il s'était déjà avancé entre les voitures, sûr de son fait. Habitué des lieux, il avait sans doute croisé le regard de Sylvie, et y avait lu du désir. J'ai baissé la vitre. Le regard du jeune homme a papillonné sur le visage de Sylvie avant de se poser sur son échancrure.

- Bonsoir, j'ai de la chance ce soir, mademoiselle est vraiment jolie. Je peux vous aider ?
- Bonsoir. On cherche juste une petite exhibition aux abords du bois. Rien de plus. Ca t'intéresse ?
- Oui! Bien sûr! Je vous suis en moto ?
- Ca marche, mais on va voir un autre homme d'abord.

J'ai redémarré pour avancer vers l'homme aux lunettes rondes. Il nous avait probablement vu discuter avec le jeune motard qui nous suivait déjà, et il a semblé à la fois surpris et heureux de voir le grand sourire de Sylvie lorsque notre voiture s'est arrêtée à son niveau.

- Bonsoir, nous a-t-il dit timidement.
- Bonsoir, vous venez souvent dans cette rue ?
- Heu... c'est à dire que... non... c'est la première fois.
- Et ça vous dirait de nous regarder faire l'amour dans la voiture ?
- Heu... oui!
- On va dans le bois. Vous nous suivez ?
- D'accord... Je prends ma voiture. Je suis garé juste là.

Sylvie l'a regardé monter dans sa voiture, en riant de sa timidité, et elle s'est tournée vers moi pour me faire un langoureux baiser. Sa langue a glissé entre mes lèvres, a enlacé ma langue, a fouillé ma bouche passionnément, puis, lentement, ses lèvres se sont détachées des miennes, et elle a plongé dans mes yeux un regard malicieux.

medium_phares.jpg- Ils te plaisent ?
- Oui.
- Tu as envie d'eux ?
- Non, j'ai envie de toi !
- Ca te plait qu'ils nous regardent ?
- Oui, ça me plait.
- Et qu'ils se branlent ?
- Ça, ça m'excite !
- Tu as envie qu'ils te touchent ?
- Je ne sais pas.
- Et de les toucher ?
- Peut-être.
- Et tu veux que je te prenne comment ?
- Fort ! On y va ?

Ces derniers mots m'ont fait bander plus que tout. Sylvie n'était plus la jeune femme craintive qui suit son amant dans ses fantasmes, mais une maîtresse volontaire, prête à assumer la position souveraine de reine de la fête, et peut être même prendre les choses en main.

Nous sommes enfoncés dans le bois ténébreux, où nous avons trouvé une rue calme un peu à l'écart du ballet des voitures autours des travestis qui officiaient à une centaine de mètres de là. A peine avais-je coupé le moteur, que les lèvres de Sylvie se sont posées sur les miennes, comme si, intimidée par la situation, elle voulait se réfugier dans l'action. Nos deux voyeurs étaient à la portière, du côté de Sylvie. Ma main gauche a glissé entre ses cuisses, elle a frôlé ses bas jusqu'à la frontière de la dentelle sur sa peau nue, et elle a remonté sa jupe pour livrer ses cuisses à leurs regards égrillards.

"Il fait chaud, tu ne trouves pas ?" ai-je dit dans un murmure. Sylvie ne m'a pas répondu. Sa bouche avide a glissé le long de mon torse, en direction de mon sexe dur qu'elle a malaxé à travers mon jean. Enfin, elle a fait glisser ma braguette et ma verge raide de désir en est sortie comme un diable de sa boite. Sylvie a lâché un soupir de contentement en prenant mon sexe entre ses doigts, à moins que ce soit le courant d'air frais provenant de la vitre que je venais d'entrouvrir de son côté. Presque rien. Un ou deux centimètres seulement, vers lesquels ses reins se cambraient, comme pour rencontrer le souffle chaud des deux hommes qui se pressaient au carreau. Sylvie m'a pris dans sa bouche et ma main a continué de remonter entre ses cuisses, jusqu'à sa chatte épilée. Elle ne portait pas de culotte ce soir là. J'ai posé ma main droite sur sa tête qui montait et descendait au rythme de la magistrale fellation qu'elle m'administrait. Mes doigts ont caressé ses cheveux, sa nuque, son dos jusqu'à ses reins cambrés, et ont saisi le tissu de sa courte jupe. J'ai tiré dessus très lentement. Peu à peu, j'ai retroussé sa jupe, j'ai livré son sexe lisse à leur regard lubrique. J'ai continué, jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'ils voient bien son petit trou, et de deux doigts, j'ai écarté sa vulve pour leur exhiber son clitoris, avant de le masturber doucement.

