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04 mars 2007

Alter Ego (7)

medium_l_air_du_soir.jpgNous avons poursuivi assidûment notre découverte mutuelle, et tant bien que mal la visite du musée, à la recherche des salles les plus désertes pour nous y embrasser d'autant plus ardemment. Les impressionnistes célèbres n'eurent droits qu'à de chastes baisers. Les architectes oubliés à mes mains baladeuses, qui remontaient en tremblant le chemin velouté de ses cuisses concupiscentes. Autour de nous, les étrangers qui nous regardaient sans nous voir ne risquaient guère de nous entendre.

- J'ai envie de ta petite chatte Ysé, dis-je le plus naturellement du monde.
- Pardon ? Répondit-elle ébahie par mon audace.
- Oui, j'ai envie de ta petite chatte, de la goutter, de la laper. Je suis sûr qu'elle est toute mouillée.
- Tu es fou, on pourrait nous entendre !
- Et alors, je suis sûr que tu es trempée, n'est-ce pas ?
- Oui...
- J'ai envie de m'abreuver à ta source de jouvence, de me rafraîchir de ta mouille.
- Moi aussi...
- De boire ta jouissance jusqu'à la lie, et d'en partager la saveur avec toi en un baiser goulu !
- Oh ! On s'en va ?

chez Ysé...À suivre...

02 mars 2007

Alter Ego (6)

medium_clock.jpgElle a ainsi accepté d'accompagner Jean-Jacques de Nemours dans sa visite culturelle, et nos pas nous ont menés derrière l'immense cadran.
C'est quand Chronos a eu le dos tourné qu'elle m'a volé ce baiser, à l'abri des regards et du temps dépassés. Et puis, voler n'est pas le mot juste. J'attendais tant qu'elle me le prenne que je lui ai tout donné, et ma bouche et ma langue, et des caresses fébriles. La seule aiguille qui comptait était désormais celle dressée dans ma culotte. Quand on bande, on a toujours vingt ans.


À suivre...chez Ysé...

01 mars 2007

De l'autocensure

Sur les forums de discussion, on à beau se cacher derrière un pseudonyme, on ne peut pas toujours tout écrire. Même si le forum en question est ouvertement libertin, certaines choses doivent rester cachées, secrètes ou habillement maquillées, en particulier le qui-baise-qui sorte de who's who libidineux et hautement confidentiel.
Il y a deux ans, je fus ainsi bien en peine d'écrire le compte rendu d'une nuit mutine, sortie en groupe organisée par un forum échangiste dans un club libertin, soit plus de 50 personnes qui se connaissent plus ou moins et qui en viennent à se connaître beaucoup mieux. On me le réclama à corps et à cris, mais comment faire sans révéler les secrets d'alcôve, ni produire un commentaire aussi insipide que complaisant ? Comment faire face à cette double contrainte ? Je me suis ainsi souvenu des fables qu'on apprenait par cœur à l'école primaire, et j'ai pondu ça...


Nuit Mirifique (1)

 

Il était une fois de merveilleux zéros qui avaient très envie d'élargir leur horizon. Sherazade rêvait de pommes empoisonnées rien que pour être réveillée d'un baiser; le petit chaperon rouge s'imaginait toujours rencontrer sept nains dans un sous bois; Pinocchio désirait chevaucher Bambi;  Cendrillon voulait faire dînette avec Mère-Grand, Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant réunies; Bref, tous et toutes louchaient sur les histoires des autres, autrement plus palpitantes. C'est ainsi qu'ils demandèrent en chœur à la fée Clochette (2): "Fée Clochette, organise-nous un mirifique banquet pour que nous puissions nous rencontrer et échanger nos goûters !" (3)

 

Pas besoin de le dire deux fois à la fée Clochette qui adorait faire la bringue. Elle dégaina aussitôt sa baguette magique compatible imode (4), et en deux ou trois formules magiques, elle privatisa le palais de la zique tout entier (5).

 

Arriva le jour J. Les zéros et les zéroïnes vinrent en vrac sous le crépitement des flashs des photographes shootés. "Shrek!", "Aladin!", "Bambiiiiiiii" pouvait-on les entendre hurler sous les vivas de la foules extatique. Les employés du palais de la zique formaient une haie d'honneur, au garde à vous, alors que les merveilleux zéros montaient souverainement les marches festivalières. Enfin, ils et elles furent tous réunis tels les Dieux de l'olympe, au 3ème étage du palais de la zique qui, comme chacun sait, a une vue imprenable tout le royaume (6). Sur la poitrine de chacun brillait une étoile hollywoodienne où son nom scintillait (7).

 

Dans l'édition spéciale "Nuit Mirifique" de Royaume-Match publiée dès le lendemain, on peut ainsi reconnaître sans l'ombre d'un doute la Belle au Bois Dormant avec un Prince Charmant et son fringant écuyer (8); Ali Baba en plein conciliabule avec la fée Clochette qui sirote son verre de muscat (9); La ravissante Sherazade en compagnie de Pinocchio (10); Cendrillon bavardant avec Blanche Neige et Peter Pan (11); Le capitaine Crochet hilare entouré du Petit Chaperon rouge et d'une Mère-Grand bien juvénile (12); Aladin qui tient sa lampe intégrale et qui jette des regards inquiets vers le Grand Méchant Loup (13). Pas d'autre photos n'ont été publiées, le reste de la soirée était private de chez private.

