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04 février 2007
De la censure (3)
Je remercie chaleureusement LaDouceurDunSoir , Buli92 , Kalain75 , Vintage62 , Nousse1977 , Fulcanelli75 , BlueLoulou , Seconde , Lola75020 , Cakeland , Belcamille , Loladiva , Cristaline38 , Sonia3411 , Elvire1973 , Huskill , Venitia75 , Kristoh, Ana1013 , Bb546 , Chrismanoir59 , GenieDesAlpages , Icibidi , BlueObsession , Greenwitch , Lou2005 , ChicFetich , JazzyLady , Faygotte , KermittLaGrenouille , Missty27 , Sapheere , Frederique911 , Virginyawoolf, BlackBerry7 , Mecalins, Bonjourmdam, ShySweety , Grandsage1, Vintage62, Delaclos, Harmoni95, Canel91, UnVieilOurs, Poussykat20, Loguil, Partoutzen, Vpic357, Helebore, et j'en oublie probablement, pour m'avoir aidé à récupérer mon pseudonyme sur les forums d'auFeminin dont j'avais été injustement banni. Voici le mail que j'ai reçu de la part d'auFeminin jeudi dernier:
Bonjour
Voici votre nouveau mot de passe: ******
Sachez que vos posts, blogs et albums ne peuvent avoir été supprimés sans raison (sachez que la pub sous tt forme est interdite, la vente est interdite, les propos diffamatoire sont interdit)
Cordialement
l'équipe d'aufeminin
Je ne sais donc toujours pas quelles sont les raisons qui ont conduit auFeminin à supprimer mes posts, mon blog et mon album, et ce n'est certainement pas la vague accusation de publicité ou de propos diffamatoire qui me satisfera. Je viens donc de leur écrire le mail suivant:
Bonjour,
Je vous remercie pour me donner mon nouveau mot de passe.
Je n'ai jamais fait de publicité, jamais vendu quoi que ce soit, ni tenu de propos diffamatoires sur vos forums, et cela ne peut donc pas être la raison de l'effacement de mes posts. Si mes posts ne peuvent avoir été supprimés sans raisons, je demande à les connaître, ne serait-ce que pour ne pas tomber à nouveau sous le coup de votre censure. D'ailleurs, si vous concédez à me restituer mon compte après mon bannissement, je soupçonne que vos raisons étaient bien peu légitimes.
Par conséquent, je vous demande de vérifier mes posts supprimés pour constater qu'ils ne contiennent pas de publicité, qu'ils n'ont pas pour objet de vendre quoi que ce soit, et qu'ils ne contiennent aucun propos diffamatoires, afin de les remettre rapidement en place.
Cordialement,
Vagant
A suivre...
09:30 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (2)
03 février 2007
Le désir du pouvoir
Quelques semaines plus tard, j'ai invité Coralie à passer une soirée à Londres avec moi. Hôtel de grand luxe, dîner à Soho dans un thaï branché de chez smart, promenade en vélo-taxi (à 23h au mois de janvier, cela frise le masochisme, mais c'est si romantique...), tout allait pour le mieux jusqu'au moment fatidique. Curieusement, je la trouvais bien moins sensible à mon massage sur le lit de la chambre d'hôtel qu'au sauna, et mes préliminaires ne semblaient pas atteindre leur but. Elle dédaignait mon cunnilingus, préférant mes caresses manuelles auxquelles elle ne réagissait qu'avec un plaisir modéré, bref, j'avais bien du mal à trouver mes marques avec cette femme insaisissable. Incapable de la faire jouir au cours de ces préliminaires marathoniens, je me suis résigné à la pénétrer, pensant que j'avais à faire à une irréductible vaginale. Au début, elle y a réagit positivement, et naturellement, j'ai augmenté la cadence en pensant qu'au grand galop, je l'emporterais dans ce pays où on ne voyage que les yeux révulsés par l'orgasme. Mais c'est d'un regard noir qu'elle me fustigeait, la mine impassible et les traits serrés, alors que je me déchaînais dans son ventre au point d'y jouir tout seul, comme un con, au fond de mon préservatif. Le fiasco ! Confus, je me suis allongé à bout de souffle à ses côtés. Elle a allumé la cigarette post coital faut d'être post orgasmique. "J'aurais au moins réalisé un fantasme, me dit-elle. - Ah oui, et lequel, lui ai-je répondu surpris ? - Celui de l'épouse qui reçoit son légionnaire de mari à son retour de mission, et qui se fait défoncer sauvagement...".
Comme vous pouvez vous y attendre, ami lecteur, Coralie et moi avons perdu le contact. Et puis je l'ai revue l'été dernier au cours d'un dîner mémorable qui s'est terminé dans un sauna, encore une fois, le Sultana quelques jours avant sa fermeture. L'ambiance était étrange, certainement moins bon enfant qu'à l'hyppocampe mais néanmoins agréable, et nous nous sommes isolés dans une cabine de massage. Après avoir oeuvré sur son corps alangui, Coralie a pris les choses en main, au sens propre comme au figuré: "Je vais te donner une leçon, me dit-elle, une leçon de micro-mouvements. Laisse toi faire !". Je me suis allongé sur le dos, avec l'interdiction formelle de donner un seul coup de rein. C'est elle qui m'a baisé, et elle est parvenue à ses fins. J'ai compris ce soir là que son désir était de dominer la situation et imposer son rythme... lent! En m'y soumettant, je lui ai ainsi laissé une impression plus positive que celle du légionnaire en rut.
Ainsi se termine ma trilogie avec les saunas en toile de fond et les enjeux sensuels au premier plan: le pouvoir du plaisir, le plaisir du désir, et le désir du pouvoir.
08:55 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Expériences, désir, pouvoir, coralie, Littérature, histoire érotique, Erotisme
02 février 2007
Le plaisir du désir
J'ai rencontré Coralie fin 2005, à l'occasion d'un de ces dîners organisés sur un forum libertin. Il eut lieu dans un restaurant fétichiste désormais fermé, "La Cave de Justine". Il fallait effectivement être masochiste pour payer une cinquantaine d'euros pour ce qui nous a été servi, mais cela ne m'empêcha pas de passer une soirée amusante même si le trip SM n'est définitivement pas ma tasse de thé. A cette occasion, j'avais d'ailleurs pu voir les égéries de ce forum toutes de cuir dévêtues, dont une qui arborait sans conviction un collier de chien. Son maître de mari la tenait par la laisse. J'avais un peu tiré dessus, pour voir. Elle avait alors posé sur moi un regard de cocker ahuri qui m'a fait saisir la notion d'inconvenance dans le burlesque. Dans cette ambiance improbable, Coralie portait une jupe de cuir, et un gilet noir sur lequel tombait la cascade de ses cheveux bouclés, ce qui la mettait à la fois en valeur et dans le ton de la soirée. Si vous voulez vous faire une image mentale de Coralie, pensez à Carrie Bradshaw dans "sex in the city", mais en brune, et vous ne serez pas loin de la vérité, même si mon regard s'attache plus au fond qu'à la surface comme je l'ai déjà dit. Stéréotype de la célibatante à l'orée de la quarantaine flamboyante, Coralie m'a tout de suite impressionné par sa conversation mondaine et la finesse de ses remarques, en l'occurrence sur "le plaisir du désir" qui donne naissance à un enfant parenticide: "le désir de plaisir". J'ai tenté de faire bonne figure face à une femme qui côtoie Beigbeder entre autres créatifs à la mode, au point de parvenir à la séduire en lui parlant d'un défi basé sur la frustration que j'étais sur le point d'organiser. Je l'ai invitée à se détendre en ma compagnie, dès le lendemain après-midi, dans un sauna libertin.