Malgré la fenêtre entrouverte, nous avions de plus en plus chaud. Avec notre respiration haletante, de la buée s'était formée sur les vitres et nos deux voyeurs devaient nous regarder à travers la petite ouverture de la fenêtre pour voir quelque chose. J'ai décidé de changer de position et je me suis mis à genoux sur le siège, ce qui a obligé Sylvie à se reculer jusqu'à coller ses fesses nues à la vitre. Ah! Se sont écriés les deux hommes qui ont vu d'un seul coup un cul somptueux plaqué contre le carreau. Sylvie a relâché mon sexe un moment pour regarder derrière elle, et elle n'a pas pu se retenir de rire en voyant le motard caresser, et même lécher la vitre qui les séparait du paradis sensuel qu'elle exhibait. Coquine, elle s'est cambrée au maximum pour plaquer sa vulve toute mouillée contre la vitre. Elle a laissé sur le carreau une traînée baveuse comme celle d'un escargot. Le jeune homme à sortit sa queue et l'a plaquée de l'autre côté de la vitre. Il a suivi la traînée à la trace de la pointe du gland.

D'un seul coup, Sylvie s'est retournée pour leur faire face. De mes mains tremblantes d'émotion, j'ai commencé à malaxer ses seins déshabillés de dentelle dans son soutien gorge pigeonnant. "Prends-moi !" M'a-t-elle alors ordonné, assez fort pour que les deux hommes l'entendent. J'ai lentement glissé mon sexe dans sa chatte brûlante. Le plus jeune des deux tenait sa queue à la main, raide comme un cierge de pâque. Il se masturbait, la pointe de son gland tout contre la vitre, là où Sylvie avait laissé le plus de traces de mouille. L'autre, le timide à lunettes, était plus en retrait. Il regardait la scène en souriant. Dans son pantalon déformé, on devinait un sexe monumental. Sylvie était déchaînée. Elle a d'abord fait glisser la pointe de sa langue sur sa lèvre supérieure. C'est d'une sensualité affolante, et elle le sait. Et puis, en plantant bien son regard dans les yeux du jeune homme, elle a approché sa bouche entrouverte de la vitre, à quelques millimètres de sa queue de l'autre côté, et elle s'est mise à lécher les traces de sa propre mouille sur le carreau. Ça nous a tellement excités que le résultat ne s'est pas fait attendre: Il a éjaculé sur la vitre de longs jets de sperme gluant, au moment même où j'ai joui en elle. "Oh Oui!" a-t-elle crié dans la voiture, elle aussi surprise par l'orgasme. Pendant que mon sexe encore dur allait et venait entre ses reins moelleux, le jeune homme a barbouillé la vitre comme s'il étalait son sperme sur le visage ravagé de plaisir de la belle Sylvie. Ravi, il est parti pendant que nous essayions de reprendre nos souffles dans la voiture surchauffée.

- Ouvre s'il te plait, m'a-t-elle demandé doucement
- De quel côté ?
- Celui-là !

      
Sylvie m'avait désigné la vitre barbouillée de sperme à travers laquelle on ne distinguait plus grand chose, sinon la présence trouble de l'homme timide en costume. J'ai descendu la vitre complètement. Notre voyeur ne disait rien, il nous regardait en souriant, sans oser s'approcher. Son pantalon était si déformé qu'il semblait avoir des balles de tennis dans sa poche. J'ai senti Sylvie à la fois curieuse, et rassurée par sa timidité. Approche, lui ai-je dit gentiment. Il a obéi sans rien dire. Ses hanches ont bientôt été au niveau de la vitre ouverte. Sylvie n'avait qu'à tendre la main pour le toucher. Elle voulait voir. Elle en avait envie. Elle hésitait. Ma main s'est égaré sur son sein, l'a extrait de son écrin de dentelle, et l'a pris dans ma main. J'ai fait rouler son téton entre le pouce et l'index. Elle a tressailli. Lui aussi. "Montre !" A-t-elle alors dit d'une petite voix mal assurée. L'homme timide a rougit, puis d'une main tremblante d'excitation, il a ouvert la ceinture de son pantalon. Il a écarté les cuisses pour que son pantalon ne tombe pas dans le caniveau. Il a défait le bouton, et il a fait glisser la fermeture éclair. Le pantalon est resté en place. Il était suspendu à la bosse qui le déformait. Et puis il est enfin tombé.