 

D'ailleurs la fée Clochette sonna le départ tant attendu, et tous les zéros dévalèrent les fameux escaliers du palais de la zique. A leur tête Cendrillon, qui avait troqué ses pantoufles de verre contre les escarpins de Ginger Rogers, improvisait un pétulant numéro de claquettes (14). Imaginez la tête du troupeau de japonais qui croisa sur les champs la troupe hétéroclite d'une cinquantaine de joyeux zéros qui se poussaient du coude et jouaient déjà aux devinettes.

 

- Sais-tu qui est Merlin le désenchanté, demanda la Belle au Bois Dormant au petit Pinocchio ?(15)

- Je sais tout mais je ne dirai rien ! Répondit crânement Pinocchio dont le nez avait aussitôt pris une dizaine de centimètres.

- Tu ne perds rien pour attendre ! Nous afons les moyens de fous faire parler ! Rétorqua la Belle au Bois Dormant qui re rentrait pourtant pas d'Autriche.

 

Ils parvirent enfin à la caverne aux trésors où devait avoir lieu la fameuse seconde partie de soirée. Ali Baba se présenta à l'entrée.

 

- Sésame, ouvre-toi ! Déclama-t-il d'une voix théâtrale. Rien.

- Sésaaaaaaame, ouuuuuuvrrrrrre toi !!! Répéta-t-il de sa voix de stentor. Toujours rien.

- Sizam, ti vas l'ouvrir c'te porte !

- Ehhhh Jo, faut pas t'énerver comme ça là ! Sésame... Sésame... c'est pas doux dé! Tu ne sais pas que les temps sont durs ? Faut du blé! Et n'oublie pas les passeports en bonnets difformes ! Chuchota la porte avec un fort accent sub-saharien (16).

 

Ali Baba se tourna vers les zéros et décoda la demande de bakchich : "Glissez 50 dollars dans les bonnets de votre passeport, et tant pis s'ils sont déformés parce que vous n'avez que de la ferraille !"

 

Il en fallait plus que ça pour décourager la troupe, et les zéros glissèrent en gloussant leur obole dans la fente des bonnets, que les zéroïnes exhibaient fièrement en bombant le torse.

 

Alors la porte de la caverne aux trésors s'ouvrit largement pour accueillir les convives qui ne se firent pas prier.

 

A l'intérieur tout n'était que dorures et abondance. La fée Clochette avait tout prévu. Un banquet avait même été installé dans la salle de bal en attendant les choses sérieuses. Elle n'eut qu'à secouer sa baguette magique pour qu'une musique suave et entraînante résonne dans la caverne aux trésors. A l'image de Shrek, tous et toutes s'abattirent sur les canapés moelleux, se racontèrent leurs histoires zéroïques en se demandant déjà avec qui ils allaient partager leur goûter, et surtout où ! La caverne aux trésors ne recelait-elle pas quelques coins tranquilles à explorer, demandait Blanche Neige ? La fée Clochette leur révéla alors le secret de la caverne: "S'ils le voulaient tous très fort, alors une autre dimension de la caverne s'ouvrirait à eux". Ils n'eurent pas à se forcer pour avoir des pensées licencieuses, et des portes dérobées s'ouvrirent sur un long couloir qui serpentait entre de luxurieuses petites alcôves (17).

 

Dans une cohue indescriptible façon Goscinny, tous se précipitèrent dans le corridor comme au départ d'une course du PMU. Arrêt sur une image. Aladin caracole en tête de file, la bouche ouverte et la langue pendante. Perchée sur ses épaules, la fée Clochette hurle "suce aux amis !". A la corde, Blanche Neige embarque Peter Pan sous son bras. La Belle au Bois Dormant fait l'effort à l'extérieur, suivie de très près par le Prince Charmant à la lutte avec le Grand Méchant Loup. Derrière, Sherazade évite la chute rattrapée de justesse par le capitaine Crochet, mais Shrek piétine Pinocchio qui s'est pris les pieds dans le tapis. En queue de peloton, le Petit Chaperon casaque rouge est à la traîne, Mère-Grand est à la peine et Cendrillon est au taquet. Le quarté de tête, Aladin à 8 contre 1, Sherazade à 6 contre 1, Belle au Bois Dormant à 3 contre 1 et Prince Charmant à 6 contre 1, ne rapporta pas grand chose tant il était prévisible. Les Zéros victorieux s'enfermèrent aussitôt dans la première alcôve qui laissait miroiter le bien doux repos des guerriers (18).

 

Le capitaine Crochet invita Cendrillon en croisière pour Abou Simbel, dans une alcôve en forme de cabine de bateau (19). Elle lui offrit ses jolies galettes. Il lui fit goûter à son sucre d'orge. Grand seigneur, le capitaine Crochet invita même Pinocchio à les rejoindre, mais le petit Pinocchio était morose (20). Dans les grandes alcôves du fond, Shrek et le Grand Méchant Loup bouffaient à tous les râteliers.