Cette virée au sauna était prévue de longue date. J'avais organisé un déjeuner avec pour objectif avoué de nous rendre ensuite à l'hyppocampe, sauna parisien assez sympathique en période "couple". Ce déjeuner étant ouvert à tous, Coralie et son ami Anthony pouvaient nous y rejoindre, une aubaine. En fin de compte, nous fûmes 6 à franchir les portes du sauna: Angelina, Pascal, Coralie, Anthony, Nadine et moi. Angelina partit rapidement s'amuser avec Pascal, et nous avons donc passé un bon moment à quatre, entre hammam et sauna, tout en papotage, discrètes caresses et volupté ostentatoire. J'ai fini par proposer de prodiguer un voluptueux massage à celles qui le voudraient bien. Nadine et Coralie se sont portées aussitôt volontaires, nous avons trouvé un petit coin câlin privatif, et pour la première fois de ma vie, j'ai eu la délicate mission de masser en même temps deux femmes côte à côte.
Voici ce que Coralie à écrit sur le forum quelques jours plus tard...
Il faisait déjà frais en cette après- midi naissante. Inclinée contre son dos sans pour autant m'y appuyer, je laissais les accélérations et les ralentissements nous apporter les frôlements de l'aléatoire. Mes cuisses remontées le long des siennes auraient pu lui communiquer les évocations qui traversaient mes sens mais je choisis de lui laisser les imaginer et les attendre. En traversant le vent, de douces courbes inclinaient nos bassins de concert, un ronronnement grave et rond montait en volume, puis s'assagissait pour reprendre encore. Comme pour bien d'autres moments, qu'il est bon daller à 2 à moto !
L'hippocampe est un petit animal très gracieux qui change de sexe comme d'autres gardent le leur, mais aiment en connaître de nouveaux. Ce doit être un animal un peu farouche car les vitres de son bocal sont toutes noires et il est sans nul doute de nature tropical tant son habitat est fait de tiédeur. Derrière ces vitres noires est un espace tout blanc, de vapeurs et de mirages, où les silhouettes se ressemblent et les courbes s'unissent. Le temps s'y étire et les peaux s'adoucissent. L'apaisement des âmes ouvre la faim des sens. Sur l'épiderme humide glissent des gestes tendres.
De l'intérêt de ne pas être ambidextre : se demander, mue seulement par l'inspiration, le plaisir ou le désir, quelle main sera la plus habile ? La plus entraînée, aguerrie de techniques, d'habitudes et de réflexes acquis, opérationnelle par des millions de gestes répétés, ou celle qui a le moins l'occasion de s'exprimer, et, faisant fi de la maîtrise ira à l'intuitif, se délecter de gestes à elle plus rares ?
Nous étions 2 femmes à nous prêter à l'expérience, en 3 l'huile qui est peut être la mieux lotie, au contact de 2 épidermes qui l'épandent en 4, et à lui tout seul, notre dit-non ambidextre à qui nous confiions nos corps allongés côte à côte, et coté pile. Mais c'est sans doute à 3 que nous devrions établir le verdict (laissant à l'huile ses secrets dont nous sommes tant friands), bien moins pour en faire émaner une hiérarchie que pour témoigner d'un unisson rêveur que chacune des mains et leur auteur, prenaient par l'une ce qu'ils donnaient par l'autre, puis revenaient à l'inverse autant qu'en symétrie, nous faire ressentir l'ardeur comme la douceur, la fermeté et la tendresse, le geste sûr autant qu'un autre plus aventureux, le tout naviguant entre réel et à peine rêvé.
Un grand merci à un certain extravagant et ses sujets pour cette initiative d'après-midi, après laquelle il faisait si doux.
Ce à quoi j'ai répondu...
Lorsque l'apaisement des âmes ouvre la faim des sens, ce peut être une fin en soi, une faim sans fin sur laquelle on jouit de rester: le plaisir du désir. Ce plaisir là se nourrit du manque. La frustration est son viatique. Il est à l'amour ce que la cuisine nouvelle est à la gastronomie: de l'inconsistance sublimée. Le plaisir du désir n'est pas pour les affamés. S'il y a consommation, elle est pour le moins frugale, et elle exacerbe les sens au lieu de les rassasier.
Après ce plaisir étiré comme l'huile sur la peau, ce corps à corps en accords sans à-coups, tout en langueurs, tel qu'il pourrait se prolonger au point d'oublier l'heure, pourquoi donc un verdict qui claquerait comme un point final ? S'il devait y en avoir un, il tiendrait en un seul mot: encore...
Vous l'aurez compris, ce massage fût presque chaste. La belle Coralie était pressée par le temps, Anthony devait la raccompagner en moto, et je suis donc resté seul avec Nadine où nous nous sommes livrés à des activités moins vertueuses: Le plaisir du désir à ses limites, et le plaisir tout court avait repris ses droits.
08:45 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Expériences, sauna, Hyppocampe, Erotisme, plaisir, désir, coralie
01 février 2007
Le pouvoir du plaisir
Une tendre amie, volontiers féministe à ses heures, fait une claire distinction entre l'excitation psychologique et l'excitation physiologique, en fonction de la position prise par deux amants. Lorsqu'elle regarde les autres, en club libertin par exemple, elle trouve excitant de voir une femme chevaucher son amant, car cette position féminine dominante prouve le libre arbitre de la femme. Paradoxalement, son plaisir est bien plus vif lorsqu'elle se trouve sous les coups de boutoir de son amant, que lorsqu'elle le chevauche. J'ai moi-même pu en faire l'expérience lorsque j'ai été dans un sauna libertin avec cette jeune femme si sensible à la position des uns et des autres.
C'était à l'hyppocampe l'été dernier, un vendredi après-midi exclusivement réservé aux couples, et l'ambiance sensuelle était propice au langoureux massage que je lui ai prodigué. Je l'ai faite jouir avec mes doigts, et j'ai maintenu son état d'excitation en poursuivant mes caresses tout en lui léchant l'anus. Ma position, à priori dominée, pour ne pas dire servile, était pourtant bien celle du dominateur car j'étais le pourvoyeur de plaisir. Elle voulait que je la prenne, elle me le demandait timidement, et je lui refusais ma queue tant qu'elle ne me supplierait pas crûment. Bien plus réservée dans ses paroles que dans ses actes, Sylvie se montra bien incapable de crier le "baise moi !" que je voulais entendre, surtout dans un lieu ou d'autres couples allaient et venaient, dans tous les sens du terme.
Bon prince, j'ai fini par glisser mon mandrin dans son ventre chaud, sans me départir de ma douce cruauté. J'ai utilisé la prise dite "du marteau". Je l'apprécie beaucoup pour la maîtrise qu'elle me donne, et les vives sensations qu'elle procure à ma partenaire. Ses jambes tendues tout au long de mon torse, je la maintenais fermement, avec mes mains sur ses cuisses, mortaisée sur mon tenon, qui coulissait dans sa fente bien ajustée avec une lenteur calculée. Chacun de mes mouvements nous maintenait l'un et l'autre à la limite de l'orgasme, sans en franchir le seuil irrémédiable. C'est moi qui en contrôlais l'accès et qui la dominais encore tant au niveau symbolique que physiologique, aux antipodes de l'assouvissement égoïste que la plupart des femmes fustigent. Etait-ce pour autant de l'altruisme de ma part ? Certainement pas ! Je reviendrai plus tard sur ce point.
De temps à autre je desserrais ma prise, laissant ma compagne extatique entourer mes hanches avec ses cuisses ouvertes, ce qui me permettait de me pencher sur elle pour lui susurrer, non pas des mots doux mielleux, mais les mots que mon phallus mimait:
- Je te prends
- ...