Sylvie avait beau s'y attendre, elle n'a pas pu retenir un cri de surprise. Sous ses yeux écarquillés se dressait un membre monstrueux. Long comme un pied, large, épais, au gland pourpre rutilant. A sa base pendait une paire de couilles chevalines.

- Je suis trop gros, a-t-il balbutié, je fais peur aux femmes, mais ce soir, j'ai vraiment trop envie... de... de...
- De jouir ? a répondu Sylvie émue par cet aveu.

Alors, comme dans un rêve, elle a approché sa main tremblante de l'énorme phallus. Elle l'a frôlé doucement. Impossible d'en faire le tour d'une seule main. Sa peau était douce, comme celle d'un petit chat tout chaud qu'elle caresserait doucement. Voir Sylvie toucher cet homme m'a follement excité. Toujours derrière elle, mon sexe avait repris sa vigueur. J'ai approché ma main de sa chatte. Elle gouttait sur mes doigts. C'était un mélange de mon sperme et de sa mouille qui coulait, qui ruisselait, qui inondait ma main et ma queue juste en dessous. Mes doigts ont glissé dans son sexe. Un, et puis deux, et enfin trois qui l'ont pénétré doucement, qui ont massé tendrement son vagin incandescent. Le bout de mes doigts s'est attardé sur son point G, cette petite zone parcheminée au coeur de son plaisir. J'y ai appliqué un massage circulaire qui l'a fait gémir. J'ai senti qu'elle n'était pas loin de la jouissance, à son petit trou qui palpitait tout contre mon gland lubrifié par sa mouille. Sylvie avait cessé de caresser timidement le sexe phénoménal dressé devant elle. Elle le branlait furieusement, à deux mains pour pouvoir en faire le tour. Elle a frotté le gland turgescent sur ses seins à moitié sortis de son soutien gorge. L'homme timide a avancé une main timorée. Il a touché la peau de Sylvie, à l'épaule frissonnante. Ses doigts la frôlaient à peine. Ils sont descendus imperceptiblement, plus bas. Les halètements de Sylvie emplissaient tout l'espace de la voiture. Tout n'était plus que plaisir, imminence de jouissance. Au moment où ses doigts ont atteint son tétin tumescent, d'un coup de rein, elle s'est empalée sur ma queue. Elle s'est enfoncée mon dard dans l'anus alors que me doigts se crispaient dans sa chatte. L'homme et moi l'avons inondée en même temps. Mon sperme entre ses fesses, le sien entre ses seins, et les râles de nos orgasmes se sont mélangés dans la nuit noire.

24 février 2007

Alter Ego (3)

medium_age_mur.jpg- Vous connaissez cette oeuvre ? Me demanda-t-elle d'un trait comme on se jette à l'eau.
- Pas très bien, non, chuchotais-je d'une voix aphone.

Elle a marqué un temps d'arrêt. Alors qu'elle s'attendait à reconnaître ma voix, elle n'avait entendu qu'un chuintement maladif à faire fuir tout interlocuteur en bonne santé. Dans le doute, elle a poursuivit l'exposé qu'elle s'apprêtait à faire malgré mes supposés microbes.