 

Dépité, Pinocchio alla se plaindre au commissaire de course:

 

- Fée Clochette, c'est injuste, vraiment trop injuste !

- Qu'est-ce qui t'arrive mon petit Caliméro?

- Avec 1m25 au garrot, je n'ai absolument aucune chance face aux grands gabarits !

- Tu veux que je t'organise une course avec les 7 nains ?

- Non, mais heuuuu... vous qui avez tous les pouvoirs avec votre baguette magique, vous ne pourriez pas m'avantager un petit peu ? Vous pourriez me donner une certaine stature, je ne sais pas moi, 1m85, 80 kilos de muscle, 60 cm de tour de taille...

- Stooooooop ! Moi je ne fais pas dans le pot belge. Et pourquoi pas un sucre d'orge de 25 cm pendant que tu y es ?

- Ah oui, je veux bien aussi !

- Non! Non et Non! Après on va encore mettre en doute mon intégrité légendaire. Tu peux toujours aller voir Merlin le désenchanté, mais c'est à tes risques et périls.

- Je ne le connais pas ! Personne ne sait qui c'est !

- Va bouder sur une banquette, il viendra, rétorqua la fée Clochette déjà en retard pour la chasse au loup.

 

Pinocchio alla cuver son dépit dans un verre de Bordeaux:

 

- Si seulement je pouvais mesurer 1m85... 80 kgs de muscles... 130 de... tour... de... poi... trineuuuuu....

- Eh! Oh! Moi je peux te transformer en Prince Charmant si tu veux !

- Qu'est-ce qui me veut celui-là ? Dit Pinocchio en baillant. Celui-là, c'est le verre à pied qui s'agitait sur la table.

- Je suis Merlin le désenchanté, dans ton verre de vin ! Répondit Merlin avec un mauvais calembour. Alors, tu veux ressembler au Prince Charmant ?

- Ah oui, le Prince Charmant, c'est pas mal !

- Bon, je te propose un deal: Tu prends la place du Prince Charmant, il prend la mienne avec mon enchanteresse, et moi je prends la tienne! J'ai besoin de piquer un petit roupillon et l'enchanteresse ne me laisse pas dormir ! Dès que je me réveille, tout reprendra sa place. Tu n'as qu'à boire ce verre cul-sec jusqu'à la dernière goutte !

- Ca marche ! gloups ! hips !

- Abracadaswing !

 

C'est ainsi que Pinocchio intégra instantanément le corps du Prince Charmant, en pleine bacchanales. Shérazade suçait son sucre d'orge équin alors qu'il dégustait le petit pot de beurre de la Belle au Bois Dormant, laquelle se délectait du sucre d'orge d'Aladin qui se bâfrait avec les galettes de Sherazade.

 

Merlin le désenchanté piqua son petit roupillon dans la carcasse en bois de Pinocchio.

 

Quant au Prince Charmant, il se retrouva ligoté sur un lit dans la peau de Merlin, face à une ravissante enchanteresse visiblement résolue à utiliser le sucre d'orge vibrant dont elle était harnachée.

 

Aux anges, Pinocchio dévorait sans relâche galettes et petits pots. Il y glissait son sucre d'orge pour un mélange de saveurs ensorceleuses. Entouré de miroirs, il s'enivrait des multiples reflets de son éphémère corps athlétique de Prince Charmant. Soudain, l'horreur! Il se vit rapetisser en quelques secondes pour redevenir une pitoyable marionnette de bois ! Shérazade s'en évanouit de frayeur. Aladin tenta de la réanimer, alors que la Belle au Bois Dormant sautait à la gorge de Pinocchio. "C'est donc toi Merlin le désenchanté !" Hurlait-t-elle de rage. "Rends-moi mon Prince Charmant, vilain sorcier !" Ajouta-t-elle en secouant la marionnette comme un prunier.

 

- Toc! Toc! Toc! On frappa à la porte de l'alcôve transformée en foire d'empoigne.

- Qui c'est ?! Rugit la Belle au Bois Dormant qui n'avait pas lâché Pinocchio.

- C'est la fée Clochette qui vient faire la fête ! Champagne ! (21)

 

Shérazade qui avait entre temps repris ses esprits ouvrit la porte, et la fée Clochette apparue avec un gros gâteau surmonté de bougies scintillantes, suivie par le Grand Méchant Loup, Ali Baba et toute la joyeuse troupe. "Joyeux aaaaanniiiiiveeeeeersaiiiire !" Chantèrent-ils en choeur. De surprise, la Belle au Bois Dormant ouvrit ses petites menottes, et laissa tomber Pinocchio qui en profita pour filer à l'anglaise. Il se réfugia sous les jupons de Blanche Neige qui se dandinait sur la piste de danse. Il finit par hasarder un oeil vers la banquette où il s'était assoupi quelques minutes plus tôt. Il y vit Merlin le désenchanté excité comme un caïd du neuf trois dopé aux champignons dans une chanson tonitruante:

 

Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi!

Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi!

C'est la chant du psylo qui supplie

Qui joue avec les âmes

Et ouvre les volets de la perception

 

Merlin se jeta sur la barre d'un podium pour s'y exhiber, enchaînant des postures grotesques. Quatre sublimes sirènes harponnées se prosternaient à ses pieds en se tenant par la main. (22)

 

- Combien mesures-tu, Pinocchio ? Demanda Blanche Neige ?