- Je te possède
- ...
- Je t'envahis, j'assaille ton ventre avec ma queue brûlante
- Oui...
- Ca te plait que je te domine comme ça n'est-ce pas ?
- Oui !
- Et maintenant, tu rêves que je te défonce, que je me lâche ?
- Oh oui !
Croyez-vous, ami lecteur, que j'ai joint le geste à la parole ? Certainement pas ! J'ai continué à lui déverser mes obscénités tout en plantant mon regard dans ses yeux hagards, pour mieux jouir de l'ivresse que je lui procurais. Autour de nous, quelques couples arrêtés, nous regardaient. Mais à force de jouer avec le feu, on finit par se brûler. N'y tenant plus, Sylvie posa ses pieds à plat sur le matelas, pour imposer son rythme. Elle prenait le pouvoir. Elle allait me faire jouir. Tu me baises, que je lui dis ! Et aussitôt, j'accompagnais son mouvement pour nous catapulter dans l'orgasme. Ivre de plaisir après avoir été ivre de pouvoir, j'ai surfé sur la jouissance avec elle, arrimée à mon sexe qui ne voulait pas débander. Sans changer de position, je l'ai prise plusieurs fois, coup sur coup, avec râge, celle du désespoir qui précède la fin, le déclin ennemi.
Dans sa nouvelle intitulée "question de goût", Françoise Rey ne dit pas autre chose en expliquant son dégoût pour la fellation, qu'elle a pourtant pratiqué, pour ne pas passer pour une gourde d'une part, et d'autre part pour l'ivresse du pouvoir:
"J'ai retrouvé plus tard, chez des hommes, des hommes faits, mûrs déjà, imbus de leur rôle de dispensateur de plaisir, la même joie passionnée du don, le même orgueil narcissique, la même fausse générosité. Régner sur le plaisir de l'autre, c'est se voir magnifique dans son regard chaviré, magnifique et redoutable, car c'est aussi, quelque part, le dominer et le réduire. Il y a sans doute la même ivresse à prodiguer la volupté que la douleur, et il n'est pas hasardeux que parfois les deux se rejoignent sous le fouet d'un bourreau raffiné.
Oui, à genoux devant mes amants, ou courbée sur leurs trésors palpitants, j'étais un mec, celui qui décide, qui donne, qui reprend pour donner encore, et leurs vertiges m'étaient chers qui consacraient mon pouvoir..."
08:15 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : sauna, pouvoir, plaisir, sylvie, expériences, hyppocampe, erotisme
30 janvier 2007
Ma soirée CFNM
Août 2006. Je n'avais pas imaginé que cette soirée finirait ainsi. Tout avait commencé dans un bar trendy. J'étais là le premier, avec dix bonnes minutes d'avance, une fois n'est pas coutume. Catherine est arrivée avec une bonne demie-heure de retard, suivie en ordre dispersé par les quelques amis qu'elle avait conviés pour son anniversaire improvisé: Alexandre, Nathalie, et puis Marie. Même le propriétaire du bar était de la partie. Il faut dire que Catherine y avait ses habitudes. Nous nous sommes installés dans un recoin douillet. Nous n'étions venus que pour boire un verre, mais nous y étions si bien qu'on y a passé toute la soirée, à papoter, manger et boire. Surtout boire. Alexandre est parti le premier, et nous nous sommes donc retrouvés à quatre: trois charmantes jeunes femmes et moi.
Catherine a quelque chose de spécial. Elle attire la sympathie, et dans le milieu libertin, la sympathie se manifeste bien souvent par de voluptueuses caresses. Nous ne nous en sommes pas privés, Nathalie et moi. Catherine était assise sur une banquette, entre nous deux qui rivalisions de taquineries: Un bisou dans le cou par-ci; une main sur la nuque par-là; le zip d'une robe qui glisse, aussitôt suivi de doigts taquins qui laissent des frissons partout... Catherine était entre de si bonnes mains que nous la sentions défaillir, pour se reprendre aussitôt. Il faut dire que nous n'étions pas dans un club libertin privé qui autorise toutes les privautés, et même si cela avait été le cas, Catherine ne pouvait pas aller beaucoup plus loin pour des raisons féminines bien connues.
Le bar a fermé aux alentours de minuit et nous sommes allés prendre un dernier verre chez Catherine qui habite à deux pas. Là, notre petit jeu a repris de plus belle sous les yeux complices de Marie qui avait décidé de rester chaste. Entre Nathalie et moi, la résistance de Catherine était d'autant plus héroïque que ses abandons étaient manifestes. Je prenais un malin plaisir à l'embrasser, à l'embraser, à repousser les oripeaux de sa pudeur dont les sursauts se perdaient en timides caresses sur ma peau. Elle ne tarda pas à se retrouver en lingerie, et moi dans le plus simple appareil pour lui montrer la voie à suivre, vautré sur son tapis, mes lèvres soudées aux siennes et sa main sur ma queue raide. Et d'un seul coup, dans un ultime élan de pudeur, elle a décidé de se soustraire à nos caresses et elle a remit sa robe en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire! C'est ainsi que je me suis retrouvé nu comme un vers et la bite au garde à vous, parmi trois femmes qui papotaient comme si de rien était. Elles m'invitèrent à ne pas me rhabiller et à m'asseoir sagement sur la banquette à coté de Marie, pour prendre part à la conversation. Cette situation surréaliste m'excitait profondément. Je n'en débandais pas. De temps en temps, une des filles posait sur moi un regard circonspect, et devisait avec ses amies de l'intérêt décoratif d'avoir un homme nu dans son salon. J'étais devenu un homme objet, et le pire, c'est que ça me plaisait.
Si vous ne l'aviez pas encore deviné, CFNM est l'acronyme de "Clothed Female Nude Male", c'est à dire "Femmes habillées et Hommes nus", et c'est ainsi que je me suis retrouvé dans une soirée CFNM improvisée. Je pensais que les choses en resteraient là, qu'au lieu de jouer à l'étalon de canapé j'allais faire le bibelot de salon jusqu'au petit matin, et je devisais à mon tour sur la fragilité du désir masculin en contemplant ma virilité qui perdait peu à peu de sa fierté, lorsque Catherine, par compassion sans doute, mais certainement par plaisir aussi, a entrepris de me redonner vigueur. Il faut dire que Nathalie avait repris ses chatouillis et Catherine n'en pouvait vraiment plus. La situation a rapidement été torride. Assis sur la banquette, j'avais les cuisses ouvertes sur la généreuse poitrine de Catherine qui me masturbait en gémissant de plaisir sous les caresses d'une Nathalie survoltée. Catherine me gratifiait d'une merveilleuse fellation, lorsque Nathalie lui a chuchoté quelques mots à l'oreille. Catherine a acquiescé, et j'ai bientôt eu quatre mains sur mon sexe, et deux bouches qui s'y rejoignaient en un langoureux baiser. A un tel régime, je ne pouvais tenir longtemps, et j'ai répandu ma sève sur mon ventre et les seins de la belle Catherine, dont le visage était ravagé par le plaisir qu'elle prenait à m'en donner autant.