- C'est une oeuvre maîtresse de Camille Claudel. Elle s'est représentée elle-même, agenouillée derrière Rodin qu'elle essaie de retenir. Lui, c'est un homme déjà mûr. La quarantaine. Camille n'a qu'une vingtaine d'années. Il la quitte au profit d'une autre maîtresse plus âgée, qui deviendra par la suite son épouse. Vous voyez comment elle a représenté les stigmates de l'âge ?
- Elle n'a pas été tendre avec sa rivale, soufflais-je sur un ton moribond. Je ne peux pas beaucoup parler, j'ai très mal à la gorge.
- Camille Claudel est sans-doute mon sculpteur préféré. De l'originalité dans le traitement du sujet, et même de l'audace, mais aussi une finesse toute féminine.
- Vous êtes artiste ?
- Non j'ai étudié cette oeuvre. Mais je ne voudrais pas vous faire parler, vous semblez tant souffrir...
- Ne vous inquiétez pas, c'est un plaisir de converser avec vous.
- D'ailleurs, il me semble que ça va déjà mieux, insinua-t-elle.

chez Ysé
À suivre...

23 février 2007

Le gage (1)

Lorsqu'elle est entrée dans la chambre d'hôtel où je lui avais donné rendez-vous, Sylvie n'avait plus tout à fait son aplomb habituel. Sa démarche était certes assurée, son port toujours aussi altier, mais je pouvais lire dans ses yeux l'ombre d'une appréhension, le timbre du doute dans sa voix volontaire. Ce trouble était sans doute dû à la tenue que je lui avais demandée. Elle laissait présager du pire. Sylvie portait un long manteau sur pas grand chose: des bottes de cuir qui accentuaient sa cambrure, une minijupe qui masquait tout juste le galbe de ses délicieuses rondeurs, une lingerie chic et choc qui mettait en relief ses petits seins pointus sous la cascade de ses mèches blondes. C'était aux antipodes de son costume habituel de working girl. Lorsqu'elle m'a vu prendre des clefs de voiture et me diriger vers la porte de la chambre, elle a compris que je ne serais pas le seul à profiter de son impudeur. Les règles du jeu étaient simples. Quand Sylvie gagnait une de nos joutes amoureuses, elle pouvait m'imposer le gage de son choix. Quand elle perdait, elle s'exposait à mon vice. Lors de notre dernier jeu, elle avait perdu.
 
medium_voiture-nuit.jpgNous sommes montés dans la voiture sans dire un mot. A peine installés, je n'ai pas pu m'empêcher de déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Ma main entre ses cuisses crissait contre ses bas. Je l'ai sentie se détendre un peu. Mon regard planté dans le sien, je lui ai alors annoncé le programme de la soirée, le gage auquel elle devait se soumettre sous peine de me décevoir. Sous le trait appuyé de ses sourcils noirs, ses yeux irisés d'émeraude n'ont pas cillé, immobiles comme deux taches sur les ailes d'un papillon cloué dans une vitrine. "D'accord" a été sa seule réponse, aussi tranquille que si je lui avais proposé le choix d'un restaurant. La voiture a traversé Paris tambour battant, le long d'un chemin que j'avais appris par coeur, et qui nous rapprochait à chaque instant, du lieu. Une tension presque palpable montait dans la voiture au fur et à mesure que nous avancions. Une tension mâtinée de désir, qui monterait au rythme des passages dans la rue. J'ai bien cru que nos coeurs s'étaient arrêtés de battre lorsque nous nous y sommes engagés.
 
La première passe a été un round d'observation. Il y avait du monde ce soir là et donc du choix. Des visages dissimulés dans la pénombre, qui apparaissaient entre les véhicules en stationnement lorsque des voitures passaient au ralenti. Des hommes. Seulement des hommes sur des centaines de mètres. Des dizaines d'hommes face à quelques couples en voiture, dans une relation en miroir de mateurs et de matés, où le spectacle des uns est les spectateurs des autres. Sylvie semblait plus détendue après ce premier tour d'horizon. Ces hommes n'étaient pas si laids, certains plutôt mignons, et être le point de mire de tous ces regards envieux, bien à l'abri dans une voiture, semblait l'exciter un peu. Je lui ai proposé de poursuivre le jeu.

- On fait un deuxième tour ?
- Oui, j'en ai vu un ou deux assez mignons. Clean. Il y en a un qui m'a envoyé un bisou avec sa main lorsque nous sommes passés à son niveau, tu ne l'as pas vu ?
- Non, je ne l'ai pas remarqué. Tu veux qu'on s'arrête pour lui parler ?
- Oui, pourquoi pas !