- Heu... 1m25 répondit le petit Pinocchio, dans une position telle qu'il ne pouvait pas mentir sans se faire accuser de tentative de viol.

- Voilà qui est parfait pour un nain de jardin, répondit Blanche Neige. Avec Peter Pan et toi, il ne m'en manque plus que 5...

 

"Attrapez-le !" Entendit-on rugir dans la salle de bal, et Pinocchio chercha un nouveau refuge du côté des alcôves. Une fois de plus, il se prit les pieds dans le tapis et s'étala de tout son long, devant la cabine de bateau sur le point d'embarquer de nouveaux voyageurs en partance pour Abou Simbel. Heureusement, le Petit Chaperon rouge et la douce Mère-Grand relevèrent Pinocchio, et le firent asseoir dans la cabine. Encouragée par le Petit Chaperon rouge, Mère-Grand réconforta Pinocchio en lui faisant goûter ses galettes au miel, auxquelles le garnement fit honneur. Quant au Petit Chaperon rouge, elle fut prise d'une fringale qui la poussa à la chasse au sucre d'orge. Mère-Grand n'était pas rassurée car elle avait entendu les hurlements sauvages du loup, et elle ne voulait absolument pas figurer à son menu.

 

- Toc ! Toc ! Toc !

- Qui est là ? Demanda Mère-Grand tout doucement.

- C'est le Petit Chaperon rouge ! Entendit-elle répondre sur une octave étonnement basse.

 

Pinocchio tourna la chevillette et la porte s'ouvrit. Le Grand Méchant Loup surgit dans la cabine avec le Petit Chaperon rouge sous le bras. Bien que déjà repu, il jeta le Petit Chaperon rouge sur la couchette, pour lécher ses galettes au chocolat et son petit pot de beurre fondant, tout en posant ses grosses pattes velues sur Mère-Grand terrorisée. N'écoutant que son courage qui ne lui disait pourtant pas grand chose, Pinocchio s'interposa:

 

- Touche pas à Mère-Grand !

- Sinon quoi ? Rigola le Grand Méchant Loup narquois ?

- Heu... il faudra me passer sur le corps !

- Beurk ! T'as de la chance que je n'aime pas les sucres d'orge! Burp! Eructa le Grand Méchant Loup au bord de l'indigestion, avant de prendre congé (23).

 

C'est ainsi que Pinocchio, le Petit Chaperon rouge et Mère-Grand partagèrent tranquillement leurs goûters, sous le regard amusé de la Belle au Bois Dormant au travers du hublot de la cabine. Elle avait finit par attraper l'affreux Merlin, elle avait exigé un échange standard, et elle avait enfin récupéré son Prince Charmant profondément abusé, mais heureux !

medium_sexymickey.jpg


La morale de cette histoire, c'est que la contrainte de la censure ou de l'autocensure peut parfois être une muse facétieuse.

                                                                                           