Sans doute Catherine a-t-elle joui du pouvoir qu'elle a eu sur moi à travers mon plaisir - elle me tenait littéralement par les couilles - jouissance cérébrale plus typiquement féminine que masculine. La situation CFNM en est symbolique si on considère que le vêtement (le propre de l'Homme, et notamment ce qui caractérisait ces trois femmes) domine la nudité (le propre de la bête, en l'occurence moi). Cette situation est l'inverse de celle du bordel du 19ème siècle avec ses femmes dénudées parmi des hommes très habillés: dans ce cas phallocratique, l'homme client jouit du plaisir sexuel que lui procure la femme prostituée mais aussi de son pouvoir apparent sur elle, alors que la prostituée tente de rétablir l'équilibre des pouvoirs dans le marchandage de sa prestation et en ne s'abandonnant pas au plaisir avec son client pour garder le contrôle de la situation. Dans ce nouveau cas "gynécratique" - y a t'il un autre mot ou ai-je bien fait d'en inventer un ? - non seulement la femme peut jouir du plaisir que lui procurera cet homme objet, jouir du plaisir de son pouvoir sur lui (il est visiblement désirant et elle a le choix), jusqu'à jouir du contrôle qu'elle a sur lui jusqu'au bout de l'orgasme qui se soldera, inéluctablement, par une débandade. Qui est le sexe faible ?
09:15 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : expériences, cfnm, erotisme, catherine, libertinage, fellation, littérature, nathalie
Salomé - Epilogue
En jetant sur cette correspondance une lumière crue, le blog a bouleversé la relation humaine naissante qu'il se proposait de décrire. Ce bouleversement, apparemment destructeur, s'avère en fin de compte bénéfique: En précipitant la relation comme un catalyseur précipite une solution hétérogène, il m'aura permis de constater rapidement l'incompatibilité de mon caractère avec celui de ma correspondante, et sans doute de nous fourvoyer l'un et l'autre dans une relation néfaste.
Par ailleurs, l'usage immodéré des commentaires a transformé le blog en un forum de discussion passionnel. Cela est sans doute dû aux attentes incompatibles des protagonistes, mais aussi à un paradoxe temporel: le commentaire porte sur une lettre personnelle (une expression de sentiments, ou pour le moins d'un état d'esprit) ancienne mais encore fraîche, qui pourrait apparaître insupportable aux yeux de celui ou celle qui l'a écrite et qui a depuis changé d'avis. En soulignant son changement d'opinion, et donc la défaillance du jugement antérieur du protagoniste, on risquerait de mettre à mal son équilibre psychologique précaire.
Afin d'abréger ces éventuelles souffrances, et à la demande pressante de ma correspondante, j'ai décidé de publier les derniers épisodes de la série Salomé à la date du 30/01/2007.
Je serais donc enclin à réitérer l'expérience et à entreprendre une autre correspondance ouverte, peut-être sans commentaires, avec quelqu'un qui jouirait d'un caractère lui permettant de s'y livrer sereinement.
06:10 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (7)
Salomé (17)
De Salomé à Vagant le 29 Janvier à 11h33
Je n'en attendais pas mieux de vous en vérité; et je savais pertinemment que vous préférerez rompre notre correspondance plutôt que de vous mettre "à nu" si je puis me permettre. Vous parlez de théâtre et vous dites juste. Là sont vos centaines de conquêtes: sur une pauvre estrade attendant de redevenir les unes après les autres l'héroïne du moment: je réitère, c'est pathétique.
Il n'y en a qu'une qui me fasse mal et je me demande si vous lui mentez ou si elle se ment. Les voyages ne peuvent expliquer l'implosion d'un couple, je suis restée un an loin de mon fiancé. Il était à des centaines de kilomètres de son fils et de sa fleur. J'ai fauté pendant cette période. Et il s'agissait bien de chair fadasse. De combien de maîtresses avez-vous caressé le ventre arrondit ? Combien d'entre-elles ont souffert pour mettre au monde un mélange de vous ?
Je vais m'arrêter là, qui ça intéresse ? Pas vous en tous cas.
Je me demande toujours pourquoi les Hommes mettent autant d'énergie à chasser, autant de créativité à séduire et si peu d'entrain à restituer au couple officiel la flamme de l'origine.
Il y a des soirs où tout me paraît insurmontable. Je prends mes petites affaires et je fuis. Il me retrouve toujours, toujours.
Tu as dû te perdre en chemin C***.
Si tu ne m'as pas demandé pardon c'est parce que tu ne perds pas ton temps avec une fillette récalcitrante. Il y a tellement de beau gibier à chasser, pourquoi s'embêter avec une petite dinde?
Peut-être parce que "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire".
Petit détail, j'ai fait 6 ans de théâtre dans la troupe palabre... Quelle coïncidence!
Adieu donc, puisque tel est votre souhait.
06:00 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (16)
De Vagant à Salomé le 29 Janvier à 10h59
Ma chère Salomé,
J'ai pensé à vous hier matin. Ou plutôt j'ai pensé à la situation dans laquelle nous sommes et j'ai même envisagé de m'excuser pour vous y avoir malencontreusement exposée.
Une correspondance intime est un peu comme une scène de théâtre sans metteur en scène ni spectateurs. Les acteurs improvisent face à face selon une trame antique, brodant avec plus ou moins de bonheur les fils du désir, du plaisir et du pouvoir. En publiant notre correspondance sur ce blog, j'ai ouvert les portes de ce théâtre au public. Grâce au léger différé de cette publication, cela n'a eu qu'un impact subtil sur notre jeu, sur notre correspondance comme je l'ai souligné dans Salomé (11). Tels des acteurs éblouis par les feux des projecteurs, la salle de spectacle nous apparaissait engloutie dans l'obscurité, et son public imperceptible. Tant qu'il se tenait tranquille, je supposais qu'il aurait un impact globalement positif sur la qualité de notre échange. Mais voilà qu'à la publication de votre première lettre, le premier rang se manifeste: il nous interpelle si vertement que vous lui répondez. Alors que vous bataillez avec le public hilare, vous ne trouvez pas auprès de moi le partenaire de jeu attendu, mais un metteur en scène fataliste qui devise sur les contingences de son expérience. Quel tragique malentendu ! Vous vous imaginiez donner une aimable représentation classique, j'ai improvisé une mise en scène expérimentale, et nous nous retrouvons dans une farce de café théâtre !
J'étais donc sur le point de m'excuser hier, jusqu'à ce que je reçoive votre dernier message. Voyez-vous Salomé, j'éprouve une grande tendresse pour la plupart des femmes que j'ai connues, sans parler de celles que j'ai aimées. Toutes ont contribué à ce que je suis. Si la femme est l'avenir de l'homme, elle est aussi son passé. Et je me souviens de regards embués, de baisers passionnés, de rendez-vous secrets. Pas de chair fadasse. Si ce sont ces souvenirs que vous ont laissés vos amants, je vous suis gré de ne pas m'engager dans cette triste cohorte. Puisque notre intérêt réciproque - quoique le mien se soit grandement émoussé - est désincarné, je ne vois pas quel pourrait être celui de nous rencontrer. Ce que vous diront de moi les supposées "chairs fadasses" satisfera probablement votre curiosité. En ce qui me concerne, je pense être arrivé au bout de l'expérience que je voulais mener même s'il est difficile pour moi d'en tirer une conclusion définitive.
Bien cordialement,
Vagant
05:55 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (15)
De Salomé à Vagant le 27 janvier à 21h58
Et bien Monsieur, que se passe t-il? M'oubliez vous ou faites vous votre mauvaise tête?
Je suis peinée C***, que tu m'évites ainsi. Je m'ennuie de tes mots, de tes phrases savamment tournées. Je n'aime pas que tu me parles de tes conquêtes, je me fiche bien d'elles toutes. De la chair, rien qu'un tas de chair fadasse. Des femmes peut être par centaines dont tu finis par te lasser un jour ou au détour d'une nuit.