Sylvie avait maintenant les yeux brillants, et j'ai perçu toute la provocation de sa remarque malicieuse. Si mon gage était de nature à la déstabiliser, elle pouvait me prendre à mon propre jeu. Nous avons entamé le deuxième tour, beaucoup plus lentement, pour bien contempler la longue file des mateurs. Il y avait de tout. Des jeunes boutonneux, des vieux décatis, des cadres hagards, des manoeuvres rougeauds, tout un échantillon de misère sexuelle, avec, au milieu, quelques profils qui sortaient du lot. Nombreux se masturbaient à notre approche, ils jouaient des coudes et du poignet pour exhiber une érection présentable, la queue dressée comme un oisillon qui attend la béquée. Sylvie, si cérébrale, regardait la vulgarité du geste avec un dédain affiché, mais je sentais chez elle autre chose de plus profond, un mélange de peur et d'excitation.

- Regarde le jeune là bas, en tenue de motard, au carrefour. C'est lui qui m'envoyait des baisers !
- Tu veux qu'on s'arrête ?
- Non, on fera un autre passage plus tard, je veux d'abord voir les autres.
- Tu en veux combien ? Deux ? Trois ? Plus ?
- Je ne sais pas... deux, ça me plairait bien... Sur les deux, il y en aura au moins un qui m'excitera vraiment. Tu es sûr qu'on ne risque rien ?
- Deux mecs, ça devrait être gérable.

À la fin du second tour, Sylvie les avait choisi: Le jeune motard qui lui envoyait des baisers, bottes et blouson de cuir, gueule d'amour et sûr de lui, il avait lancé un "vous êtes magnifique mademoiselle" lorsque la voiture était passée à son niveau; Et puis un autre, la trentaine, mince, visage anguleux, costume anthracite impeccable, lunettes intello, très discret. Le second n'avait rien d'un exhibitionniste. Pour un peu, nous aurions pu croire qu'il était un simple passant. Mais non, il attendait lui aussi, comme les autres. Nous avons entamé le dernier tour. Dans la voiture la tension avait définitivement fait place à l'excitation. Si le regard de Sylvie s'éparpillait toujours dans la rue, il luisait la luxure, et elle a eu du mal à encore jouer les indifférentes lorsque ma main s'est égarée sur sa cuisse. Elle a fini par tourner vers moi son visage souligné par un sourire carnassier, et sa main est venue directement palper la bosse qui déformait mon pantalon.

22 février 2007

Alter Ego (2)

medium_balzac.2.jpgJ'espérais secrètement qu'elle tâtonne, qu'elle hésite, qu'elle me confonde avec un autre homme, pour me délecter du spectacle de ses joues rouges en réalisant sa méprise.

Lorsque je suis arrivé sur le lieu de l'énigme, avant qu'il devienne celui du crime, je fus assez déçu de constater qu'il était aussi le rendez-vous des clubs de retraités et des touristes assoiffés de culture. Dans cette faune prévisible, je l'ai immédiatement reconnue. Je me suis caché derrière un plâtre de Rodin pour la regarder à la dérobée.

Menue et mignonne, elle avait tout de la jeune intello qui a sacrifié ses lunettes sur l'autel de la séduction, et ce profil me ravissait. Je la voyais aller et venir entre les sculptures voisines de "l'Âge mur", comme si ses pas dessinaient sur le sol une étoile invisible dont notre point de rencontre était le centre. Une bonne étoile, sans aucun doute. Nous avons ainsi entrepris un chassé croisé autour du fameux bronze de Claudel, et c'est lorsque je fus face à lui qu'elle s'est décidée à m'aborder.

chez Ysé
À suivre...