(1) Le lecteur attentif notera que les initiales de Nuit Mirifique sont identiques à celles de Nuit Mutine du forum E&T, c'est à dire NM(c)
(2) Sous le pseudonyme de fée clochette se cache celui d'une animatrice du forum E&T voici quelques années. Petite par la taille mais grande par la gentillesse, elle était parvenue à organiser de nombreuses soirées échangiste, en négociant les tarifs et en faisant de son mieux pour le plaisir de tous.
(3) J'ai connu une libertine qui m'a écrit un jour: "en club, il faut venir avec un bon casse-croûte au cas ou on ne trouve rien de bien sur place". J'ai préféré l'image du goûter.
(4) Son portable compatible imode.
(5) Une nuit mutine se déroule au moins en deux parties: l'apéritif dans un lieu "vertical", et le reste de la soirée dans un lieu "horizontal". Pour la première partie, nous avions privatisé le bar au premier étage du Virgin sur les champs.
(6) Sur tout Paris.
(7) Nous avions eu droit à un joli post-it à coller sur notre chemise, histoire de bien savoir qui est qui.
(8) La belle au bois dormant est une très belle jeune femme qui m'a inspiré Rêve 911. Elle était accompagnée ce jour là par le prince charmant, son amant du moment qu'elle quitterait quelques semaines plus tard au profit du jeune écuyer.
(9) Ali baba est un homme charmant d'origine maghrébine. Le coeur sur la main, il avait secondé la fée clochette pour l'organisation de cette NM.
(10) J'avais eu l'occasion de bavarder avec Sherazade, une divine petite brune à la beauté méditerranéenne, qui vivait alors en couple avec Aladin.
(11) Cendrillon était mon accompagnatrice du moment. Je l'avais rencontrée quelques semaines auparavant  dans un sauna libertin, et cette jeune femme avait accepté de m'accompagner pour cette soirée exclusivement réservée aux "couples".
(12) J'ai tout de suite remarqué le petit chaperon rouge: Jolie jeune femme à la peau chocolat, elle portait une robe rouge Ferrari au décolleté avantageux. Elle était venue avec mère-grand qu'elle connaissait depuis peu. Je n'ai pas affublé mère-grand d'un tel pseudonyme à cause son âge réel ou apparent, mais pour des raisons de cohérence avec la fin de cette fable, et parce qu'elle était inséparable du petit chaperon rouge ce soir là: C'était leur première sortie libertine à toutes les deux, en tant que femmes seules de surcroît. Le capitaine crochet, amant occasionnel de la fée clochette avec le grand méchant loup, semblait ravi d'être en si bonne compagnie.
(13) Ce soir là, Aladin était venu en scooter et il tenait à la main son casque intégral. D'un naturel plutôt jaloux - je me souviens encore des regards assassins dont il me gratifiait alors que je bavardais innocemment avec sa dulcinée - il nourrissait à juste titre les pires inquiétudes face au grand méchant loup: incarnation parfaite du libidin cher à Georges, l'immense grand méchant loup avait la verge aussi ferme que l'intention de s'en servir autant que possible...
(14) Cendrillon, d'assez grande taille, n'avait pas l'habitude de porter jupe étroite et talons hauts...
(15) A cette époque, un troll écumait le forum E&T en répandant des calomnies à mots couverts. Il semblait trop bien renseigné sur les coulisses de ce forum pour ne pas l'avoir fréquenté. Deviner son identité était le jeu du moment.
(16) Les habitués du No Comment reconnaîtront peut être le portier de l'époque, grand Noir auquel j'ai prêté un accent ivoirien. Bien que prévenus, ils ont mis longtemps à ouvrir les portes de leur club, peut-être effrayés par la taille de la troupe.
(17)  La zone verticale du No Comment avait été privatisé avant son heure d'ouverture habituelle: un buffet froid y avait été installé à notre intention. Les coins-câlins n'étaient donc pas accessibles jusqu'à l'ouverture normale du club, vers 22h30.
(18) Le salon au miroir était le plus convoité. Dès que les coins-câlins furent ouverts, des groupes constitués s'y sont précipité, dont celui des beautiful peoples vers lesquels tout le monde louchait.
(19) Depuis la porte ouverte, je regardais le capitaine crochet  étendu aux côtés de mon accompagnatrice dans une alcôve en forme de cabine de bateau. "Je t'emmène en croisière à Abou simbel", qu'il lui dit avant de l'embrasser langoureusement. J'ai trouvé ça mignon.
(20) "C'est donc toi Vagant ? Je t'imaginais plus grand" venait de me dire Blanche Neige en constatant ma taille très moyenne. Cela avait vite fait de ranimer un vieux complexe, face à des princes charmants plus athlétiques.
(21) A ce moment là, je n'ennuyais copieusement. Cette soirée était aussi l'occasion de fêter l'anniversaire du grand méchant loup ainsi que celui de La belle au bois dormant, et la fée clochette avait eu bien du mal à les ramener dans la zone verticale.
(22) Ce soir là un gars qui ne devait pas être coupable que de délit de faciès faisait la bringue avec 4 escort-girls. Allez savoir pourquoi, ce spectacle me fascinait.
(23) Taquine, le petit chaperon rouge avait décidé d'épuiser le grand méchant loup. Elle y est parvenu, avant de jeter son dévolu sur moi...

28 février 2007

Alter Ego (5)

Elle n'a pas répondu à ma question. Même si je sentais qu'elle était à peu près certaine que j'étais son rendez-vous mystère, elle espérait que je l'avoue avant de me donner le baiser qui engagerait ses lèvres, voire plus si affinités. Elle voulait un signe. Je ne lui en donnerai pas. Je voulais que son baiser soit l'expression de sa liberté, de son désir, tout en lui laissant la latitude de partir si je ne lui plaisais pas. Je voulais qu'elle me montre qu'elle croyait au plaisir qu'elle pourrait partager avec un homme tel que moi, avec un homme de mon âge. J'attendais d'elle un acte de foi, en somme.

Devant moi, la sculpture confortait ma ligne de conduite avec éloquence: Claudel était belle et fraîche, Rodin était déjà usé. Il y avait autant d'écart entre ce couple là qu'entre mon interlocutrice et moi.

medium_gare_orsay.2.jpgSous l'égide de la monumentale horloge qui n'avait jamais cessé de rythmer des rencontres à l'abri de l'immense hall de gare reconverti en musée, nous avons continué à bavarder jusqu'à ce que le rendez-vous de mon interlocutrice soit trop en retard pour être attendu davantage.
chez Ysé

À suivre...

27 février 2007

De la domination

- Relève ta jupe !

Sylvie venait de son travail. Elle portait l'uniforme asexué de la working girl: un chemisier blanc, strict, sur lequel coulait la cascade de ses cheveux blonds, et une jupe grise qui ne laissait admirer que le galbe de ses hanches et le satin des bas sur ses mollets. Sa tenue austère était aux antipodes de celles sur lesquels le commun des hommes projette des perversions commerciales et formatées. Peut-être était-ce justement ce qui plaisait à l'homme assis face à elle, confortablement installé dans le fauteuil de la chambre d'hôtel où elle venait de rentrer. Il la regardait avec un sourire carnassier esquissé sur ses lèvres. Sylvie releva lentement sa jupe jusqu'en haut de ses cuisses, jusqu'à dévoiler la lisière de ses bas et de sa petite culotte blanche.