Moi aussi je pourrais vous conter mes conquêtes, mes victoires et mes trophées. Quelle importance? Des mots, des souvenirs, des parfums enfuis; du vent mon ami, du vent. A se plonger dans le passé, on finit par se noyer... Oui je te balance des putains de stéréotypes, j'essaye d'éviter fautes d'accords et d'orthographe, mais je suis crevée et je crève que tu m'ignores. Je n’ai pas envie C***, de jouer au chat et à la souris. Je suis fatiguée, j'y ai joué tant de fois avant toi... Une petite môme de vingt ans tu te dis. Ce qu'ils se disent tous d'ailleurs. Et il faudrait que je te prouve que je ne suis pas que cela. Je ne le suis pas. Mais je n'ai rien à vous prouver monsieur. Je ne viendrais pas vous supplier de vous intéresser à ma petite personne, je n'en ai pas besoin.
Toutes les femmes du forum se pâment à votre pseudo. C'est pathétique. Je n'entrerai pas dans votre jeu. Non. Vous ne m'aurez pas à votre botte. Je ne suis ni en manque de tendresse, ni en défaut de sexe. Les mots doux me sont déjà murmurés au creux de l'oreille, j'ai déjà mon maître et je sais que je préférerais crever plutôt que le tromper, de corps, de cœur ou d'esprit.
Tu me diras que là n'en était pas question, que tu n'as jamais eu cela en tête; perfide!
Si jouer n'est pas ton but, rencontrons-nous. J'ai déjà vécu trois ans le platonisme de l'épistolaire. Que me reste t-il ?
L'amertume monsieur. Rien de bien plus intéressant.
Dévoilez-vous donc et nous reprendrons aimablement notre délectable correspondance.
Je vous mets au défi.
S***
05:50 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (1)
Salomé (14)
De Salomé à Vagant le 26 Janvier 2007 à 12h35
Monsieur,
Si dès le début vous entravez vos propres règles de jeu afin de vous préserver pour mieux me réprimander par la suite, je vais réellement me fâcher. Puisque ma note officieuse sera diffusée, sachez que mon futur époux a eu le loisir de la lire.
De grâce ne m'apparentez pas à vos anciennes expériences, vous toucherez ni mon corps ni mes lèvres qui en passant ont déjà la différence d'être plus fraise que framboise.
Je n'ai rien à ajouter pour l'heure.
A bientôt peut-être.
Salomé.
05:45 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (13)
De Vagant à Salomé, le 26 Janvier à 13h23
Ma chère Salomé,
J'avais beau m'attendre à une telle "Note officieuse", elle m'a néanmoins agacé. Mais puisque vous avez pris soin de me demander mon avis avec cet inopiné mais néanmoins ravissant "Qu'en dis-tu ?", ma réponse est simplement "Non !"
Je n'ai jamais eu l'intention de vous jeter en pâture à qui que ce soit. L'objet de mon expérience - notre correspondance en est bien une, je ne vous l'avais pas caché - est d'étudier l'interaction du blog et d'une correspondance intime qui se retrouve dépouillée de cette intimité. Vous l'avez acceptée avec empressement. Je ne peux donc pas souscrire à votre proposition qui reviendrait à grimer notre échange, à le transformer en représentation théâtrale: ce serait un Vaudeville dont nous serions tous les deux les cocus.
Je ne porterai aucun jugement de valeur sur les commentaires qui ont été faits à la suite de la publication de la première lettre. Je compte adhérer à la CHADIFI (voir la charte de NOLDA) et par conséquent corriger les fautes malencontreuses dont nous pourrions être victimes l'un et l'autre. Je suis loin d'être irréprochable à ce sujet et je compte sur mon lectorat pour pointer du doigt tout manquement aux règles d'orthographe, de syntaxe et de grammaire. C'est ainsi qu'on progresse. Revenons-en à nous.
Suis-je jaloux ? Sincèrement, je n'ai pas l'impression que c'est l'adjectif approprié à mon cas. Disons plutôt que je ne veux pas m'exposer à frustrer mes désirs et mon orgueil. Je n'envie donc pas les hommes qui honoreront éventuellement Sylvie ce soir là, puisque je pourrais en avoir la possibilité mais que les circonstances ne me conviennent pas. Je n'envie pas non plus "l'amant officiel" puisque je ne suis pas sûr de vouloir tenir ce rôle là.
Vous ne serez pas ma prochaine maîtresse, et vous ne serez pas non plus la première à me le dire, ni la première à y parvenir. J'ai un jour défié Sylvie de rester chaste. C'était tout au début de notre liaison, et je l'avais mise au défi de résister à mes avances toute une après midi. Mais "A vaincre sans péril on triomphe sans gloire", lui avais-je annoncé, et j'avais fini par l'attirer dans un sauna libertin où je lui avais prodigué un voluptueux massage. Elle fût cent fois sur le point de me céder. Cent et une fois parvint-elle à me résister. Elle ne fût pas ma maîtresse ce jour là, même si elle me laissa goûter à ses lèvres framboises.
Vous ne serez pas ma prochaine maîtresse, et ce n'est pas parce que vous n'avez pas 23 ans. A la différence de CUI, je n'affirmerai pas qu'une femme ne peut pas faire une merveilleuse amante avant cet âge là. Je vais sans doute publier le récit du défi que j'ai lancé à la jeune Mathilde, et qu'elle a su relever avec brio. Le charme, l'imagination et la sensualité ne sont pas l'apanage de l'âge. Néanmoins, je continue de penser qu'une femme atteint son apogée à l'âge de trente ans. Mais la fourchette est large et vous avez encore tout le temps de progresser. N'est-ce pas encourageant ?
Vous ne serez pas ma prochaine maîtresse et je ne vous écrirai pas sur MSN. Je tiens trop à notre délicieuse correspondance pour la détourner en clavardage. Voyons donc ce que nous pouvons en faire en pleine lumière, et essayons de reprendre notre aimable jeu de séduction en toute liberté. J'aime les femmes, et je vous aimerais sûrement, mais en aucun cas au prix d'aliéner ma liberté. Votre note officieuse sera donc publiée avec les autres.
Bien à vous,
C***
PS: Je ne veux pas vous nuire et je ne publierai pas la mention à votre futur époux dans votre note officieuse, ni votre adresse msn, ni ce post-scriptum.
Ndlr: Le post-scriptum a été publié ainsi que la mention au futur époux au début de Salomé (12), puisqu'il n'y avait pas lieu de le cacher conformément à Salomé (14)...
05:40 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Blog
Salomé (12)
De Salomé à Vagant, le 26 Janvier 2007 à 10h35
Voilà donc, Monsieur, comment procéder.
Certes, il s'agit de tricher, mais qui n'use pas de ce joker à un moment donné ?
Il s'agira donc de s'offrir des notes officieuses, et quoi de plus pimentant qu'une correspondance à double échelle? D'une part il faudra continuer notre correspondance officielle et d'autre part ne pas oublier votre officieuse note à Salomé.
Voici donc, mon futur époux et vos amis (je reviendrai d'ailleurs sur ce dernier terme, sache que je suis de nouveau fâchée!) ne sauront rien de nos missives secrètes!
Qu'en dis-tu?
Oh! S'il te plaît, avant de me répondre, donnes moi ton prénom! Je crève de savoir que tous le connaissent sauf moi!
Ma lettre est un peu désordonnée, tant pis. Petit chat vient d'avaler son café, je suis encore dans le brouillard.
Oui, je voulais te dire monsieur, que je suis fâchée! Je le suis contre tes amis qui manquent curieusement de respect à l'exception de Madeleine et Georges qui eux me semblent pour le moins civilisés, pour le mieux douce pour l'une, amusant pour l'autre. Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit, tu le sais. Mais si ton but est de jeter en pâture une "jeune innocente" à des personnes si détestables au premier abord, sache monsieur, que j'ai beau être jeune, je ne suis point innocente. Un peu naïve peut-être et encore, je m'améliore.