 

21 février 2007

Étienne

"John Flaherty-Cox est l'auteur de trois romans érotiques publiés aux éditions Blanche", apprenons-nous dans la biographie de l'auteur, dont Diane qui avait fait l'objet d'une note sur NOLDA. "Traduite dans plusieurs langues, cette trilogie est résolument moderne. Elle s'intéresse aux multiples formes de sexualité d'aujourd'hui, notamment celle des couples libérés qui distinguent très bien les plaisirs du sexe et ceux du cœur.". J'ai donc lu Étienne, le second ouvrage de la trilogie centrée sur le couple que forment Étienne et Diane. Selon moi, la seule modernité de ce roman est celle de sa pornographie très contemporaine: indigence de l'intrigue ponctuée de scènes pornographiques explicites, pauvreté psychologique des personnages inversement proportionnelle à leur richesse matérielle, infaillibilité des protagonistes auxquels tout réussi, festival de poncifs ethniques... Cela confère à ce livre quelques avantages: on peut le lire d'une main en enfilant les chapitres dans le désordre sans perdre le fil de l'histoire.

Prenons-en donc un ensemble, au hasard, le chapitre 10 par exemple, mais en défilement rapide pour ne pas trop vous lasser:

  • Diane est en voyage d'affaire. (p. 169)medium_Etienne.jpg
  • Etienne est invité à dîner chez Sophie et Alan. (p. 171)
  • Leur appartement est somptueux. (p.171)
  • Ils ont une jeune soubrette asiatique: Sue. (p.172)
  • Sophie a la taille fine et les seins des gros. (p.172)
  • Sophie exhibe son porte-jarretelles. (p.172)
  • Etienne danse langoureusement avec Sophie. (p.173)
  • Alan va chercher du cognac. (p.173)
  • Sophie embrasse Etienne. (p.173)
  • Sue déshabille et lèche Sophie, et puis Etienne. (p.174)
  • Sophie, Etienne, Sue, Alan et le cognac vont dans la chambre. (p.174)
  • Sophie suce Etienne dans un bassin saupoudré de pétales de rose au milieu de la chambre (p.175)
  • Sue suce Alan dans le bassin. (p.175)
  • Etienne et Alan jouissent tour à tour. (p.175) - Première éjaculation d'Etienne.
  • Sue quitte temporairement la scène. (p. 176)
  • Alan enlace Sophie qui se fait prendre par Etienne dans le lit. (p. 176)
  • Etienne apprend à Alan et Sophie qu'il est lui aussi libertin. (p.176) 
  • Sue revient en nuisette noire. (p. 177)
  • Etienne fouette Sophie. (p. 178)
  • Etienne sodomise Sophie. (p. 179)
  • Alan et Sophie quittent la scène. (p. 179)
  • Sue suce Etienne. (p.179)
  • L'auteur assène au lecteur le poncif de la jeune asiatique soumise et heureuse. (p. 179)
  • Etienne éjacule au visage de Sue. (p. 180) - Seconde éjaculation d'Etienne
  • Etienne sodomise Sue. (p. 181) - Troisième éjaculation d'Etienne
  • Etienne sodomise encore Sue. (p. 182) - Quatrième éjaculation d'Etienne
  • Sue quitte définitivement la scène. (p. 182)
  • Sophie revient en nuisette noire, avec Alan. (p. 183)
  • Alan et Etienne administrent une double pénétration à Sophie. (p. 183)
  • Alan et Etienne prennent Sophie dans tous les sens toute la nuit. (p. 184) - Nième éjaculation d'Etienne ?
  • Etienne s'en va au petit matin. (p. 185)

Raconté comme ça, ce n'est pas très excitant, et pourtant ça m'a fait bander. Un peu comme ces films pornos qui vous excitent malgré vous, parce qu'ils s'adressent à votre cerveau reptilien plus qu'à votre cortex.
J'ai acheté ce roman dans une gare. Je crois que je vais le ranger dans mes toilettes.

20 février 2007

Alter Ego (1)

medium_logo_musee_orsay.jpgJ'avais songé lui donner un défi à base de boules de geisha et de filatures, mais j'ai eu pitié de l'innocence de cette jeune femme rencontrée sur le net. Nous avions alors eu la sagesse de ne pas échanger de photos de nos visages, et cela m'a donné une idée de première rencontre originale, assez sage pour ne pas trop l'effaroucher, mais assez vicieuse pour la faire frissonner: Nous nous donnerions rendez-vous au musée d'Orsay, devant "l'âge mûr" de Camille Claudel, sa sculpture préférée, à midi sonnante, et elle devrait me reconnaître, m'aborder, et m'embrasser avant que je ne lui ai dévoilé mon identité. Cela était d'autant plus facile que nous avions déjà bavardé au téléphone, et qu'elle me reconnaîtrait certainement à ma voix. Trop facile, peut-être.chez Ysé

À suivre...