- Plus haut !

La voix de l'homme avait claqué comme un coup de fouet. Elle obtempéra en posant sur lui un regard un peu gêné. La lingerie qu'elle exhiba n'avait rien d'aguichante. C'était une petite culotte digne d'une première communiante.

- Fais un tour sur toi-même que je vois un peu ton cul !

Sylvie obtempéra sans broncher, en maintenant sa jupe relevée, comme intégralement soumise aux quatre volontés d'un homme qui aurait tous pouvoirs sur elle. Quand elle se retrouva de nouveau face à lui, il gloussa d'un rire narquois.

- Mais c'est mignon comme tout, tout ça. Tu vois la petite bouteille de miel sur la table ? Prends-la, et arrose ta petite culotte.
- Dessus ?
- Dedans, contre ta chatte. Je veux que ça dégouline.

Sylvie hésita l'ombre d'une seconde, puis elle prit la bouteille et fit couler le miel liquide à l'intérieur de son slip. Elle tressaillit au contact du liquide froid et onctueux lorsqu'elle relâcha l'élastique de sa culotte. Le tissu poisseux colla aussitôt à sa peau.

- Tu n'as pas honte de te comporter comme ça ?
- Si, un peu, souffla-t-elle.
- Je vais te faire rougir plus que ça. Tu sais comment j'ai décidé de t'appeler ?
- Non...

Sylvie avait répondu avec une assurance feinte. Elle mobilisait toutes ses ressources pour masquer son trouble.

- Ma petite chienne. Ca te plait ?
- Oui... murmura-t-elle.
- Et tu sais comment se déplacent les petites chiennes ? A quatre pattes !

Cette fois-ci, Sylvie ne put juguler le sentiment de révolte qu'elle sentit sourdre en elle. "Oh non..." était-elle sur le point de murmurer. Elle en esquissa le mouvement de la tête sans contenir la rougeur qui lui montait aux joues, avant de croiser le regard dur qui ne la lâchait pas. Elle s'agenouilla sur la moquette.

- A quatre pattes ! Répéta-t-il sur un ton autoritaire.

Elle posa ses mains par terre. Sa jupe relevée qui pendait sous son ventre ajoutait à la scène une obscénité dont elle n'avait que trop conscience.

- C'est bien ! Tu es une brave petite chienne bien obéissante ! Gloussa l'homme toujours assis dans le fauteuil. Regarde ce que ton maître a pour toi !

L'homme défit les boutons de sa braguette. Il en sortit sa verge raide au gland vermillon. Il enchaîna d'une voix gouailleuse.

- Viens ma petite chienne, viens ! Viens lécher la petite friandise que je t'ai apportée !

Sylvie approcha, à quatre pattes, et vint se placer entre les cuisses écartées de son maître. Elle se redressa pour prendre son sexe en main.

- Bas les pattes ! Prends-moi dans ta gueule et suce comme une bonne petite chienne !

Sylvie reposa ses mains par terre et goba le gland chaud qui palpitait sous son nez. Elle suça le phallus avec application. L'homme posa sa main sur la tête de Sylvie pour jouer avec ses longs cheveux blonds et lui caresser la nuque, tout en encourageant la belle jeune femme de la voix, comme si elle avait été un animal de compagnie. Soudain, il tira la tête de Sylvie en arrière pour échapper à ses lèvres gourmandes.

- C'est bien ma petite chienne. Maintenant, monte sur le lit, et toujours à quatre pattes !

Sylvie s'exécuta sans dire un mot. L'homme se leva à son tour, et il fit glisser son épais ceinturon des passants de son pantalon.

- Même si tu es une petite chienne bien obéissante, je crois qu'il faut quand même te dresser.

A ces mots, elle ne put retenir un frisson, mais elle garda la pose comme une chienne de race sur le podium d'un concours canin. Même asservie, elle gardait une distinction naturelle qu'il ne pourrait jamais lui arracher. Il fit glisser le cuir noir de son ceinturon sur la peau de sylvie. Il oscillait lentement et battait mollement contre ses fesses tendues.

- C'est très gentil... osa-t-elle dire d'un ton moqueur.

Clac ! Elle sursauta à peine au claquement sec de la ceinture sur ses fesses. Clac ! Cette fois-ci, c'était la main de l'homme qui s'était abattue sur sa croupe, qu'il malaxa aussitôt en prenant soin d'écarquiller la raie des fesses où s'enfonçait le slip souillé. Il glissa sa main sous le ventre de sylvie. Ses doigts s'attaquèrent aux boutons du chemisier, et il dégagea un de ses mamelons qu'il fit rouler entre son pouce et l'index.

- C'est bien, c'est bien disait-il, pourquoi devrais-je punir une petite chienne si docile.

Sylvie restait impassible. L'augmentation du rythme de sa respiration ne fût perceptible que lorsqu'il lui lia les poignets avec la ceinture. "J'ai encore une friandise pour toi", dit l'homme en se déshabillant. Il monta sur le lit, debout face à elle, et il fit couler quelques gouttes du miel au bout de son gland.

- Allez, fais la belle et suce !