Voilà donc, je te ferais payer le prix d'avoir des amis mesquins.
Ceci est dit. Passons donc.
Pour ce qui est de Sylvie je ne sais qui elle est, mais si vous êtes jaloux de son amant, je le suis de toutes vos maîtresses! Moi qui aime être unique, je le serai, et je le serai en restant hors de votre couche. Vous n'avez donc plus à culpabiliser Monsieur, je ne serai certes pas votre prochaine maîtresse!
Je prends cependant note de votre invitation à un vendredi coquin, j'y serai un jour pour vous rencontrer mais je resterai chaste... De toute évidence les femmes ne valent rien en qualité de maîtresse tant qu'elles n'atteignent pas leur vingt-troisième année, inutile donc de s'essouffler pour rien...
Si le cœur vous en dit, je vous abandonne mon adresse MSN...
A bientôt mon ami.
Votre Salomé
05:35 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Blog
Salomé (11)
De Vagant à Salomé, le 26 Janvier 2007 à 10h38
Chère Salomé,
À peine avons-nous commencé à correspondre que déjà vous vous imaginez à mes côtés ! Votre fiancé vous laisserait donc vous aventurer ainsi avec un inconnu ? En contrepartie des vôtres, lui accorderiez-vous d'ores et déjà des escapades hors du lit bientôt conjugal ? Je vous ai probablement posé cette question en espérant une réponse affirmative, afin de réduire le (petit) sentiment de culpabilité que je sens poindre à vous écrire. Savez-vous que je suis troublé à l'idée qu'il me lise ? Jamais encore me suis-je aventuré à séduire une femme au vu et su de son conjoint. Imaginez maintenant mon trouble lorsque je pense à votre jeune âge (vous pourriez être ma fille !) et à votre statut (future jeune mariée !). Réalisez-vous toutes les transgressions que vous incarnez et leur impact érotique délétère ?
Au chapitre des clubs, je ne pense pas que l'Hyppocampe de Paris, plus petit que celui de St Maur, vaudrait une visite si ce n'est pour m'y retrouver un vendredi après-midi. Le Moon City vaut le détour pour sa décoration et je vous conseillerais d'y aller seule en matinée exclusivement féminine, à moins que vous aimiez l'ambiance des saunas mixtes. J'ai de très bons souvenirs à l'Overside, dont un que je publierai bientôt sur mon blog, et je vous suggérerais d'ajouter à votre liste l'Acanthus et bien entendu le No Comment. Je suppose que la NM9 s'y déroulera. Je ne pense pas en être. Je vais essayer de vous expliquer les raisons de mon absence en faisant abstraction de la publication de cette lettre sur mon Blog dans quelques jours.
Il est presque certain que Sylvie y sera présente en compagnie de son amant officiel. J'ai mentionné cette jeune femme dans une note à paraître sur mon blog: le pouvoir du plaisir. Nous ne nous sommes pas revus depuis cet été. J'ai bien entendu très envie de la revoir, et probablement aurais-je au cours de cette soirée tout simplement envie d'elle. Si cette envie n'était pas partagée, j'en serais mortifié. Si elle l'était, il me faudrait d'une manière ou d'une autre négocier avec l'amant officiel. Il voudrait naturellement rester auprès d'elle, mais voilà, je n'ai aucune envie de me retrouver dans un trio avec lui. L'idée de lui quémander les faveurs de sa belle me révulse; Je suis bien trop orgueilleux pour qu'il me les accorde. La seule solution est donc l'absence.
En relisant ce dernier paragraphe, je réalise que je touche du doigt la problématique que je pensais aborder au cours de notre correspondance ouverte: l'interaction inévitable entre le blog qui raconte et l'objet de son récit. Sans vouloir faire un clin d'oeil à Houellebecq et ses "particules élémentaires", c'est un peu le même problème que la mécanique quantique: l'instrument de mesure (que ce soit l'accélérateur de particules ou le Blog) perturbe l'objet de sa mesure (que ce soit la particule ou nous). En effet, Sylvie connaît l'existence de mon blog. Je l'en ai informée lors de la manifestation sur auFeminin en ma faveur. Je ne sais pas si elle le lit, mais elle se reconnaîtrait sans doute dans "le pouvoir du plaisir", et dans la lettre que je vous écris. L'amant officiel pourrait lui aussi se reconnaître. L'un et l'autre pourraient donc modifier leur comportement à mon égard si je venais à cette Nuit Mutine. Je serais alors gênant aux yeux de Sylvie, ce qui me conforte donc dans ma résolution de ne pas venir à cette soirée. Mais ce n'est pas tout: Si je me suis déjà ouvert à Sylvie de mon problème dans le cadre d'une autre soirée, je ne pense pas que "l'amant officiel" le sache. Alors que nous avons toujours eu des rapports cordiaux, les lignes que vous venez de lire et qu'il pourrait lire gravent et aggravent notre défiance mutuelle. En essayant de coller au plus près de la réalité, le Blog modifie la réalité qu'il décrit.
On en arrive donc au thème de l'autocensure sur lequel je reviendrai ultérieurement. "Comment exister sans attrister ?" ai-je écrit dans mon "À propos". En faisant le pari de tenir un blog vivant avec les notes de la rubrique "in vivo", en faisant le pari de la "vérité toute nue", en faisant de ce blog un instrument de mesure de mon âme, je me coupe de facto des conventions sociales mensongères. Paradoxalement, cette vérité là est la vérité du mensonge. Le cœur ouvert que je donne à lire est celui de l'autre face de ma double vie, la face obscure, la face adultère, celle du mensonge. Comme si le mensonge de ma double vie était trop lourd à porter, je ressens le besoin d'y être vrai.
J'arrête là mon introspection, je vous ai sans doute déjà trop ennuyée. Non seulement vous avez dû attendre avant de lire cette lettre, mais au lieu de vous servir d'aimables ritournelles, je vous assomme d'états d'âmes. J'ose espérer que vous me pardonnerez cette faute de goût, jolie Salomé aux yeux émeraude et à la chevelure rubis. Permettez-moi donc de déposer un doux baiser sur votre peau diaphane, qui reste encore pour moi évanescente...
Vagant
05:30 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Blog
Salomé (10)
De Salomé à Vagant, le 25 Janvier à 13h 40
Mon cher ami,
Comme je suis heureuse que la Manche ait laissé passer votre missive! Ainsi donc vous m'écrivez de l'Angleterre? Me voilà jalouse!! Je rêverais d'être avec vous! Savez-vous, monsieur, que quatre lettres de vous me rendent déjà esclave de vos écrits? Oui, vous le savez, et vous comprenez par delà ma jeunesse la raison de mon impatience!
Mais il me semble que deux questions restent en suspend: La première me semble t il est en rapport avec les clubs que je souhaiterais découvrir... Ma foi, le fameux Moon City dont beaucoup vantent la décoration me tenterait bien. L'Overside également ainsi que l'Hyppocampe de Paris afin de comparer à mon expérience de celui de St Maur. Pour le reste, je suis ouverte à tout endroit pourvu que l'élégance et le respect soient toujours de mise. Par ailleurs je pense me rendre à la nuit Mutine de Mars... Y serez vous? Il serait bien amusant que vous tentiez de m'y reconnaître...
Pour ce qui est de votre seconde question, mon fiancé a lu la missive de mon rebaptême et trouvait que j'avais la peau trop laiteuse pour me nommer Salomé. Peu importe puisque je suis votre Salomé!
Pour le reste, je n'ai rien à lui cacher, après tout, nos écrits peuvent être lus par tous...