19 février 2007

Chez Pandore (3)

Résumons la situation. J'étais assis dans un siège avec une fille sublime sur les genoux, vêtue d'une veste et d'une petite culotte, rectification, d'une petite culotte seulement, et qui se dandinait face à moi, ses petits seins pointus à quelques centimètres de mon visage cramoisi, sa croupe effectuant d'amples mouvements circulaires alors qu'elle imprimait à son string un va et vient qui le faisait disparaître dans sa motte comme un fil à couper le beurre. Inutile de dire que je bandais comme un cerf. Allais-je faire l'amour à Eva là, dans ce club, sur ce fauteuil ? Sincèrement, j'en mourrais d'envie. Je posai le bout de mes doigts sur ses cuisses sans demander la permission. "On touche avec les yeux !" Son sourire ne parvint pas vraiment à adoucir son regard. Les choses, aussi claires furent-elles, n'émoussaient cependant pas mon désir brûlant. Elle arrêta de se dandiner un moment, me considéra avec une moue enfantine, et se pencha à mon oreille. "20 euros de plus et je te fais un petit cadeau" A ce moment là, j'aurais décroché la lune si elle me l'avait demandé. J'acquiesçai de la tête, incapable d'articuler un mot. Alors elle ôta sa culotte et me l'enfila sur la tête, le pif dans l'entrejambe, un oeil de chaque côté, les élastiques derrière les oreilles. Masqué comme un Zorro libidineux, j'assistais à la fin du spectacle en hyper ventilation, m'enivrant de ses effluves alors qu'elle me faisait un grand écart facial, debout, un pied sur le dossier du fauteuil, ouvrant sa chatte avec ses deux pouces en me disant "made in Italia" C'est ainsi que j'appris ses origines piémontaises. Mais les meilleures choses ont une fin. A peine avais-je ôté le slip de ma figure qu'elle en avait enfilé un autre ainsi que son tailleur. Elle glissa le slip usagé dans ma poche, en souvenir, me fit un bisou sur le nez et le monde chavira à nouveau.
 
Je retournai à ma table en titubant. Eva m'y adressa un clin d'œil complice avant de disparaître. Sauf que ce n'était pas ma table. C'était celle de mon beau-frère. Ce gros porc plein aux as faisait sauter la serveuse sur ses genoux, vous savez celle qui voulait me faire boire du champagne. D'ailleurs, il avait droit à toute la bouteille. Et histoire de me montrer qui il était, il en enfonça le goulot dans le sexe de la serveuse grimaçante. Elle se rattrapa en gloussant de rire jaune pour ne pas se faire virer. Il faut dire qu'il était le nouveau proprio de la boite, et l'idée de l'avoir enrichi du montant de mes consommations me faisait proprement enrager. Il daigna me donner une explication, histoire de prendre sa revanche sur moi qui avais fait des études et qui le faisait savoir. Il venait juste de gagner au loto et, grâce à ses fréquentations louches que j'avais toujours décriées, il avait saisi la bonne affaire : "chez Pandore" était à vendre, et il se l'était offerte, cette boite renommée, et tous les notables avec. Il renvoya la serveuse à ses clients avec une bonne claque sur les fesses avant de me faire une réduction royale de 10% sur ma note. "Quand Martine va savoir ça !" ajouta-t-il en rigolant. Que voulez-vous, la chance sourit aux audacieux.
 