Elle se redressa et suça à nouveau le gland, plus gonflé que jamais. Elle sentit qu'il était à point lorsqu'il se retira pour ouvrir le tiroir de la table de chevet. Il en sortit une lame de rasoir. Sylvie avala sa salive, mais n'esquissa pas le moindre mouvement de fuite. L'homme glissa ses doigts sous l'élastique de sa culotte, et elle entendit le bruit du tissu découpé. D'un coup, elle sentit que son slip souillé venait d'abdiquer sous la morsure de la lame. Le souffle chaud de l'homme se rapprocha.

- Je suis toute sale, toute collante, c'est horrible...
- Je vais te nettoyer.

Les lèvres de l'homme se posèrent à l'intérieur de ses cuisses, puis sa langue se mis à courir sur sa peau. Elle entendait l'homme gémir de contentement pendant qu'il la lapait à son tour, comme un chien. Sa langue inquisitrice s'immisça dans la vulve frémissante, et remplaçait le miel séché par un mélange de salive et de mouille qu'elle ne retenait plus. La langue glissait partout, dans tous les recoins les plus intimes, tant et si bien que ses gémissements à elle vinrent se mêler à ceux de son maître. Puis ils se transformèrent en râles lorsqu'il se mit à sucer son bouton avec avidité. Elle se concentra sur la houle de plaisir qui allait s'abattre au point que ses cuisses en tremblaient. Elle lâcha un cri en se sentant défaillir sous une vague de plaisir.

- Qui t'a autorisé à jouir ?

L'homme avait retiré son visage pour la laisser pantelante en plein plaisir ardent, mais inassouvi.

- J'ai trouvé une bonne raison de te punir ! Ajouta-t-il en riant.

Il ouvrit à nouveau la table de nuit pour en sortir un jouet étrange, violet, brillant, en caoutchouc très souple, comme un godemiché pointu qui s'élargissait vers la base en une succession de boules de plus en plus grosses. Il enfila un préservatif sur l'appareil.

- Tu vas avoir ce que tu mérites pour avoir désobéi à ton maître, vilaine petite chienne !

Les doigts de l'homme étalèrent une généreuse rasade de gel intime entre les fesses de Sylvie. Elle tressaillit sous la fraîcheur du liquide, à moins que ce fût sous la peur de ce qu'il annonçait, la peur d'avoir mal. Lorsqu'elle sentit la pointe du plug contre son anus, Sylvie essaya de se détendre, sans grand succès. La toute première boule était cependant si petite, que l'homme n'eut pas à appuyer pour l'enfoncer sans la moindre difficulté dans l'oeillet luisant de la belle captive. La seconde boule, à peine plus grosse, suivit le même chemin que la première, et pour la troisième, déjà plus conséquente, l'homme joua de sa langue habile contre le clitoris de la jeune femme afin de faciliter sa détente et la progression du godemiché. Lorsque la troisième boule fut entrée à son tour, l'homme enclencha  le vibreur de l'appareil sans cesser ses ardents baisers intimes. Sylvie avait beau être réfractaire à l'analité, elle dut admettre le plaisir envahissant que l'homme lui procurait en guise de punition. Il retira cependant l'engin de torture pour en remplacer le préservatif et glisser maintenant l'appareil dans l'antre de son sexe brûlant. Là, le plaisir était indubitable. Elle en dégoulinait. Il se déchaîna lorsqu'elle sentit le sexe de l'homme se présenter à l'entrer de sa vulve en même temps que les boules vibrantes. Tout cela glissa en elle sans la moindre difficulté, et l'emporta très loin dans un orgasme que l'homme hurla à son tour derrière elle.

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Lorsqu'elle en revint, je la serrai dans mes bras et la couvris de baisers. Je sentis l'impérieux besoin de l'envelopper de tendresse. Le sourire sur ses lèvres répondait à toutes mes inquiétudes. Mon regard égaré tituba pourtant dans la chambre dévastée. Il s'accrocha à une enveloppe argentée. Dans l'enveloppe, une carte. Sur la carte, quatre fantasmes inavouables, mais confessés de ma main voici plus d'un mois. Quelques semaines plus tard, Sylvie avait choisi le fantasme qu'elle souhaitait assouvir sans connaître le contenu de cette enveloppe. C'était un de ceux que j'avais moi-même rédigés. Lorsqu'elle était entrée dans la chambre d'hôtel, elle m'avait confirmé qu'elle était prête à jouer ce jeu dangereux. J'avais alors ouvert l'enveloppe pour lui montrer qu'il lui suffisait d'aller jusqu'au bout de ses envies pour gagner ce défi. Elle y était parvenue avec maestria, et un plaisir évident à être mon esclave sexuelle le temps d'une étreinte.

Après avoir mûri pendant plusieurs semaines les limites des actes que j'allais poser, après avoir minutieusement défini le rôle de composition auquel j'avais pensé ne prendre aucun plaisir, après les plaisirs troubles et pénétrants, alors vint le temps de l'introspection.