Sur ce, je vous embrasse et espère avoir une nouvelle lettre avant demain (Les princesses sont exigeantes)
Votre Salomé
05:25 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (9)
De Vagant à Salomé, le 25 Janvier 2007 à 13h50
Salomé,
Tout d'abord, je suis ravi que ce prénom vous plaise. Je n'imaginais pas que vous fassiez de la danse orientale. Quelle heureuse coïncidence ! Quant à votre peau diaphane, que savons-nous aujourd'hui du teint de la Salomé biblique ? La Bible ne mentionne t'elle pas les blonds libyens et des noirs nubiens, suggérant qu'à cette époque déjà toutes les ethnies se croisaient en Palestine, trait d'union entre l'Afrique, l'Asie et l'Orient, continents dont les 3 rois mages sont l'allégorie ? Je n'y ai jamais mis les pieds mais j'imagine ces pays fascinants, comme je le disais un soir - au "Hustler Club" - à une jeune libanaise qui, comme vous, s'est un jour égarée sur ma BAL. Mais c'est une autre histoire...
Je reconnais au ton de votre dernière lettre toute la fougue impatiente de votre jeunesse, mâtinée d'une verve littéraire qui me surprend agréablement. C'est donc le plaisir de vous lire qui a agrafé sur mes lèvres le sourire que vous aviez deviné, et certainement pas le résultat d'une de mes manigances. D'une part j'attendais votre accord pour le prénom de Salomé, et je n'ai reçu votre accord que ce matin. Sans doute ce message a t'il dû traverser la Manche à la nage (je suis actuellement en Angleterre). J'ai d'autre part une vingtaine de notes en attente d'être publiées, et celle intitulée "le bonheur était dans le pré" était prévue depuis plusieurs jours. Votre première lettre vient d'être mise en ligne. Au vu du rythme que semble prendre notre correspondance, mon lectorat aura probablement droit à une ou deux notes quotidiennes, dont notre délicieuse correspondance.
Des mots doux, vous voulez des mots doux ? Vous en aurez lorsque j'aurai imaginé votre corps gracile nimbé de voiles vaporeux virevoltant au gré de rythmes orientaux. En attendant, vous n'avez pas répondu à la seule question que je vous ai posée. J'en ajoute une autre à titre d'intérêts: Votre cher et tendre lit-il notre correspondance ?
Votre dévoué,
Vagant
05:15 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (8)
De Salomé à Vagant, le 25 Janvier 2007 à 11h07
Monsieur,
Je suis fâchée! Aussi fort que puisse l'être un petit chat ou une princesse orientale, mais je le suis!
Comment? Vous avez préféré relater votre expérience Jeannesque datant de 2002 [ndlr: Le bonheur était dans le pré] et ne pas mentionner votre Salomé? Et comment, ma boîte mail reste désespérément vide... Oui monsieur, je ne suis qu'une impatiente! Voici le premier défaut que je vous livre! Ah monsieur! Vous voulez jouer et votre premier sourire serait bien de me voir agacée. Voilà que je dois rougir et me dire que ma missive est vaine ou que vous l'attendiez. Si vous commencez les manigances je ne serais pas de la partie, sachez-le.
Il est midi, j'ai jeûné depuis hier, petit chat crève de faim et d'impatience et vous, vilain matou je vous vois déjà vous indigner ou sourire... C'est la faim sans doute qui me pousse à commettre la folie de vous réprimander dès le départ; dès lors, ne m'en voulez pas mon ami et écrivez-moi des mots doux...
Votre Salomé
05:10 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (7)
De S. à Vagant, le Mercredi 24 Janvier 2007 à 20:35
Salomé... Prénom délicieux. Mais qui sonne peut être un peu trop oriental pour ma peau diaphane, mes cheveux rubis et mes yeux émeraude. Peu importe, l'Orient est une terre qui a toujours suscité dans mon imagination juvénile la suavité, la sensualité, la beauté. Salomé dans un hammam, qu'il soit traditionnel ou libertin, quel délice... Je serais princesse des mille et une nuits. Je ris, si vous saviez, je prends des cours de danse orientale, je vous le jure, certes novice, mais n'est-ce pas une autre coïncidence amusante?
Allons-y donc pour Salomé! Je suis conquise!
Aller, je vous laisse pour ce soir et vous promets dès demain une missive bien plus longue.
A demain donc, mon ami!
Votre Salomé
05:00 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (0)
Salomé (6)
De Vagant à S., le Mercredi 24 Janvier à 19h54
Ma chère Salomé,
Je cherchais un prénom commençant par la lettre S, un prénom qui évoquerait la pernicieuse sensualité que vos messages évoquent, un prénom intemporel qui symboliserait votre jeune âge: "Salomé" s'est bien-sûr imposé. Vous connaissez sans doute l'histoire biblique de la jeune Salomé, dont la danse lascive séduisit Hérode le tétrarque au point qu'elle pût exiger de ce roi la tête de Jean-Baptiste. Eric-Emmanuel Schmitt en a fait un portrait intéressant dans son Evangile selon Pilate. Acceptez-vous donc que je vous baptise ainsi avant d'exiger ma tête - entre autres organes - ou bien de me séduire au point que je la perde ?
Je ne connais pas Victor Hugo, hormis Ruy Blas justement, que je me souviens avoir lu avec plaisir mais dont j'ai complètement oublié l'intrigue. Quant à Laclos et "Les Liaisons dangereuses", elles sont si communes que je préfère ne pas les mentionner. A propos, je relève une erreur typographique amusante. Vous avez écrit "dangeureuse", comme dans l'URL du Blog de Georges et Madeleine (http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/) Quelle étrange coïncidence ! Actuellement Kundera me passionne et je redécouvre Montesquieu avec plaisir. Avec lui, il n'est pas question que de l'infidélité des hommes: "Après tout, disent-ils, quand nous serions malheureux en qualité de maris, nous trouverions toujours moyen de nous dédommager en qualité d'amants. Pour qu'un homme pût se plaindre avec raison de l'infidélité de sa femme, il faudrait qu'il n'y eût que trois personnes dans le monde; ils seront toujours à but quand il y en aura quatre." (les lettres persanes)
En ce qui concerne notre "contrat", je vais publier notre correspondance à raison d'une lettre quotidienne à partir de demain. J'ai d'ores et déjà 5 lettres d'avance, et vous avez donc tout le temps de ciseler vos mots. Non seulement je prends soin de ne pas vous prendre trop de temps avec une correspondance acharnée, mais je vous entraîne pour votre Bac français en tempérant l'ardeur de votre jeunesse...
Enfin, quels sont les clubs sur lesquels vous avez jeté votre dévolu pour y sombrer dans la luxure ?
Aux plaisirs,
Vagant
04:55 Publié dans In vivo | Lien permanent | Commentaires (1)
29 janvier 2007
Gilda
Les gouttes de pluie éclataient sur le pare brise depuis des heures. Depuis des heures, Johnny fumait cigarette sur cigarette. En fait, il ne les fumait pas vraiment. Il les laissait plutôt se consumer, comme des bâtons d'encens, pour le plaisir de voir les volutes grises, pour l'ambiance. Dehors, l'interminable ruban d'asphalte s'étirait devant ses yeux, jusqu'au bout de la portée de ses phares, jusqu'à se confondre avec l'horizon brumeux. De la grisaille crépusculaire à perte de vue. Parfait. Johnny n'aimait pas les couleurs.
L'essuie-glace passait et repassait devant ses yeux, émettant à chaque fois un couinement de tristesse qui se mêlait au ronronnement chaleureux du camion, grave et régulier. Réconfortant. Il y avait bien la radio, mais il aurait dû parcourir toute la bande FM, avec ses musiques de sauvages et ses pubs nasillardes, tout ça pour un improbable morceau de Jazz, et cette idée le révulsait. Johnny n'aimait pas vraiment la musique, tout au moins pas assez pour risquer de gâcher son bonheur, puisqu'il était déjà heureux. Enfin, un peu. Un bonheur ténu, mais tenace: cette nuit, il verrait Gilda.