Je quittais la boite, les épaules voûtées et la queue basse. Martine était la sœur jumelle de ma femme. Elle s'était entichée d'un apprenti boucher quand elle avait 16 ans, et cet abruti était devenu mon beau-frère. Notez que je n'ai absolument rien contre les bouchers, mais ce représentant ne faisait pas honneur à sa profession. D'ailleurs il n'était plus boucher depuis longtemps. Il avait aussitôt fait trois mômes à Martine pour toucher les allocs, il avait arrêté de bosser pour avoir le RMI, et il vivotait de petits trafics avec la mafia locale, passait des cigarettes et des prostituées albanaises au travers de la frontière italienne, n'hésitait pas à se faire payer en nature, bref, du genre glorieux. Les rêves adolescents de Martine avaient ainsi été réduits à torcher le cul de ses gosses et se faire sauter par ce sale type quand il n'avait pas de chair plus fraîche à sa disposition. L'acquisition de "chez Pandore" n'allait rien arranger, mais elle aurait au moins les moyens de passer ses nerfs sur une bonne portugaise, ça compense. En tous cas, dès que Martine saurait que j'avais passé la soirée avec une strip-teaseuse, ma femme le saurait aussi et je passerais un sale quart d'heure. Tout juste après avoir poussé la porte de la maison, je compris qu'elle savait déjà. Elle en savait même plus que moi. C'est ainsi que j'appris avoir une maîtresse, une certaine Eva que j'allais voir tous les soirs, une cocotte que j'entretenais depuis des semaines avec l'argent du ménage. Je laissais passer l'orage plutôt que de me confondre en inutiles arguties. C'est alors qu'elle me demanda où en était mon augmentation, parce que Martine, elle roulait en Mercedes classe A métallisée ce qui est très pratique pour faire les courses au supermarché. Je sentis la sueur inonder mon front et je m'épongeais par inadvertance avec le slip d'Eva que j'avais sous la main. C'est là que ma femme a vraiment vu rouge. 
 
Le lendemain matin, j'allais au boulot en bus, pour la première et dernière fois. Ma femme était partie chez sa mère avec ma vieille AX bancale qui était maintenant la sienne. Ma dernière journée fût assez productive. Je parvins à terminer mon CV et à envoyer un mail à tout mon service: tout le monde était invité à un pot de départ informel chez bibi, le café du coin. Personne ne vint, à croire que ma disgrâce pouvait être contagieuse. Personne ne vint à part Jean-paul, cette vieille tantouze alcoolique prêt à braver tous les tabous pour se torcher à l'œil. Non content d'ingurgiter tout ce qui restait de mon budget, il crût la source inépuisable et me proposa de finir la soirée "chez Pandore" Non ! Pas question ! Á cause de cette maudite boite j'avais perdu ma voiture, ma femme, mon job, quelle nouvelle catastrophe allait encore fondre sur moi ? Serais-je contraint d'y accepter un poste de groom aux ordres de mon beau-frère pour entrevoir ma dulcinée, Jean-Paul allait-il me sodomiser en me confondant avec un éléphant rose ou pire encore, Eva serait-elle partie en congés ? Non, je n'irais pas y noyer mon désespoir, car tous mes rêves s'en étaient allés. Envolées mes légitimes aspirations de petit bourgeois dignes d'un discours électoral démocrate chrétien, éteintes mes velléités d'assouvir de sombres désirs illicites, évanoui mon espoir de connaître un jour Eva. Je rentrai dans ma maison vide et m'affalai dans un fauteuil. J'hésitai entre ingurgiter la première bouteille ou le premier bouquin venu. Vu mon état, je décidai de ne pas décider, et je tombai sur une bouteille de whisky et un bouquin sur la mythologie. Au premier verre, j'en étais au talon d'achille. Au deuxième verre, Tantale, ce qui me fit prendre aussitôt le troisième verre pour aborder Eros et Psyché. Je ne comptais plus lorsque je me suis affalé sur la page 134. Il y était question d'une certaine Pandore...

"Un matin, Pandore profita de l'absence de son mari Épiméthée pour se glisser dans la pièce où était dissimulée la boîte. Elle la contempla longuement, puis se décida à l'ouvrir.
Elle brisa la serrure, puis, osant à peine respirer, elle souleva lentement le couvercle. Mais avant même qu'elle puisse regarder à l'intérieur, il s'en échappa un hurlement terrible, un long sanglot de douleur. Elle recula d'un bond, épouvantée. De la boîte se mirent à sortir toutes sortes de calamités: la haine et la jalousie, la cruauté et la colère, la faim, la pauvreté, la douleur, le vice, la vieillesse et la mort. Pandore essaya bien de refermer le couvercle, mais il était trop tard. C'est alors que, discrètement, sans faire de bruit, en sortit l'espérance."

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