- Qu'est-ce qui fût le plus difficile pour toi ?
- Le pire pour moi, c'est quand tu m'as demandé de m'exhiber devant toi. Je suis pudique et çà, je trouve çà dur. Quand on est deux à être nus, c'est différent.
- Le plus dur pour moi, ça a été de t'appeler "ma petite chienne". Tu vois, il me faut mettre des guillemets pour prendre de la distance. Mais pouvoir dire ça sans me prendre une paire de gifles m'a donné un sentiment de pouvoir... terrible.
- Je comprends.
- En fait, c'est un plaisir un peu honteux. Comment dire... j'ai honte d'avoir éprouvé tant d'excitation à me comporter ainsi ! C'est un aspect de ma personnalité que je n'avais jamais mis à jour. Je suis content d'avoir maîtrisé tout cela, mais il n'empêche que je n'imaginais pas que cela m'exciterait autant...
- Je comprends... Je pourrais dire la même chose de moi. Des tas de femmes ont honte d'avouer des fantasmes de soumission.
- Oui, ça renvoie à des modèles machistes que je récuse, et c'est pourquoi j'en ai honte.
- Complètement! Mais on peut être excité sexuellement par des choses qu'on déteste dans la vraie vie. Par exemple, le viol fait horreur à toutes les femmes, mais le fantasme du viol est l'un des plus répandus !
- Oui, je crois qu'il faut accepter le fait que la sexualité fait appel à des pulsions profondes, à des envies brutales, plus ou moins bien policées par l'éducation. Il reste difficile d'ouvrir la boite de ces envies là, et j'ai un peu peur que ce soit la boite de Pandore.
- Je suis féministe et voue une haine terrible aux violeurs et agresseurs de femmes... et il m'est arrivé de me sentir excitée par une scène de viol dans un film ! La même scène va me faire horreur quand je vais y repenser quelques jours plus tard, dans un autre contexte.
- Ce qui me fait horreur, c'est ce sentiment fugitif qu'on a éprouvé, même si on l'a refoulé.
- Il faut juste avoir conscience que les fantasmes n'ont rien à voir avec la réalité. Ce qui est terrible, c'est les gens qui n'ont plus conscience de la différence.
- J'ai pourtant pris plaisir à te mettre dans cette situation humiliante alors que je ne pensais pas que ce serait le cas, et j'en ai un peu honte, ce qui me pousserait à me confondre en excuses alors que tu étais consentante, voire demandeuse!
- Saches que j'ai horreur de çà d'habitude et tu es le premier homme avec qui j'ai voulu jouer le jeu, parce que je sais que tu es quelqu'un de bon dans la vie, rien à voir avec un affreux sexiste.
- Peut être parce que tu sens cette ambivalence chez moi.
- Je ne supporterais pas de jouer à ce jeu avec un homme macho qui prend plaisir à humilier les femmes au quotidien ! Jamais je ne ferai ce plaisir à un tel homme ! Je repousse de toutes mes forces l'image de la femme soumise, mais j'avoue que, sexuellement, je trouve ça très excitant...
- Et c'est la même chose pour moi. Je refuse tellement un tel modèle, que de me voir prendre plaisir dans une telle situation me trouble profondément, et ce trouble, cette culpabilité face à la transgression de mon modèle moral m'excite profondément !
- Tout pareil pour moi.
- Nous avons donc partagé un même plaisir transgressif! On recommence ?
- Je vais te faire une confidence : Je te préfère quand même en homme doux !

26 février 2007

Alter Ego (4)

medium_orsay.5.jpg- Oui, j'ai un peu moins mal à la gorge, sans doute grâce à vous. Vous êtes en visite, lui demandais-je pour détourner la conversation de mon pauvre subterfuge ?
- En fait, j'ai un rendez-vous.
- Quel dommage, nous aurions pu visiter le musée ensemble. A quelle heure aviez-vous rendez-vous ?
- Midi
- Il est déjà midi et quart ! Quel mufle ose venir en retard à un rendez-vous avec une si charmante jeune femme ? A moins que ce soit une de vos amies ?
- Non, c'est un homme.
- Votre petit ami peut-être? Dites-moi si je suis indiscret...
- Non, en fait, je ne le connais pas.
- Voilà qui est amusant... J'imagine que vous avez convenu de quelques indices pour vous reconnaître, comme dans les rencontres par petite annonce: Il aura sous le bras le journal Libération et elle aura autours du cou un foulard à fleurs...
- Et non, pas de signe distinctif. Mais qui vous dit que je réponds à une petite annonce ?
- C'est la raison qui m'est venue à l'esprit pour expliquer un rendez-vous avec un inconnu dans un musée ? D'ailleurs, je suis peut-être votre rendez-vous mystère !
- Oui, peut-être... comment vous appelez-vous ?
- Jean-Jacques, répondis-je après un léger temps d'arrêt.
- Comme le philosophe ?
- Exactement !
- Et vous vous promenez souvent dans ce musée ?
- Non, c'est la première fois. Je suis en congés...
- Pour un parisien...
- J'habite à Nemours.
- Vous seriez donc Jean-Jacques de Nemours, et vous profitez d'une journée de congés pour visiter le musée d'Orsay à Paris. Je ne vous crois pas !
- Et pourtant, c'est bien le cas. Vous avez quelque chose contre les Jean-Jacques ?
- Non, mais je suis certaine que vous me racontez des histoires.
- En attendant, votre rendez-vous n'est toujours pas là. Comment deviez-vous le reconnaître ?
chez Ysé 

À suivre...

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