Derrière lui, quinze tonnes de citrouilles, d'un orange abominable, mais bien tranquilles. Dans quelques heures, il les livrerait à une grande surface provinciale, pour Halloween, les jeunes aimaient ça paraît-il. Sa remorque enfin vidée, il pourrait y voir Gilda, en grand secret, juste avant le petit matin, aux heures où tout le monde dort. Johnny ne vivait que pour ce rendez-vous et il voyait Gilda de plus en plus souvent. Au début, c'était irrégulier, quand il avait un coup de blues. Et puis, les coups de blues aidant, c'était devenu hebdomadaire. Maintenant c'était quotidien. Pas une nuit sans Gilda. Si ses collègues l'avaient su, ils auraient dit qu'il était fou; Il n'aurait pas pu leur donner tort.
Alors que les kilomètres succédaient aux kilomètres, une lueur d'inquiétude commença à entacher son obscure sérénité. La jauge baissait avec obstination, et il ne pourrait pas éviter de prendre de l'essence à la prochaine station. Il n'aimait pas cette station là. Elle lui rappelait de mauvais souvenirs. En réalité, les mauvais souvenirs l'y attendaient. Il eut la chance de ne croiser personne à la pompe mais constata avec désarroi que la pluie avait cessé. Elles seraient toutes dehors. Il paya en catimini, avant de s'engouffrer dans sa cabine. Maintenant, il devait s'engager sur l'aire de repos réservée aux poids lourds, pas moyen de faire autrement. Une zone étroite et encombrée de camions garés n'importe comment, où il devrait rouler au pas pour ne pas en écraser une. Cela faisait des mois qu'il n'avait pas eu à passer par-là. Et depuis, la situation ne s'était pas améliorée. La mort dans l'âme, Johnny s'apprêta à traverser le baisodrome.
C'est comme ça qu'ils appelaient ce parking. Pourquoi celui-là et pas un autre ? Pourquoi toutes les putains et tous les routiers du monde s'étaient donné rendez-vous ici et pas ailleurs ? Pourquoi s'y était-il arrêté, lui aussi, au moindre prétexte, pour y rester en embuscade, pendant des heures, la bouche pleine de salive, les yeux hagards, jaugeant les gueules et les culs, se demandant si celle-ci le ferait jouir comme jamais, ou bien plutôt celle-là, avant d'en faire monter une, en urgence, n'importe laquelle, pourvu qu'elle semble belle, la payer, et puis la trouver moche, se faire quand même tailler une pipe, et éjaculer la bite molle, pourquoi ? Pourquoi ne pas être rentré chez lui où l'attendait sa femme, avant qu'elle ne l'attende plus, et le laisse, tout seul ? Pourquoi ? Et puis... et puis il avait finit par voir Gilda, et ça non plus, il ne savait pas trop pourquoi. Il se concentra sur cette dernière idée pour regarder droit devant lui, les mains crispées sur le volant, ignorer les clins d'œil aguicheurs, surtout ne pas regarder sur les côtés, ces filles peinturlurées, ne pas sombrer à nouveau...
`Hé ! Mais c'est mon Jeannot ! Alors chéri, tu m'aimes plus ?'. Il respira fort pour ne pas tourner la tête, accéléra et sortit de cette fange. Gilda... Gilda... Il répéta son nom à mi-voix comme pour exorciser les vieux démons qui rôdaient encore, jusqu'à se calmer, complètement. Plus jamais Jeannot... Johnny... Oui, Johnny et Gilda... Plus que cent kilomètres... cent petits kilomètres...
Johnny arriva juste à temps pour l'ouverture de l'entrée fournisseur du grand magasin. Il ouvrit sa remorque, sauta sur le fenwick, et entreposa lui-même les citrouilles dans le hangar, histoire de gagner un peu de temps, et de ne pas dévoiler ce qui était caché au fond du camion. Le manœuvre rigolait en regardant ce pauvre fou faire son boulot à sa place au lieu de se reposer après des heures de route. Il ne pouvait pas comprendre. D'ailleurs il n'y avait rien à comprendre. Dès que le camion fût déchargé, Johnny repartit aussi vite qu'il était venu.
Le soleil n'était pas encore à l'horizon lorsque le camion s'enfonça doucement dans un chemin de traverse, juste assez loin pour ne plus entendre les bruits de la route. C'est là qu'il verrait Gilda. N'importe où pourvu qu'il ne soit pas dérangé. Le cœur battant, il s'enferma dans la remorque. Dans la pénombre, il retira la bâche qui protégeait son installation, et mit tout en place. Enfin, il s'assit dans un confortable fauteuil. Johnny alluma une cigarette. Il savourait tout particulièrement ce moment de détente, juste avant de la voir. Il se prenait à rêver d'être à ses côtés, d'être bien habillé, des souliers vernis, un costume trois pièces au pantalon amidonné, le pli si affûté qu'on aurait pu y couper une tomate, oui, c'est ça, un gangster, un mafieux, ou même un flic, pourvu qu'il soit avec Gilda. Il appuya sur la télécommande de la vidéo. Une lumière gris-bleue envahit les lieux, s'incarnant dans les volutes de fumées, comme dans le casino d'un vieux film des années 40...

"When Mrs. O'Leary's car kicked the lantern-in Chicago town,
They say that started the fire-that burned Chicago down.
That's the story that went around, but here's the real lowdown,
Put the blame on mame boys,
put the blame on mame
Mame kissed a buyer from out of town,
that kissed burned Chicago down.
So you can, Put the blame on mame boys,
put the blame on mame."
Gilda (1946)
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Salomé (5)
De S. à Vagant, le Mercredi 24 Janvier 2007 à 16h44
Mon cher ami,
Permettez que je vous appelle ainsi puisque nous allons au fil des prochains jours nous dévoiler l'un à l'autre corps et âme.
Toute entière je vous dis oui! Oui pour cette correspondance, oui pour me livrer sur le vif, mille fois oui. Rien n'aura besoin d'être maquillé, je vais trouver un doux prénom, oui, voilà, trouvons-moi un beau prénom romanesque et logeons-nous sur la même lignée que Valmont et Merteuil, avec pour, cependant, la différence d'une fin moins moralisatrice! j'ai toujours brûlé de réécrire cette fin atroce, certaine que Laclos cache dans son tombeau la véritable histoire... Mais ne parlons plus de ces "liaisons dangeureuses", mon ami, surtout lorsqu'il s'agit d'une oeuvre si commune et de ce fait si stéréotypée dans le monde des libertins. Dans un autre contexte, aimez-vous Hugo? J'ai longtemps été envahie par Ruy Blas... "Quand l'âme a soif, il faut qu'elle se désaltère. Fût-ce dans du poison!"
N'est ce pas ce qui pousse certains maris à devenir infidèles?
A propos de mari, le mien est mon aîné de 8 ans et passe régulièrement du statut d'amant à celui de maître, de confident, d'ami...Nous avons fait nos premiers pas ensemble dans le libertinage et nous comptons bien réitérer...J'ai sélectionné quelques clubs et j'espère en satisfaire ma curiosité. Cependant il serait bien triste de s'arrêter aux choses primaires au risque de se confondre avec de simples morts de faim.
Je pense donc que notre correspondance risque de s'avérer délicieuse....
Avant votre prochaine missive, je vous promets de lire avec attention votre blog pendant que vous imaginerez quel doux nom je pourrais bien porter.
A très bientôt je l'espère.
Petit Chat.
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